‹ Le livre (volume 4)Chapitre 103 sur 129 · SI · texte numérisé non relu

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mis pour couronnera et (lig. 44) : « jugements ■ pour documents.

Que les compositeurs ne sachent pas ce qu'ils '

impriment, c'est leur affaire ; mais il est pénible pour un écrivain d'avoir l'air, sans le faire exprès, de ne pas savoir ce qu'il dit.

B.-H. Gausseron.

FRANCS BlBLIOTHÈqUR NATIONALE. ~~ Ce qUÉ COChent ICS

reliures. — D'après un rapport que vient défaire à l'Académie des inscriptions et belles- lettres M. Léopold Delisle, administrateur delà Bibliothèque nationale, on aurait découvert récemment dans un vieux livre donné à la reliure de pré' cieux parchemins contenant des fragments d'on registre des enquêteurs de saint Louis. A ce sujet, M. Delisle rappelle qu'on s'est souvent indigné sur la barbarie des relieurs qui, à toutes les époques, ont sacrifié des parchemins intéressants pour fabriquer leurs cartonnages. Il est à remarquer, cependant, qu'en agissant ainsi, ils nous ont conservé de précieux documents. Aujourd'hui -encore, c'est dans une reliure de livre classique que M. Alfred Richard, archiviste de Vienne, bien connu par les services qu'il a rendus à l'histoire du Poitou, a trouvé des parchemins sur lesquels il avait reconnu des fragments d'enquête écrits en caractères du treizième siècle. Le chef de l'atelier de reliure de la Bibliothèque nationale a pu dégager trois doubles feuillets de parchemin appartenant à un registre qui devait contenir une partie des enquStes faites, avant le départ de saint Louis pour la croisade, dans les bailliages d'Amiens et du Vermandois. Les documents découverts parlent, en effet, de Geoffroi de MilH, qui fut bailli d'Amiens de i23i à 1243.

Les procès- verbaux des enquêteurs sont surtout curieux par les renseignements qu'ils fournissent sur les événements publics, sur le droit féodal, sur l'administration et une foule de détails de la vie privée à la ville et à la campagne. Le volume qui était relié avec ces précieux do'

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cuments est une Chrestomatkie grecque, de M. Victor Leclercq : il est daté de i8i3. C'est donc à cette époque, vers 1823 ou 1824, qu'un

registre des enquêteurs fut abandonné à des relieurs chargés des cartonnages classiques de la maison Delalain. Peut-être existe-t-îl d'autres exemplaires de cet ouvrage reliés avec des feuillets du même registre; M. Delisle espère que les possesseurs de ces exemplaires se feraient un honneur d'enrichir l'érudition en mettant au jour des fragments qui compléteraient ceux de M. Alfred Richard.

BTRAMaBR

Allemagne. — Musée Beethoven. — Il vient de se former à Bonn une Société de la maison de Beethoven, à l'effet d'acheter et de restaurer la maison où naquit l'illustre compositeur, 'et d'y réunir les difTérentes éditions de ses œuvres, ses manuscrits, ses lettres, les objets lui ayant appartenu, et les biographies et études critiques dont il a été ou sera le sujet.

La bibliographie des meilleurs livres. — Un libraire de Berlin, M. Friedrich PfeilstUcker, a trouvé, dans les discussions récemment soulevées en Angleterre et en France à propos des vingt ou cent meilleurs livres de tous les temps et de toutes les littératures, l'idée d'une bonne petite spéculation. Il a demandé aux littérateurs les plus en vue de l'Allemagne la liste des ouvrages qu'ils jugent les meilleurs pour tout le monde ou qu'ils ont reconnus les plus profitables pour eux en particulier, et il a obtenu trente-sis réponses, plus ou moins développées, qu'il publie en une

