‹ Le livre (volume 5)Chapitre 37 sur 173 · IRE DU MO · texte numérisé non relu

IRE DU MO

[| comprend de plus, outre les noie donlle texte est partout éclairé et enrichi, unedlude sur Bonaparte, homme de lettres, morceau de premier orJrc, où M. Tancrède Martel déploie uneérudiiioD spéciale et un talent de critique

Ce n'ax. point ici le lieu pour soumettre le génie iiiiéraire de Napoléon, non plus que son génie militaire et administratif, i une analyse nouvelle, ni pour irriver à un jugement semblable nu oppoté à ceux qu'a déjà rendus maintes fuis la critique. Avec cette publication le lecteur se formera son iugement lui mime, s'il n'aime mieux se laisser guider par H, Tancrède Marteî, ce qui lui sera facile et charmini. pourvu qu'il ne redoute pas de verser dans l'admiratif. b.-u. g.

LeaLettreB deM'^'d.e Grig^aii,parM. PaulJanet,

membre de l'Institut. Paris, Isidore l.lieui, 1888. l'avol. in-.r,. Priï : b francs.

Pendant les vacances, M. Paul Janei, philosophe en Sarbonne, penseur spiritualiste et écrivain délicat, I occupé ei charmé ses loisirs en lisant les lettres de M-<dc Grignan. Cette tecturea ceci de piç|UBnl, c'est

4 peu prés, dont quelques-unes à son mari, où il ne faut

1 sa iille, avec des fragments; plusieurs à des amis, et cnlÎQ quelques lettres d'aifaires. Quant à celles qu'elle écrivait en réponse aux effusions de sa mère, les plus intéressa ri tes, celles que M, Janet s'est récréé et Jélecté à lire, • elles sont perdues et, selon toute ipparence, irrévocablement perdues ■. Mais le subtil philosophe ne s'embarrasse pas pour si peu, • Nous

de M"' de Grignan, ait elles sont encore, c'est-à-dire ilans les lettres de M'°' de Sévigné... Il est vrai que ce sont la plupart du temps des allusions plus que >Ies citations, et que la curiosité est plutôt eicitée que saiiifsiie. Mais les citations n'y manquent pas; les malles sont souvent claires et précises, et combien

plus complets et pîus exacts! «

Il y a un grand charme à itre initié à ce mode original de lecture par M. Pau! Janet, charme qui s'augmente encore de tout l'attrait que l'éditeur Liseux, attisie en typographie, donne à ses publications à petit nombre et sur papier de choix. L'auteur sait y e'ïiicr toute sécheresse et la vivifie par les réflexions, les portraits et les jugements qu'il y situe avec cette prodigalité qui n'épuise jamais les vrais riches. Dés 1« début, il peint en deux phrases M°" de Grignan.

l'âme tournée à la passion de l'amour. Le dérivatif

H" de Grignan le rencontra dans l'amour du pouvoir et des (grandeurs. ■ Le magistral portrait qui clSt cet aimable et savant volume est cooienu dans ces lignes comme un tableau dans l'esquisse.

trait maticieui que l'adepte convaincu des doctrines métaphysiques décoche aux purs physiologistes, pour mot de la fin : < Les partisans de I' l'hérédité auront fort à démêler dans c famille, ou la grand'mère était une sainte, le père un duelliste, la mire une adorable païenne et un écrivain de génie, la lîlle un philosophe et le iilB un enfant charmant, et qui compte enfin parmi ses proches, Bussy, un libertin fanfaron, écrivain galant et l'un des bons juges de son temps en matière de goût. Qui expliquera comment tous ces traits divers et opposés, ces ariginali(é« si vives et si contraires, viennent d'une même souche ou de deux seulement r 11 y a là hérédité de génie et d'esprit, cela n'est pas douteux; mais une telle hérédité, quand elle amène de telles différences, est encore une création. ■ N'est-ce pas bien spirituel? Sans compter le profit, la lecture de ce petit livre offre partout le même agrément, b.-h. c.

Les Grande ÉorivaiiiB de la France: Œuvres de J. de La Fontaine, nouvelle édition par Henri Regnib», t. IV. Paris, Hachette, 1887. Un vol.in-8-, 1-111, 58o pages. — Prix ; 7 fr. 5o.

