BOLINGBROKE
On entrevoit chez Michel Raymond une infiltration de courant populaire et socialiste tout à fait nouvelle en 1828, date de la publication du
I. Paal Baessard, le Marquis de Kemotriou. Paris, 1832. 2 vol. in-8*.
s. Je ferai toutefois une exception pour Théophile Gautier, qui^ ayant sondé les diflBcuUés de la langue française, s'ouvrait volontiers dans IMntimité et ne fiaisait pas fi des classiques. — Quel est l'écrivain français le meilleur à étudier? lui demandai-je un jour. — La Bruyère, me répondit-il.
ESSAI DE CLASSEMENT MÉTHODIQUE DES ÉPIGRAPHES ROMANTIQUES jt7
Maçon, Des pensées tirées des anciens et des modernes, de Socrate, de P. Syrusy d^Holbacb^ de Pope, etc., indiquent des gens qui lisent et qui cherchent d^autres moyens que ceux du romantisme. Cétait pourtant encore une sorte de romantique que Raymond Brûcker, cerveau plein de fumées à la fois fouriéristes et néo-catholiques, orateur cynique à la façon des prédicateurs de la Ligue, et qui, après avoir donné naissance à M. Barbey d'Aurevilly, devait finir dans les sacristies, affecté d'un cléricalisme bizarre.
Des penseurs, je passerai aux amis de la nature. En i83o, on s'occupait médiocrement de cette mère féconde; si on la faisait intervenir, c'était à l'état de décor noir et tourmenté. Les passions faaices du théâtre, les accessoires moyen fige, eussent juré avec des descriptions qu'on laissait à Bernardin de Saint-Pierre et à Chateaubriand. Il faut cependant citer, à titre d'exception, l'épigraphe suivante d'un esprit tourmenté qui longtemps chercha sa voie.
J'ahne mi€tiz les discours des grands seigles entre eux Que ceux des députés bavards et ténébreux.
(Alphonse Esquiros.)
Esquiros était sincère et disait vrai en vers; la prose de la vie le jeta dans la politique où, à des moments dangereux pour la nation, l'homme se trouva aux prises avec de violentes agitations méridionales qui ne ressemblaient guère aux ondulations des seigles caressés par le vent.
Au nombre des épigraphes singulières de ces temps singuliers, on n'a que l'embarras du choix chez les goguenards et les narquois de l'époque; ils allèrent aussi loin que possible dans les champs de la surprise, et ils en rapportèrent parfois des trouvailles gaies. Alphonse Karr fut de ceux qui ne se laissèrent pas prendre dans les nasses de l'archaïsme ; quoique appartenant à la génération de i83oparson âge et certains courants difficiles à esquiver, l'auteur de Sous les Tilleuls resta moderne. Né de parents bavarois, il dut à la Germanie un accent humoristique qui ne ressemblait en rien à l'accent français. Un des rares écrivains qui connaissaient la langue allemande , il émerveilla ses lecteurs par toutes sortes de mots et d'épigraphes tudesques. La nature, la musique, l'allemand, Alphonse Karr en fit une sorte de pudding dont le public se montra très friand. L'humoriste devait en outre faire aboyer des épigraphes à son chien et le prendre ainsi pour collaborateur de ses romans. Avec le chien FreyschUtz, Karr inventa l'amitié : on eut à foison des épigraphes du harpiste Léon Gatayes, qui obtint une quasicélébrité, grâce au poste en vedette qu'il occupait en tête des chapitres de roman de l'auteur des Guêpes.
)t8 LE LIVRE
Il faisait bon à ce moment d^étre Tami d^un écrivain en vue. Une épigraphe, un mot, Pami passait à la postérité.
Cherche. (Théodose Burette.)
Est une épigraphe de VAne mort qui a plus fait pour la gloire du professeur que ses nombreux résumés historiques.
Ah!
Ehl eh!
Hi ! hi ! hi !
Oh!
Hu! hu!hu! hu!hu!
(Profession de foi par Vauteur.)
Si les Roueries de Trialphj notre contemporain avant son suicide, par Lassailly, sont cotées une centaine de francs dans la librairie de curiosité, n^est-ce pas grâce à Pépigraphe ci-dessus d^un livre qu^il ne faudrait pas mettre sous les yeux d^un être dont le cerveau serait mal équilibré ?
Je citerai, quoique n^appartenant pas directement à cette classe, Tépigraphe suivante :
Sire, grâce!... grâce!...
(Opéra du Condamné.)
Cette épigraphe, sans intérêt apparent, a pourtant sa valeur : tirée de Clotilde de Lusignan, ou le beau Juif *, elle sert d'en-tête à un chapitre d^un des nombreux romans de pacotille enfantés par Balzac dans sa jeunesse ; si M. Octave Uzanne avait connu cette épigraphe, il Teût jointe aux précieux renseignements quUl publiait dernièrement sur les œuvres projetées par Balzac. On a là, à n^en pas douter, le titre de Popéra du Condamné, que Balzac esquissait peut-être dans une étude d^avoué, près de son camarade de cléricature, Eugène Scribe, et que le romancier détruisit plus tard avec tant d^œuvres commencées : tragédies, poèmes badins, vers, etc.
Une petite revue du temps nous fait connaître les secrètes ambitions d^un libraire romantique :
Vous serez ma proie... morte ou vive.
(Hippolyte Souverain*.)
Du moment où un auteur donnait de la publicité à sa maîtresse, à ses amis, à ses animaux favoris, Téditeur, Thomme à la bourse, devait