‹ Le livre (volume 4)Chapitre 74 sur 129 · ISI · texte numérisé non relu

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Renù Maizcroy, contin d'ûiudes amourL'uses qu'il nés, vient de faîn; paraître P'til Mi, un nouveau roman dt' passion, dont l'ardeur continue, l'inas-

précédentes teuvres. Tout, dans ce lîvro, est

grande force fatale brisant les corps, bouleversant les cœurs at courbimt l'humanité à sa yuisc sous un )oiig de fleurs et de fer. P'Iil Ml, le sobriquet donne pur M"'* de Serpcnoise it son amant Georges d'Armagnol, est une de ces natures de jeunes noceurs Parisiens, viciés dés le berceau, sans scrupules, sans foi, sans amour vrai, qui sont de simples débauchés, cherchant le plaisir partout où il peut .se trouver, sous quelque forme que Ce soit. 11 dijvient très facilement l'amant de l;i femme du prcfet lies Basses- Cévennas, M. de Serpenoise, son supérieur ft son ami; la malheureuse créature, hypnotisée par lui, ne voyant plus que par lui, après une vie tris sage, rouli?dans cette fiiute comme dans un lac de boue d'où elle ne pourra plus sortir. A l'élude d'amour se joint une peinture de la bataille électorale dans le Midi, sous la présidence du maréchal de M:ic-M:ihon ; c'est un tableau très coloré, très mouvant, qui coniri-

L'Abbé Coqueluche, 'p.ii' Lro Tuh'/inik, l'Liii-i, ChacorniLC, iSBy.Un vol. in-iS jésus. — l'rix:

; que Léo Tré/enik appelle l'Abbc Coque

hic/ie. a une firande saveur de sincérité, de franchise émue, en même temps qu'elle touche aui fibres du cœur par la grâce de son alVabulntion. Si l'Abbc Coqueluche, le héros de l'aventure, le joli et séduisant vicaire Boucher, intéresse jusque dans son crime, lorsqu'il devient pour un instant l'amant charnel de la nièce de son cure, lysriquc Marie, le docteur attire par la gran-

itle séduite; nul ridicule acte de courage nccorosérénité, le dévouement

de la touch

Boucher, le frère du séductt-ui

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ne peut pli avec

autes. Cette modeste et peu tapageuse histoire, l'écrivain a su en faire quelque chose par l'art dont il l'a enveloppée, par le talent déployé à la conter, par le soin de laphraseet l'absorbante préoccupation du style. Elle est écrite par un lettré pour des lettrés, mais elleira

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. \'ictor - Pris:

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M. A. Claveau, dont le pseudonyme ;st connu de toute la littérature: aussi 1 véritable régal pour les gourmets de s lines, de choses délicates, d'aperçus umoristiques et mordants que d'avoir entre les Lains un volume de lui. Toutes ces qualités, nilos ces séductions, nous les retrouvons dans ■ livre Pile ou Face, où il passe des questions amour aux curiosiiés de Paris, de la psycholoie religieuse au patriotisme, où il cingle d'une iume ^rilfante et fouettante nos filles savantes, i chaussettes bkues, comme il les baptise spiri-

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CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS

tuellement. Jamais il n'a été plus brillant, plus éloquent, ni plus amusant que dans cette nouvelle œuvre que personne ne voudra ignorer.

Passionnément, par Albert Delpit, Paris, Paul Ollendorff, 1889. Un vol. in-i8 jésus. Prix:

Sous le titre général un Monde qui s'en va, Albert Delpit a entrepris d'écrire toute une série •d'études qui seront la peinture, non pas seulement de la société actuelle, mais surtout des côtés spéciaux par lesquels elle tranche sur les mœurs et les coutumes d'autrefois. Il y a là, en effet, une veine très originale à exploiter pour un romancier. Alberj Delpit, dans Passionnément nous fait pénétrer immédiatement en plein milieu ricHe et mondain et nous montre son héros, Edmond Sorbier, engagé dans une de ces liaisons dangereuses, d'où naissent parfois les plus grandes souffrances de la vie. Amant passionné et adoré d'une merveilleuse veuve anglaise, Mrs Naud Vivian, grande mondaine reçue par la plus haute société, il se séparera brusquement d'elle, après avoir appris, avoir constaté, qu'il est indignement joué et trompé, que cette maîtresse, crue vertueuse et riche, à laquelle il offrait même le mariage, n'est qu'une femme entretenue, devant toute sa fortune à des amants différents Puis, il épousera Geneviève Coraize, une cousine de province, élevée dans un couvent parisien et qui est un des plus adorables types de jeune fille moderne que l'on puisse rêver. Mais Naud Vivian, ne songeant qu'à se venger, parvient à se faire épouser par le tuteur et l'oncle de Geneviève, M. La Faurie, et, une fois devenue ainsi la tante de son ancien amant, elle le fait surprendre par sa femme dans un piège abominable; celle-ci, se croyant trompée, divorce et ne veut plus revoir le mari qu'elle juge indigne. Ce n'est qu'après un an de séparation, un an de tortures, que Naud, se laissant toucher malgré elle par la douleur simple et digne de Geneviève, avoue qu'Edmond n'est pas coupable et que les deux époux ont été victimes d'une machiavélique combinaison imaginée par elle pour se venger d'avoir été délaissée.

Tout le roman, écrit avec une ardeur communicative, dans une langue alerte et colorée, semble vouloir justifier ce titre Passionnément qui l'enveloppe et flotte à travers ses pages comme le drapeau de l'amour. Le drame est saisissant, d'une belle allure entraînante; l'auteur a mis dans son œuvre l'ardeur vibrante, la guerroyante conviction qui sont ses qualités maîtresses et lui ont depuis longtemps assuré ses succès de romancier et d'auteur dramatique.

Passionnément passionnera les femmes et fera réfléchir les hommes, les uns et les autres devant se retrouver dans cette brûlante peinture de la fin de notre siècle. g. t.

La Fleur bleue, par Gustave Toudouze. Paris, Victor Havard, 1889. Un vol. in-i8; 366 p. Prix : 3 fr. 5o.

Titre énigmatique, d'où sort comme un parfum capiteux et subtil. Le dernier mot du livre nous en donne le sens. Garde-toi, dit à sa petite fille une jeune mère qui a cueilli cette fleur et l'a vue sécher sur son sein, garde-toi, pauvre adorée, de la fleur bleue, la fleur perfide qui cache le précipice!... Oh 1 la fleur bleue, le mensonge de la vie!... Et ceti;e fleur bleue, c'est «la sentimentalité qui masque les sens, qui trahit les forces, qui livre désarmée h la faute ». Dans le cas présent c'est l'éveil à l'amour d'une jeune femme, déjà mère, dont le mari, homme excellent et vulgaire, ne peut ni satisfaire ni diriger des aspirations qu'il ne soupçonne même pas ; et elle, en s'abandonnant au bras d'un jeune attaché d'ambassade, élève de son mari, se croit enveloppée, transportée, bercée dans le paradis de l'idéal. Ce drame de l'adultère, dont le fond est aussi invariable et les dehors aussi changeants et multiples que les passions et les appétits de la nature humaine, est ici joué par des personnages bien vivants, ayant chacun une physionomie propre, et groupés avec tant d'art qu'il semble que l'auteur les ait ainsi trouvés agissant, aimant, riant et souffrant autour de lui. Un trait véritablement pris sur le vif et qui prouve de quel observateur l'écrivain est doublé chez M. Toudouze, c'est que les deux principaux acteurs, les deux coupables, la femme adultère et le dérobeur d'honneur, ne sont pas les grandes victimes de leur faute : l'homme y trouve, vers la fin, une cause d'égoïstes ennuis, quelques regrets et des remords passagers dont le souvenir, on le- devine, ne l'arrêtera guère à la rencontre de nouvelles amours ; la femme, plus profondément atteinte, y puise une leçon qui sera sa sauvegarde pour- le reste de sa vie en lui apprenant à limiter ses ambitions de bonheur au calme du foyer et aux joies maternelles; mais l'ami, celui qui a introduit dans la famille de M. Dupotais le jeune Robert de Vitrolles, l'austère et ardent professeur que hantent des visions de réformes sociales et dont le cœur est plein de la double idée de justice et de fraternité, l'honnête et bon Burgan en meurt. Ces choses arrivent dans la vie: les chocs directs laissent parfois souriants ou à peine endoloris ceux qu'ils atteignent, tandis que du contre-coup le voisin est tué.

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