Avec ce quatrième volume des Œuvres de La Fonfame.que publie M. Henri Régnier, dans la collection des grands écrivains de la France entreprise par la librairie Hachette, commencent les Contes, qui, ici comme ailleurs, sont toujours placés après iet Fables, nous ne savons trop pourquoi, puisque la première édition de celles-ci est de i668-iââtj, tandis que le premier recueil des Contes est antérieur de trois an*. C'est en effet dans un petit volume in-12, publié en i665 chez Claude Barbin, sous le titre de Nouvelles en vers tirée (sic) de Boccace et de l'Arioste, par M, de L. F., que parurent Joconde, ou l'In/ldêlili des femmes, et le Cocu battu et content. Le Journal des s.wants, qui était moins grave et moins ennuyeux

t66S, dans un article de Denis de Gallo. Ce quatrième volume, le premier des Contes, contient les deux premières parties, pour lesquelles M. H. Régnier a suivi le texte de Paris, 1669, en y joignant en notes autres éditions du temps et des onrartqui sont à la Bibliothèque de

Le savant éditeur ne s'est écarté de ce texte, et à titre d'exception, que pour le con'e les Cordeliers de Catalogne, par cette raison excellente que, dansi'édi. tion de 1669, La Fontaine n'a corrigé l'édition originale de 1GC7 (Cologne) que pour échapper A la censure et pouvoir paraître en France avec privilège du roi. La comparaison entre les deux textes de 1667 et de 1668, est curieuse au point de vue de la biographie de La Fontaine et des adoucissements, des ménagements que lui commandait sa sécurité personnelle. La première partie tit%Contes en contient onze;

>nde, s

:. Dans

:e éditi

de M. H. Régnier, chacun d'eux e>t que nous appellerons sa généalogie

prece

s'est curieux à suivre comme cette filiation d'une =ièrr;« histoire, et les transformations qu'elle subit ea passant des littératures de TOrient dans celle des cj3»urs du moyen âge, et des écrivains de la Renaisfi&sLce italienne et française. Ce travail de généalopste iinéraire, souvent extrêmement difficile, a été très bien fait par M. Henri Régnier, dont il faut louer également les excellentes et abondantes notes sur la Un^^e de La Fontaine dans ses Contes. Grand lecteur des écrivains du xvi* siècle, et même de leurs prédécesseurs, l'on ne peut vraiment apprécier complètement le style de La Fontaine et souvent saisir toute sa pensée qu'en rapprochant perpétuellement sc% expressions et celles de ses devanciers, Rabelais, la reine de Navarre, Bonaventure des Periers,Noël du Fail, et tani d'autres. Nous ne dirons pas que la lecture des Contes, accompagnée de tout cet appareil d'érudition, soit aussi facile que dans les éditions courantes ; mais il ne faut pas oublier que nos classiques méritent mieux que d'être lus à la légère, même quand il s'agit de La Fontaine, et que d'ailleurs il est toujours facile de lire d'abord le texte, pour revenir ensuite aux notes quand on veut approfondir et pénétrer au cœur même de l'écrivain, e. a.

L'Art de vivre, par Fonteneilles. Un élégant petit volume in- 12, orné d'en-têtes et de culs-de-Iampe, et imprimé à très petit nombre sur papier teinté, Paris, Maison Quantin, 7, rue Saint-Benoît. — Prix broché : 5 francs.

Sous le pseudonyme de Fonteneilles se cache un écrivain bien connu, dont l'aptitude à parler des choses mondaines n'est pas contestée même par les mondains. Pour plus de sûreté cependant, M. Fonteneilles s'est entouré de renseignements puisés aux meilleures sources féminines faisant autorité. Il a pu ainsi rédiger un recueil vivant, amusant et en même temps très exact de toutes les manifestations de la vie mondaine. Sur les mille et un cas douteux du code de la bienséance et des usages, l*Art de vivre a sa réponse. Une œuvre de cette nature était attendue depuis longtemps; elle a sa place marquée à tous les foyers élégants, et se présente sous la forme d'un charmant petit volume, imprimé avec le plus grand soin.

