ESSAI DE CLASSEMENT MÉTHODIQUE DES ÉPIGRAPHES ROMANTIQUES
d^autant plus figurer dans cette foire aux épigraphes qu^Hippolyte Souverain se piquait de poésie ^
Dans la bande des « lions », gens d^esprit du temps, il faut citer en première ligne Roger de Beauvoir. On lui doitTinvention dMne épigraphe d'un tour imprévu. En tête d'un chapitre de // Pulcinella, ou l'Homme des madoneSy se lit :
Feu Duponchel.
{Histoire contemporaine,)
Ces deux mots, que le gros du public ne comprit sans doute pas, portaient en pleine poitrine d'un des directeurs de l'Opéra. S'entendre appeler par des amis /eu Duponchel est déjà désagréable ; mais lire imprimée cette désignation d'outre-tombe dans un volume dut faire repentir plus d'une fois un personnage, qui tenait vraisemblablement à ses jours^ d'avoir excité la rancune d'un homme aussi répandu que Roger de Beauvoir.
Un autre système d'épigraphie employé par Alfred Mousse, auteur du roman De Pro/undis *, est presque aussi invraisemblable que la mystification à l'adresse de/eu Duponchel.
Sous un titre funèbre, l'écrivain Mousse cachait une certaine fantaisie; en ce sens, le chapitre intitulé Camille ouvrait .aux romanciers une voie qui ne fut pas suivie. Jusqu'à ce chapitre^ l'action se déroule presque correctement. Vient le moment où Mousse doit peindre son héroïne, et voici le procédé qu'il emploie :
Son existence avait coulé calme et limpide.
(Alphonse Karr.)
Elle est fraîche, elle est rose, elle a de grands yeux, elle est belle.
(Victor Hugo.) Sus ojos eran de a^ul obscuro.
Plus limpide que ce flot pur.
(Alphonse de Lamartine.)
I. La Psyché, petite revue de 1839, renferme une pièce de vert signée « Hippolyte Souverain, de Dijon ». On trouve également, dans la Galerie historique et critique du xix* ^1^^(1870), une biographie de l'éditeur avec quelques fragments poétiques.
1. Alfred Mousse, De Pro/undis, Paris, Lecointe et Pougin, 1834. In-8°.