‹ Le Lloyd's de Londres: Organisation d'assurances terrestresChapitre 6 sur 92 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

chez lui les marchands exportateurs et importateurs qui se livraient là à leur négoce, y pratiquaient les ventes aux enchères, y faisaient leurs publications. Quand des commerçgants spéciaux, outre les banquiers de la rue des Lombards, eurent l’idée de souscrire des assurances, ils vinrent tout naturellement se réunir à l'endroit où ils étaient sûrs de rencontrer leurs clients éventuels, au Lloyd’s Coffee, dans Tower Street.

Celui-ci, quelques années plus tard, est transféré en plein centre des affaires, dans Lombard Street, au coin d’Abchurch Lane, et à partir de ce moment (1692) devient presque officiellement le lieu où se traitent toutes affaires d'assurances maritimes et de ventes de navires (l'Amirauté y annonce les mises à l’encan).

Mais pour permettre aux assureurs de se prononcer avec certitude et rapidité sur une affaire qu'on leur propose, il leur est nécessaire d’avoir des informations précises et récentes sur tous les navires navigant à l’époque. Lloyd créa à ce sujet un journal intitulé : Lloyd’s news où, indépendamment de renseignements d'ordre technique, il fournissait des aperçus sur les événements politiques (en sachant les critiquer à l’occasion). Des parlementaires s’émurent de la publicité donnée à ces événements et les Lloyd’s news disparurent en 1696. — Les dernières nouvelles étaient aussi lues au fur et à mesure de leur arrivée, du haut d’une chaire,

par un garçon de café (wailer).

La prospérité de l’établissement allait donc s’affirmant chaque jour davantage quand se produisit la série des kracks de 1720-1721 : une multitude de sociétés financières de tous ordres s'étaient fondées — comme d’ailleurs en France un peu auparavant — sans autres buts ou moyens que ceux que l’imagination de leurs auteurs leur avaient fixés. Parmi elles, quelques Compagnies d’assurances (certaines garantissant des risques invraisemblables tels que le mensonge, les! infortunes conjugales, etc.) subirent le sort commun et furent englouties dans la grande crise. s

Pourtant deux d’entre elles résistèrent et se virent concéder des lettres patentes de Georges [* qui, entre autres clauses, leur donnaient le monopole, comme société, de souscrire des contrats d'assurances maritimes. Grand émoi chez les assureurs du Lloyd’s Coffee qui, bien que conservant le droit, comme particuliers, de se livrer à leurs opérations, voient se dresser devant eux une concurrence redoutable. Mais malgré leurs protestations et le procès qu’ils intentent, le privilège de la London Assurance Corporation et de la Royal Exchange Assu-

rance Corporation est maintenu.

En présence de ce danger, les assureurs individuels s'organisent. En 1726 les Lloyd’s news reparaissent sous

le nom de Lloyd’s List (qui existe encore actuellement)

avec des informations très complètes sur les cours des

changes, les valeurs commerciales et industrielles, l’état

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