Sadi Gamot, par G.-Â. Hubbard. Une élégante plaquette, petit in-8** de 32 pages, illustrée d'un beau portrait gravé à l'eau-forte, et contenant un autographe reproduit en fac-similé. Paris, Maison Quantin, Compagnie générale d'impression et d'édition, 7, rue Saint-Benoît. — Prix : yS centimes.

La Maison Quantin vient de publier une intéressante biographie du Président de la République, par G.-Â. Hubbard, député de Seine-et-Oise.

Cette brochure, accompagnée d'un portrait à l'eau forte par Wallet, et d'un fac-similé d'autographe, contient des détails intéressants sur l'élection du Président de la République, à laquelle l'auteur a été directement mêlé.

Œuvres poétiques de François de Maynard,

publiées avec notice et notes, par G. Garrisson, t. in. Paris, Lèmerre, 1888. Un vol. in-i6 de 374 pages. — Prix : 7 fr. 5o.

Une des plus intéressantes réimpressions de nos anciens auteurs qui aient été faites dans ces derniers temps est celle des poésies de Maynard, dont l'édition que nous en donne M. Garrisson est aujourd'hui achevée avec ce troisième volume. Né à Toulouse en i582 et issu d'une famille originaire de Sainte- Spirié, aujourd'hui Saint-Ceré, en Quercy, et mort dans cette petite ville en 1646, François de Maynard fut, avec Çacon, l'élève et le véritable successeur poétique de Malherbe : c*est par ce double anneau que le xvii" siècle classique, nous voulons dire La Fontaine, Molière et les autres, se relient au XVI* siècle dont Malherbe et Régnier sont les derniers représentants. Quoique élevé à l'école poétique de Malherbe, et sous la méthode plus rigoureuse de ce maître sévère, Maynard lui est cependant très différent au moins par le genre auquel il s'est applique. C'est, en effet, surtout dans l'épigramme et dans le sonnet que Maynard excelle; et l'on sait que Malherbe était plus pindarique. De sa vie on a peu de chose à dire. Comme ses ancêtres, il fut homme de robe. Il avait cependant débuté par une charge de cour auprès de Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, qu'il suivit à Paris en i6o5, et dont il fut le secrétaire des commandements jusqu'à la mort de cette princesse en 161 5. Mais nommé peu après, en 1618, président du présidial d'Aurillac, il remplit ces fonctions presque jusqu'à sa mort. Ce fut pendant son premier séjour à Paris, où il s'était lié avec les membres de cette petite académie que Marguerite réunissait autour d'elle. Desportes, Régnier, Savaron, Du Pleix, que Maynard publia, en 161 3, son premier recueil intitulé : les Œuvres de François Menard, dédiées à Af»*" le marquis d'Ancre, à Paris, chez F. Jacquin. Maynard ne s'y montre pas encore original : c^est un imitateur de la Pléiade, avec quelque penchant de plus pour la pastorale, genre qui commençait à être en vogue. Bien que Maynard n'eût pas jugé ce recueil digne d'entrer plus tard dans ses œuvres définitives, il en reçut cependant beaucoup d'honneur parmi ses contemporains qui le placèrent dés lors parmi les meilleurs poètes de son temps.

Le Philandre, poème, Tournon, 16 19, et* Paris, Math. Hénault, 1623, est une pastorale en trois mille vers de huit syllabes, d'une facture brillante, &ux vers

CRITIQUE LITTRRAMIE OU MOIS

faciles et harmonieux, mais où Tauteur n^échappe pas à la monotonie du sujet. L'amitié de Malherbe, quUl connut vers cette époque, ne tarda pas à donner une autre tournure à son génie et à en faire, avec Racan, le plus brillant adepte de Técole nouvelle. Cest sur ces dernières œuvres, que le poète a réunies dans le recueil de 1646, et à la publication duquel il ne devait survivre que quelques mois, qu'il sut juger Maynard, c'est par elles quUl a pris rang parmi nos écrivains les plus remarquables. Le tome III de PéditioD donnée aujourd'hui par M. Garrisson reproduit ce recueil paru sous ce titre : les Œuvres de Maynardf à Paris, chez Â. Courbé, 1646. Mais le nouvel et très excellent éditeur ne s'est pas borné là : il y a ajouté non seulement le recueil de 161 3 et le Phi' landre de 161 9, mais encore toutes les pièces publiées par Maynard dans divers recueils contemporains, les pièces de l'édition de i638-i639, non imprimées en 1646 les poésies publiées après la mort du poète, et entin les vers inédits d'après les manuscrits des bibliothèques de Paris, de Toulouse et du Vatican. L'édition de M. Garrisson est ainsi, dans toute l'acception du mot, une édition définitive, celle qu'attendait la mémoire de François Maynard. e. a.

