‹ Le livre (volume 4)Chapitre 91 sur 129 · PC · texte numérisé non relu

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de la Reine. Quelle succession de lugubres fantômes dans cette maison d'Autriche : Marie- Antoinette, Maximilien, l'archiduc Rodolphe 1 ! ! Heureusement, il y a eu Marie-Louise, maîtresse en Tart de se consoler. l. d.

La Gonqnèta de l'Algérie (1841-1857), par

M. Camille Rousset, de l'Académie française. Deux vol. in-8% formant 794 pages, et un atlas comprenant dix planches. Paris, librairie Pion, 1889.

On imagine avec raison que l'âme d'un historien digne de ce nom, par son commerce ordinaire avec rintimité du tableau changeant des âges, avec le hasard de toutes les grandeurs et la rançon de toutes les gloires, doit être la plus philosophiquement établie qui soit, contre les assauts de la vanité. Cest, malgré tout, une joie réelle que la conscience d'être le meilleur dans sa profession. L'auteur de l'Histoire de Louvois, de ia Guerre de Crimée, etc., connaît cette émotion puissante. Il n'est pas seulement salué chez nous du titre de notre premier historien militaire; à l'étranger même, il est mis en tête des classiques du genre et cité comme un maître qui laissera, dans l'art de dire les faits de guerre, des modèles dignes de traverser les siècles. Nous avons eu déjà l'occasion d*écrire, ici-même, que M. Camille Rousset avait entrepris un nouvel ouvrage très considérable, qui promettait d'atteindre au mérite des autres... et, puisqu'il n'était guère possible de le dépasser, pareille promesse nous contentait pleinement. Cet ouvrage embrasse les vingt-sept années, si grosses et Ton pourrait dire fumantes d'événements, qui, de i83o à 1857, nous rendent tous les actes du beau drame algérien, coupés, au lieu des repos du théâtre littéraire, par deux révolutions : i83o et 1848. On peut dire des révolutions, avec autant de justesse que le vieux dicton l'affirme des livres, qu'elles ont leurs destins. Ainsi, i83o passe pour héroïque et presque divin; 1848, pour presque idiot. L'observateur des éruptions périodiques du corps social ne saurait avoir là dessus que des notions de médecin : guetter les symptômes, adoucir les accès, arrêter la fièvre. Mais distribuer des prix et des accessits entre ces soulèvements (mystérieux et spontanés, comme la lutte de la vie et de la mort dans nos machines individuelles), cela nous semble d'une candeur agaçante. Donc, la Conquête de l'Algérie^ reproduite dans le livre excellent et définitif que nous annonçons, off*re d'abord cette particularité saisissante, qu'elle vit tomber^ presque le même jour, le trône du monarque

victorieux, et celui de son offenseur terrassé. La première partie du grand travail de M. Camille Rousset, intitulée : les Commencements d'une conquête, nous rendait l'Algérie de i83o à 1840. Les deux autres volumes, tout récemment publiés : la Conquête de l'Algérie, vont de 1841 à 1857; on les lit d'abord avec passion... une seconde lecture en fait mieux ressortir l'arrangement magistral d^épisodes serrés et innombrables, la mise en œuvre lucide de documents contradictoires, et l'équitable et pénétrante estimation des hommes, dont ce mot prestigieux : F Armée d* Afrique^ fait comme d'eux-mêmes, jaillir les noms dans notre cerveau fasciné. L'épopée, — unique dans l'histoire du monde, — des guerres impériales, fut suivie à peu d'années, de ce poème tout à fait digne de sa formidable aînée. Au reste, on y vil figurer nombre des soldats façonnés par la main de Napoléon. Le grand homme, l'incontestable grand homme de cette histoire : Bugeaud, était caporal aux vélites de la garde, à la bataille d'Austerlitz, où le quatrième corps était commandé par ce même maréchal Soult, le ministre de la guerre, avec lequel correspondait l'ancien caporal, devenu général en chef de l'armée d'Afrique. Bugeaud portait le signe évident de rère magique où il avait grandi; mais, en outre de cette influence générale, il avait aussi reçu du ciel Vinfluence secrète, qui fait les poètes... et les vrais hommes de guerre. On ne compare personne à Napoléon. Cependant le premier chef militaire du monde aurait reconnu, dans Bugeaud, un des meilleurs de son école, et s'il eût morigéné parfois cette tête obstinée et cette humeur brusque, il eût dignement apprécié tant de méthode, de clairvoyance et de sang-froid s'alliant à l'énergie ! De son côté, Bugeaud, très cordialement acquis à la dynastie de Juillet, parla toujours de Napoléon avec un sentiment que Ton peut deviner à travers des lignes telles que cellesci : « Aucun des Khalefas, écrivait-il vers 1848, au maréchal Soult, n'a fait la moindre démarche auprès de moi; malgré leur défaite et leur extrême détresse, ils ont maintenu leur dignité personnelle et leur fidélité à Abd-el-Kader. Ils n'ont pas donné les odieux exemples qu'ont fournis certains lieutenants de l'Empereur. » Que de noms chers à la patrie, et glorieux pour elle, et dont certains nous rappellent des figures amies entrevues dans notre enfance, reviennent dans les pages de M. Camille Rousset : Lamoricière, Négrier, Mac-Mahonl Arrêtons-nous à Changernier, dont l'impartial et véridique historien expose fidèlement, sans la juger, la singulière physionomie. Nul ne met en doute les talents militaires du général, et moins encore sa^bra-

CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS

qui n'était pas un trait distinctif parmi officiers; mais son caractère n'avait pas droit auK mêmes compliments. Il était la preuve vivante, — lui, et beaucoup d'autres, au reste, — de cette vérité, que la valeur professionnelle d'un homme, n'implique pas au même degré sa valeur intime et sa qualité d'âme. Nous avions fait, comme de juste, la part de ce qui revenait à l'esprit d'opposition dans la popularité fabriquée pour Changarnier sous le second empire, dont le Thomas Dîa/oirus, comme il l'appelait, l'avait si justemeht mis en posture de prophète ridicule ; nous savions déjà que l'infatuation de Changarnier (dont ses Mémoires^ sont, paraît-il, le témoignage inouï) en faisait un comique du genre... non applaudi; nous savions encore que le personnage politique des dernières années fut durement livré au rire, et son démêlé final avec M. Tbiers couronne toutes les malechances de Changarnier, qui eut si peu d'amis et les fâcha tous. Mais la lecture du livre de M. Camille Rousset et les dépêches de Bugeaud, où, pour mieux dire le miroir des faits, nous montre au naturel, l'humeur de l'homme, qui, pour la noblesse du cœur, fut un assez pauvre homme. Pour justifier ce dire, nous référerons simplement le lecteur à la page 178 du tome 1". On y trouvera le récit d'une rencontrée! d'un bout de dialogue, à Miliana, entre Cbangarnier et le général de Bourjolly. Ce peu de lignes racontent toute une Sme. Il y aurait beaucoup d'autres traits à citer dans les deux volumes de: la Conquête de l'Algérie; mais le manque d'espace nous épargne l'embarras du choix. Ces deux volumes comprennent dix substantiels chapitres qui abordent successivement : I. Le gouvernement du général Bugeaud. Campagne de 1841. (Attitude singulière de Cbangarnier; ses altercations avec le gouverneur; M. Guizot et le généra! Bugeaud,) — II. Campagne de 1841. (Activité de Lamoricière, Héroïsme du sergent Blandan. Mort du duc d'Orléans.) — III. Campagne de 1843. (Insurrections. Le duc d'Aumalc et l'enlèvement de la Smala. Le général Bugeaud nommé maréchal de France. Insubordination de Changarnier. Sa rupture avec le maréchal Bugeaud. Son départ.) — IV. Constantine, Les oasis. Les bureaux arabes. La

Kabylie. (Le général de Négrier à Constantine, le général Randon, à Bône.) — V. Guerre avec le Maroc. (Bombardement de Tanger. Bataille d'Isly. Prise de Mogador. Bugeaud, Lamoricière et Cavaignac. Campagne d'automne en Kabylie. Le maréchal Bugeaud à Paris. Discours du 24 janvier 1845.) — VI, La grande insurrection. (Affaire de Sîdi- bel -Abbés. Le colonel Pélissier. Les grottes du Dahra. Le vrai et les faux Bou- Maza. Le lieutenant-colonel de Martagnac Sidi- Brahim. Ab-del-Kader rentre au Maroc. — VII. La dernière année du maréchal Bugeaud en Afrique. (Reddition de Bou-Maza. Échec du projet de colonisation militaire. Démission du maréchal Bugeaud. Ses adieux. La statue du maréchal. — Vin. Gouvernement du duc d'Aumale. (Reddition d 'Ab-del-Kader. L'émir embarqué pour la France, Discours de M. Guizol. Attitude nouvelle d'Ab-del-Kader. Révolution de février. Adieux et départ du duc d'Aumale. — IX, L'Algérie de 1848 à i83i. (Belle attitude de l'armée. Le colonel Canrobert. Les généraux d'Hautpoul, Saint-Arnaud, Randon. — X. Achèvement de la conquête. (Bosquet, Mac-Mahon, Randon, Saint- Arnaud. Contribution de l'armée d'Afrique à la guerre de Crimée. Campagne décisive dans la grande Kabylie. Conclusion, La conquête du sol est achevée. Reste 'a faire la conquête morale. — Si les Français, comme le prétend Voltaire, n'ont pas la tête épique, on voit du moins que leur vaillance est toujours digne d'une Iliade, qu'Homère n'inventerait pas, comme a dit Théophile Gautier dans ses vers superbes sur nos vieux soldats. Une autre réflexion nous occupait durant cette lecture du livre durable de M. Camille Rousset. Les hommes glorieux et les grandes choses qui viennent de passer sous nos regards éblouis, furent, dans leur temps, à la tribune et dans la presse, couverts de calomnies et d'injures. Toute politique à part, cela nous fait y regarder à deux fois avant de juger les entreprises ultérieures du même ordre... Soit dit, sans aucune intention d'hommage au politicien dont le nom symbolise le plus récent de ces exploits et qui se défend, au reste, d'en avoir été le pcre et trouve assez bon de l'avoir pour parrain.

Bibliothèque de l'enseignement des beauxarts. — La Tapisserie, par Eugène MUntz, consur/ateur de l'École nationale des Beaux- Arts. 3" édition, revue et augmentée. Un vol. de jgo pages, orné de 96 reproductions de inpisseries et d'environ 160 fac-similés de mo- 1 marques. Paris, Maison Qi

;, rue Saint-Benoît.

