QUATRIÈME PARTIE
organisme s’ajoutant à ceux existant et non se substituant à eux.
2° Sur leurs bénéfices actuels qui sont en général considérables, les compagnies pourraient sans inconvénient distraire un montant très réduit qu’elles affecteraient à la constitution d’un fonds commun, réserve de l’association nouvelle. Cette association — ce Lloyd’s — dirigée par un comité directeur autonome, accepterait de garantir les risques offerts au même titre qu’une compagnie, et chacun des adhérents se trouverait engagé sur les contrats pour un pourcentage fixé d'avance et invariable. On aperçoit immédiatement que les possibilités de ce groupement seraient énormes en ne laissant en définitive qu’une responsabilité infime à chaque compagnie. Les plus grosses affaires pourraient ainsi réduire au minimum les appels faits à l’étranger pour les garantir.
Nous trouvons des embryons de ce système en Angleterre encore : Quand une affaire très importante se présente, les grandes compagnies se concertent; elles s’unissent pour déterminer les conditions qu’elles doivent consentir et pour essayer d'enlever l’ensemble du risque ; elles forment ce qu’on appelle un pool, mais cette association est toute temporaire et ne vise qu’une affaire spéciale. |
Nous observons également en France des essais de groupement : une poussière de petites compagnies, disons
tout de suite de très petites compagnies, ont de-ci, de-là formé des «consortia» pour éviter un sort terrible, la mort à brève échéance faute d’affaires. Néanmoins, il faut noter que l'expérience n’est pas si mauvaise puisque l’union ainsi réalisée a permis à ces consortia de faire subsister des sociétés destinées infailliblement à périr. On juge par là de ce que pourrait faire un Lloyd’s des grands assureurs français possédant une puissance formidable du fait de l’union de ces puissants participants.
Nous retrouvons évidemment devant nous le grand obstacle que nous avons signalé lors de l’examen des améliorations à apporter au système français : la Routine se drapant sous l’aspect sacré de la Tradition serait probablement très difficile à vaincre si la présente idée parvenait à s'imposer en France.
Et puis, un autre facteur encore viendrait jouer à l'encontre du projet de concentration : les compagnies d'assurances sont des concurrentes, et elles entretiennent jalousement, à tous les degrés de leur hiérarchie complexe, la haine et le mépris de la voisine. Il est, croyonsnous, impossible de rencontrer plus de malveillance ou même d’animosité entre ressortissants d’une même profession. Pouvons-nous croire que les compagnies mettraient de côté leur amour-propre et viendraient concourir à une entreprise commune? On pourrait répondre qu’il existe déià des bases sérieuses propres à