Les Clairières, par J. Germain-Lacour. Un vol. in«i8 Jésus. Alphonse Lemerre, éditeur. Paris, 1888. — Prix : 3 francs.

Lilas aux fiancés! Violette aux défunts!

L'autel attend, tout blanc! et les tombes sont prêtes!

Et les wagons de fer passent, chargés de fleurs. Des pays du soleil aux pays de la neige Couronnes et bouquets viennent faire cortège. Le bouquet à la joie et la couronne aux pleurs.

Mais les fleurs : « Quel bourreau que l'homme, disent-elles; Est-ce donc si charmant de nous faire mourir? Ou l'homme nous croit*iI, pour n'en pas trop soufl*rir. L'insensibilité des froides immortelles?

Erreur! Pour nous mourir et souff'rir sont tout un. Et pourquoi l'homme enfin ne veut-il pas comprendre Que nous avons aussi notre douleur â rendre L'âme de la couleur cl l'âme du parfum?

De l'esprit en jolis vers, des idées fines, adroitement tournées et retournées, un style clair, sobre et gracieux, tels sont les mérites peu communs de la plupart des petites pièces réunies par M. Germain- Lacoursous le titre un peu vague les Clairières. Dans les clairières, on trouve un frais repos; M. Germain. Lacour a-t-il voulu signifier que sa poésie est fraîche et reposante? Son titre alors n*est pas mal approprié à la matière. Le jeune poète, en effet, ne s'emporte pas, il ne s'enflamme guère ; il semble se surveiller attentivement pour arrêter un trop fol élan, dont sa malice normande se défie; il se moquerait un peu de lui-même s'il laissait échapper un cri trop passionné. — La pièce la mieux composée, la mieux inspirée et la mieux écrite du volume est, à notre sens, VExil des fleurs. Le poète y met en comparaison la destinée des fleurs méridionales expédiées de loin pour les deuils et pour les fêtes des cités du Nord, et le sort plus modeste et plus heureux de celles qui meurent sur leur tige, sans quitter le sol natal. Un grand charme de poésie attendrie, une pensée qui va bien au delà des mots exprimés et des limites apparentes du sujet, voilà ce qui donne plus de prix à ce morceau.

J'en veux citer au moins quelques vers :

Pour nous il faut qu'on réunisse

Les douces fleurs de Grasse aux douces fleurs de Nice : Violettes, lilas et roses à foison.

Il en faut pour nos deuils, il en taut pour nos fêtes. Des parfums, nous rions! Nous pleurons, des parfums!

Le Conte d'hiver mérite aussi des éloges, plus d'éloges, je l'avoue, que nombre de piécettes mièvres où l'auteur se complaît à des subtilités de sentiment, opérations de l'esprit plus que du cœur.

Enfin, il me faut quereller M. Germain-Lacour, toute poésie à part, de l'abus qu'il commet des dédicaces : son livre a l'air d'une chapelle expiatoire.

Sous les pommiers, par Paul Harel. Deuxième édition. Paris, Alphonse Lemerre, 1888. Un vol.

pet. in-8«.

