L'HISTOIRE DU LLOYD'S
La meilleure manière de définir le Lloyd’s est, nous semble-t-il, d'examiner les circonstances qui ont présidé à sa formation et les conditions dans lesquelles il s’est développé.
Nous jeitterons auparavant un rapide coup d'œil en arrière, sur les origines lointaines de l’assurance, ce qui nous permettra de faire constater l’état de la question au moment où le Lloyd’s est apparu et le pas décisif qu'il a fait franchir à ce genre de négoce.
Les Phénitiens connaissaient-ils l’assurance? Il est permis de le supposer, bien que le fait ne soit pas absoment prouvé. — Les Romains la pratiquaient-ils dans un autre but que celui d’effectuer un prêt à la grosse ? On ne saurait pas plus l’affirmer (consulter Emerigon sur le nauticum foenus). — Un premier document certain, relatif à la question se trouve dans le Talmud de Baby-
lone où il est fait allusion à une espèce de mutuelle entre
marins (cité par Desjardins dans la traduction de Rabbinowicz). — Puis, plus rien jusqu’à la fin du xrv° siècle, époque à laquelle on retrouve trace au Portugal de la fondation d’une mutuelle contre les accidents de mer. À partir de ce moment on rencontre une réglementation assez stricte des conditions de l'assurance, tant au Portugal qu’en Italie (réglements de Florence, Ancône, Pise, etc.,) ou qu’en France (Guidon de la Mer).
En ce qui concerne l’Angleterre, le contrat d'assurance y fut introduit par des Hanséates, fixés à Londres, qui importèrent dans leur nouvelle résidence les coutumes commereiales de leur pays. De même, de riches Lombards chassés de leur patrie par les troubles intérieurs avaient monté à Londres d'importantes maisons de banque, qui souscrivaient, à titre secondaire, des polices d'assurance. Mais ces étrangers, ayant encouru la jalousie des personnages influents de la Cour d'Angleterre, furent expulsés par Elisabeth à la fin du xvi° siècle. A ce moment, le commerce passe aux mains des Anglais, mais seuls continuent à souscrire des polices les Banquiers de Lombard Street. (1)
Or, vers 1688, alors que les premiers établissements nommés « cafés » commençaient à faire leur apparition à Londres, on relève le nom de l’un d’eux qui allait avoir
une fortune singulière : Edward Lloÿd voyait se réunir
: (1) On conserve à la Bibliothèque Bodléyenne d'Oxford un contrat daté e 1613.