tome, qui continue la lettre G de ce Diction
naire
iconographique des grai-eurs du siècle, va de
Ga-
MjTii ï Guèrard.
Hcari Beraldi, le très cher et 1res mordant iconociiilographe, se montre éblouissant, rutilant, abra- (idabrani d'esprii, de bon sens et de belle humeur diDS les rej-de-chaussëes de notes de ses chapitres consacres i Gavarni, à Gigoux, à Uranvllle et à Grélin. il résume délicieusement l'humour parisienne et Il philosophie spéciale à Gavarni et à Grévin, donc licite tour à tour les légendes les plus typiques. Je >oudrai( pouvoir recueillir les plus jolis Beraldiana ic ce volume, mais je ne me sens pas le courage de itmscrire unt d'esprit en petit teite; il faudrait tout
lérint comme dans la chanson de ^Invalide fredonner l'inviuiion ; Alle^ donc y voir [tis)...
épat'ra. Bourgeois,..
D'Beraldi L'art iroquoi^.
i diable d'hoi
liihogra-
;s des Graveurs du
es torpillantes fantiii:
irontiipices, quatre à l'eau-fone et un cti phit, ornent ce précieux fascicule. Garen, Chauve Gaujcan, Foulquiery ont déployé leur talent et non donnent toute une variété d'exécutions dans la pointi I» morsure et l'aquatinte. — Je neaaia si les biblîc ptilei i'arrachent le» e
point d'ouvrage plus moderne, plus vivant, plusamu- 'sntetplus instructif à la fois. Ce que BeralJi a enfoui Js notes, de portraits i la plume, d'Idées originales 'W la passion des livres dans ce catalogue de fanlai- 'isie, est inénarrable. — 11 a incontestablement l'iconoiçraphie gaie et il en
jrHures, il faut bie
qu'il louche, catalogue de n comble.
Conquel a déjà publié beaucoup de volumes charmants, bien venus et d'une grâce parfaite. J'ai pu le louer fréquemment sans toujours mettre une sourdine à mes sincères éloges; j'avoue cependant que jamais, jusqu'ici, il n'était, à mon sens, parvenu à la maîtrise édiioriale comme il vient d'y atteindre par la publication de ses HémoiTflB du oomt« de GrammoDt. [Un vol. in-S". Prix : 120 fr.)
C'est la perfection même que ce livre; une typo» graphie éclatante, en caractères antiques, d'un bel
fine pâte et des gravures... quelles gravuresP. Des chefs-d'ctuvre; jenccrainspaadele dire : de véritables chefs-d'œuvre de composition et de reproduction.
C'est au peintre Delortque l'éditeur s'est adressé, et cet illustrateur de naissance, qu'on croyait voué aux tableaux du genre xvm* siècle, s'est remarquablement révélé dans l'éclatante série de sujets qu'il vient de produire en pleine atmosphère lumineuse du plus vivant ïvu* siècle.
Les trente. trois compositions qu'il a semées dans les Mémoires de GrammonI sont absolument exquises d'allure, de mouvement, de disposition et d'ingéniosité. C'est toute une reconstilulion qu'a taite li Delort, mais une reconstitution qui ne sent point la minutie de la recherche et de l'érudition d'art; une reconstitution où l'esprit moderne du moment se fait jour. Tout cela est d'un goût parfait; les grands tableaux hors texte sont admirablement mis en scène, avec des plans bien étudiés et compris, et des perspectives toujours heureuses; quant aux petits sujets du livre, ils sont Meissoniiresques, fins, délicats, légers, égayant la tèle de page par la synthèse écrite du chapitre, ou mourant dans des culs-de-lampe d'un
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1 pas le graveur L. Boiai i prix de Rome pour le burin, mais oncques n'oubli
ce nom dorénavant. Ce Bouguereau buriniste est un prodigieux interprète, un consciencieux, un probe, qui n*escamote aucune difficulté et qui rendrait des points aux plus propres et brillants aciéristes des anciens keepsakes anglais. Cest le graveur pur et sans tache, VAgnus Dei du cuivre, un modèle d'excellence, de loyauté et de patience. Les planches qu'il exécute défient les loupes et les lentilles les plus fortes. Au grossissement même, on ne découvre ni bavure ni barbe, Pimpeccabilité môme et le génie du rendu jusque dans les demi-teintes et les vigueurs. Conquet mérite un bon point pour avoir restitué au livre cette honnêteté du burin trop longtemps négligée.
Je ne ferai qu'un reproche à ce livre superbe, c'est son portrait d'Hamilton, qui rappelle trop les planches des Grands écrivains, tivec une roideur guindée et un emperruquement solennel.— 11 est trop grand pour cette édition et pas assez personnel dans l'originalité de sa mise sur cuivre. Je l'eusse voulu plus petit, dans un léger cadre allégorique. Ceci est une vétille.
C'est à mon ami et collaborateur B.-H. Gausseron qu'est due la préface et la revision du texte de ces mémoires si fréquemment publiés. La préface est érudite et spirituelle, et je la louerais longuement si je ne connaissais l'incurable modestie de son. auteur; elle est surtout peu banale, pleine de vues originales .et d'aperçus psychologiques très heureux; elle est digne, en un mot, de ce bel ouvrage, qui sera considéré par la suite comme un dix-neuvième hors ligne, à moins que nos petits neveux bibliophiles n'aient perdu tout sens esthétique, tout esprit et toute vision, ce qui n'est pas impossible, à vrai dire, du train dont vont les choses. — Les Mémoires de Grammont sont imprimés à 700 exemplaires, dont 200 grand papier, déjà tous enlevés comme des brioches; lesSoo exemplaires sur vélin du Marais seront vite casés comme des actions au porteur dont la prime est prévue de longue date. — Bibliophiles,.,, veille:^!