A qui dirai-je que M. Paul Harel est un artiste de talent, à l'inspiration primesautière, au sentiment honnête, à l'expression franche, au cœur vigoureux et sain? L'Académie française a couronné son volume Aux champs, et ne lui avait point demandé s'il savait arroser le] poulet à la broche, retourner l'omelette dans la poêle, chauffer une friture et faire un roux. Aubergiste à l'enseigne de la • Croix de Saint-André », à Echauffour, en un bon coin de la Normandie, M. Paul Harel n'en est pas moins poète, comme son grand-père, aubergiste au même lieu, et plus que son père, avocat. 11 paraît que cela étonne M. Ludovic Halévy et surprend M. Jules Simon, sans compter je ne sais quel philologue « ironique et doux ». Si M. Paul Harel ne le consignait aux premières lignes de son avant-propos, j'aurais peine à croire à cet étonnement d'un homme d'esprit et à cette surprise d'un philosophe. Je trouve assez raisonnable et ingénieux qu'un poète se repose ou se console de la cuisine de la vie par la cuisine sur ses fourneaux. Quoi qu'il en soit, aubergiste authentique, M. Paul Harel n'est pas plus frelaté ni sophistiqué dans sa poésie. De ses plats comme de ses vers s'exhalent la bonne odeur de campagne, faite d'aliments sains et d'aromates simples, ail, thym, serpolet, laurier. Le poète est bien un peu mystique, et je ne jurerais pas que profitant de quelque rêve, le ragoût ne brûle quelquefois et le potage ne « passe par-dessus ». Mais si, faute d'un moine, l'abbaye ne chôme pas, le repas est assez copieux pour que, faute d'un plat, on n'en

maage pas moins. D'ailleurs, le poète-cuisinier assigne convenablement leur place respeciive à ses deux arts lorsqu'il dit :

Le po^te est t>u}Ours prêt, mais le caisinier Travaille en actions et non pas en paroles ; Et a chimère est vaine au fond des casseroles.

Quoi qu'il en soit, écoutez, voici de mâles et beaux

accents :

Là-bas, le trèfle rouge

Brille entre Torjkje épaisse et le sainfoin tremblant Le trvMb. où le soleil éclatant luit ei bouge. Tache la plaine en feu de son carré sanglant.

La campagne toujours a des gloires superbes, Mais quels féconds labeurs, mais quels joyeux hymens, SI tous les bons oisifs allaieni s'offrir aux gerbes. Si le Ilot des absents remontaient nos chemins!

O Terriens échappés, la Terre vous réclame! Quand de ses habitants la chaumière est en deuil, Celui dont le foyer n'a pas perdu sa flamme V<»ll un rayon de paix illuminer son seuil.

Ah ! que le déserteur s'arrête et qu'il revienne Vers la ferme, à l'endroit où ses pères sont morts. Pu métier désappris que Pabscnt se souvienne, C'est le travail des champs qui nous rendra les forts.

Pourquoi plier devant la chimère impuissante? Nous voulons le terrien debout, poitrine au vent; Un corps sain peut marcher sans une àme pensante; Le laboureur futur nous le voulons savant,

Fier, aimant son village avec idolâtrie, Fraternel et croyant, mais, devant l'étranger, Assez terrible encor pour venger la Patrie, Si quelque peuple essaye un jour de l'outrager!

Et c'est pourquoi Paul Harel, prêchant d'exemple, s'est maintenu aubergiste et paysan. Celte ligne de vie délibérément tracée, non moins que ses œuvres littéraires, le sacre un vrai poète.

Nuovi Ganii, di Maria âlinda Brunamonti, nata Bonacci. Gittà di Castello, S. Lapi. 1887. Un vol. in-i2.

Je ne sais si l'aimable auteur de ces vers est fort connue outre-monts, je veux dire en France. Peur mon compte, le présent volume me la révèle, et je suis heureux de signaler à ceux qui partageaient mon ignorance, un sincère et charmant poète de plus. Je n'essayerai pas de traduire en courant les morceaux les plus délicieux de ce recueil, qui en contietit tant : ce serait enlever son parfum à la fleur, son éclat au papillon. Mais je recommande à tous les gourmets de lettres qui aiment à s'asseoir parfois au banquet de la poésie italienne, — et ils sont nombreux en France, — des pièces lyriques comme Itino ai monti (Tltalia, Due cieli, Canto oltramondano, mis dans la bouche d'une jeune fille qui vient de mou-

rir, Forforescen:{a marina j Fra cielo e mare; des pièces descriptives et philosophiques de grande envergure et de haut vol, comme Microscomo et la Terra; les idylles exquises qui terminent le volume; les vers à Andréa Maifei en réponse aune belle pièce adressée à Alinda Brunamonti et que l'auteur a reproduite ici; un autre morceau d'un souffle ému à la mémoire du même poète (Inno ail Musa, AllamemO' ria di Andréa Maffei), et bien d'autres que je ne nomme pas pour n'avoir pas l'air de dresser une table des matières. Un joli portrait orne ce volume qui fait honneur à In typographie italienne et popularisera certainement le talent si sympathique et si fin de M"» Maria Alinda Brunamonti. b.-h. g.

