TROISIÈME PARTIE, CHAP. PREMIER
peuvent discuter le bien-fondé amiablement. A titre de correspondant, ils sont chargés de renseigner le Lloyd’s sur les mouvements de navires dans le port où ils résident, sur les cours des denrées de la place, sur les statistiques, enfin sur tout événement intéressant la navigation et le commerce.
Nous rappellerons seulement pour ordre les travaux exécutés par le Lloyd’s sur les côtes en vue d'établir des postes de sauvetage ou de télégraphie, pour constater qu'il est parfaitement motivé que le Lloyd’s maritime soit universellement connu et apprécié.
Au contraire, il en va tout autrement du Lloyd'’s terrestre. Tandis que les centres d'assurances maritimes sont principalement les ports qui facilitent les relations internationales et qui sont pourvus de représentants spéciaux, l'assurance terrestre trouve un champ d’action très disséminé et très vaste ; elle s'attache à des risques qui présentent le plus souvent un caractère particulier ou local, voire national, et qui n’entraînent que rarement des relations fréquentes avec l'étranger. Il y a là une différence de nature qui, à elle seule, suffirait à justifier l'ignorance parfaite du Lloyd’s terrestre. Mais de plus, une autre raison renforce cette ignorance ; c’est que le Lloyd's terrestre n’a pas, comme le Lloyd’s maritime, une nuée d'agents répandus sur le monde. Il a bien nommé de-ci de-là des personnes chargées de régler différents sinistres, mais outre que ces nominations sont très
temporaires et même parfois faites pour un sinistre particulier, elles ne confèrent pas le caractère d’agentreprésentant du Lloyd’s. Le Lloyd’s terrestre ne se présente donc pas au dehors autrement que comme une association purement anglaise qu'aucune propagande n’est susceptible de dévoiler au profane.
Une assurance proposée au Lloyd’s doit donc être envoyée directement par l'assuré à un Broker anglais s’il en connaît un ou souscrite par un courtier étranger qui a des attaches sur le marché de Londres. Il y a évidemment là un maniement assez difficile et complexe qui ne contribue pas peu à écarter le Lloyd’s des marchés étrangers. <
Les souscripteurs se sont préoccupés d’une telle situation et nous avons pu constater que depuis un certain nombre d’années déjà ils ont cherché à pallier à ces difficultés par le moyen suivant :
Un certain nombre d'underwriters se groupent et donnent pouvoir à un eourtier d’une place étrangère (Paris, par exemple) dont l’honorabilité et l'autorité sont hors de doute, d'accepter pour eux les risques de telle ou telle catégorie jusqu'à concurrence de telle ou telle somme et ce en suivant des Compagnies de garantie nominativement désignées. Ce courtier joue le même rôle sur son marché et dans le rayon qui lui est assigné, que le souscripteur lui-même : il accepte, donne couverture,
encaisse la prime, règle les sinistres, en avisant les assu-