CONCLUSION
même, et la preuve en est qu’ils ne s’en souciaient pas et ne l’exigeaient pas des ouvriers. Reste à le considérer comme mesure de police. Nous ne nierons pas qu'il ait rendu des services à ce titre Ià, mais c’est là la prineipale raison de nos attaques contre lui.
Rien ne plaide donc en faveur du livret tel qu'il existait, c'est-à-dire avec son caractère obligatoire, les dérogations exorbitantes et toutes en faveur des patrons, qu'il apportait au droit commun relatif au contrat de travail, les vexations et les ennuis de toutes sortes dont il était une source pour l’ouvrier. Les législateurs de 1890 ont donc bien fait en le supprimant.
Mais ce qu'il est permis de leur reprocher, et c'est en cela que nous avons pensé que la question du livret méritait d’être étudiée, c’est qu’ils n'aient pas permis que le livret subsistât facultativement.
Il y aurait donc des avantages à avoir un livret facultatif? Oui certes. Par la simple production de son livret l’ouvrier pourrait montrer le temps passé dans les ateliers où 1l a été employé, ses habitudes de travail; il pourrait fournir la preuve qu'il est habituellement attaché à son ouvrage, en un mot qu'il est un bon travailleur en qui on peut placer sa confiance. De là pour lui, on le conçoit très facilement, plus de commodité pour trouver du travail auprès des patrons qui ne demandent qu'à avoir des collaborateurs sérieux, plus de facilité pour obtenir quelque crédit auprès de ses fournisseurs et autres per-
sonnes quand il en aura besoin, de là enfin possibilité