‹ Le livre (volume 3)Chapitre 68 sur 103 · SOIIMAIRB DE LA LIVRAISON DU 10 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SOIIMAIRB DE LA LIVRAISON DU 10 NOVEMBRE

BIBLIOaRAPHIE ANCIENNE

I. — ESSAI DE CLASSEMENT MÉTHODIQUE DES ÉPIGRAPHES BOBIAJNTIQDES, pat CiiAUPFLEuny.

H. — LES LIVRES A C^RICATlTRES EN ANGLETERRE, par Ernest Chesneac.

m, — DOCUMENTS NOUVEAUX SUR LES UVRES-A CLEF (suite), par Fernand Dikion.

IV. — CHRONIQUE DU LIVRE. — Ventes aux enèh^res. — RenseigaamenU et Hiacel-

lanèes. •

Oràourtt hors texte, «— Dessins à la sangruine de Rowlandson ^ de John Lcecli.

BIBLIOGRAPHIE MODERNE

Gorrespoodanoes étrangères : Hollande. — AllemagM. — Belgique. ^^ Pays- Bas.

Comptes rendus analytiques des publioations nouvellea. Questions tfii jour : Mémoires de Lamarline, par Jean RiaispiN. — Le Parnasse saiyrique du xt\* Siècle f par J. R.

Comptes rendus des livres réoents publiés dans les sections de : T%éologie, Jurisprudence. — Philosophie^ Morale. — Questions politiques et. sociales. — Sciences naturelles et médicales, — BELLES-LETTRES : Linguistique, Philologie, Romans, Théâtre, Poésie. -^Beaux-arts. — Archéologie, Musique. — Histoire et Mémoires. — Géographie et Voyages. — Bibliographie et études littéraires* ^ Livres d'amateurs et Mélanges^

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Sommaire des publioations périodiques françaises : Pértodijines, et revues littéraires d^ensemblê de l'étranger^ — Principaux articles lUléraires ou scientifiques parus dans tes journaux quotidiens de Paris. — Nouveaux journaux parus à Paris, diaprés la liste des dépôts. — Le « Livre u devant tes tribunauo'.

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Les jb^bles des mq^tières et index du « LIVRE » pour l'année courante .ne seront env<^éfl que dans la livraison de janvier 1882.

|9a LE LIVRE

gère. Ce petit dessin de lignes placées c en manchette > dans le texte leur parut affriolant pour le public; certains écrivains prouvaient par là la variété de leurs lectures, la recherche de livres inconnus, le sauvetage du néant de gothiques auteurs tout à fait oubliés. La mode s^en étant mêlée, on transforma l'épigraphe; de savante, elle devint tour à tour menaçante, passionnée, sarcastique, vengeresse, familière, narquoise et parfois d'un incompréhensible voulu.

Au début, répigraphe, toute au service des romanciers moyenagistes, fut employée également par les psychologues, qui traitaient spécialement de la femme; les politiques et les révolutionnaires, les penseurs, les moralistes, les humanitaires, ne dédaignèrent pas ce système. Les humoristes en empruntèrent aux Allemands; leurs amis, leurs maîtresses, leurs adversaires, leurs parents, leurs animaux favoris eux-mêmes, dictèrent ou miaulèrent des épigraphes destinées à plonger le public dans la stupéfaction ; il ne demandait pas mieux que d'admirer ces êtres fantasques qui habillaient les mots en masques ou les transformaient en heiduques courant au-devant de leurs récits.

Cette mode vaut peut-être la peine d'être étudiée.

La Notre-Dame de Paris est, sans contredit, le roman-type de i83o; aujourd'hui encore, quoique lézardé dans certaines parties, ce livre se profile, comme les vieilles tours du monument, au milieu des masures qui l'environnent, et on n'a l'intention de rabaisser ni le vicomte d'Arlincourt, ni Francisque Michel, ni Lottin de Laval, en montrant les Écorcheurs, Job ou les Pastoureaux, les Truands, comme d'humbles taupinières en regard du roman de Victor Hugo.

Nourri de nombreuses lectures, le poète ne jugea pas à propos d'en faire étalage. Notre-Dame de Paris se présenta sans épigraphes, à moins qu'on ne veuille considérer comme telle l'inscription que Victor Hugo dit avoir découverte, gravée à la pointe sur le mur, dans le coin obscur d'une des tours du vieil édifice :

ANATKH

<c C'est sur ce mot qu'on a fait ce livre », dit le poète.

Victor Hugo a le secret de créer des choses qui restent dans Pesprit du lecteur. Avec les fictions il joue magistralement et les cloue, pour ainsi dire, dans le cerveau de ses lecteurs. Ce mot anankê, « au sens lugubre et fatal », est resté l'épigraphe romantique par excellence, et si le maître n'employa pas le système en tête des chapitres de son œuvre, c'est qu'il eut conscience que Notre-Dame de Paris en était une grange bourrée jusqu'au toit et que les auteurs, ses contemporains, n'auraient qu'à s'y fournir.

Les épigraphes romantiques furent tantôt des carnets d'échantillon du

ESSAI DE CLASSEMENT MÉTHODIQUE DES ÉPIGRAPHES ROMANTIQUES ja)

degré de science d^un auteur, tantôt un reflet de son tempérament, ou lé mot de passe pour pénétrer dans son récit. Les sectateurs du moyen âge les faisaient imprimer en caractères gothiques, ce qui communiquait une couleur archaïque à Pœuvre. Plus Tauteur cité était inconnu, plus grande était sa valeur.

f^tU tu tiêon murmure un petit pol ^t terre ^h nagtnt ^t$ potê fecf, un oignon lolitaire, 9e0 fcoeo, un poittaUf maigre eiiiotr ^u ^?ner.

(Jean d'Autville.)

est une description de dessous les toits, représentant un de ces faméliques étudiants du xvi* siècle, que les romanciers se plaisaient à peindre. Les bourreaux étaient alors très recherchés :

— Henry Mouftlet, bourreau de notre bonne . . ville, voilà de la besogne et du gain qui 8e préparent pour vous.

(Alph. RoYER, Madame Henrion^,)

Malheureusement, Alphonse Royer manquait du style à riposte qui eût permis à un Alexandre Dumas de tirer meilleur parti d'un personnage aussi dramatique que le bourreau.

François I*' chercha douze cents hommes de fer et ne trouva que deux cents hommes de velours.

(Alexandre Dumas, Gaule et France,)

Voilà une danse de mots, un vis-à-vis antithétique qui sont purs et facilement venus. Un esprit chagrin traitera peut-être cette épigraphe de phrase de théâtre de boulevard ; elle intéressait le public du temps. Dumas n'en demandait pas plus.

L'auteur de l'épigraphe ci-dessous ne s'est pas fait connaître, ce qui est fâcheux pour sa mémoire. Le dessin en est vif et suffisamment fantastique :

Après ce discours, la sorcière rentrait dans sa boîte en agitant des potences, et la refermait avec un bruit sinistre.

{Le Talisman d'Orosmane,)

J'ai déjà dit ailleurs que les écrivains moyenagistes intéressaient médiocrement la femme de i83o; les anciens chroniqueurs, les chartes, Té-

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