, 5o; relié, 4 fr. 5o.

broché,

Cette troisième édition n'a pas été seulement tenue, avec le soin le plus rigoureux, au courant des découvertes récentes, l'auteur l'a encore enrichie; de près de cent monogrammes ou marques dii t.ipisseries que l'on chercherait vainement ailleurs. La collection de fac-similés qu'il a ainsi réunie, et qu'il a classée dans un mode absolument nouveau, fait de cet élégant volume un guide indispensable aux antiquaires, auic amateurs, auK gens du monde, dont les salons s'ouvrent déplus en plus aux merveilleuses productions de la haute et de la basse lisse.

Guide de l'École Nationale des Beaux- Arts, par M. EuGÈKB MUntz, conservateur de la bibliothèque, des archives et du musée de J'Kcole, — Un vol, in-S" de 3oo pages, illustré du nombreuses gravures. Paris, Maison Quanliii, 7, rue Saint-Benoît. — Prix: 5 francs.

Notre École des beaux-Arts qui, à côté de ses in;ippréciables séries de copies de tableaux

de maîtres et de moulages, possède un choix si riche d'œuvres originales, peintures, sculptures antiques, sculptures du moyen âge, de la Renaissance, dessins, etc., n'avait fait jusqu'ici l'objet d'aucun travail d'ensemble. Cette lacune vient d'être comblée par le savant et zélé conservateur da notre grand établissement d'instruction artistique, M. Eugène MUntz. Dans un guide d'un format portatif et qui arrive à point pour rendre service aux étrangers attirés à Paris par l'Exposition universelle, il a donné la description deî œuvres d'art de toute nature, depuis les portails de GaiUon et d'Anet jusqu'aux grands prix Je Rome, qui ornent te palais de la rue Bonaparte.

On remarquera surtout le catalogue, absolument nouveau, des dessins de maîtres, qui otu été donnés à l'École par MM. His de la Salle, Gatteaux, Jean Gigoux et par une foule d'autres collectionneurs.

Une notice sur l'histoire de l'École, qui a été fondée, comme on sait, en 1648, et une notice sur l'histoire des bâtiments, qui ont servi tour à tour de couvent et de musée, des documents de toute soi^te sur les anciens élèves de l'École, ainsi que de nombreuses illustrations, recommandent tout particulièrement le travail de M. MUntz aux artistes, aux annateurs, aux gens du monde désireux de connaître de plus prèsun des plus riches musées de la capitale.

Toujours soucieuse de bien faire, la Maison Quantin a imprimé ce charmant volume avec k soin et le goût qu'il méritait.

GÉOGRAPHIE — Voyages — Moeurs et Coutumes —

La Vie et les mceurs à la Plata, par Emile IjAiiiRAux. Deuxième édition revue et augmentée. Paris, Hachette et C», 1889, 2 vol. in-S". Vol. I :xii-432 p.; vol. Il : 475 p.; 48 gravures hors texte. Prix: i5 fr.

Il y a un an à peine que M. Emile Daireaux donnait la première édition de cet ouvrage qui a

conquis sa place au premier rang de ceux qui s'occupent de l'Amérique latine- Rien n'est surprenant comme les modifications rapides qui se produisent, depuis quelques années, dans la République Argentine, où les villages, en quelques mois, deviennent des villes; les lignes de chemins de fer s'étendent là où, d V a six ou sept ans, l'homme civilisé n'avait pas

CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS

pénétré ; le désert est mis en culture avec un si prodigieux entrain, qu'il semble qu'un homme y fasse la besogne de dix ; les ateliers d'Europe ne peuvent suffire à fournir l'outillage que ce pays nouveau demande ; les capitaux émigreni avec un tel élan vers cette terre nouvelle que la Banque d'Angleterre et la Banque de France ont à protéger leur encaisse; les possesseurs du sol voient s'élever à de telles hauteurs le prix de leurs immenses domaines qu'ils ne savent trop quel emploi donner à cette afHuence inattendue de capitaux.

Dans les ports d'Italie vingt mille émigrants demandent passage sans pouvoir l'obtenir; les plaines de l'Aragon, les montagnes de l'Auvergne fournissent leur contingent ; on cite en France un village de 426 habitants dont tous sont partis jusqu'au dernier, emmenant le maître d'école, le maire et le curé.

On trouve dans l'ouvrage de M. Emile DaireauK l'explication des causes qui ont déterminé ce mouvement et qui accélèrent la marche de la Plata vers les destinées les plus brillantes. Il est naturel, à ce propos, que l'esprit se reporte à la splendide manifestation de son goût et de ses richesses que la République Argentine donne à l'Exposition qui a lieu cette année à Paris, Le pavillon — le chatoyant palais — qui contient les échantillons des trésors de son sol, de son industrie et de son art, est une merveille de goût moderne. Sans doute, ce n'est pas un Argentin qui en a fait le plan ni qui l'a construit ; mais c'est le gouvernement argentin qui l'a choisi et en a assuré l'exécution, et, si les peuples ont le gouvernement qu'ils méritent, les gouvernements ont les artistes et les œuvres d'art dont ils sont dignes.

Le premier volume de cet important ouvrage a pour sous-titre : la Société des Villes, et pour subdivision : les grands fleuves et les grandes régions; les races disparues et tes nations modernes ; la vie extérieure et la vie de famille ; le monde politique et judiciaire; la presse et la littérature ; le commerce et les finances.

Le volume II, consacré plus particulièrement aux industries et aux productions du pays, traite successivement de l'industrie des villes; de la condition sociale et légale des étrangers ; des ouvriers et artisans; de l'industrie pastorale; des grandes cultures et de la colonisation.

Celte brève analyse suffira à montrer l'importance du livre, importance qui se rehaussera encore dans l'esprit du lecteur, s'il veut bien se rappeler que c'est surtout vers la France que se tourne l'Amérique latine, que son luxe, ses plaisirs mondains, sa littérature, ses oeuvres d'art,

I ses bibelots, ses vins, ses jouets, ses modes et sus meubles sont français, et, le plus possible, pari-

Cinq ans de séjour au Soudan français, par Eugène Béchet. Paris, i8Si), E, Pion, Nourrit et C*. Un vol. in- 18 jêâus, avec une

Au reproche si légèrement lanco h la France par ses propres citoyens de manqui^r de colonisateurs, on peut opposer comme un formel diimenti les exemples nombreux de nos hardis explorateurs. M. Eugène Béchec s'ajoute à la phalange. Autre chose est sans doute de parcourir un pays en curieux, allant à sa découverte, autre chose de s'y fixer, d'y employer son activité et son intelligence à l'agriculture, au négoce,

L'intérêt sérieux du livre de M. Béchel est précisément de montrer les résultats d'une résidence consécutive de cinq années dans l'une de ces contrées mystérieuses, oii, comme il le dit justement, la France dépense chaque année de son sang et de son argent.

11 a étudié la vie réelle des peuplades du Haut- Sénégal T ce n'est pas seulement te côté pittoresque qui saute aux yeux d'abord, c'est les mœurs traditionnelles, la façon d'user la vie et de l'entretenir, c'est l'agriculture, les productions du sol, les moyens de l'améliorer, ^u'il a voulu connaître. Les renseignements qu'il nous apporte sur tous ces points sont d'une gnuide importance : ils permettent d'évaluer les chances de colonisation; cette expérience d'aui.mt plus digne de foi, que M, Béchet, ayant appris la langue des indigènes, a pu se mieux instruire de leurs procédés, est un capital fourni à ceux qui seraient tentés d'entreprendre là-bas une exploitation. Le sol est très fertile; dès que les voies Je communication seront ouvertes, M. Béchel est convaincu qu'un grand avenir est réservé au\ terres du Haut-Sénégal.

La question grave est celle du climat. Lui même, par un cas exceptionnel, a pu résider cinq ans de suite dans ce pays sans être atteint d'aucune maladie. Il avait été bronzé, il faut tout dire, par ses voyages précédents et la vie aventureuse menée par lui dès l'âge de quatorze ans.

Son livre est fort bon ù lire; je ne dirai p.is tout à fait attrayant, c'est moins par Ui l'orme et par les détails qu'il vaut, que par riniéiêt essentiel du fond, ''^-

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Les Colonies françaises. Notices illustrées, publiées sous la direction de M. Louis Hen- RiQUE, commissaire spécial de l'Exposition coloniale. — Vol. I. Colonies de Vocéan Indien^ comprenant 4 cartes, 120 dessins et 4 fascicules. — Paris, Maison Quantin, 7, rue Saint- Benoît. — Prix du volume : 3 fr. 5o. — Prix du fascicule, avec carte : i fr.

La Maison Quantin vient de mettre en vente le premier volume d*un ouvrage préparé sur l'ordre du sous-secrétaire d'Etat des Colonies, par les soins du Commissariat de l'Exposition coloniale de 1889, et intitulé « les Colonies françaises ». Cette publication, enrichie de nombreuses gravures inédites et de cartes nouvelles d'une rigoureuse exactitude, nous semble appelée à un grand et légitime succès : elle comprendra cinq volumes, dont le premier est consacré à nos possessions de l'océan Indien, soit : la Réunion, Mayotte, les Comores, Nossi-Bé, Diego- Suarez, Sainte-Marie de Madagascar, Madagascar et l'Inde française.

Ce premier volume contient 4 cartes et 120 dessins et se divise en 4 fascicules; chaque fascicule, avec sa carte, se vend séparément.

C'est une description fidèle et attrayante de nos colonies, la peinture exacte des habitants qui peuplent ces dépendances lointaines de la France, une sorte d'inventaire de nos richesses coloniales •

Le négociant, le voyageur, le colon, y trouveront une source de documents précieux sur le climat, l'alimentation, l'hygiène, le prix des denrées, le taux des salaires, les genres de culture, les produits et objets d'échange, les voies et moyens de transport, le coût des voyages. C'est certainement la première fois que tous ces renseignements se trouvent réunis dans des monographies d'une lecture facile et intéressante.

Coïncidant avec l'Exposition coloniale, si curieuse et si complète de l'Esplanade des Invalides, cette publication contribuera certainement au développement de l'esprit colonisateur en France ; à ce titre, elle fait honneur à l'administration des colonies qui l'a inspirée, au commis-

sariat de l'Exposition coloniale qui, sous la direction de M. Louis Henrique, a mené cette oeuvre à bonne fin, à l'éditeur qui Ta exécutée avec son goût accoutumé.

Les autres volumes, concernant nos possessions d'Amérique, d'Indo-Chine, de l'océan Pacifique, de l'Afrique continentale, paraîtront très prochainement.

Le Congo français. ^ Du Gabon à Brazzaville par Léon Guiral. — Un vol. in- 18 jésus, orné de gravures et d'une carte. Paris, 1889. Pion, Nourrit et C*«, éditeurs.

