LES AMIS DES LIVRES
travail développera. Ce livre de Murger, sans vouloir attaquer la belle typographie ordinaire de M. Jouaust, n^est pas absolument parfait comme impression et comme couleur suivie; la société fournira quelque jour à rimprimeur-éditeur de la rue Saint-Honoré quelque glorieuse revanche à prendre.
Les Scènes de la vie de Bohême font prime également à 200 francs et les amateurs qui ne font point partie de la société recherchent avidement les exemplaires égarés dans le commerce.
Fortunio, de Théophile Gautier, le troisième ouvrage des Amis des livres, est, à notre sens, dans son ensemble, la meilleure publication qu^ait encore faite Tacadémie des cinquante. M. Billard, Téditeur bibliophile qui a dirigé Timpression et les eaux-fortes de M. Félix Millius, a apporté beaucoup de goût et de soins à cette entreprise pour laquelle il était délégué. Motteroz pourrait signer le livre avec fierté, car il fait grand honneur à cet excellent imprimeur.
En dehors des eaux-fortes de Millius peut-être faibles de composition, mais à coup sûr remarquables de morsure et d^habileté d^aqua-fortiste, M. Billard a tenu à faire composer par un artiste de beaucoup d^ingéniosité et de grand talent, M. Paul Avril, qui est un illustrateur né et dont le nom deviendra célèbre, une suite de lettres ornées, d^en-tétes de pages et de culs-de-lampe qui jettent une grande variété et comme une spirituelle gaieté dans la froideur typographique du texte.
Ces dessins, reproduits en procédé héliographique, eussent gagné — nous allons faire sauter les progressistes — à être gravés sur bois: ils eussent acquis ainsi plus de modelé, plus de fermeté, plus de couleur, car la zincographie conserve toujours quelque chose de gris et de raboteux que la meilleure typographie du monde ne peut faire disparaître.
Le Fortunio dit des Amis des livres restera une belle publication, toujours recherchée et appréciée des amateurs de goût. Il était difficile de mieux décorer une des œuvres de Théophile Gautier, qui, il faut bien le dire, n^est pas le chef -d^œuvre du maître et que la société a préféré. Dieu sait pourquoi ! à cette grande œuvre ensoleillée qui a nom : Mademoiselle de Maupin.
Deux nouveaux ouvrages confiés aux soins de M. Paillet, notre président, sont en voie d^exécution et verront sans aucun doute le jour dans le courant de 1882; ce sont les Orientales avec illustrations de Benjamin Constant, gravées par Los Rios, et Eugénie Grandet, de Balzac, avec gravures de Le Rat diaprés les compositions du jeune maître Dagnan- Bouveret. Nous nous réservons de parler en temps voulu de ces publications exceptionnelles sur lesquelles les Amis des livres fondent les plus
heureuses espérances. Mais ne vendons point U peau de l'ours avant qu'il soit servi sur notre table confraternelle au dîner du mardi chez Durand, et espérons qu'après avoir esquissé ces quelques lignes sur la société des Amis des livres, un jour viendra où notre ami et rédacteur en chef reprendra l'étude de cène société, dont il est membre, et la traitera comme il sait le faire, moins succinctement que son confrère masqué qui signe modestement'.
l'un des cinquante.
. I^oiu dtKrcroni quelque jour ivce pUidr ta àttit i» Dolre confrère tuz Amit det Livres, il nom donnoni aniourd'hiii la parole à Anéne Houtuje, tur >■ lodirt dei Sparlialts, non bien compoiCe et nom molni littfnire qae rocadiniie dea cinqunie bjbliophilea dont l'un mtmbTta vient de faire rblMoriqne.