‹ Le livre (volume 4)Chapitre 123 sur 129 · I. I vol. pet. in-8®, xiii-3i5 p · texte numérisé non relu

I. I vol. pet. in-8®, xiii-3i5 p

de poésies et <.'.<: fictions qu'il y ait dans l'uni- \ers. Et cepeodant le poète accuse son public de froideur, J'iiidiffimnce pour la poésie, tout comme s'il s'adressait aux tocteura de France. Mais le poète a sa fonction et il y rat fidtfe. Il chante : tant pis pour qui ne l'écoute pas. Tt « soin, d'ailleurs, de choisir pour sujet de ses chants ies cvénemeQts qui ont le plus retenti au cœur de ses contemporains, et il fait de l'histoire européenne entre iSSg et 1871 ia trame de son épopée. C'est ce qu'il explique dans une magistrale étude qu'il met en tête de cette édition nouvelle, et qu'il intitule : « De la situation présente et do l'avenir de la poésie » {On Ihe Position and Prospects of Poetry). C'est un morceau de haute critique, éclairé par la seconde vue et échauffé de la Hamme d'enthousiasme qui sont l'apanage du pocie.

A côté du poérae narratif, exprimant, avec l'esprit du temps présent, la synthèse de tous les 3ges, Mr. Alfr^^d Austin ne refuse pas la place à la poésie lyrique, personnelle, oti chantent les admirations, les haines, les chagrins les passions superficielles ou profondes de l'individu. C'est à cet ordre de poésie qu'appartiennent les Chants dépêche [Angiing Songs) que miss Anna Stoddart vient de republier avec une biographie de son père, toute charmante de fraîcheur et de spirituelle naïveté'.

Thomas Tod Siaddart qui, quand on lui demandaitsa profL-s^îou, répondait : «Je' suis pêcheur », était aussi un écrivain de talent original et sincère. Vivant le long des cours d'eau et des lacs d'Ecosse, s'iniiiiini chaque jour davantage aux mceurs de leurs habitants, constamment entouré et comme enveloppé par la nature agreste et forestière, il sort dans tous ces écrits la clarté des eaux vives, le parlum des bois, l'air limpide et sain des champs. 11 essaya une fois du roman, sans y réussir beaucoup [Abel Massinger, or the Aeromut; Edimbourj^. J. Meniies, 1846). Il revint bien vice à un ihème fourni, qu'il n'abandonna plus. L'Aride l.i pêche [the Art of Angling],\t% Réminiscences, les Excursions d'un pécheur {An Angler's Rjnibles), le Compagnon du pêcheur {the Angler's Companion) et une foule d'articles épars dans les revues du temps, surtout dans la Blackwood's Mjga^ine, et traitant, sans fatigue pour l'écrivain ni pour le lecteur, du sport qu'il affectionnait, tels sont les vrais titres de cet Isaac

I. Angling Soiifrs by Thomas Tod Stoddart. Wiih a Mcnioir by Anna M. Sloddan. Edinburgh and London [ William Bla^kwood and sons; 1 vol. pel. in-8°.

Walton de l'Ecosse contemporaine. Ajoutons-y, sans parler des poèmes plus ambitieux, ses Chants de pèche, qui sont comme l'essence sublimée de son esprit.

La première édition, qui parut en 1S39, chez lU(.Blackwood, n'a guère reçu d'addition depuis; il y arcct mis du premier coup la fleur de son talent CespedUpoèmes restent des chefs-d'œuvre du genre; ils sont, caaune le disait un critique, « pleins de sentiment et iliciês par le cceur >. Et, en effet, la pèche, la pSche à 1« KgM, fut la passion de Stoddard, et la capture d'un* traite ou d'un saumon lui donna jusqu'à ta fin des éMO» lions plus violentes et plus chères que ne l'auraient fait les baisers d'une maîtresse.

Un joli portrait du vieux pécheur amorçant sa ligne orne heureusement cet aimable volume.

Une réédition d'une autre nature, mais qui sera accueillie avec reconnaissance par tous ceux qui s'occupent de l'histoire des événements et des mœurs, est celle des Voyages en France d'Arthur Young pendant les années 1787, 1788 et 1789'. Celte description minutieuse et fidèle d'un étranger intelligent et particulièrement versé dans les questions d'agriculture et de commerce, à la veille des grands événements qui devaient substituer à l'ancien état social un nouvel ordre de choses, a une immense valeur. C'est un document inique, qui contrôle et éclaire, en bien des cas, les documents officiels de nos archives ou de nos chartriers et les vues de nos écrivains nationaux.

Celte édition populaire d'un ouvrage devenu rare est précédée d'une étude intéressante où miss Belham- Edwards s'attache à tracer le tableau des changementsel des progrès que les provinces de France présentent depuis le voyage d'Arthur Young. Nous craignons, remarquons-le en passant, qu'elle ne confonde le Pays bleu avec la Vendée proprement dite, et la Vendée militaire avec la Vendée topographique ; et nous prenons la liberté de lui signaler la bizarre faute d'impression qui lui fait dire qu'il y a quinze ans on était obligé < de traverser les grandes plaines vendéennes, de Poitou (sic). à Bressuire, en diligence ».

Les citations françaises, très nombreuses dans l'ouvrage d'Arthur Young. sont presque toujours admirablement estropiées, tandis que celles des

1. Travels in France, by Anhur Young during ihe years 1787, i7ii8, 1789. Withanlnirodoction, Bioffraphical. Sketch, and Notes by M. Betham-Edwards. Lond., George Bell and sons; 1 vol. pel. ia-8', lii- 366 p. Prix ; 4 fr. 3&.