La Société des amis des livres de Lyon, dont les statuts de constitution ont été publiés il y a quelques mois ici même, vient de donner le premier témoignage de son existence par la publication de Trilby, ou le Lutin d'Argail, nouvelle écossaise, par Charles Nodier. Cette édition a été tirée à 45 exem^ plaires numérotés, dont 35 pour les membres de la Société, 8 offerts en présent et 2 pour le dépôt légal. Le tirage est fait sur papier vergé de van Gelder; le format est petit in-8^ et le texte didot largement interligné sur étroite justification en belles marges. C'est Motteroz, l'imprimeur parisien, qui a tiré le premier pour MM. de Lyon.
On sent à la première vue de ce livre, que les publicateurs ont désiré se rapprocher le plus possible, comme ensemble de l'édition originale, du chefd'œuvre de Nodier; ils ont réussi à merveille. Cette édition est de bon goût, d'un luxe distingué, peu éclatant, d'une sobriété voulue et d'une correction parfaite. Paul Avril a été choisi pour l'illustration, et il a composé et gravé à l'eau-forte pour cet ouvrage un
frontispice, une tête de chapitre^ un cul-de-lampe et neuf illustrations hors texte, très cherchées, très fouillées, d'une grâce un peu mièvre, qui s'encadrent heureusement dans ce petit livre d'une allure si falotement romantique.
Je prise tout particulièrement la gravure d'Avril mordue en premier état à l'eau-forte pure et reprise à l^aquatinte, selon les bons principes du début du siècle. Ce procédé d'interprétation donne à l'illustration le moelleux du dessin original, et il s'harmonise avec l'esprit et la couleur locale du livre et l'époque où parut Trlby, Le petit portrait de Nodier, soutenu par un lutin qui vient en culispice, est un bijou de composition et une adorable gravure typique.
En un mot, les Amis des livres de Lyon ont débuté sous d'heureux auspices; leur Trilby k quarantecinq exemplaires atteindra une cote élevée; il contient des épreuves en deux états de chaque planche, et le seul reproche que je leur adresserai, à ces très chers co-bibliolàtres du Rhône^ c'est d'avoir commis un crime de lèse-unité et donné un croc-en-jambe à l'ensemble originel de leur publication, en tirant les eaux-fortes hors texte sur japon, alors que le vergé de Hollande du livre se prêtait si bien au tirage des jolies gravures d'Avril.
Nous enjaponisons trop les livres, mes frères, je vous le dis en vérité! Pour certains romantiques, rien n'est beau que le vergé, le vergé seul est aimable.
C'est égal! — les Amis des livres de Lyon sont en passe de faire la barbe aux cinquante dîneurs du Lion d'or de Paris. Ils ne sont que trente-cinq...! trentecinq! oh! mes amis,... trente-cinq! nombre fatidique et heureux! De plus, ils n'ont pas de correspondants, ils détruisent les cuivres, ils ^ont farouches, inexora* blés, ils ne font pas de commerce; Bernoux et Cumin pourraient menacer de se suicider qu'on ne leur accordait pas un seul exemplaire. — A la bonne heure ! voilà qui est bien, qui est juste, qui est digne! — Ils ne publient point des Mariages de Paris, cette chinoiserie de mes collègues, A mis des livres de Paris, qui vaut bien raisonnablement cent sous et qu'on nous force à envelopper d'un billet de cent!... Il est vrai, — et je le dis outrecuidamment, — que MM. de Lyon ne feront pas de sitôt une Petite Aline, Reine de Goh con^e aussi roublardement pomponnée que celle que MM. de Paris ont vu naître récemment... Mais aussi aurons-nous jamais le courage de nous réduire à trente-cinq! Trente-cinq : O. Paillet!... — Piet, fluvial trésorier, songez-y — trente-cinq... à ce nombre vous fuiriez en Belgique, sauvant la caisse où quarante mille francs dorment sans emploi. — O bibliofolie! que d'insanités tu nous fais commettre! que de propos saugrenus tu nous fais tenir!
Il manque aux Amis des livres de Lyon une marque typographique symbolisant avec fierté leur attitude intransigeante. Je leur propose un Lion, héraldiquement campé, à la crinière hirsute, à la gueule rogue et menaçante, tenant sous sa griffe écartée un livre ouvert avec cette devise : Je le garde.
Si cette devise et cette marque sont adoptées, les Amis des livres de Paris feront une maladie sérieuse,
CRITIQUE LITTERAIRE DU MOIS
pour cause d'examen de conscience... Les marchands du temple pâliront.— Je le garde! quelle devise aristocratique et harpagonienne ! —J'avoue cependant que, pour les Mariages de Paris nous aurions pu adopter i Tunanimité le cri dMndignation professionnelle : Je le lave!
Soyons miséricordieux ^
Les iconomanes moliéristes, — et ils sont légion, paraît-il, — peuvent exulter de plaisir, car le libraireéditeurDamascène Morgand leur a préparé un festin de l'œil aussi somptueux qu'il leur était possi ble de le rêver en publiant une suite d'IUastrations pour le théâtre da Molière» dessinées et gravées à Teau-forte par Edmond Hédouin. Depuis dix années cette suite était en train; dans tous les cénacles où sévit Pillustromanie, on s'inquiétait de ce monument élevé à la gloire de Molière, on s'informait de son état d'avancement, y attachant avec raison plus de curiosité que sMl se fût agi de la tour Eiffel. — De temps à autre, Morgand exposait à sa vitrine un nouveau dessin d'Hédouin, ec les commentaires marchaient :
lAvez-vous vu le dernier du Molière Hédouin?
— ■ Oui, certes... rudement bien !... Qu'en pensez-