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et une base un peu rétrécie ; très mobile, cet appendice rabattu en avant, arrive jusqu’à la base de la première lame. Quatre yeux sont situés à l’endroit où il s’insère sur la paroi dorsale; deux situés en avant (0e. a) et deux autres situés en arrière de sa base. En avant de l’appendice, l’espace sans lamelles contourne l'extrémité antérieure et va jusqu’à la bouche. A sa surface, à partir d’une certaine distance de l'extrémité antérieure sur la face dorsale, et sur toute son étendue à la face ventrale se trouvent disposés des bouquets de cils (fig. 24, Vf.) que ni v.Graff, ni les auteurs antérieurs ne mentionnent. Ces petits appareils ont une disposition très régulière ; ils forment des rangées transversales successives qui sont plus importantes du côté ventral que du côté dorsal. La bouche (fig. 23 B) est située en face du troisième parapode. Elle est pourvue, en avant et en arrière, d’une lèvre formée par un épaississement de l’épiderme.
C’est tout ce qu'on peut constater à l'extérieur ; nous allons passer maintenant à l'étude anatomique de cette région.
Anatomie (fig. 24-26). — L'encéphale (C) est situé avant et en dessous de l’appendice impair. 11 est pourvu de lobes nombreux qui Jui donnent une apparence bosselée. On peut y distinguer une partie centrale formant sa masse principale. Cette partie, située en avant de l'appendice impair, forme du côté antérieur une proéminence, à bord antérieur obtus, qui du côté postérieur et inférieur se prolonge en deux gros lobes se continuant à leur tour par les connectifs (Cntf). En haut et en arrière, cette masse centrale forme quatre lobes bien développés, les quatre lobes optiques. Entre les lobes optiques antérieurs et lobes optiques postérieurs, un nerf bien développé se rend de chaque côté à l'appendice impair (Ai). Du côté tout à fait postérieur et en dedans des lobes optiques, deux autres petits lobes se résolvent en deux nerfs pharyngiens.
Les cellules ganglionnaires forment dans le cerveau ainsi constitué une enveloppe antérieure, supérieure et latérale ; la substance ponctuée est surtout développée en arrière et en bas.
Les yeux sont tous les quatre pourvus de cristallin. A leur
fie
limite postérieure, s'effectue le contact avec le lobe optique, ce qui fait qu'à cet endroit le cerveau est en relation directe avec l’épiderme. Le nerf optique qui occupe le centre du lobe est excessivement courb.
Le tentacule (Ai) est creux, sa paroi est formée de cellules de soutien et de cellules glandulaires, avec, à la partie inférieure, une accumulation de cellules nerveuses. C’est au fond une structure identique à celle d’une paroi d’organe sensitif quelconque. L’extrémité possède une paroi beaucoup plus épaisse, et les cellules qui la composent sont très allongées et prennent tout à fait le caractère des cellules qui forment les antennes ou les cirrostyles des autres Polychètes. Les cellules de la paroi forment comme toujours une membrane basale, qui ici n’a pas acquis encore une individualité bien marquée, car les fibres qui la composent forment un tissu lâche. La cavité interne de l’appendice communique avec la cavité générale céphalique, et donc aussi avec la cavité générale du corps. Cette communication cependant est presque virtuelle, car la cavité est remplie par un tissu (Fm. Mo) ayant l'apparence parenchymateuse, que v. Graff a appelé tissu conjonctif. C’est un tissu formé de fibres ramifiées, accolées les unes aux autres, et formant des mailles irrégulières. Tous ces filaments prennent leur origine, par trois ou quatre, autour d’une partie allongée contenant un noyau. Regardé de plus près, on voit que cet enchevêtrement n’est produit que par l’état de contraction dans lequel se trouve l’appendice impair, et que la disposition des fibres est en réalité régulière. On voit en effet chaque élément cellulaire filamenteux qui forme le soi-disant tissu conjonctif, s’unir d'un côté à la membrane basale au moyen de filaments qui s’intriquent avec les filaments des cellules épidermiques, et d’un autre côté, ces éléments se réunissent en petits groupes de plus en plus nets vers la base de l'appendice. À ce moment, ils forment deux faisceaux (Fs. Mo), assez larges, situés en dedans des lobes optiques postérieurs et passant entre ces derniers. Ils embrassent la partie postérieure du cerveau et vont s’insérer de chaque côté de la trompe sur des plis du vestibule buccal. Dans le trajet, à partir du cerveau jusqu’à leur
Fate
insertion externe, ces fibres de grèles et incolores qu’elles étaient dans l’appendice impair, deviennent plus épaisses et sont fortement colorées par l’éosine. Les noyaux plus petits et légèrement ovalaires à l'intérieur de la cavité tentaculaire, sont très allongés et très grands à l'extérieur.
La description qu’on vient de lire et les figures qui accompagnent ce mémoire feront immédiatement comprendre que ce tissu n'est pas du tissu conjonctif comme le veut v. Graff, mais que c’est un amas de véritables fibres musculaires.
La structure des petites cupules ciliées qui forment des rangées à l'extrémité antérieure du sillon céphalique, est extrêmement simple. On remarque sur des coupes (fig. 26) passant à travers la cupule que la cuticule s’amincit beaucoup pour laisser passer les cils vibratiles que fournit une grosse cellule, pourvue d’un noyau très grand et
complètement rond. La chromatine est distribuée en toutes petites
sphérules, les nucléoles manquent, le plasma est finement granulé. Ces cellules, qui forment les cupules ciliées, sont bordées tout autour par les cellules de soutien ordinaires de l’épiderme. Les cellules de soutien sont beaucoup plus minces et possèdent un noyau ovale, à chromatine distribuée en grains grossiers.
En dedans de la crête céphalique, lorsqu'on a dépassé l’épiderme avec ses cellules ciliées, on ne trouve sur la basale que des fibres musculaires formant surtout du côté antérieur, un treillis serré. Les éléments musculaires ressemblent assez aux fins éléments que nous avons appris à connaître à l’intérieur de la cavité tentaculaire.
Je tiens à signaler encore de petits amas de pigment qui se trouvent dans l’épiderme en avant de la bouche. Chaque amas est formé par des sphérules jaunes, intimement accolées ensemble, sphérules qui, à l'exception de la couleur, n’ont rien de commun comme aspect avec le pigment oculaire. La signification de ces amas de pigment
m'est complètement inconnue.
Rapport du lobe céphalique avec les premiers segments somatiques. — V.(Graff considère les segments comme ayant la forme