‹ Le Lloyd's de Londres: Organisation d'assurances terrestresChapitre 88 sur 92 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

parfait il y a vingt ans ne constitue plus qu’une garantie très insuffisante à présent. Il faut s'adapter aux désirs des assurés, il faut leur donner ce qu’ils demandent, leur offrir même des combinaisons susceptibles de les intéresser. Les contrats du Lloyd’s, par leur infinie variété, peuvent répondre à tous les besoins ; la Compagnie française réplique à son client qui lui dit par exemple, « je voudrais une assurance combinée incendie et pillage en cas d'émeute » — « Je ne garantis pas le risque d’émeute, adressez-vous à côté. » Il est nécessaire que les Compagnies s’affranchissent de ces lourdes traditions et qu’elles créent elles aussi des contrats nouveaux.

On enregistre depuis quelque temps des essais en ce sens de la part d’une ou deux Compagnies, mais peu hardis, portant sur des risques bien définis : tous-risques sur objets dans les expositions, contrats incendie et vol pour mobilier (encore à l'étude). On assiste aussi à l’éclosion de sociétés nouvelles tendant à exploiter des risques non garantis (tous-risques automobiles, tous-risques bijoux, tous-risques voyages, risques d’émeute, de révolution, de pillage, etc...). On voudrait pouvoir dire qu'il s’agit uniquement de sociétés françaises ; elles le sont sans doute, au sens juridique du mot, mais si l’on veut approfondir, on se rend compte qu’elles sont le plus souvent des personnes interposées agissant pour des assureurs anglais, désireux de s’assurer notre clientèle d’une façon directe. Nous pourrions citer telles jeunes

compagnies méritant leur excellente réputation d’intelligence et de solidité dont « l'animateur » est un puissant souscripteur au Lloyd’s.

Néanmoins l’essai est intéressant à retenir en ce sens qu'il prouve que des nouveaux types de contrats sont susceptibles de très bien s’acclimater en France et qu'il n’y a aucune raison de ne pas les pratiquer puisqu'ils apportent aux assurés la satisfaction de leurs desiderata, et aux assureurs une abondance d’affaires leur laissant entrevoir des sources considérables de bénéfices.

6° Une dernière observation : les grandes compagnies françaises qui sont des puissances indiscutables au point de vue financier redoutent d’une façon extraordinaire de souscrire de grosses sommes sur les affaires qu’on leur propose; elles se maintiennent volontairement au-dessous de leurs possibilités et restreignent ainsi le marché français dans une proportion énorme. Il est nécessaire que les Compagnies renoncent à ce système si elles veulent réellement assurer leur supériorité dans leur pays même. La timidité ne doit pas être la vertu du fort; la prudence seule doit le guider. Encore sur ce point, les assureurs du Lloyd’s nous sont un modèle dont nous avons tout à gagner à suivre les exemples.

Pour clôturer cet exposé par une remarque d’une portée générale, nous ne pouvons que constater à nouveau que toutes ces améliorations conseillées aux compagnies françaises ont fait la fortune du Lloyd’s et que

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