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brochure in-4® de 108 pages, dont 16 d'annonces, en y ajoutant une table alphabétique des auteurs cités et des œuvres de chacun d'eux avec les prix. Il a soin d'avertir, sur la couverture et la page de titre, que tous les livres recommandés dans ces listes sont en vente chez lui ou qu'il peut les fournir dans le plus bref délai (Die besten Bûcher aller Zeiten und Litteraturen, Ein deutsches GegenstUck zu den englischen « Listen der 100 besten BUcher). La spéculation est fort légitime, d'ailleurs, et nous lui souhaitons tout succès. Parmi les auteurs français préconisés dans ces listes, en outre de Molière, Corneille, Racine, Lesage, qui figurent presque partout, et des ouvrages consacrés comme les Pensées de Pascal, les Maximes de La Rochefoucauld, les Caractères de la Bruyère, les Fables de la Fontaine, les Œuvres de Boileau,Corm«eet l'Allemagne de M™* de Staël, qui reviennent de temps en temps, on rencontre assez souvent Balzac, G. Sand, Musset, Zola, Daudet, Guizot, Michelet, Taine. D'autres sont plus rares. Ainsi, dans le relevé nécessairement rapide que nous avons fait, Bossuet ne paraît qu'une fois ; de même Montesquieu, Diderot avec la Religieuse, Bernardin de Saint-Pierre avec Paul et Virginie, André Chénier et Mérimée. Rabelais et Fénelon ont deux mentions; autant pour /a Folle journée de Beaumarchais et pour Alfred de Vigny. Voltaire est cité une fois pour ses Satires et épigrammeSy une fois pour le Dictionnaire philosophique^ deux fois pour Candide ; l'un ne voit dans son œuvre que l'histoire de Charles XII à citer, un autre que Micromégas ; un troisième, M. George Weber, de Heidelberg, a des sympathies plus vastes et unit dans la même admiration Zaïre, Mahomet^ la Henriade et les Remarques sur les mœurs et l'espch des nations. Rousseau est cité deux fois pour VÉmile, une fois pour la Nouvelle Héloîse, et une fois pour les Promenades solitaires (sic); Lamartine revient trois fois et jamais sans V Histoire des Girondins; Béranger, cinq fois; Eugène sue, trois fois ; Dumas père, une fois avec Monte, Cristo. Chateaubriand figure une fois pour René^ et une fois pour le Génie du christianisme; Victor Hugo, quatre fois. Rapportons à ce propos une remarque de M. Karl Bleibtreu, de Charlottenburg, où il déclare que a personne n'a besoin de connaître Chateaubriand et Hugo. » Auguste Comte a un fervent dans la personne de M. Dagobert von Gerhardt, de Potsdam, lequel met, au nombre des livres italiens essentiels, VHygiène de l'amour de Mantegazza. Mignet, Henri Martin, nos vieux Mémoires tiennent leur place parmi les historiens; on y rencontre une fois Duruy, pour son Histoire de l'Empire ro-

main^ ainsi que la Lutte des Papes et des Empereurs souabes de Chéruel. Les Moines d'Occident de Montalembert, Lacordaire, Renan, reviennent deux ou trois fois. Il y a un hygiéniste, le docteur Paul Niemeyer, de Berlin, qui met au premier rang la Physiologie et hygiène des hommes livrés aux travaux de Vesprit, par Reveillé-Parise, Bruxelles, 1840. Un autre, qui cultive la magie et l'hypnotisme, M. Karl du Prel, de Munich, choisit, entre toutes nos œuvres littéraires : De la suggestion et de son application à la thérapeutique, par Bernheim ; Recherches psychologiques sur le magnétisme animal^ par Billot ; Physiologie^ médecine et métaphysique du magnétisme, par Charpignon; Histoire critique du magnétisme animal, et Instruction pratique du magnétisme par Deleuze ; Histoire du Somnambulisme^ par Gauthier; De la suggestion et du somnambulisme, par Liégeois; la Magie dévoilée, par du Potet; et enfin les Mémoires de Puységur, avec Du magnétisme animal et Recherches physiologiques sur l'homme, par le même auteur. Ce sont là des goûts spéciaux qui s'expliquent ; mais il y a des choix infiniment plus bizarres. C'est ainsi, sans parler du Code civil et de Lavoisier, que Scribe est recommandé deux fois, que le Rabagas de Sardou figure dans une liste, et que M. Julius Grosse, de Munich, plac^ au nombre des meilleurs livres français, avec ATow oncle Benjamin, de Tillier, V Ermite de la Chaussée d' Antin, de Jouy, le Cours de belles-lettres, de Batteux, la Pluralité des mondes habités, de Flammarion, et V Histoire des Révolutions de Dutertre! Disons en finissant que le nom de ce dernier ajteur, de même que celui du physiologiste Billot, manque dans V Alphabetisches Ver^eichniss der genannten Bûcher. Serait-ce que ces ouvrages manquent au stock de ceux que l'éditeur a vorràtig ou qu'il s'offre à fournir in kur^er Frist ?

