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rature extérieure plus ou moins basse (rayonneonent). Ce sont ces trois variables, ajoute M. Richet qui, par leur combinaison, déterminent, pour tel ou tel animal à sang chaud, la température de son organisme, qui oscille entre 36® et 44° (37* pour Thomme, Sg» pour les mammifères, 42® pour les oiseaux).
Chapitre m. La température des animaux à sang froid. D'autres procédés de mensuration, et ces résultats : les animaux à sang froid produisent de la chaleur; ils n'en produisent pas assez pour maintenir leur température élevée au-dessus du milieu ambiant au delà de quelques dixièmes de degré ; leur température propre peut être très basse, voisine de o', sans qu'ils cessent de vivre, de se mouvoir et de se nourrir. M. Richet établit que le « nouveau-né est un animal à sang froid qui a besoin d'avoir chaud p, et fait trois classes des animaux à température variable : i* Mammifères et oiseaux nouveaunés qui meurent quand leur température est inférieure à 20® ; 2® Hibernants, qui, à ce même degré de. température propre ; 3® Reptiles, batraciens, poissons, mollusques, insectes, etc., qui, à une température propre inférieure à 20®, sont encore actifs.
Mais il faut nous borner à de très sommaires indications. Aux chapitres iv et v, la température de V homme y M. Richet montre que la production de la chaleur est plus grande au milieu de la journée que le soir, la nuit ou le matin, qu'il y a, pour ainsi dire, une sorte de fièvre normale qui commence le matin et finit le soir ; que le plus ou moins d'énergie du système nerveux est cause de la production plus ou moins grande de chaleur. L'influence des repas n'est ni très nette ni très considérable ; nulle est l'influence de l'âge (il ne s'agit pas du fœtus), et nulle celle du sexe ; quelques différences de température tiennent à la race, et des variations pour un même individu qui dépendent de l'activité musculaire, de l'état de jeûne et de digestion, de la température extérieure et de l'activité psychique.
Après les recherches touchant les températures hormales, des recherches quant à la température des corps dans les maladies (ch. vi), dans les cas d'insolation, de contractions musculaires tétaniques, de lésions traumatiques de la moelle épinière bulbo-cervicale, de maladies infectieuses ; quant à la température après la mort (ch. vu) : « les actions thermiques continuent après la mort et sont encore soumises au système nerveux » ; quant aux muscles et à la production de la chaleur (ch. vin) : « le système musculaire est Tappareil chimique producteur de la majeure partie de la chaleur animale, et le système ner-
veux, qui règle l'activité du système musculaire, régit, par son intermédiaire, la plus ou moins grande quantité de chaleur produite dans l'organisme ». Les autres chapitres sont consacrés à l'action des poisons, à la quantité de chaleur dégagéCj à la régulation de la chaleur par la respiration.
Nous allons à la conclusion : 9 En dernière analyse, écrit M. Richet, le système nerveux nous apparaît comme l'agent essentiel de la chaleur animale ; c'est lui qui dirige les actions chimiques, c'est lui qui permet à l'animal de se conformer à la température ambiante et de faire plus ou moins de chaleur, plus ou moins de rayonnement, plus ou moins d'évaporation selon les conditions extérieures. » Mais, dit-il encore, le mécanisme par lequel le système nerveux produit plus ou moins de chaleur, on ne le connaît pas ; on sait les effets, on n'explique pas comment une excitation nerveuse, soit d'une glande, soit d'un muscle, dégage plus ou moins de force chimique. C'est là le point défectueux de toute théorie de la chaleur animale.
L'ouvrage est d'un savant qui s'en tient aux seuls phénomènes pour les observer, analyser et comparer. r. g.
Psychologie de rattention, par Th. Ribot, professeur au Collège de France, directeur de la Revue philosophique; un volume in- 16 de la" Bibliothèque de philosophie contemporaine. Paris, Félix Alcan; 1889. — Prix : 2 fr. 5o.
Ce ne sont pas les effets de l'attention, c'en est le mécanisme que l'éminent psychologiste s'est proposé d'étudier et d'exposer.
En cette nouvelle monographie,, à peine est-il besoin de le dire, la même sûreté d'observation que dans toutes les autres, et aussi la même réserve à l'endroit de plusieurs des données, encore contestables, des analyses poursuivies. Il s'agit toujours uniquement de faits de conscience, et les questions de doctrines, du dualisme et du monisme, de la nécessité et de la liberté, ne sont pas davantage abordées.
Dans V Introduction y ces premières indications: L'attention est ou spontanée ou volontaire et artificielle, mais, sous quelque forme qu'elle se manifeste, elle n'est pas un acte pur de l'esprit. c Son mécanisme est essentiellement moteur, elle agit toujours sur des muscles et par des muscles, principalement sous la forme d'arrêt». Spontanée ou volontaire, l'attention est un état anormal, en contradiction avec la vie psychique qui est le changement. L'état normal, c'est la pluralité des états. de conscience, le polyïdéisme;. de moaoï-
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CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS
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déisme absolu, des cas très rares, et la forme aiguë en est Textase. L'attention est un monoïdéisme relatif, c'est-à-dire qu'elle suppose l'existence d'une idée maîtresse attirant tout ce qui se rapporte à elle et rien d'autre, ne permettant aux associations de se produire que dans des limites très étroites et à condition qu'elles convergent vers le même point. Dans le cas d'attention spontanée, le corps entier converge vers son objet; dans le cas d'attention volontaire, l'adaptation est incomplète, intermittente, et l'attention, sous ses deux formes, n'est pas une modification purement subjective, elle est une connaissance, un état intellectuel. Suit la définition rappelant et résumant ces caractères.