Pendant trois années, M. Léon Guiral attaché à la mission scientifique de l'Ogoué et du Congo, a exploré le pays des Bakalès et celui des Batikès, puis celui des Bakouyas. Au prix de fatigues et de soufirances inouïes, il a réussi à parcourir la contrée où M. de Brazza a fondé un Etat. Il nous en rapporte des descriptions très intéressantes, des renseignements très curieux sur les productions du sol et sur le caractère et les mœurs des habitants.

La partie anecdotique n'est pas moins attrayante que le côté sérieux n'est instructif. Les détails sur les lois et coutumes régissant le mariage sont par exemple assez piquants.

Ce n'est pas sans tristesse qu'on ferme ce volume en songeant qu'il clôt la vie d'un homme. L'auteur, en effet, n'a pas échappé à l'influence pernicieuse du climat d'Afrique. Tout jeune, Léon Guiral est mort loin des siens, en novembre i885; son collaborateur Moleyre succombait presque en même temps : l'un avait vingt-sept ans, l'autre vingt-six.

La préface de M. KUnckel d'Herculaîs, est un pieux hommage à ces courageux aventuriers de la science qui ont payé de leur vie la satisfaction de pénétrer dans l'inconnu. On ne peut la lire sans être ému et sans éprouver un surcroît de sympathie et d'admiration pour les jeunes explorateurs, dont les notes et les correspondances constituent le fond essentiel de cet ouvrage.

SCIENCES - Fhiloiophie — Morale -

"îtfa^

La Gonaolation philosophique de Boëce.

Traduction nouvelle par Octave Cottreau, d'après l'édition de René Vallin (Lugd. Batavonim, anno MDCLVI) ei celle de Rudolfus Peiper (Leipsick, MDCCCLXXI), combinées avec une préface de Théog. Cerfbeer. Un vol. in-4''. Paris, Maison Quanlin, 1889. — Prix :

L'ouvrage est édité avec goût. L'édition est belle, de cette beauté sévère qui seule pouvait

Point de fleurons ni de cul s- de-lampe, seuletnent des lettres ornées au début de la préface et de chacun des cinq livres, et, hors texte, les reproductions photographiques de six miniatures insérées dans un exemplaire d'un imprimé de 1494, qui, enluminé pour le roi Charles VIII, se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, galerie Mazarine, n" 2Û6. De ses six miniatures, la première nous fait voir le roi au moment où le Grand Boëce de consolation lui est présenté. — "Le grand Bo£ce de consolation u, c'est le titre de l'imprimé, un commentaire du fameux traité, — et les cinq autres miniatures illustrent les cinq livres, le miniaturiste ayant fait sortir de la bouche de ses personnages quelques mots empruntés au texte latin de ces mêmes livres. Les six compositions ont été très habilement reproduites par M. Fernand Hérard.

Faut-il vanter le dessin des caractères, la netteté de l'impression? faut-il parler du papier heureusement choisi et des grandes marges ménagées? mais on sait le soin apporté par les direc* teurs de la Maison Quantin à toutes les publications qu'ils offrent aux amis des beaux livres, et il nous est difficile, ici, d'insister. Disons qu'ils ont voulu assurer, pour les yeux, une vraie joie, et qu'ils ont pleinement réussi.

Le traité de la Consolation philosophique est traduit de la façon la plus heureuse.

L'auteur de la préface loue M, Cottreau de ne s'être pas astreint au mot à moi, 0 une double trahison i. Une bonne traduction, dit-il, ne peut être qu'un compromis entre la fidélité due au texte et le respect des lois de l'instrument qui le traduit, M. Cerfbeer a raison, indiquant comme il fait la tâche de quiconque s'efforce de trans-

BIBL- MOU. XI

oeuvre d'une langue dans une autre, et raison encore d'estimer que M, Cottreau a su excellemment s'acquitter de la tâche indiquée.

Nous aimons toute la préf.ice, au reste. Sans doute, nous ne porterions pas tous les jugements qu'a portés M. Cerfbeer; nous n'écririons pas que • tout effort de pensée est libérateur u, n'étant, nous, nullement intellcciunliste; et nous ne tiendrions pas davantage pour " controversable la question de savoir si la philosophie du captif de Pavie est chrétienne ou païenne ■, Boëce ayant été précisément ce qut nous ne sommes pas. Il nous eût paru plutôt intéressant de rechercher comment il s'est pu faite que le « paganisme ■ ait à ce point pénétré le christianisme de saint Paul qu'on se soit demandé si Boéce n'était pas chrétien et qu'on ni; ^e demande même pas si saint Thomas l'est bitn. Mais de regarder au fondement de la morale clic^ Boëce, à la part faite par lui à sa volonté, h s^t notion du mal qui n'est pas une notion du pécht.', point n'est utile assurément : M, Cerfbeer ne vante pas plus qu'il ne convient le traité de la ConsoLilion philosophique. Le traité trahit un éiai d'âme ou d'esprit à un certain moment de l'histoire de l'humanité ; il a sa place dans les biblioihoques de ceux qui ne recherchent pas seulement les bulles éditions, qui sont jaloux encore de posséder les monuments de l'art et delà pensée .mxdîlîérentesépoques de notre histoire,

La Philosophie de Oaseenâi, pur P. Félix Thomas, docteur es lettres, uprégé de philosophie, professeur au lycée di: Brest. Un vol. in- 8° de la Collection historique dfs anjnJs philosophes. Paris, Félix Alom; iS3.,. -Prix:

Serait-il vrai, comme le déclare l'auteur de cette étude, toute digne, d'ailleurs, d'appeler et de retenir l'attention, que Gassendi n'eût point encore obtenu « la place qui lui appartient », et dans l'histoire générale de lit pensée humaine, cl dans l'histoire particulière de l.i pensée française? Il faudrait d'abord s'entendri.'. Quelle est la place qui, suivant M, Thomas, appartient, nous ne dirons pas au philosophe du Syntagma, mais au critique d'Aristote, aucritiqut: de Descartes? Elle

n'est pa:i àu centre, sans doute, mais encore au premier rang. M. Thomas ne l'oserait affirmer, et s'il ne dispute pas, comme nous croyons, pour faire obtenir à Gassendi une place tout à fait en vue, qut; ne s'en tient-il à cette remarque qu'il fait quelque part : n Dans les études qui ont été consacrées ii Descaries par nos philosophes contemporains, s — et il les nomme i ce sont MM. l.iard, Riibler, Pîllon, Renouvier, — n il ne se trouve pas une objection que Gassendi n'ait déjà faite, fort peu qu'ils n'acceptent comme irréfutables. »

Il y a bien quelque exagération à prétendre que les philosophes contemporains désignés ont accepté purement et simplement les oi/ec(ionj de Gassendi ; M. Renouvier, de qui l'on sait les ingénieuses critiques touchant l'idée de l'infini, cstimu qui; le P. Buffier a opposé à certaines des thèses contenues dans les Méditations, des arguments d'unt: bien autre valeur. Quoi qu'il en soit, M. Thomas le constate, Gassendi a été lu, ses jugements ont été invoqués, reproduits, commentés; cela, qui est ■ à son éloge », nous n'y contredisons, n'est pas pour permettre, d'autre part, de donnera croire qu'on fasse trop peu de cas du philosophe du xvn" siècle.

Sa doctrine n'est plus en crédit, il faut le regretter. On a eu tort de la qualifier de doctrine de juste milieu, elle est plus intéressante qu'on est porté il l'admettre. Nous ne sommes nullement, mais nullement de cet avis.

Nous n'acceptons pas les conclusions del'étudc ; d'autres que nous la peuvent goûter. L'étude est bien fiiitc; pour le reconnaître, il n'y aura qu'une

mdcs divisions de l'o

rage,

U.ii:s le premier, très court, M. Thomas reijiirJe h la logique de Gassendi; il montre comme le philosophe résolvait le problème de la connaissiincc, comme il exphquait l'origine des idées,

Dans le deuxième, de beaucoup le plus développé, il analyse les théories du « Maître » touchant l'espace et le temps, la matière et le mouvement, la génération et la vie, touchant la sensibilité, l'imagination, l'entendement, la passion, la volonté, la nature de l'âme, l'immortalité de de l'âme, d'une manière plus générale, touchant le monde et l'homme.

Le troisième livre est intitulé ; Morale et théologie naturelles ; M. Thomas expose l'éthique de Gassendi, renouvelée, tout comme sa physique, d'Épicure.

Aux dernières pages, il vante l'unité de cette doctrine; il y met de la bonne volonté. Cette doctrine, dit-il, est a également éloignée des affirmations audacieuses des matérialistes et des hypothèses chimériques des idéalistes mystiques ». Elle semble, dît-il plus loin, . avoir voulu réconcilier dans une synthèse supérieure les théories les plus opposées u. N'insistons pas sur ces deux jugements. Nous souscrivons, par contre, volontiers à cet autre : " Le grand mérite de la philosophie de Gassendi »; — il ne s'agit pas d'une philosophie à proprement parler, il ne s'agit pas de système ; passons, — • réside dans les aperçus ingénieux, les vues neuves et fécondes que, chemin faisant, le philosophe nous découvre, dans les hypothèses originales et suggestives qu'il propose. B M. Thomas rappelle la critique des fa-

cultés occultes, les hypothi universelle, les recherches force motrice, l'origine de r tude, l'influence de l'hérédité, raison et de la liberté, enfin les sions. Vues neuves, hypothèse lyses ingénieuses, au temps oii e

1 animation

nature de la

et de l'habi-

la théorie de la

nalyses des pasoriginales, anales étaient eïpo-

sées, cela est hors de doute. Mais que l'auteur du livre veuille bien avouer que les idéalistes, mystiques ou non, n'ont pas été les derniers à reconnaître chez Gassendi une certaine vigueur de pensée.

SCIENCES DIVERSES

• Pfy'ique — Mathématiques -~ Sciences occultes

Sciences appliquées à l'industrie — Technologie

Les Industries d'amateurs, par H. de Graf- FiGNV. — Prix: 3fr. 5o.

La Librairie J.-B. Baillière ei fils poursuit activement la publication de sa Bibliothèque des connaissances utiles, et le nouvel ouvrage sera le bienvenu des amateurs à qui il est dédié. Ces amateurs sont innombrables, car une foule des petites industries, dont l'énumêration seule serait trop longue ici, sont traitées dans ce volume. Utile dulci, telle pourrait être sa devise, car les renseignements pratiques et sérieux se joignent aux petites recettes susceptibles de faire la joie des familles. M. de Graffigny est un infatigable, et, depuis quelques mois, sa production ne s'interrompt pas. On voit son nom chez tous les éditeurs, ce qui veut dire sans doute que le public lui fait bon accueil partout. Il en sera encore ainsi pour ce volume, que MM. Baillière ont d'ailleurs illustré à profusion de près de 400 figures.