Angleterre. — Les lecteurs au British Muséum, — On vient de publier les papiers parlementaires relatifs au British Muséum. Le journal The Bookworm en extrait quelques renseignements qui nous paraissent mériter d'être reproduits ici. La salle de lecture a reçu l'année dernière 188,432 lecteurs, soit une moyenne de 622 par jour. En 1887, il n'y en avait eu que 182,778. On afflue surtout entre onze heures et une heure.

Le nouveau règlement, qui interdit la communication des romans publiés dans les cinq dernières années, à moins d'une autorisation spéciale accordée sur demande motivée, n'empêche pas qu'on ne se dispute les sièges. Néanmoins le nom-

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

Une exposition au British Muséum : L'Histoire de l'Alphabet. — Le British Muséum a ou/ert, sous le titre de The Hislory of Alphabets, dans la partie de ses bâtiments afTectée a la King's Library, une exposition dont l'iniêrêt, pour être spécial, n'en est pas moins grand pour les philologues et pour les bibliophiles. L'installation qui avait déjà servi à la o Stuart Exhibition > a été utilisée pour celle-ci. L'^ tAen^Fum donne a ce sujet les détails suivants. Les pièces rassemblées sont quelques peu hétérogènes; elles consistent en reproductions autotypes de photographies dues à la « Palœographical Society u, en fac-similés lithographiques en couleurs ou en noir, en tableaux comparatifs des variations subies par les lettres dans leurs formes suivant les différents lieux, et en grammaires de divers langages ouvertes aux pages qui traitent de l'alphabet. On y trouve les plus importantes des diverses méthodes qui ont été employées pour représenter les sons articulés sur la surface du monde depuis les anciens temps jusqu'à nos jours. L'écriture égyptienne comprend une vieille planche donnant une partie de la Pierre de Rosette en caractères hiéroglyphiques et démotiques, une page de la Chrestomalhie de Rougé, et une lithographie d'après le Papyrus de Harris. Parmi les plus anciens spécimens cunéiformes, on remarque les briques d'Ur en Chaldée, datant de 2900 avant J,-C. environ. Les planches contenant les inscriptions de l'époque de Tiglath-Phalasar et de Sennachérib ne sont, bien entendu, que des à peuprès de fac-similés ; on y a suivi l'écriture conventionnelle adoptée pour les reproductions lithographiques, dans un but de facilité de lecture. Les formes koufiques primitives et les formes arabiques plus récentes sont tirées d'un grand nombre de beaux manuscrits. Il en est de même du spécimen syriaque de 41 1 avant J.-C, en ca-

Estrangelou. Puis viennent des échantillons d'écriture himyaritique (100 avant J.-C, environ); du zeod du xiv* siècle; des tableaux tirés du Corpus Inscriptionum Indicarum et de l'Archixologicat Survej- 0/ Western India; des spécimens de bengali [ii99av. J.-C), de nàgari, et beaucoup d'autres formes indiennes. On juge bien de la diversité de ces formes même à l'époque actuelle en feuilletant l'ouvrage de Hutchinson, Spécimens ofyernacular characters passing through the Post Office inindia. Une découverte très remarquable est celle d'un caractère en forme de fer de flèche, trouvé par Mr. Bendall dans un ancien manuscrit du Népaul. L'alphabet grec avec ses nombreuses variétés commence par l'inscription de Corcyre f6oo ans av, J.-C), celle de Lygdamis (460-455 ans av. J.-C), le traité d'Élée (vers 5oo av. J.-C.|, et l'inscription laconfenne du iv siècle av. J.-C. De là, par une brusque transition, on passe aux évangiles gothiques d'Upsala et aux caractères runiques. Les alphabets cypriotes et iyciens ne sont point représentés.