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notes sont au contraire cTime correction remarquable. Enfin, pour en finir avec les critiques^ on r^rtttera de ne pas trouver ici la reproduction des trois cartes de l'édition originale.

En Amérique le poète, humoriste, polygraphe, Olivier Wendell Holmes, est toujours un des écrivains les plus populaires, parce qu'il est un des plus naturels, des plus abondants et des plus vivants. Nous ne nous étonnerons donc pas que les éditions de ses œuvres se multiplient, et nous nous contenterons de donner à MM. Houghton, Mifïlin et O* leur tribut ordinaire de compliments pour les deux coquets volumes, à titres historiés et gravés, dans lesquels ils nous présentent à nouveau the Autocrat of the Break fast- Table. Ces propos de table, dont Luther a laissé un inoubliable modèle que notre Micheletn'apas voulu nous laisser ignorer, prennent sous la plume, neus allions dire dans la bouche, de l'aimable auteur américain un laisser- aller, une spontanéité, une grâce un peu prolixe, mais tout à fait charmante. Supposez un Addison moderne... et bavard, et vous aurez une idée assez exacte de cet autocrate dont la tyrannie consiste à se faire écouter pendant les repas, ou lire après.

D'Amériqueégalement nous vient un beau volume in-octavo carré, dont la couverture un peu voyante avec son or, son rouge, son noir et son blanc, nous semble ce qu'il y a de moins réussi dans Touvrage, et où Mrs. Fibrine Thayer Me Cray nous raconte la vie et l'œuvre négrophilo-littéraire de Mrs. Harriet Beecher Stowe, l'auteur d'un livre aussi connu que Robinson ou Gulliver^ la Case de V oncle Tom^.

Nous n'insisterons pas sur une publication de ce genre; elle ne peut que participer à la popularité de l'écrivain dont elle narre la vie si simple et si digne, et dont elle analyse les écrits si pathétiques et généreux. Mrs F. Thayer Me Cray a mis son cœur dans la biographie de cette femme dont le cœur dirigea toujours le talent. Son livre est désormais l'appendice obligé des œuvres de Mrs. Stowe.

Ce volume, de bonne et sérieuse typographie,

I. The Life-Work of the Author of Uncle TonCs Cabin, by Florine Thayer Me Cray. New-York and London; Funk and Wagnalls; i vol. in-8° carré; vii-440 p.

est illustré de vues et de portraits. La gravure qui sert de frontispice, et qui représente Mrs. Stowe encore jeune femme, est un délicieux portrait, qu'on prendra plaisir à comparer avec deux autres, — photogravés ceux-là, — où l'auteur de la Case de Fonde Tom a changé sa fleur de jeunesse par la beauté des vieillards.

Nous ne ferons que mentionner aujourd'hui les Scènes from a silent World (Edimbourg et Londres, W. Blaekwood, un vol. petit in-8^) tableau saisissant de la vie de prison en Angleterre, par un ancien prisonnier qui signe François Scongal.

Ces études, publiées d^abord dans le Black» wood's Magasine y ont causé, dans le Royaume- Uni, une profonde et douloureuse sensation. Avec les additions qui y ont été faites, notamment celle d'un chapitre sur la peine capitale, elles n'auront pas, réunies en un volume, un moindre succès.

Il faut clore ici cette revue trop rapide. Nous ne le ferons pas sans remercier les lecteurs du Livre qui, depuis plus de huit années, ont bien voulu s'intéresser aux études et aux renseignements de toute nature que celui qui signe ces lignes a eu chaque mois à leur présenter. Il aurait voulu pouvoir aujourd'hui parler encore d'un livre aneedotique et amusant sur la vie d'étudiant à l'Université de Cambridge * ; du nouveau roman du célèbre novelist Robert- Louis Stevenson, the Master of Ballantrce (Lond., Cassell et C»*; I vol. pet. in-8**); d'un volume de nouvelles par le conteur humoriste américain Bret Harte * ; d'un traité sur l'immoralité de l'idolâtrie'* et de deux nouvelles publications du libraire A. Reader sur le culte phallique, toutes choses, romans et cultes, qui ne sortent pas du domaine de la fiction; mais quelque élastique que soit un numéro de notre cher Livre, celui-ci, — le dernier, — est déjà trop bourré de matières, grâce aux livres d'étrennes et aux tables de l'année qui finit. Nous donnons donc aux curieux de littérature cosmo-

1. In Cap and Gown, Thee centuries of Cambridge* wit. edited with an introduction by Charles Whibley. Lond., Kegan Paul. Trench and C« ; 1 vol. pet.

in-8».

2. The Héritage of Dedlow Marsh and other Taies. Boston and New-York; Hughton, Miffin et C" ; I vol. in-16.

3. A Treatise on the Immorality of Idolatry. Section one : The metaphysics of Christiany. Lond., W. Ridgweny; i vol. in-80.

ZETTE BIBLIOGRAP

et, à V

fc:

poliie rendez-vous dans te temple neuf que M. Octave Uzanne élève au Livre moderne. C'est aussi à cette revue nouvelle que nous réservons ce que nous avons k dire à l'éloge du beau livre de critique que le poète Atgernon-Charles Swinburne vient d'écrire sur le vieux poète Ben Jonson,

hasardées

sur nos mœurs littéraires qu'on est tout surpris d'y rencontrer'. B.-H. Gausseroh.

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