Poésies complètes de Gustave Le Vavasseur. Édition entièrement revue et corrigée : Juvenilia; Poésies fugitives ; Farces et moralités; Sylves poli' tiques; Fantaisies. Un vol. in- 18. Paris, A. Lemerre, 1888.

M. Gustave Le Vavasseur n'a pas été sans lire les œuvres des poètes, ses contemporains, les ïambes de Barbier, les Poésies de Bouilhet, \ es Poèmes barbares et antiques de Leconte de Lisle, les Odes de Banville, la Justice de Sully-Prudhomme, mais à Barbier, mais à Bouilhet, à de Banville et à Sully Prudhomme, il n'a certainement rien emprunté. 11 est resté /ui; on peut le regretter.

Boileau avait des qualités que nous sommes généralement trop portés à méconnaître; les poètes du xviii" siècle laissent paraître une grâce tout aimable et qui captive. M. Gustave Le Vavasseur converse en vers pour ne rien dire de bien attachant; ses vers, il les construit suivant l'ancienne méthode, et la grâce leur manque.

Il rime richement; mérite médiocre.

Dans ce premier volume de la nouvelle édition, entièrement revue et corrigée, les « poésies » sont distribuées sous cinq titres différents, où, parmi les Farces et moralitéSy deux farces ou moralités ont quelque valeur pourtant : le petit acte de Don Juan barbon et la parade de Pi>rrofco«vewr tffroî. L'auteur les qualifie d'essais dramatiques. Que ne s'est-il refusé de s'essayer aussi à l'épîtreet à la satire! Peutôtre eût-il mieux fait de se résoudre à chausser le cothurne ou le brodequin. f. g.

Petits Poèmes, par Stephan Bordèse. Un vol. in-i8 Jésus. Paris, 1888. A. Dentu, éditeur. — Prix : 2 francs,

M. Stephan Borden a le vers facile et l'inspiration courte. Le morceau le plus étendu de son petit recueil est une paraphrase en vers de six pieds d'une bergerade de Florian, que celui-ci avait lui-même imitée de Gessner. Assurément l'idée est tout au moins singulière de condamner à la coupe du vers la prose cadencée de Florian. La prime jeune&se excuse seule de telles erreurs, et c'est une si belle excuse! M. Bordèse a un faible pour Tidylle : il en a

CRITIQUE LlTTÉRilIRE DO MOIS

compoii une autre intitulée Ulna. Diane, jalouse d'un clusisur nommé Tircis, y joue un rôle peu conforme aa ciractire consacré de l'austère déesse. Parny a bitn un peu, dans Us Déguisements de Vénus, ébréché il rtputation, mais M. B-jrdése ne nous prévient ailmi pai qu'il déguise la blonde vierge. Tircis le chisKur, — il fui si longmmps berger dans les id/Iles qu'il avait bien le droit de changer de métier, - est lue par Diane, et Ulna qu'il aimait et qui l'aime, se tue de désespoir en maudissant la déesse. Ubdrgsrade tinii dans le sanp.

M. Bordèse réussit les petits vers en forme de chanson : il y apporte une certaine grâce aisée qui rachète l'insuffisance de l'expression; nous ne pouvons voir dans ces essais que le passe-temps d'un lettré sans prétention, rimant pour son plaisir, sans souci de la rénovation de la poétique contemporaine. Pour le juger comme poète, il est juste que nous attendions de lui une oeuvre oii sa pensée se manifeste plus personnelle.

PETITE GAZETTE DU BIBLIOPHILE

A l'usage des initiés

Le septième volume des GravonTB du itx'

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