‹ Le livre (volume 3)Chapitre 40 sur 103 · CORTEGE HISTORIQUE DE VIENNE · texte numérisé non relu

CORTEGE HISTORIQUE DE VIENNE

A l'occasion des noces d'argent de l'emperkur

fHuldigungs-Festjug der Stadi Wien, jur Feier der tilberne» Hoehjeit Ihrer MajestaeUn, eic. Vienne, 1881.)

RÉCIT DES FÊTES DE VIENNE DU 27 AVRIL 1871) »ïie Drif-Hitir okatukh (HraiHiEt dihi »■ tkh it -ntinmnn nkmaïf

(FnbliciUioD de li ville de Vieaoc •.}

E 17 avril 1879, la ville de Vienne était en fête. A tous les e'tages des superbes palais qui s'élèvent sur la Ringstrasse, le grand boulevard de la capitale autrichienne, ce n'étaient que drapeaux et oriftammes, trophées et panoplies, âeurs et guirlandes. Une foule compacte et en habits de fête se pressait dans la ville, et, de toutes les provinces de l'Autriche comme de l'étranger, des centaines de mille de partisans et de curieux s'étaient donné rendei-vous pour célébrer les noces d'argent de l'empereur François-Joseph I" et de l'impératrice Elisabeth. Le soleil brillait d'un vif éclat.

Lt Prater, ce délicieux bois de Boulogne des joyeux Viennois, offrait un aspect des plus pittoresques. Aux abords du bois des Tyroliens, des Carinthiens,

I. Dini cel oDTnge, que aom rcccvoni, *■! ittnmit toals l'orgaiuMlioa de ce* fêle* (plendidei dont doui loniiont parler depni* loDglempe, et que noua illona dfcrire lajourd'hui. Le lulet inl^reue lei ■matenn du Livre, car, oulre ce voIddm in-t° et llluilre avec un loM inouï d'oniementi dont nom cllon* le titre, te cortège i fié reproduit pir nne inile incomptrible de plancfaei en tiille-douce irtiilique, ear leiqaellei nom reTenoni à U Ga de l'irticte.

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des Carnioles, dans leurs costumes nationaux, formés en longues colonnes, entonnaient leurs mélodieuiL jodlers ; entré dans le bois, on était, comme par enchantement, transporté dans un autre monde.

De tous côtés éclataient les fanfares de troupes des hérauts dont les cuirasses d'acier poli scintillaient au soleil. Des chevaliers bardés de fer, aux longs cheveux flottants sur les épaules, de gentils pages en pourpoints pailletés, de majestueux patriciens en habits de velours frappé, portant de longues perruques et coiffés de chapeaux à panaches, les diverses corporations des arts et métiers, leurs bannières en tête, de charmantes bourgeoises en robes de soie et de brocart, de belles jeunes filles en costume moyen âge, de délicieuses rosières, des nymphes gracieuses, des déesses aux formes amples et superbes se rassemblaient de ci de là. Des chars, recouverts de coussins richement brodés, de tapisseries et d'étoffes de toutes nuances, chargés d'orfèvreries, de verroteries, de coffrets en bois sculpté, de curiosités de toute sorte, de banderoles, de couronnes, de feuillages et de pampres, attelés de six à huit chevaux prenaient leur rang dans le cortège.

C'était un pêle-mêle éblouissant de combinaisons capricieuses, d'ornements fantastiques, d'objets d'art, de costumes aux reflets chatoyants ; un fouillis de rayonnements et de couleurs éclatantes.

Soudain les guerriers montent à cheval, les patriciens entourent les chars, les belles dames montent sur leurs sièges. Les groupes se forment, présentant avec une remarquable fidélité historique les éléments divers de la société du XVI* siècle, disposés avec un goût exquis et constituant un immense tableau vivant où figuraient dix mille personnages, des centaines de chevaux et plus de trente chars.

Le cortège se mit en mouvement, et, traversant la grande rue du Prater et la Ringstrasse, défila devant un magnifique pavillon où se tenaient l'empereur et l'impératrice, entourés de la cour et de tous les dignitaires de l'Etat.

Les acclamations frénétiques de la foule, les remerciements empressés de Pempereur prouvaient que la municipalité de Vienne, en organisant ce cortège pour célébrer les noces d'argent des souverains, avait pleinement réussi. C'était plus qu'une manifestation de fidélité à la dynastie ; c'était encore un hommage rendu au beau, au sublime. C'était un grand événement artistique.

Il importait d'en fixer le souvenir.

La ville devienne l'a fait, en publiant sous le titre cité à la tête de cet article, dans une édition de luxe avec gravures héliographiques, le récit de cette fête.

Son organisation avait été décidée par la municipalité de Vienne le 14 janvier 1878. Les corporations des arts et métiers, du commerce et de l'industrie, l'aristocratie, les vingt-sept sociétés des chemins de fer autrichiennes, les sociétés de tir, les chasseurs, les corps de pompiers s'empressèrent d'offrir leur concours. La Société des artistes délégua les professeurs Charles Kundmann et Hanns Makart, les architectes Andréas Streit et Otto Wagner, et le peintre Frédéric Schilcher, qui prirent une grande part à l'élaboration et à l'exécution du programme et enlevèrent les suffrages de la population.

La tâche principale échut à Hanns Makart, le plus habile coloriste de l'école de Piloty, élève supérieur même à son maître par la Virtuosité éblouissante de son pinceau, et dont on se rappelle le succès éclatant obtenu par l'Entrée de

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