La série latine comprend l'alphabet osque [90 av. J.-C), le rustique, les capitales carrées du IV' et du v siècle, l'inscription de Makter (iV siècle environ). Puis viennent le Bède du VIII' siècle, les Evangiles de Lindisfarne, et la Chronique anglo-saxonne. La cursive romaine est représentée par le papyrus de Ravenne (57a av. J.-C.) et par les homélies de saint Maxime de la bibliothèque Ambrosienne, à Milan (vu' siècle). Les formes dérivées comprennent l'alphabet visigothique du vni" siècle, des ouvrages du xv' siècle démontrant la similitude entre les formes imprimées etiçs formes manuscrites au début de l'imprimerie, et quelques échantillons d'écriture ornée de l'école anglaise.

Les alphabets chinois, phéniciens, hébreux et d'autres alphabets sémitiques complètent cette exposition fort curieuse et utile, mais qu'on regrette de ne pas voir plus complète,

Une exposition à la Maison des libraires. — U y a ce mois-ci, h. Stationer's Hall, à Londres, une exposition de l'art de l'imprimerie. Onyremarque, entre autres choses intéressantes, des reproductions de miniatures du xv* siècle, tirées de la bi' blioihèque impériale de Vienne; de beaux spécimens typographiques de MM. Heinrich Knofler et fils, les imprimeurs artistes de Vienne, et des ouvrages de premier ordre exécutés par les imprimeries impériales d'Allemagne, d'Autriche et de Russie.

Legs d'un bibliophile, — Le « Canon » (chanoine, dans l'Église anglicane) Cook, orientaliste distingué, à légué sa riche bibliothèque au chapitre d'Exeter.

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Publications bibliographiques. — Mr. E. S. Shuckburgh, bibliothécaire d'Emmanuel Collège, à Cambridge, vient de publier, chez Elliot Stock, le fac-similé d'un abécédaire unique, appartenant à la bibliothèque du collège, et qu'on croît être le plus ancien abécédaire anglais existant. Il porte comme nom d'imprimeur Thomas Petyt, sans date ; mais on pense qu'il a dû être imprimé vers i538.

Le même éditeur a récemment mis en vente un beau volume in-4% intitulé: The Library of Mary Qtieen of Scots^ par Julian Sharman, avec une introduction historique et la reproduction d'un portrait rare et intéressant de Mary Stuart. Nous reviendrons le mois prochain sur cette remarquable publication.

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Danemark. — Un Nouveau Testament islandais — La bibliothèque de l'Université de Copenhague a récemment acquis un exemplaire complet du premier Nouveau Testament imprimé en islandais. La traduction est due à Oddur, et il a été publié à Roeskilde en 1 540. Cet exemplaire, trouvé dans une maison de paysan, -près de Copenhague, où il avait été rapporté d'Islande en 1820, a coûté à la bibliothèque 84 francs environ.

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États-Unis. — Publications bibliographiques. — Les éditeurs Lippincott et C«, de Philadelphie, préparent un volume supplémentaire au Dictionary of English Literature d'AUibone, l'illustre bibliographe qui vient de mourir à Lucerne; cela portera à quatre le nombre des volumes de ce

grand répertoire, qui sera ainsi mis à jour. Mais la publication n'en aura lieu probablement que Tannée prochaine.

Mr. Paul L. Ford, de Brooklyn, publie, dans V American bibliography de septembre, une liste de bibliographies, catalogues, écrits et écrivains traitant des livres et des questions relatives à l'Amérique. Il a aussi rédigé une Franklin Bibliography.

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L'interprète-traducteur du Bureau américain d'éducation, à Washington, Miss Frances Graham French, prépare le catalogue raisonné de 3o,ooo ouvrages étrangers, en une vingtaine de langues différentes, que renferment la bibliothèque de cette institution. Miss French parle et écrit le français, l'allemand, Titalien et l'espagnol; elle sait les langues Scandinaves, le hongrois^ le hollandais, le portugais, le russe, le latin et quelques idiomes orientaux.

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Suède. — On annonce pour cet automne, à Stockholm, une exposition de gravures et de livres illustrés.

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