‹ Le Lloyd's de Londres: Organisation d'assurances terrestresChapitre 89 sur 92 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

leur introduction en France nous rapprocherait de la conception anglaise. Il n’est pas niable que les difficultés à vaincre pour y arriver soient très tenaces mais il est aussi certain que ces réformes sont indispensables étant donné l’état actuel des esprits. Ces organismes rétrogrades que sont les anciennes Compagnies françaises prêtent trop le flanc à la critique pour qu’on ne soit pas tenté, si elles ne sont pas capables de s'adapter d’ellesmêmes au progrès, de les y mener de force... en les supprimant si c’est nécessaire. De cette idée au monopole il n’y a en effet qu'un pas qu'il coûterait bien peu de franchir...

SECTION D

Le Lloyd’s des Compagnies françaises

Mais il est une autre idée dont la réalisation complèterait admirablement, à notre avis, les améliorations que nous venons d'envisager.

La conclusion logique qui s'impose, en effet, à la suite de celte étude, est que l’on doit s'assurer auprès du Lloyd’s qui offre le maximum de garantie avec le minimum d’ennuis et de formalités ; or, l’assurance

‘au Lloyd’s entraîne l’exode des capitaux français à l'étranger, contribue à la hausse angoissante du change, et tend à augmenter l'embarras financier dans lequel

nous nous débattons actuellement.

Nous trouverions un premier remède dans les modifications au système français préconisées plus haut mais nous nous heurterions encore à la faculté d'absorption insuffisante des Compagnies françaises. Il ne leur est pas possible de garantir actuellement toute la matière assurable de France. Quel serait donc le moyen d'augmenter encore leur puissance à cet égard ? La formation, en face du Lloyd’s de Londres, d’une équivalence : Le Lloyd’s de Paris! Mais, devrions-nous envisager cette création comme la reproduction exacte du Lloyd’s de Londres ? Nous ne le pensons pas. Le développement de la corporation a été lent, et s’il fallait attendre les résultats d’un organisme en tous points semblable, créé aujourd’hui, le but cherché risquerait bien de ne jamais être atteint. Il faut surtout faire entrer dans la combinaison nouvelle des personnes déjà très puissantes et déjà entraînées aux affaires d'assurances ; le système préconisé vise, non pas des souscripteurs isolés mais les grandes personnes morales que sont les Compagnies françaises.

Une question se pose alors : sur quelles bases organiser ce groupement? Nous devons ici développer deux principes :

1° Chaque compagnie conserverait son individualité et continuerait à réaliser ses propres affaires sans y apporter: aucun changement. Ce ne serait pas forcément un grand progrès que de supprimer tout le système actuel pour le remplacer par un autre ; notre but est de créer un nouvel

Page 1