Indicateur du bàtlmaut et de la propriété , foncière dans Paris, par M. Petibon, 60,

rue de Provence.

Cet ouvrage commercial ne semble pas rentrer dans le cadre de nos comptes rendus habituels. Nous le signalons cependant à nos lecteurs parisiens, qui, s'ils aiment les livres, aiment aussi leur bonne ville de Paris. Nombre d'entre eux sont aussi propriétaires, et ils y trouveront des renseignements précieux. Enfin le prix du terrain n'est pas indifférent à des gens qui sont exposés fi voir leur bibliothèque réclamer de jour en jour un espace plus considérable. De crainte d'être petit h petit chassé par elle, Louis-Philippe se refusa à laisser installer au Louvre la Bibliothèque nationale.

On trouvera surtout dans ce livre ce qui ne se trouve nulle part ailleurs, aussi condensé et aussi complet : l'historique des rues de Paris et l'étymologie de leurs noms. Où ce souvenir de Gutenberg pouvait-il être mieux placé que le long du nouvel Hôtel des Postes, qui, mieux que tout éditeur, répand par millions de prospectus les bienfaits de son invetitîon!

s du grand procès hardiment au fond

Le TransformlBnie, par Edmond Perrier, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Un vol. in-i6. Paris, 1888. J.-B. Baillière et fils, édit. — Prix: 3 fr. 5o.

Ce volume fait partie d'une nouvelle bibliothèque scientifique contemporaine dont quarante volumes déjà sont en vente.

On peut le présenter comme un modèle d'exposition scientifique. M. Edmond Perrier n'a eu. d'autre but que de dresser, pour ainsi dire, les pièces les plus aulhentiqui témoignages les plus a de l'origine des espèces. II de toutes les hypothèses « probabilités ni les invra prudent quand il s'agit de conclure que hardi quand il s'agît d'analyser, il avoue des ignorances encore invaincues er, comme il dit fort justement; n L'art de distinguer les rcalités des fantâmes de l'imagination est ce qui a fait la science actuelle si grande, ce qui l'a rendue si puissante. Elle est assez forte pour s'honorer par l'aveu m8rae des ignorances, et c'est parce qu'on la voit s'efforcer d'être toujours vraie qu'on s'habitue peu à peu à ne plus la croire dangereuse, a

Intercalées dans le texte, quatre-vingt-huit figures donnent une forme sensible aux explications très claires par elles-mêmes du distingué professeur du Muséum. pz.

Traité d'ostéologie comparée, par G. Pou- CHET, professeur d'anatomic comparée au Muséum, et H. Beaurecard, aide-naturaliste de la chaire. Un vol. grand in-3", avec 33i figures dans le tente. Paris, G. Masson; 1889.

Ce traité est le résume d'un cours professé pendant deux ans au Muséum. M. Pouchet est le professeur qui a enseigné ; M. le D" Beauregard est le rédacteur des leçons.

De l'Introduction, — elle est du maître éminent qui occupe la chaire d'anatomie comparée, d'anatomie des animaux, pour lui donner son vrai titre, — nous détachons ces lignes: «Nous comprenons sous le nom à'ostéologie l'étude des parties dures,

InterncH \o plus ordinairement, qui servent de soutiens uux corps vertébrés : os, cartilages, dents, Veuilles, etc. Notre but a été de condenser et de ropprocher tout ce qui a trait à la forme et & Tn^encement des organos solides qui composent ce qu'on nomme, chez les animaux vertèbres, le squelette... la meilleure façon d'étudier ou d'enseigner Tostéologie n'étant point do prendre tel organe, c'est-à-dire tel os, ni môme tel appareil, c'est-èi-dire la tête ou Tépaule, ou le membre, et do considérer cet organe ou cet appareil indépendamment du reste du squelette dans la série des vertébrés, mais de s'attacher au contraire à la connaissance de la charpente solide tout entière du corps dans les divers types do chaque classe, en marquant les principales différences qu'elle présente d*un groupe h l'autre. » M. Puuchetttflirmc, après Geoffroy Suint-Hilairc, l'iniportance des connexions. Il n'entend pas que Tanatomie comparée, avec l'ostéologie qui en est comme le premier chapitre, oit pour but essentiel de considérer successivement le même organe dan» tous les êtres et d'en montrer les perfectionnements ou la décadence progressive le long de réclwllo animale, et aux xoologistes qui ont pensé pouvtïlr donner un tel but aux études anatonvique», Il répond ossc» vivement qu'il n'y a aucvine bonne laison d*en agir comme ils font, aucune bonne raison de comparer les uns aux autrv^x> les organes plutôt que les appareils où IcN .^ffsV^ih plutôt que les systèmes, Cest un txAtv^, du il a'«utre ivxrt. ur^e concephoa qui ce ;

V ks;»\'^ .-^•v> Nv- -ov $ .-. - j ^> . - \ ' c, ^::5v • .

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s\ t\.v..li i ihi.Aiv viKvu^^ ce fait incontesté

, ,. t Uvii vU . yaiiiU^HUs-J^^ndues et fréquentes

„,,As li.Mu. >^NUUvuvvt identiques, c'est-à-dire .lau* la mciuc y.»i^^\^M nous invite à nous défier .1 , ^luup^uuni^ liuonomiques, quels qu'ils ..u:ia, itiudv^:, ^\\y la considération du squelette, . i, .1 (me uuuuaiP plus générale, sur toute particuulac aualMiHUjMo profonde, t Point de catégoriouiiuu mplllpuro que celle qui s'appuie sur les biguu:» vuibl««» "U dehors. »

Passons au traité.

Il est divisé en vingt et un chapitres. Au premier, des considérations générales touchant les tissus cartilagineux et osseux, l'ossification, la composition des os, celle des dents et la genèse de la dentive. de l'émail, du cément. Dans les chapitres ii à xv, les auteurs regardent aux squelettes des mammifères, à celui de l'homme d'abord, considérant successivement les différentes parties de la tête osseuse, l'appareil hyoïdien, la colonne vertébrale, le thorax, les ceintures supérieure et pelvienne et les divers membres, enfin à la dentition, puis à ces mêmes éléments ostéologiques, pris singulièrement ou d'ensemble, chez les quadrumanes, les chéiroptères, les insectivores, les carnassiers, les rongeurs, les taxéopodes, les proboscidiens, les amblypodes, les ongulés proprement dits, les sirénides, les cétacés, les édentés et les mammifères implacentaires. Trois chapitres sont consacrés aux sauropsides et trois encore aux ichthyopsides.

Point de vues philosophiques, nul essai d'explication ; le maître avec le disciple décrivent, rapprochent, composent, distî=4r*£nt, et, faisant œuvre de science, ils s'en decneat à la constatation pure et simple des dififcr^zces et des ressemblances. F. G.

Le Langage équestre, pir Jvles Pellier.

DeLiîTiTi^.

Ce titre est modeste, ic l'iiit^tir aurait pu appel^^r soa livre un 7*r.rs£sf £e T jrf iqmestre. Il est munie de présenter M. Jule* PiLiJir aux lecteurs. *.. j^proriient à une famîZ^ ^-ll* depuis plus d'un <^^vle. est célèbre dans la nDriessse de Téquitation. Le chef de la dynastie, M. Ljuis Pellier, né en 1722, fut attaché à la grande .ar^-te de Louis XV. Ce fut lui qui fit et gagna le ctiLicre pari de franchir à cheval et au pas deminnasiîmblé la plateforme de l'aqueduc de Bue du::^ toute sa longueur. M. Jules Pellier, que r;x:t Paris connaît aujourd'hui, est l'arrière-petit-àls de ce grand maître.

Il a donné à son ouvrage la tonne d'un dictionnaire, en ce sens que les termes d'équitatioa y sont présentés par ordre alphabétique. Cette disposition étonne au premier abord, mais la surprise fait vite place à l'approbation de cène méthode dés la lecture des premiers articles. Loin d'être aride, cet ordre est au contraire captivant et varié : la forme didactique des traités ordinaires n'y est sans doute pas observée, mais le résultat est plus sûrement atteint. Combien de fois arrive-t-il, en effet, que l'on commence avec d'excellentes dispositions les premiers chapitres

Critique littéraire

d'un ouvrage méthodique et que la Uissiiudc vienne bientôt interrompre l'étuduqui reste inachevée? Ici, c'est le phénomène contraire. Les premiers articles s'abordent avec l'idùe qu'on sautera peut-être de l'un à l'autre, et l'intL-rêl se trouve pris, captivé, la lecture s'achève jusqu'au bout et les préceptes se gravent d'eux-mèmi.'sdans la mémoire. Certaines répétitions irnlvitables aident même à les fixer.

L'artiste qui est dans M. Pellier se révèle sans doute, mais, de plus, le professeur se montre dans la clarté de ses explications. Plaisir et profîi pour le lecteur : double résultat dont il faut féliciter

En plus des reproductionsde vieilles estampes, M. Pierre Gavarni a illustré ce livre d'un grand nombre de dessins où la grâce se mêle à la précision, M. Pierre Gavarni est un ;irtiste de race et, dans un autre genre, il sait porter la lourdeur des gloires de l'héritage paternel. C'est le peintre des élégances modernes, il y a dans ce livre une grande planche figurant une demi-voite de haute école, dans le manège Pellier^ exécutée par des amazones qui sont la tine fleur du gratin, le lin du fin. C'est absolument charmant.

Cours d'économie rurale, par Edouard LecouTEUx. Librairie agricole. Deux vol. in-i8. — Prix : 7 francs.

Les lecteurs du Livre accepteront que nous leur parlions de cet ouvrage, bien iju'il s'écarte du cadre habituel de nos études. C'est qu'il est d'une haute portée, et ils voudront bien se rappeler, pour choisir une excuse littéraire, que Virgile chantait les champs et leurs bienfaits. Dans notre vieille Europe et notre vieille France, la question agricole se pose de jour en jour au premier plan. Pour mieux dire, on l'y voit de mieux en mieux, car elle y a toujours été. Nous ne saurions cire une pure république des lettres et des arts, sous peine de mourir de faim ou de pLiyer trop chère-

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Sans y entendre grande malice, M. Lecouteux glisse cette assertion dans son livre qu'un jour viendra OÙ, pour briguer le suffrage de ses concitoyens, il faudra se prévaloir de quelque mérite agricoie. Les politiciens en seront marris, mais le poireau y gagnera on honneur, et le pays en profitera. Un jour prochain viendra aussi où cet enseignement occupera une large part, non dans les études spéciales où il s'est déjà grandement développé depuis quelques années, mais aussi dans les études préparatoires deslycéos.lhoii l'on ne fait,à bien prendre, qu'ouvrir l'esprit aux connaissances futures.

