MOIS
OU une compagnie recevant l'investiture seigneuriale sur une région détermine'e, puis sous-concédant des fiefs à des gentilshommes, à At&freeholders, lesquels font de mtme i des familles de travailleurs, de colons, moyennant une rente perpétuelle, qui était généralement de 1 sol par arpent. Le système réussit très bien, et c'est k lui qu'il faut en grande partie attribuer le prompt développement de ces premières colonies.
Après ces considérations sociales et politiques, l'auteur entre dans le détail des événements historiques qui se produisirent sous les premiers chefs de la colonisation acadiennc, le baron de Poutrincourt et son fils Biencourt au commencement du xvii' siècle; le eommnndeurde Razilly et le comte de Menou d'Aulnoy de i632 à ]C7o; M, de Grandfoniaine qui fut le premier gouverneur de l'Acadie, Villebon, de Brouillant, Pierre Thibeaudeau, un meunier diivenu fondateur de colonie. Dans sa première éditto arrêté à l'année 1713, qui vit la fin de la domination française en Acadie. Dans celle-ci il a consacré tout le second volume au tableau de la situation de ce pays sous l'autorité anglaise, et aux diverses tentatives qui furent faites par les colons d'origine française pour s'affranchir.
Rien n'est plus touchant que le récit de ces courageux et patriotiques efforts, que nos désastres de la guerre de Sept-Ans rendirent malheureusement inutiles. e. a.
L'État da Paris en 1789, Études et documenis sur l'ancien régime à Pjris, par H. Monin; un vol. in-S" raisin de 700 pages. (Paris, D. Jouaust, éditeur, rue de Lille, 7; Ch. Noblet, rue Cujas, i3; et maison Quantin, rue Saint- Benoît, 7). — Prix : 7 fr. 5o.
On sait que la Ville a réi:i:mment entrepris de publier une collection de documents relatifs à l'histoire de Paris pendant la Révolution française. En même temps que se poursuit l'intéressante publication de M. Chassin, les Élections et les cahiers de Paris, la maison Jouaust vient de faire paraître l'État de Paris en 1789, études et documents sur l'ancien régime, p.ir il. JVlonin, ouvrage qui, par son objet, stri li'iutroductioii à la collection tout entière.
Un aussi vaste sujet, pour tenir dans un volume, demandait à être bien dtiini. C'est ce qu'a compris l'auteur. Il ne s'est agi pour lui ni d'études de mœurs (nous n'en manquons pas), ni de la topographie du vieux Paris, œuvre de longue patience, partagée d'ailleurs entre de bonnes et nombreuses mains. M. H. Monin s'est placé au point de vue de \:\ politique générale.
LE Livne
de l'administration, de l'économie sociale ; il a ytudiij avec soin la genèse des idées révolutionnaires qui allaient rendre à Paris ses droits de capitale par la rentrée du roi et de l'assemblée, et fniredela première de% bonnes villes royales la prL-micre des communes modernes. La moitié du volume se rapporte aux droits et aux institutions de la capitale, ce sont : l'introduction (Royauté el Paris| et dix chapitres sur le Parlement considéré d'abord comme cour supérieure de justice, puis dans ses attributions de grande police relatives à l'Église, à l'Université, à la Librairie, aux Gens de lettres, à la Santé publique, à l'approvisionnement. Vient ensuite Paris bonne ville (Le Chiitulet, le Ministre de Paris, la Lieutenance I générale de police). La troisième partie montre
ce qu'était devenue l'ancienne commune (Hôtel de Ville, Juridictions spéciales, Impositions, droiis et emprunts, Fêtes officielles et esprit parisien). — Chaque chapitre est précédé d'un préambuli^ historique et se compose de textes ou d'analysos de textes dont la plupart sont inédits. — Les sources sont indiquées avec le plus grand sojn. — Une table analytique de 40 pages serrées, sur deux colonnes, témoigne de l'abondance et de la variété des matières que M. H. Monin a dû coordonner; l'article Bastille (pour ne citer que cet exemple) nous renvoie à vingt passages; les actes officiels (Arrêts du Conseil, du Parlement, etc.) sont classés par ordre de dates.
