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pourvue de quatre yeux et detrois antennes ; seulement cette régionest divisée en deux chez Eurythoë, elle a la forme d’une bandelette contournant l’extrémité antérieure du corps chez Euphrosyne. Chez cette dernière aussi, une partie de la région antérieure, au lieu de rester dorsale est devenue ventrale, mais les organes ont gardé entre eux les mêmes rapports que chez Eurythoë.
L'antenne impaire est toujours entre les yeux postérieurs. Les antennes paires sont toujours en avant des yeux antérieurs ; dans le cas de l’'Euphrosyne, des yeux ventraux. Il s’est produit chez cette dernière forme, un très fort allongement de la partie de la région sincipitale, qui correspond chez Eurythoë à l'espace compris entre les quatre yeux. Ces changements, mais aussi cette constance dans les rapports de différentes parties, se manifestent aussi dans le cerveau moyen d'Euphrosyne. La partiemoyenne a subi un étirement en rapport avec l’étirement de l’aire sincipitale qu’elle doit innerver ; mais les lobes et les nerfs ont gardé les mêmes connections que chez Eurythoë.
La région palpaire d’'Euphrosyne a subi une notable réduction si on la compare à celle d'Eurythoë, mais en revanche les palpes qui la représentent en son entier chez la première, sont mieux individualisés et mieux séparés de la région sincipitale. Les stylodes des palpes manquent chez Euphrosyne. Le cerveau antérieur, par contre, est intimement soudé au cerveau moyen chez Euphrosyne, il est plus réduit que chez Eurythoë et au lieu d’être inférieur et antérieur, il est devenu tout à fait ventral et postérieur.
La région nucale est presque identique dans les deux genres, les caroncules sont divisées par deux sillons dans un cas comme dans l’autre, seulement la division est plus prononcée chez Euphrosyne. Si cette dernière a en plus deux gouttières ciliées sur le lobe médian et une gouttière sur chaque lobe latéral, il lui manque les petits sillons en forme d'arc qui se trouvent sur la face supérieure du lobe moyen de la caroncule d'Eurythoë. Les différentes petites gouttières ciliées qui chez cette dernière sillonnaient les deux régions du lobe céphalique, sont remplacées chez Euphrosyne par deux
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gouttières parallèles qui sillonnent toute la région sincipitale. Le cerveau postérieur présente des différences plus considérables qui cependant n'empêchent pas la stricte homologation de cette région dans les deux genres. Il forme une masse compacte, bilobée, donnant deux troncs nerveux très nets chez Euphrosyne; il est à l'état diffus, pour ainsi dire, chez Eurythoë. Cette différence doit être attribuée à une différence dans le degré d'organisation, le ganglion diffus représentant un stade plus primitif que le ganglion concentré et nettement individualisé. Il reste à signaler la différence de position. Il est en eftet nettement postérieur chez Eurythoë et nettement supérieur et dorsal chez Euphrosyne, mais en cela cet organe n'a fait que suivre la torsion générale subie par tout le lobe céphalique.
Causes de ladéformation du lobe céphalique de l’'Euphrosyne. — J'ai noté dans la description d'Eurythoë, que les parapodes antérieurs tendent à placer leur axe parallèlement au plan sagittal du corps, et on a pu voir aussi, que chez cette espèce le milieu de la face ventrale et dorsale des premiers segments a subi une notable réduction, Cette position des parapodes est très favorable aux Polychètes qui ont à fouir dans la vase, qui doivent creuser des galeries, comme c’est le cas pour Eurythoë. La tendance bien manifeste dans ce genre n’a fait que s’accentuer chez l'Euphrosyne, mais pour une cause probablement différente à celle qui lui a donné naissance. Le genre Euphrosyne, dérivé de formes fouisseuses, est devenu un animal habitant les excavations des roches et incapable de fouir; mais la tendance acquise héréditairement de sa souche originelle a été augmentée par la vie sédentaire que mène l'animal. Lang (88) a montré que tous les animaux fixés tendent à prendre une symétrie radiaire, et dans le cas présent, le redressement des parapodes en avant ne peutêtre que favorable à l'animal qui peut présenter ainsi aux ennemis une surface entièrement hérissée de piquants. À l'extrémité postérieure le même phénomène s’est produit, mais en sens inverse; aussi sur toute la surface de l’animal se trouvent disposés les piquants aigus et calcaires. 11 va sans dire qu'il faut prendre cette explication pour
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ce qu’elle vaut, c’est-à-dire pour très incertaine, étant donné le peu d'observations qu'on a encore à ce sujet sur les Amphinomiens.