Il s'agit, on effet, d'un système d'ensemble. Tout se tient dans la science agricole, qui esc une véritable carrière. Il faut la vocation et une perception claire de ce que l'on va entreprendre.

Nul ouvrage, mieux que celui de M. Lecouteux, n'est propre à éclairer la question. Qu'un débutant le lise : il y comprendra une chose capitale, c'est qu'il ne s'agit pas d'un apprentissage pour rire. Pour le praticien et le théoricien déjà au courant, ils y augmenteront leur savoir et y puiseront lis plus justes notions d'équilibre et do sagesse qu'il soit possible de po.ssédcr.

Au-dessus de l'économie rurale, cet ouvrage traite de l'économie politique, de l'économie sociale. Il dégage de l'étude des faits, par la meilleure des méthodcj expérimentales, la philosophie du principe. Supportant une lecture d'ensemble,il sera encore consulté à chaque pasde la vie agricole.

Tout y étant abordé et substantiellement traité, l'analyse n'en saurait être que la copie de sa longue table des matières.

Nous en recommandons l'acquisition ei, même pour les bibliophiles, une bonne reliure, une reliure campagnarde, en peau de truie, de celles que l'on réserve aux livres de fatigue, souvent repris et feuilletés. q.

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PjETITE GAZETTE DU BIBLIOPHILE

IJvi-L'S Je lii.vf ytcemment publies.

Avec II- brouhaha cosmopolite (ie l'H\position du CenteriLiirt;, cette piiiivre librairie fr:inçaisi; semble attendre des jours meilleurs, des périodes plus calmes qui permettent aux yeux de discerner, aux oreilles d'entendre, â l'esprit de jui;er, — Aujourd'hui tout ust ii la grande Kermesse du Champ de Mars et i\ l'ilkistration ethnographique des Invalides. Il s'agit bien de livres, alors que le temps est absorbé par tous les concours internationaux et par l'éreintement des c'\bibitions polymorphes à passer en revue; la

peine si l'on se soucie des feuilles publiques et des po/ùi^t/.iiV/eriej oiseuses; la formule générale esi ; Étourdissons-rtous! C'est le cri des fins de

iécle, <

lurdit !

1 quo

! ft l'intellect pour s'occuper des livres d'art et du goût artistique des livres.

Cependant, il y a quelques ouvrages remarquablement publiés qui se sont risqués par celti troublante canicule • d'uni%erselle ». Commen' sont-ils accueillis par le public distrait, ceci n'esi point mon affaire; ce qui m'incombe, c'est de les faire passer à la parade et de vous lus signaler.

Les éditeurs p:mile Testard et C" viennent de publier le deu\iéme volume do leur collection artistique : les Chouans, par II. de Balzac. — Il vol., 40 fr.)

C'est un nouveau succès pour cette jeune librairie, succès aussi pour le pLiissant illustrateur Julien Le Blant. Nous pouvons affirmer, en eflet, sans crainte de nous tromper, que les amateurs accucilleroni les Chouans avec la même faveur que f.T Chronique du rèpic de Charles IX, ce remarquable volume à peu prés épuisé jujourd'hui.

Il nous semble inutile de parler du livre en lui-même. Il suffira de rappeler qu'il fut écrit sur le terrain du drame, wu milieu de souvenirs récents encore, parmi les ruines. Ce fut le premier succès de l'écrivain. On y voit Balzac,—

qui firent la pui humaine. I complet de

ce n'esi pas là un médiocre intérêt. — commentant à fouiller le sillon duquel il ne devait plus sortir. Les Chouans datent de 1S27, Ils parurent à deux années de lïi. Dans ce récit entiévré et sinistrement mystérieux des suprêmes convulsions de la guerre civile en Bretagne, on trouve largement développées déjà l'acuité de vision, l'intensité du réel, la description patiente et minutieuse, la finesse d'induction, la force d'analyse, l'observation tenace et impitoyable,

pénétration physiologique et psychologique ssance de l'auteur de la Comédie le parvenu à l'cpanouisseineni lanière, rarement Balzac évoqua de son cerveau des types mieux accusés, mieux tout d'une pièce que Marche-à-terre, le chouan féroce, et //h/o(, le commandant républicain.

Si M. Le Blant s'est senti à l'aise pour illustrer l'teuvre de Balzac, il n'est pas besoin de le dire. Dès la première page, il se trouve comme chez lui. Nulle part la lutte, le dédale des événements, la foule des acteurs et des comparses ne l'intimident. Il est à tout et partout. 11 se prodigue, l'esprit alerte, l'œil grand ouvert sur les personnes et les choses, et, d'un crayon bien aiguisé, suivant le texte pas ii pas, dessine cent images, tantôt violentes et passionnées, tantôt gracieuses et charmantes. On jurerait que toutes les compositions sont Iprises sur le vif. au moment précis de l'épisode, tant elles ont le tour juste, l'accent exact de ia vérité. En un mot, c'est l'instantanéité de l'attitude, du j:este, de l'expression, avec, en plus, la certaine note personnelle qui signe toujours de son empreinte l'originalité d'un artiste de race.

Le peintre du Bjiaillon carré et de la Mort de d'Elbée a trouve dans le livre si intéressant de Balzac un cadre s'adaptant parfaitement au milieu qu'il a si consciencieusement fouillé. Il n'a pas manqué de déployer à souhait, sous toutes leurs faces, les qualités maîtresses de son pittoresque et souple talent.

Nous sommes huureu\ aussi de donner à

H. Léveillé, le graveur de tous les dessins, les éloges qu'il mérite. M. Le Blant a trouvé en lui un interprète du plus sérieux savoir. Ses bois, d'un dessin ferme et précis, dénotent également la puissance d'un coloriste. Sans compter, i! a mis au service de l'œuvre toutes les ressources d'un art où il rencontre peu de rivaux.

Avec de tels auxiliaires, le tirage étant limité A mîHe exemplaires, nous pensons que le succès du livre est assuré. Nous savons, du reste, que la majeure partie de l'édition est déjà souscrite, que les grands papiers font prime, et ce n'est que justice. Tous les vrais amateurs veulent joindre aux beaux livres de leur bibliothèque les Chouans de Baljac, édités avec le soin le plus scrupuleux par Emile Testard, et illustrés de sujets à cette marque en partie double : Invenil Le Blant, Léveillé incisil.

CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS

Conquet lui-mSme n'a pas craint, par ce temps de rastaquouérisme à outrance, de mettre au jour un livre délicatement parachevé comme impression et illustration ; je veux parler de son édition nouvelle de la Princesse de Clèves,par H"" de Lofayette avec préface par Anatole France, accompagnée de douze illustrations hors texte et dans le texte gravées au burin et à l'eauforte par A. Lamotle, d'après de charmantes compositions de Jules Garnier (t vol. in-8° écu, 40 francs, — les grands papiers souscrits).

J'ignore l'accueil fait par les amateurs à ce livre d'un si parfait ensemble, mais, pour ma part, j'avoue le priser furieusement, comme on disait au temps de son si sentimental auteur. Les vignettes de Jules Garnier mises en tètes de pages . sont tout particulièrement exquises et bien en harmonieavecle texte. C'est un livre d'an simple, élégant, comme il convient, sans fla-fla, mais d'une belle venue, d'uneallure distinguée et d'une correction absolue comme composition et gravure. M. Anatole France a mis en tète de ce livre-bijou une notice, depuis reproduite dans le Tempt et où toutes les qualités de ce maître écrivain érudit se trouvent condensées en de remarquables pages d'une rare élévation de critique et d'un bel esprit de bjen-disance.

J'ai joint à mon exemplaire une série de strophes manuscrites dues à un jeune littérateur dixse'ptième siccliste. M, Georges Doncieux, dont quelques-unes sont fort réussies. Dans cette pièce poétique, la princesse de Clèves s'adresse à une dame moderne... Oyez son langage :

Votre temps, touché de l'effet Grossier, non des subtiles causes, Pour me comprendre esl fort peu fait Et veut te solide des choses.

Quelle pitié i)uc s Les généreux princea de Clè' Les galanu et ittndrea Ncmoui LasI ont émigré pour toujoui (Je crois bidn) au pays des rSvÈS.

Sceur, en ad m Ma vertu quin Peut-être bien

ïld'c,"'"

Que d'un se ru Je me suis me

ule trop lélu ancolice.

Mais si de ces

mourantes Heu

Tu sais respire Tout ce poème Ayant d'abord Tu pleureras d

r l'âme, et lire de douleurs, ri de mes pis 'avoir pu rire

Le roman de la Princesse de Ctèva est bien le livre fait pour être lu et compris par les femmes. C'est de la casuistique' de délicatesse amoureuse, une fleur de loyauté et de noblesse sentimentales.

Ce chef-d'œuvre consacré avait été édild et réédité d'innombrables fois avec toutes les tentatives de l'illustration. L'édition de M, Conquei laissebien loin derrière elle toutes tes publications de ce même livre exécutées pour les bibliophiles. C'est le parangon du ijenre.

MM. Marins Michel, relieurs-doreurs, ne sont pas seulement de trùs hnbiles hibUopégisies, ayant l'estime d'un {;rand nombre de bibliophiles des deux mondes ; encore veutent-ilg manier In plume à l'égal du pjtit fer et démontrer urb\ et orbi la valeur de leur manière et la théorie mathématique et géométrique de leurs procédés d'ornementation. — C'est là leur tort : non pas qu'ils ne démontrent iivec clarté, méthode et raison la préexcellence de leurs idées, mais parce qu'ils embêtent l'amateur qui généralement tiVme pas les longues démonstrations en matière de goût.

Un bibliophile a le droit d'aimer, par le seul tact de son œil et l'aftinité deson goût, tel oii tel genre de reliure, de préférer tel type U'ornementaiion k tel autre, de s'enthousiasmer pour tel ouvrier relieur silencieux qui pousse bien ses fers créés dans un style nouveau, sans qu'on vienne lui déclarer qu'il n'existe point de typa de beau parfait en dehors de certaines règles logiques et subordonnées à des combinaisons inéluctables. Cette déchirution faite par un relieur d'art en un ouvrage spécial met en défiance nerveuse, surtout étant donné l'esprit de personnalité absolue de MM. Marius Michel. C'est pourquoi, avec la meilleure volonté du monde, )':ii hésité {i parler jusqu'ici en toute liberté d'opinion

iSrw,

du livre publié il y a deux mois par MM. Marius Michel sous le titre de rOmexnentation des reliores modernes (i vol. in-S"" carré, tirage à 3oo exemplaires, prix 20 francs ; 5o japon à 100 francs). Ce livre, évidemment, est excellent en soi, il n'offre pas des idées rétrogrades, il combat pour le goût du moderne à introniser dans la décoration des livres, il remue quantité d'idées justes, mais aussi il pontifie trop, et ce défaut, qui pourrait être excusable chez un écrivain d'art, a un je ne sais quoi de très spécialement énervant lorsqu'on sent le Prene^ mon ours! du praticien par derrière.