L'attention spontanée ou naturelle, l'attention volontaire ou artificiellej les états morbides de Vattentiony ce sont les titres des trois chapitres du travail*
L'auteur, tout au début du premier de ces chapitres, pose cette règle qu'il dit être absolue : l'attention spontanée a, partout et toujours, pour cause, des états affectifs. — Voilà qui sera sûrement contesté. — M. Ribot explique que la nature de l'attention spontanée chez une personne révèle son caractère, ses tendances fondamentales, son caractère, sans doute ; mais la sensibilité seule ne fait pas le caractère. — Il poursuit, montrant qu'une intermittence réelle dans une continuité apparente rend seule possible une longue attention; point de monoïdéisme absolu, avait-il déjà dit. Il regarde aux concomitants physiques de l'attention, les ramène à trois groupes : phénomènes vaso-moteurs , phénomènes respiratoires, phénomènes d'expression, en donne une description très complète, puis se demande : Les mouvements de la face, du corps, des membres, et les modifications respiratoires qui accompagnent l'attention, sontils simplement, comme on l'admet d'ordinaire, des effets, des signes? ou sont-ils, au contraire, les conditions nécessaires , les éléments constitutifs, les facteurs indispensables de l'attention? Il admet la seconde hypothèse. Le rôle fondamental des mouvements dans l'attention consiste, suivant lui, à maintenir l'état de conscience, à le renforcer. Comparant l'état ordinaire à l'état d'attention, il distingue trois explications possibles, trois hypothèses : l'attention est cause des mouvements, ou elle en est l'effet, ou elle en est d'abord la cause, ensuite l'effet. Entre ces trois hypothèses, il ne choisit pas : a Les manifestations motrices ne sont des effets ni des causes, mais des éléments; avec l'état de conscience qui en est le côté subjectif, ils sont l'attention. » Il parle ensuite de la surprise, un gros-
sissement de l'attention, des deux éléments émotionnel et intellectuel, et, comme il est une part d'activité superflue qui se dépense sous forme de jeu, de « besoin de luxe » auxquels correspond une a attention de luxe ».
Nous sommes au deuxième chapitre. Dans l'attention spontanée, écrit M. Ribot, l'objet agit par son pouvoir intrinsèque; dans l'attention volontaire, par des pouvoirs extrinsèques. Il fait la genèse de cette seconde forme de l'attention, et indique le procédé pour se rendre attentif: rendre attrayant ce qui ne l'est pas par nature. — Mais le fait de vouloir rendre attrayant, que n'en parle-t-il ? — Dans l'attention volontaire comme dans l'attention spontanée, dont elle n'est que la transformation, des états affectifs, et l'auteur invoque les modes de dressage , on s'adresserait à l'attention des animaux, — ce qui ne nous paraît nullement exact.
a Le monoïdéisme relatif qui consiste dans la prépondérance d'un certain nombre d'états intérieurs adaptés à un même but, excluant tous les autres, n'a pas besoin d'être expliqué dans le cas de l'attention spontanée. Un état (ou un groupe d'états) prédomine dans la conscience, parce qu'il est de beaucoup le plus fort; et il est de beaucoup le plus fort, parce que toutes les tendances de l'individu conspirent pour lui. Dans le cas de Tat" tentiôn volontaire, surtout sous ses formes les plus artificielles, c'est le contraire. Quel est donc le mécanisme par lequel cet état se maintient? Il n'importe pas de rechercher comment l'état d'attention volontaire est suscité dans la vie courante. Il naît, comme tout autre état de conscience, au gré des circonstances; mais ce qui l'en distingue, c'est qu'il est maintenu. C'est dans la possibilité de l'arrêt qu'est tout le problème. » M. Ribot commente les explications présentées quant au pouvoir d'inhibition; il cite Ferrier, il cite Beaunis et conclut : « Tout acte de volition, impulsif ou inhibitoire, n'agit que sur des muscles et par des muscles. »
L'attention s'applique volontairement à des perceptions, à des images ou à des idées. Elle est attention sensorielle, réflexion, ou langage, trois analyses subtiles ; au cours de la dernière se trouvent rappelés les travaux de Stricker et de Egger.
Tournons quelques pages. « Si l'on admet que le mécanisme général de l'attention est moteur et, pour le cas particulier de l'attention volontaire, qu'il consiste surtout en action d'arrêt, on doit se demSLnder comment s'opère cet arrêt et sur quoi il agit, » M. Ribot fait une réponse à cette double question, une réponse qu'il qualifie lui^ même, au reste, de conjecturale: « L'attention est un état momentané, provisoire de l'esprit; ce n'est