L'intérêt scientifique de cet ouvrage se double d'un intérêt d'actualité ; le Paris du Centenaire, tel que nous le voyons aujourd'hui, ne reportet-il pas invinciblement notre esprit vers le Paris de l'ancien régime ?» Si la France s'était accrue comme Paris depuis un siècle, elle aurait 100 millions d'âmes; si Paris n'eût augmenté que dans la proportion générale, il dépasserait à peine le million. » M. Monin a étudié avec soin les causes de cet n accroissement organique », que ta monarchie absolue n'a pu entraver, que la Révolution a précipité, et d'où est sortie la première grjnde République qui n'ait point été fédérative.
Commeat se sont formés les dogmes, Conférences sur l'histoire de l'Église, par V. Cour- DAVEitix, professeur à la Faculté des lettres de Lille. Un vol, in-18 Jésus. Paris 1889. Fîschhactier, éditeur.
Kn d'autres temps le livre de M. V. Courdavc:,u\ eût suscité d'ardentes polémiques.
Il fn explique lui-même, dans sa préface, l'origine, la genèse et le but.
Le (;rand ouvrage de M- Rcnnn sur l'histoire de ri-:glise lui suggéra l'idée, pour compléter
le travail d'ensemble du maître, et en faire pénétrer plus sûrement les résultats dans le public soucieux de s'instruire, d'écrire sur les différents points de cette vaste histoire autant de monographies précises qui permissent au lecceur de suivre pas à pas et sans peine la façon dont chaque dogme s'était formé.
Il ne s'est pas borné à les écrire; il a, de chaque sujet traité dans ce volume fait la matière d'une conférence devant différents publics, et surtout devant celui des loges maçonniques.
Nous n'avons pas à discuter ici les tendances de l'ouvrage : il suffit d'en indiquer les éléments, en prévenant toutefois le lecteur que l'auteur apporte, avec une érudition sûre et une grande liberté d'esprit une bonne foi indiscutable et, dans la forme, un profond respect des consciences.
I-a loi de formation des dogmes a été, selon lui, la même pour tous ; il la ramène à deux forces convergentes.
Dans l'imagination et le cœur des simples fidèles le besoin incessant de grandir leurs idoles presque aux dernières limites du possible et de l'impossible même.
Chez les chefs, qui participaient comme les autres à cet entraînement, la nécessité, en plus, pour donner quelque apparence de rigueur à ces dogmes, d'essayer de mettre d'accord des testes de toutes provenances et sans rapports entre eui, que l'imagination populaire avait transforraés petit à petit en la voix même de Dieu.
Aussi c'est quatre cents ans qu'il a fallu aui soixante-quinze livres disparates dont se compose la Bible orthodoxe pour se faire accepter par l'Église latine, sans garanties et sans preuves, pjr le seul effet du temps, velustate et usu.
Le dogme de la Trinité a mis pareillement quatre cents ans à se constituer dans l'Église latine. Le dogme du Péché originel, absent de l'Ancien Testament et des Évangiles, inconnu à tant de Pères et compris de tant de façons différentes par d'autres, ne s'est trouvé fixé qu'au \' siècle ; la suprématie du Pape, l'éternité des peines, autres dogmes qui n'ont pas suivi une voie moins embarrassée ni moins diverse avant d'èire reconnus et imposés.
Telles sont, impartialement relevées, les thèses de M. Courdaveaux. Il applique à leur démonstration une dialectique serrée, qui n'exclut m l'esprit ni la chaleur. Croyants et incrédules prendront un égal intérêt à la lecture de ce Uire. 11 se peut que, comme résultat final, les uns ei les autres n'en soient que plus enfermés d>D' leurs opinions ou leurs sentiments. Mais il ne se ' peut qu'ils ne reconnaissent le sincère effofi