MM. Marius Michel légifèrent trop dans le domaine de la reliure ; ils approuvent ceci, désapprouvent cela, nient le genre allégorique, vantent la sobriété du décor, tranchent, rognent avec autorité sur les arabesques, les entrelacs, les mosaïques et la flore ornementale. C'est là un ton qui serait respectable chez un relieur honoraire, servant son expérience à des néophytes inconnus; mais chez un praticien militant, chez un récidiviste qui a déjà produit deux volumes sur la matière, l'allure doctorale peut n'être pas goûtée de tout le monde. — Une belle reliure, par sa grâce, son harmonie parlante et par Téclat de ses dorures, est plus éloquente, dira-t-on, que toutes les dissertations sur les conditions voulues de ce beau et de cette harmonie. Trautz-Bauzonnet s'est-il jamais avisé de soutenir de la plume le mérite de son compas? J'estime fort le mérite de MM. Marius Michel, qui sont au nombre de mes relations aimables, et je serais désolé qu'ils prissent en mauvaise part ces observations sincères ; mais je crois, en les faisant, résumer la sensation du plus grand nombre des bibliophiles, qui semblent leur dire: Faites de l'art et ne faites plus de théories inutiles, pour nous du moins qui avons l'éducation de l'œil et ce sentiment de la mesure et du beau qui ne s'argumente pas.

Le volume de MM. Marius Michel, qui ne compte guère plus au demeurant de quatre-vingts pages, est enrichi d'un très grand nombre de planches en héliogravure, reproduisant les plus belles reliures récemment exécutées par ces messieurs. Imprimé luxueusement sur superbe papier à la forme, admirablement tiré par Chamerot, ce beau livre est digne d'entrer dans toutes les bibliothèques ; il est de plus très suggestif pour le bibliophile cherèheur de types à commander sur les ouvrages à faire habiller.

Les Confessions de J.-J. Rousseau, avec illustrations de Maurice Leloir, publiées par la

librairie Launette, sont aujourd'hui entièrement terminées. Le livre douzième vient de paraître. Je ne pourrais que me répéter en jetant desfleurs de rhétorique sur cette édition hors ligne. Je ne fais donc que faire tinter ici la clochette du souvenir dans l'esprit de ceux qui n'ont pas encore parcouru cette publication très remarquable.

Un des plus brillants souvenirs de l'Exposition de 1889 sera, sans contredit, le beau volume publié sous le titre de Dix années dn Salon de peinture et de sculpture (1879- 1888), et qui correspond à l'exposition décennale des beaux-arts installée actuellement au Champs de Mars. Cet ouvrage, dont le texte est dû à la plume compétente de M. G. Lafenestre, est une courte et pittoresque histoire de notre école française de peinture et de sculpture pendant les dix dernières années, et les quarante planches qu'elle contient, gravées à l'eau-forle par nos premiers artistes, reproduisent les œuvres principales qui ont paru dans cette période.

C'est un superbe volume, élégamment imprimé sur beau papier vélin, avec des ornements de texte de Claudius Popelin, et qui fait le plus grand honneur aux presses de la maison Jouaust. — Prix : 3o francs.

Les amateurs qui ne possèdent pas les dix années successives des Livres d*or du Salon auront ici la quintescence de cette utile et si élégante publication.

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A signaler un curieux essai d'impression illustrée au Tonkin fait par MM.Lemercier et C'% à Hanoi. Il s'agit des Groq^is tonkinois de L. Gann, récits publiés par VAvenir du Tonkin, et qui viennent d'être imprimés là-bas sur des presses encore primitives, avec des éléments défectueux. Cette première tentative mérite d'être encouragée. Cette édition incunable tonkinoise, malgré son aspect naïf, vaut d'être recueillie par le collectionneur.

Autre tentative de décentralisation chez Clouzot, à Niort, celle-ci très heureuse. Ce sont des notes de voyage en yacht, prises par M. de Kadoré et publiées sous ce titre : En Sèvre (I vol. in-8*», tiré à 2 5o ex. sur japon). Ce coquet petit ouvrage, écrit d'un style aimable et sans prétention, est illustré de -cinquante dessins très bien reproduits. La couverture en couleur, par Fraipont, est délicieuse de fraîcheur et de pittoresque.

La librairie Emile Testard et C* vient de publier, dans les œuvres de Victor Hugo, le quatrième fascicule de sa belle édition de Notre-

Dame de Paris,

Merson.

Ce fascicule ne contient pas eaus-fortes de M, Géry-Bichard.

En tète, une grande composiiii Louis XI et Jacques Coiciier, avec Claude Frollo. dans la cellule canon icale ducloîtri^N< La fenêtre de la cellule est ouveriv', la dans la nuit la silhouette des tours Notre-Dame

Composition d'un grand caructére et d'um superbe couleur.

Puis, dans le texte, huit autres planches gra' par Géry-Bichard : Claude Frollo et son petit frère Jehan chez la nourrice, — Qunsimodo allant fouiller dans le ventre de quelque gorf^one sculptée au plus haut d'une des tours, pour dénicher des corbeaux ; — le Chien ei son maître ; — Claude Frollo contemplant k's sculptures du

Sammaire. — Ciibomque Calalopiies. — I"'uiilicati

TE. — llui.LiTiN 1.VS liiiii.mrHfc.juEs : Ventes. — Hibtios'-aphie'. ~

(Bibliographie du mois. — Oiivrapes signalés de l'ètranpe'. —

;iriitia'i. I.iitt fn Fi-jnce qu'eu Europcu — Nouvelles littkraheï

as JoiavMiï t.T l'rfirLiiiiijfjhs. — Nkcboi-ocie des limiunes de lettres et

cnRON[ijrE RI I'. i.i ()(;!( \ PII iny ic

Au nvniK-nt ou M. (■:. L^-druin, .iviiiit :n:hi:v<^ lewieiiN pr^iiiiùrcs p;irtios Jv sa \LTsion ,1^ l.i l!iM.'. - L's livras hi'^toriiiufs et les livri^s léf;iîl.itil"-., - cMir.imd In iroisicnie iivcc les prnphcti;s

parcourues l'I I.i hoiulIIu L't.ipt- t[iji coiiimcrmc, ft Je- icter iiltoi-n:ili\\.>mcnl Il'S y^'iis" mit cc'; ,li:u\ sci;mL-nts ,k' la si hiii-uu ruLitL-oiiL- (r.iJ.ictoiii-

On IL JciJ, il,ms /i- /.jVfv, slt;n;ik'. ù rjpiHHic

coiitienilii tin >k rUc\;itciui(n.-: k- I.t:piliqui\K-> Aijiubrfs. k Dei!h'ro<!„iw ut Jnsw. Ces livres, où. L'ii y ui.uiiant In Goiièse ^-i yi-:.vod<i. '.^ iri.uvent, cpLiLscs ut plus d'une fois repei^'es, k-s lais civiles c! relii;ii;ust;s de la n.iliou jiiivu. pivsi;n- It'iit, Miftoul les trois premiers, le i:,ir. ictère Je code^ ou recueils de rei;lt5 pour lus rapports so-

qui: Ii2 LL-viliqin- est un \eriMhle ■■ riiiiel des

Li ivitiiin et le; ili'ipDsit il 11 1 ■- ;i r)h\er\er pendant la marche dans le désert, contieuiiLni des onioiipi.iiices et des prescriptions piirliciilieres à cerl.iins cas et ii cert.ii.ie^ per^niine-. ut que le JUn,l,ir<'„r„nc,— lequel, mal-re -.n nom, lut la

L-rl].||.jii, iiinigsees prr luvell h SOU peuple el dt-rermiii..- le. devmrs de l'IsraJitc en^er^>l>ll

riieu. envers sus compiUrioius et vi>-ii-vis des t:tr;inL;ers. S.ins Joute, les miitiêres ne sont point reparties :n'cc cette netteté Jans les Ii\reshé- |iraïi.]ues: ils se pénétrent, se reprennent et se complùlent les uns lu-s autres: et le rituel, comme

I est r

; thé!

■■e retrouve, plus ou moins, partout. Mais par- ;

tout aussi se mule le récit des aventures des tribus d.ms leur mi.yr.ilion vers Chanaan. Les Nombres s.int en j^r.nidu partie une relulion de voyape ; le fh-Kldronniia- raconte les derniers |ours de ■Moïse, et, dans le Lévilique. entre le récit de réiahlissemeni du sacerdoce diins la famille li'Aaron et des cérémonies qui raccompagnèrent, :

on rencontre des anecdotes comme celle-ci : ;

[.e nls d'une îsraeli'e el d'un Micrile lÉ^yplien] I

Il Miisclié [Muisc. — .Sa mero s'appeliiit Sc-helomiih, ;

lille de llil.ri. de la iriba de Dan, — On le mil SOUI

Inhvi: s'adressa à Mosché : ii Tire hors do camp,

imposa la main sur sa itte, et que toute la eummuluiuti le lapide. AInrs lu diras aux Benè-israel : . IJui « inmriera Sun l'inhiiii en portera la pcinu, et ^ui

., reuni'.in li: l.ii'iJanl; aussi bien iTolon qu'indiiien^',

. .V.^ir,

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

Comme le fait remarquer M. E. Ledrain dans une de ces brèves notes qu'il laisse tomber comme un jet de lumière sur les points obscurs, c'est là un précepte donné sous forme narrative ; mais c'est aussi, — les détails de noms, de filiation et de tribus en font foi, — une légende introduite dans le livre de VHexateuque, où les règlements, les prescriptions et les rites sont le plus rigoureusement et le plus continûment codifiés.

Le traducteur a pris soin de planter des jalons, de marquer des points de répère dans cet enchevêtrement de préceptes hiératiques, de lois sociales, de chants lyriques et de récits. Chaque fois que l'allure du teite change, il vous en avertit p.irune sorte de titre au sommaire concis, mari^uani autant de divisions dans la continuité de la rédaction hébraïque telle quelle nous est parvenue. Par esemple, le Lévitique se partage, et, si je puis dire, s'étiquete ainsi : Rituel des sacrifices : — Holocauste ; — Minha ou oblatîons ; — Schelamim ou sacrifices d'actions de grâces ; — Hatlath ou sacrifice de péché; — Ascham ou sacrifice de coulpe; — Rituel supplémentaire sur les sacrifices. — Établissement du sacerdoce. — Lois de pureté et jour d'expiation. — Code sinaïlique ; — Vœux volontaires.