Résumé. — Le lobe céphalique des Euphrosynes est formé par trois régions sensitives nerveuses: Une région sincipitale en forme de bandelette allongée faisant le tour de l’extrémité antérieure du corps; à cause de cette situation ses organes sont placés sur le dos et sur la face ventrale. Il y a en effet une antenne impaire située entre et un peu en avant d’une paire d’yeux, ceux-ci du côté dorsal, et du côté ventral une autre paire d’yeux, et plus en arrière deux antennes paires. Le cerveau moyen est allongé et antérieur, il donne du côté dorsal deux nerfs optiques et le nerf de l’antenne impaire, et du côté ventral deux nerfs optiques aussi et deux nerfs antennaires.
La région palpaire est limitée aux palpes qui reçoivent chacune un nerf très gros du cerveau antérieur ici ventral et postérieur.
La région nucale supporte un organe nucal ou caroncule, trilobé, dont le lobe médian est pourvu de quatre gouttières ciliées longitudinales, et chacun des lobes latéraux de deux gouttières dont l’externe se continue sur la région sincipitale jusqu'aux yeux ventraux. Le cerveau postérieur est ici supérieur et formé par deux lobes bien délimités qui fournissent chacun un nerf pour l'organe nucal, nerf qui se divise en deux troncs parallèles.
Les rapports du lobe céphalique ainsi constitué, avec les autres segments, sont les rapports normaux que cet organe possède chez tous les Polychètes. L’apparence contraire est due au redressement en avant des parapodes des quatre ou cinq premiers segments. Comparé avec le lobe céphalique d'Eurythoë, le lobe céphalique d'Euphrosyne montre la plus stricte homologie. Les différences sont peu considérables, les plus fortes étant la situation un peu autre des différentes parties et l'absence de stylodes palpaires chez cette dernière.
Les modifications présentées par le lobe céphalique des Euphrosynes ont été attribuées, avec quelque doute il est vrai, d’abord à la tendance héréditaire acquise, de la forme souche, tendance qu’on a pu
SN ES constater aussi chez l'Eurythoë et qui se manifeste par le redressement des parapodes antérieurs. Cette disposition héréditaire a pu être augmentée par la vie sédentaire que mènent les Euphrosynes. Quoi qu'il en soit, le genre Euphrosyne doit être considéré comme l’aboutissant de l’évolution d’un rameau de la famille des Amphi-
nomiens.
b) Position systématique du Genre Euphrosyne.
SaviGnY (20, p. 15), le créateur du genre Æuphrosyne, le classe dans la famille des Amphinomiens qui rentre dans l’ordre des Annélides Néréidées.
Cette manière de voir est partagée par presque tous les auteurs jusqu’à l’époque actuelle à l'exception de quelques-uns énumérés ci-après.
WizLiams (54 p. 174) cite dans son Rapport, à propos du liquide sanguin, entre autres familles, la famille des Æuphrosynidés. C’est pour la première fois qu’on rencontre ce nom de famille, mais cet auteur n’en a pas donné de caractéristique. C’est avec juste titre qu'on donne la paternité de la famille à
KiNBERG (58, p. 14). Cet auteur, qui ne paraît pas avoir eu connaissance de la mention de Williams, caractérise la famille de la manière suivante : « Lobus cephalicus compressus ; antennæ et palpi nulli; branchiæ in seg- « mento quoque plures; pedes cristæformes, transversa ». Cette caractéristique, comme on peut voir, est tout à fait inexacte.
SARS (62, p. 58) n'accepte pas la nouvelle famille. Il soutient avec raison que les différences présentées par les paropodes et les branchies sont insuffisantes pour séparer les Euphrosynes des Amphinomiens, et les autres caractères que donne Kingberg, c’est-à-dire l'absence de palpes et d'aniennes, reposent sur une inexacte observation et non sur.les dispositions réelles. Ces considérations sont tellement probantes que
KingerG (67, p. 83-91) revient sur son opinion et fait des Euphrosynes un simple genre d'Amphinomiens.
MaLINGREN (67, p. 127) place aussi le Spänther ‘dans la famille des Euphrosynidés.
Malgré la rétractation de Kinberg, certains auteurs ont continué à classer les Euphrosynes à part; cependant la majorité n’a pas admis cette famille. Parmi les derniers auteurs qui se sont occupés de la question,
LEVINSEN (8%, p. 123) admet la famille des Euphrosynidés, mais en ajou-