Nous avons d'autant moins de scrupules à reproduire ces indications qu'on ne les retrouve pas dans la table des matières de ce volume, si bien exécuté à tous autres égards. On ne peut se défendre du regret que cause une déception, quand on s'aperçoit que le guide qu'on espérait trouver là fait défaut. Essayons de l'épargner, du moins aux lecteurs du Livre, en poursuivant cette tabulât ion.

Les NombressoM divisés comme suiti Dénombrement des douze tribus. Ordre de leurs campements et de leur marche : — Dénombrement des Lévites. Leur service respectif dans le sanctuaire; — Ordonnances diverses. — Prescriptions sur le vœu de Naziréat, — Ordonnances supplémentaires concernant le Pavillon saint : — Manière de placer les lampes sur le chandelier ; — Consécration des Lévites et règlement de leur temps de service ; — Ordonnance sur la Pàque ; — Indication par les étapes et départs du peuple ; —Ordre d'user de trompettes d'argent. —Voyage du Sinai* à Moab: — Du Sinaï à Pàran ; — Exploration du pays de Chanaan et châtiment du peuple révolté ; — Règlements sur les sacrifices, les prémices, la violation du Sabbat, les franges des habits; — Châtiment de Dathan et Abiram. Celui de Coré et de sa bande. Droit de la famille d'Aaron ; — Offices, droits et revenus des prêtres et des Lévites ; — Eau de purification

et impuretés provenant des cadavres; — Israël à Qadesch, et son voyage jusqu'au désert de Moab. — Balaam bénit Israël. — Prostitutions sacrées à Sittim et zèle de Phinehas, — Dénombrement du peuple dans les plaines deMoab; — Ordonnance rendue à l'occasion des filles de Celofhad ; ■ — Annonce de la mort de Moïse et

désignation de Josué pour lui ; donnance sur les sacrifices q ceux des fêtes; ~ Ordonnance sèment des vœux, surtout des v Guerre contre les Madianites ;

- Or-

ur Taccomplisjx féminins; — ■ Arrangement

à l'est du Jourdain; — Stations d'Israël, de Ramsès aux plaines de Moab ; — Ordonnance concernant la prise et le partage de Chanaan ; — Bourgs d'habitation pour les J, évites, et bourgs de refuge pour les meurtriers; — Règlement sur le mariage des filles héritières.

Dans le Deutéronome: Introduction au Deutéronome. — La seconde Loi ; — Partie générale de la loi. — Partie spéciale de la seconde Loi : — Lot contre le service des dieux étrangers et contre la multiplicité des lieuï de culte ; — Lois sur ce qu'Israél, comme peuple saint, doit éviter et accomplir; — Droit criminel et droit de guerre; — Lois diverses. — Bénédictions ou malédictions selon que l'on obéit à la Loi ou qu'on l'enfreint : — Recommandations de Moïse âgé à Israél et à Josué; — Cantique de Moïse. Préparation de sa mort, — Bénédiction de Moïse : — Mon de Moïse.

Enfin, les chapitres découpés dans Josué ont pour titre ; Conquête du pays de Chanaan. — Partie géographique du livre de Josué. Le territoire idéalement partagé aux tribus; — Partage du reste de la contrée à Schilo, ei en particulier territoire de Benjamin ; — Le territoire des six autres tribus; — Etablissement des bourgs de refuge, ainsi que des bourgs des prêtres et des Lévites; — Congé donné aux tribus transjordaniques, érection par celles-ci d'un autel; — Dernières paroles de Josué au peuple et sa

très utile en ce qu'elle nous fait embrasser d'un coup d'œil les méandres de la rédaction juive et les efforts pénibles, souvent infructueux, des différents rédacteurs pour donnera l'ensemble d'un texte formé de fragments si éloignés par leurs dates et par le génie des écrivains successifs une unité qu'il ne comporte point.

Mais à côté de la science de M. E. Ledrain, et de la sûreté pénétrante de sa critique, il y a quelque chose qui nous frappe davantage et nous émeut : c'est le sens ethnique, si profond et si vrai, qui lui donne le pouvoir de faire revivre ces

If^

vff *

LE LIVBL

peuples morts dans toute Tâpreté de leur barbarie, avec leurs mœurs, leurs superstitions, leur concept sauvage d'un Dieu étroit, impitoyable et jaloux, leurs sentiments non fardés, non altérés, en dépit de tant de siècles, comme si une momie de l'antique Egypte se dressait tout à coup hors du sarcophage, et, rejetant ses bandelettes, nous apparaissait avec les couleurs et le mouvement de la vie. C'est aussi la sincérité implacable de cette traduction, pour laquelle tout est rendu sans atténuation, non point brutalement, comme Ta dit quelqu'un qui prenait la brutalité pour la force, mais loyalement et à l'aide d'une langue forgée exprès, où toutes les étrangetés, toutes les audaces, toutes les naïvetés, toutes les images du texte hébreu se moulent sous la fausse.

Écoutez Moïse parlant au peuple devant Dathan et Abiram qui ont péché contre lahvé : « Si le sol dilate sa gueule pour les engloutir, eux et tout ce qui est à eux, et qu'ils descendent vivants au Scheôl, alors vous saurez que ces hommes ont méprisé lahvé. » La farouche énergie de l'hébreu ne vibre-t-elle pas dans ce français ? Où trouver rien qui donne mieux le sentiment de la divinité telle que la concevaient ces nomades toujours guerroyants, que ces lignes du cantique de Moïse dans la version de M. Ledrain :

Voyez, moi, je suis,

Et il n'y a point d'autre Elohim que moi. Moi, je fais mourir et je fais vivre, Je déchjre et je guéris.

Et nul ne s'échappe de ma main.

Et je dirai : Vive moi pour jamais!

Lorsque j'aiguise l'éclair de mon glaive, Et que mon bras le saisit pour le jugement, Alors je fais éclater ma vengeance sur ceux qui

[me pressent, Et à mes ennemis je donne la rétribution. Alors, j'enivre mes flèches de sang, Et mon glaive dévore la chair; C'est le sang des percés et des captifs. C'est la tête chevelue de l'ennemi.

Ces beautés, nous les rencontrons à jet continu, pour ainsi dire, dans le cinquième volume, avec les deux prophètes Isaïe et Jérémie. Non pas que le traducteur y soit plus particulièrement pittoresque et vigoureux; il se montre d'un bout à l'autre égal à lui-même ; mais la manière prophétique est faite de violences, d'images et d'élans, et M. Ledrain y a de quoi y déployer, avec sa merveilleuse intelligence de l'allure générale et des nuances du texte, les ressources de sa langue si souple et si ferme à la fois.

Quelques mots de préface ouvrent du premier coup les horizons, comme un rideau levé par une main preste découvre les décors d'une scène

admirable et sont comme les placages d'accord avant le concert, où les musiciens et les auditeurs se donnent le la. Le prophète, dit M. Ledrain, était la conscience et la voix d'Israël. « En lui vivait toujours en éveil le sentiment de la destinée et des devoirs de la race. Chaque fois que le peuple semblait s^écarter de la route assignée, le prophète élevait la voix. Qu'il s'agît de politique intérieure, d'alliances, de morale, de dogme, il avertissait Israël quand celui-ci s'engageait par un mauvais sentier... Ces poètes hébreux, s'inspirant toujours des événements et seulevés par eux, ont fait de la poésie vivante... De leurs lèvres, sans qu'ils l'aient voulu, sans aucune prétention à l'art d'écrire, — sans rien de ce qui marque les époques de décadence littéraire, — les mots merveilleux jaillissent, parce qu'ils sont incapables de les contenir, parce qu'ils souffrent devant la douleur du lion, qu'ils s'indignent de ses déportements, ou qu'une vision terrible ou douce passe devant leurs yeux. Poètes de génie, inconscients, emportés et roulés par le torrent, ils ont écrit, ne pouvant faire autrement. On n'est grand, classé en dehors du vulgaire troupeau des hommes de lettres, qu'à cette condition. »

Et lui-même, emporté au delà du sujet par l'élan de sa pensée qui, du passé étudié, fouillé, compris, su ou reproduit, bondit irrésistiblement au présent, le poète-interprète ajoute: « Les nabis (prophètes) restent la parure et la force du vieil Israël. Ce qui sauve celui-ci et l'empêche de se laisser totalement conduire par les appétits matériels, c'est, en réalité, la pensée ancienne de ses prophètes. Misérable, traqué à travers les nations, plein de fureur et de menaces, maudissant le genre humain, desséché par la haine, abaissé par le négoce, en proie à la frénésie du jeu, le vieux peuple a gardé, malgré tout, en dedans de lui, je ne sais quelle fiamme vacillante, mais immortelle. Le charbon d'Isaïe n'a cessé de brûler en son cœur et d'envoyer au monde son parfum. Famille dangereuse et charmante ; occupée de vils intérêts, sans toutefois renoncer à l'idéal ; produisant des artistes et des marchands; les pieds et les mains dans la boue, mais la tête dans le bleu du ciel, Israël doit le meilleur de lui-même aux grands poètes de sa race, qui furent en même temps des consciences fermes. »

Quand on a lu cette belle page, on en sait plus sur le caractère et les destinées des Juifs qu'après avoir compulsé vingt volumes de polémique pour ou contre le sémitisme. Nous nous permettrons seulement d'ajouter ce qui saute à l'esprit de tout le monde, c'est que le prophétisme semble bien tari dans sa source, que les nabis sont loin et qu'il

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n'en oaît plus, qu'enfin l'influence des consciences fausses et des cœurs épris du devoir ressemble a ces cercles concentriques produits par une pierre tombant dans l'eau, qui plus ils sont étendus, plus ils deviennent faibles.

Nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer en passant combien de ces traits de nature — prophétisme à part — conviennent à nos voisins les Anglais. On a soutenu dans de gros livres que la race anglo-saxonne descendait d'une des tribus d'Israël. La filiation semble difficile à prouver ; mais les derniers coups de pinceau dont M. Ledrain peint l'Hébreu sont justement ceux qui compléteraient le portrait du Britisher.

Pour revenir aux qualités de la traduction, on ne peut mieux les faire comprendre qu'en comparant la version de M, Ledrain à celles qui l'ont précédée. Ce serait un travail curieux et plein d'intérêt; il faudrait y comprendre la version des Septante et la Vulgate même, d'une poésie si concentrée pourtant; on y joindrait la Bible allemande, celle de Wycliff, et les deux versions anglaises autorisées. Malheureusement, en ce temps de vacances, dans une maisonnette isolée entre l'Océan qui bat le pied et les sables couverts de pins qui l'enveloppent par derrière, les éléments nous manquent, et nous devons laisser inos lecteurs le soin de faire, chacun pour soi et dans la mesure qui lui conviendra, cet intéressant parallèle. Nous trouvons cependant dans un journal qui nous a suivi jusqu'en ce pays perdu \l'Art moderne, de Bruxelles ; 28 juillet) une partie de la besogne faite, et nous en profitons. C'est la comparaison d'un paysage d'isaïe dans la version Ledrain et dans la version Le Maisire de Sacy. Voici la première :

Parce qu'elles sont hautaines, les filles de Çion,

qu'elle* vont la gorge tendue,

Cl jetant des regards effrontés,

daot leur marche à petiti pas frappant la terre

et faisant sonner les chaînettes de leurs pieds,

àcausedecelale Seigneur rendra leur i£le chauve, et lahvé découvrira leur nudité.

En ce jour-là le Seigneur enlèvera la parure,

les anneaux, les petits soleils et les petites lunes,

les pendants d'oreilles, les bracelets et les voiles,

les diadèoies, les chaînettes du pied et les ceintures,

les hottes de parfums et les amulettes,

les anneaux des doigts ei

les habits de fêtes et les luniqui

les lesn

II lie

-chefs.

aura de la pourriture

u Heu de boucles tournée u lieu de la bande couvri ne cicatrice de brûlure a

Lisons maintenant l'arrantiement de Le Maist;

Parce que les lîlles de Sion se sont élevées, qu'sll ont marché la tfte haute en faisant des signes d yeux et des gestes des ma tous leurs pas et étudié tout

Le Seigneur rendra chauve et il fera tomber tous leurs

En ce jour-l* le Seigneur leur ôtera leurs chaussures magnitiques, leurs croissants d'or,

Leurs colliers, leurs filets de perles, leurs bracelets, leurs coiffes,

Leurs rubans de cheveui, leurs jarretières, leurs chaînes d'or, leurs boîtes de parfums, leurs pendants d'oreilles.

Leurs bagues, leurs pierreries qui leur pendent

Leurs robes magnifiques, leurs érharpes, leurs beaux linges, leurs pointons de diamants,

Leurs miroirs, leurs chemises de grand prit, leu bandeaux et leurs babitlemenis leg>:rs qu'elles por-

Et leur parfum sera changi tnre d'or en une corde, leui t£te nue et sans cheveux.

Où est le sincère et hautain sentiment de l'art ? Oii ta recherche mensongère d'une fausse élégance ? Faire la réponse serait in|uri«ux pour le lecteur.

Le volume se termine par les cinq chants de deuil sur la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, l'an 588, que l'on contiah sous le nom de Lamentations de Jérémie. L^imentations, à coup sûr; mais M. Ledrain nous déclare en note que ces morceaux, d'esprit prophétique L't composésà une certaine distance de l'événement, ne sauraient guère être attribués à Jérémie. D'où qu'ils viennent, ils exhalent avec une singulière force les gémissements d'Israël humilié :

Moi, je suis l'homme qu'a éprouvé le mal

lieu de la bctuiél

Il a fait autour de moi pour que je ne puisse ■ Il m'a chargé de chaln« Mfme quand je crie et i avec des pierres de lail et comble.

Un

ours en embuscade, voilà ce qu'il ion dans ses cachettes.

tirant de mon chemin, il m'a mis e Tioi il a fait une désolation.

-même servant de but à la Hcche,

Ht leur objet du chanson t

ivre d'abfiinthe.

s dénis il a fait mordre les cail

a i^har^é de cendres,

neni que mon Ame a ignoré la F

e j'ai oublié le bonlieur.

! est perdue, ma force,

jn espérance en lahvé.

dit.

Nousarrèti-'ronslànos citations, satisfait d'avoir si^nalii une fois de plus cette œuvre gigantesque de persijvi-rance, de savoir et d'art, dans laquelle M. Ledrain ouvre à tous les sources hébraïques, sans los daritiur à travers le filtre d'un prétendu lion H^iût, s.ins en ralentir le flot torrentiel par lesdif^ues d'un hypocrite respect et d'une impuissante modi;r;Ltion, sans en modifier la teinte et les rellels, sans en corriger la saveur en les canalisant au service dételle ou telle doctrine, comme on détourne un fleuve pour faire marcher un

Il est iirrivL- presque à moitié de sa formidable tjche. Dans le volume prochain, il nous donnera les autres prophètes, !e grand Ezéchîel, et les petits Osée, Juiil, Amos, Abdias, Miehée, Natum, Hiibacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. Les tomes Vil et VIII contiendront les œuvres morales et lyriques, c'est-à-dire la fin de l'Ancien Testament, depuis les Proverbes jusqu'à Job, que M. Ledrain place à la fin de la série, et à propos duquel, ainsi que du Cantique des cantiques, il sera piquant de se reporter aux travaux de M. Renan. Lts deux volumes suivant seront consacrés au Nouveau Testament. Le onzième enfin commencera et illuminera l'ensemble de l'œuvre p;ir une étude critique où l'on peut s'attendre à des vues ori.kjinales et fortement entourées de preuves; mais où l'on trouvera toujours les raisons qui ont décidé l'auteur dans les cas douteux, et le jugement d'ensemblequi se dégage pour lui de cette longue étude des jugements littéraires, juridiques cl religieux du peuple juif. Alors seulement on pourra pleinement apprécier jusqu'où M. Ledrain pousse l'amour du vrai, l'audace de l'impartialité.

Etn

inteiunt ^au/o minora canamusl

Les cinq Académies de l'Institut de France viennent d'Gtre autorisées, par décrets, à accepter les legs que li;ur a faits M. Joseph Saintous pour la fondation de prixannuels, de 1,000 francs chacun, à décerner sous son nom. Chaque Académie

a la faculté de proposer tel sujet de prix qui lui convieftdra.

A l'Académie des inscriptions et belles-lettres, le concours du prix Bordin (Étude sur les sources qui ont servi à Tacite pour écrire les Annales et les Histoires} est ajourné à un an. Le dépôt des mémoires devra être effectué au secrétariat de l'Institut avant le i" janvier 1891,

A l'Académie des sciences morales e^ politiques, le concours du prix Andéoud est destiné, au\ termes de la fondation, à encourager les études, les travaux et les services relatifs à l'amélioration du sort des classes ouvrières et au soulagement des pauvres, soit par des lois ou des actes administratifs, soit par l'initiative privée, et le progrès de toutes les sciences.

L'Académie vient dedécerner pour la première fois ce prix. Sur les ouvrages envoyés au concours, elle en a récompensé six ; elle a accordé des mentions honorables à M. Crouzel, docteur en droit {Étude historique, économique et juridique sur les coalitions et les grèves dans l'industrie. — La participation des ouvriers aux bénéfices de l'entreprise), et à M. A. Trombert, pour sa traduction de l'allemand d'un ouvrage de M. V. Bohmeri sur la participation aux bénéfices.

En outre, quatre médailles d'or d'un type unique ont été attribuées : 1° à M. Hippolyte Maze, sénateur (ouvrages sur le paupérisme, la prévoyance et la mutualité); ï" à M. Eugène Rostand j/ej Questions d'économie sociale dans une grande ville] ; 3" à M. René Lavallée {les Classes ouvrières en Europe); 4" à la Société internationale des études pratiques d'économie sociale, fondée par M. Leplay,pour l'ensemble des publications faites

L'Académie a décerné également, sans indiquer d'ordre de mérite, sept médailles d'or à des œuvres ou à des établissements qui ne s'étaient pas fait inscrire au concours ;

A la Société philanthropique, président le prince d'Arenberg ;

A la Société mulhousienne des cités ouvrières, M. Jean DoUfus, fondateur; président actuel, M. Ernest Engel ;

A la Compagnie des mines d'Anzin;

A la blanchisserie et teinturerie de Thaon;

A la maison Baille-Lemaire;

A l'ancienne maison Leclaire;

A la maison du Bon-Marché.

La même Académie propose pour le prix B niol, d'une valeur de a.ooo francs, à décerne|f 1892, le sujet de concours suivant '

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1 Faire l'histoire du droit des neutres et de son introduction dans la législation moderne de l'Eu-

! de l'instruction publique et des beaux-arts vient de donner les missions suî-

H. Bougenot, archiviste paléographe, est chargé d'une mission en Autriche, à l'efiei d'étudier les chroniques du moyen âge, intéressant la France, qui sont conservées à la Bibliothèque impériale de Vienne, et de rechercher les lettres missives et les actes de François I" qui se trouvent en originaux ou en copies à la Bibliothèque et aux archives de cette ville.

M. de Coubertin, secrétaire général du comité pour la propagation des exercices physiques dans l'éducation, est chargé d'une mission aux États- Unis et au Canada, à l'effet d'y visiter les Universités et les collèges, et d'y étudier l'organisation et le fonctionnement des associations athlétiques formées par les jeunes gens de ces deux pays.

M. Hart, drogman de l'ambassade de France à Constaminople, est chargé d'une mission en Asie

Mineure, a l'effet d'étudier les monuments datant de l'époque des Seldjoucîdes, et de rechercher les manuscrits orientaux relatifs à l'histoire de cette dynastie.

M. Bourgeois, professeur à la Faculté des lettres de Lyon, est chargé d'une mission en Italie, à l'effet de rechercher à la Bibliothèque de Naples, au palais San Severino, la collection des papiers, d'Alberoni et d'en dresser l'inventaire.

M. Jacques de Morgan, ingénieur pvil des mines, est chargé d'une mission en Asie, à l'effet d'explorer les régions qui s'étendent entre le sud de la mer Caspienne, l'Arménie, le golfe d'Alexandrette et l'Anti-Taurus,

M. Candeiier est chargé d'une mission en Colombie, à l'effet d'y poursuivre des recherches ethnographiques et d'y recueillir des collections destinées à l'Etat.

M. de Nolhac, maître de conférences à l'Ecole des hautes études, attaché au musée de Versailles, a été chargé par le ministre de l'instruction publique d'aller faire, dans les bibliothèques publiques et privées de l'Italie, des recherches sur Pluiarque et sur les origines de l'humanisme.

DKS BIBLIO THKQU [ "*^ "^

'ibliographîes. ~ Catalogues À ^

PRAttCS

Un ancien règlement de la bibliothèque Sainte- Geneviève. — Nous empruntons à la bibliothèque des Chartes, mai-juin [889, l'analyse suivante que donne M. Ch. Rohler d'un règlement tiré d'un ancien Liber ordinis' de l'abbaye de Sainte-Geneviève à Paris, où sont déterminées les fonctions du bibliothécaire {armarius] de cette abbaye, au commencement du xin* siècle, et dont il publie le texte latin original :

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