‹ Le lobe céphalique et l’encéphale des Annélides PolychètesChapitre 22 sur 42 · IV. — Famille des Maldaniens · texte numérisé non relu

IV. — Famille des Maldaniens

Planche V, fig. 40-53.

Historique. — Le lobe céphalique de ces Polychètes est très réduit, aussi n'est-il pas possible de comprendre sa constitution si on n’en a pas fait l'anatomie. Comme personne jusqu'à présent n'a fait cette étude,

ET

les noms divers que donnent les auteurs aux différentes parties de l’extrémité antérieure sont distribués au hasard pour ainsi dire. Cela me dispense de faire une énumération complète de l'opinion de ceux qui ont contemplé l'extérieur des Maldaniens, et je me contenterais de quelques exemples. C’est : | ;

SaviGNY (20, p. 93), qui est le créateur de la famille, et il nomme la plaque des Clymenes, opercule et le segment antérieur, premier segment, sans s'inquiéter de sa valeur morphologique. , ss

Quarreraces (65, t. IL p. 229-293) croit que dans les Clyméniens proprement dits, le lobe céphalique est, ou réduit à un petit mamelon (palpode) comparable à celui des Arénicoles, ou bien soudé avec l'anneau buccal. Dans un cas la bouche est terminale, dans l’autre ventrale. Tout cela n'est pas exact, comme on le verra. Quant au cerveau, il est très petit, bilobé et fournit en arrière deux très petits filets (les nerfs nucaux probablement) qui avec les cinq ou six autres sortis des connectifs, se rendent à la trompe et représentent le système nerveux stomatogastrique.

Semper (76, p. 147) a disséqué une Maldane sp., et la seule chose qu'il en dit c'est que les ganglions supra-æsophagiens et les connectifs sont tellement unis à l'épiderme qu'on ne peut les en séparer. Ce fait est exact. :

Euzers (87) croit que le lobe céphalique est formé par la plaque chez les formes qui en ont et qu’il est toujours soudé au premier segment.

L'organe nucal, ou du moins les sillons de cet organe, ont été décrits par tous les auteurs (plus ou moins bien, et plutôt moins que plus), mais personne n'a pu donner la véritable signification, pas même :

Sair-Joserx (94, p. 135-145), qui s’est occupé en dernier lieu des Maldaniens et qui a même proposé une classification nouvelle qui, à mon avis, n'est pas heureuse. Le lobe céphalique pour cet auteur, est aussi formé tantôt par la plaque céphalique, tantôt par une « carène brune », tantôt par un «petit mamelon », mais paraît toujours soudé au premier segment.

Extérieur. — La famille des Maldaniens est une famille très naturelle : les formes qui la composent ne présentent pas de grandes variétés de conformation, et les caractères généraux, nombreux, qui séparent cette famille des autres familles de Polychètes sont bien représentés parmi tous les membres qui la composent. Il n’en existe pas moins des différences qui sont faibles, lorsqu'on se place au point de vue de la morphologie générale, mais qui néanmoins sont assez prononcées, lorsqu'on n’a en vue que la morphologie spéciale de

la famille. Certains de ces caractères sont excessivement constants et permettent de diviser les Maldaniens en groupes naturels. Ils présentent encore cette particularité remarquable de ne pas présenter d’intermédiaire entre eux, ce qui permet d'obtenir des classifications aussi commodes que possible. Malheureusement les auteurs antérieurs n’ont pas soupçonné leur importance, et le manque complet de détails anatomiques sur cette famille a fait que tous, sans exception, ont classé ces animaux d’une manière aussi peu naturelle que possible.

Une confusion extraordinaire règne dans les caractéristiques et la délimitation des genres qui forment cette famille ; il ne m'est pas possible d'insister ici sur ce sujet qui sera traité dans une monographie systématique et anatomique en préparation. Je me bornerai seulement à décrire la partie qui nous intéresse spécialement, le lobe céphalique qui est un des meilleurs caractères pour la classification de ces animaux. Tous les Maldaniens sans exception (1) se rangent, au point de vue du lobe céphalique, autour les trois types suivants :

1x Type. — Lobe céphalique pourvu de palpode. Ex. : Leïoce-

phalus leiopygos (Gr.).

2 Type.— Lobe céphalique pourvu de palpode et de plaque céphalique dorsale. Ex. : Clymene lombricoïides (M. Ed).

3 Type. — Lobe céphalique dépourvu de palpode et de plaque céphalique dorsale. Ex. : Pelaloproctus spatulatus (Gr.).

Contrairement à ce qui a été fait pour les Amphinomiens, l'extérieur des trois types sera d’abord décrit. et ensuite l'anatomie, les différences n'étant pas suffisamment grandes pour qu'il vaille la peine d'établir des chapitres distincts pour chaque type.

1° rype. — Leïocephalus leiopygos (Grube) (fig. 50). — Le Polychète que nous avons choisi comme exemple, présente une extrémité antérieure légèrement effilée se terminant par une pointe conique. Elle est formée par un segment un peu moins long que le segment suivant

(1) Sans excepter même le Clymenides sulfureus Claparède, forme très curieuse sur laquelle des observations paraîtront incessamment.

et se distinguant de ce dernier par l'absence complète de soies. Vu par la face dorsale, le segment présente du côté antérieur une papille conique (P) ; celle-ci est limitée en arrière et sur les côtés par deux petits sillons transversaux qui se continuent par deuxsillons (S.Org N) à contours légèrement sinueux. Les deux sillons sont parallèles et s'étendent sur un peu plus d’un tiers de la longueur totale du segment, À leurs extrémités postérieures les bords du sillon sont un peu écartés, ce qui permet de voir que les sillons correspondent à de véritables fentes qui.s’étendent très loin en profondeur. Ils sont séparés par une crête médiane (cr. Org N) peu élevée, en continuité parfaite avec la région médiane et supérieure de la petite papille terminale. Du côté externe les sillons sont limités par une petite crête à peine indiquée. Donnons immédiatement leurs noms véritables à ces dispositions. La papille terminale est le palpode, et les sillons sont les orifices des organes nucaux. On aura ainsi des sillons nucaux et une crête médiane nucale.

La face dorsale présente encore une pigmentation brune qui forme une bande interrompue en son milieu, à l'extrémité postérieure du segment, et deux taches symétriques formées par le même pigment brun, qui s'étendent de chaque côté et en arrière des sillons de l'organe nucal. De chaque côté aussi, en-dessous de la portion antérieure du sillon nucal, se trouve une série de points noirs (Oe) serrés les uns à côté des autres et qui sont des groupes d'ocèles. Ces organes sont situés plutôt du côté ventral, aussi s'aperçoivent-ils à peine lorsque l'on regarde par la face dorsale.

La face ventrale de l'animal ne présente comme particularités à décrire que la bouche, orifice à contour arrondi. Elle est entourée et limitée par un rebord plissé peu proéminent qui n’est que le commencement de la partie évaginable de la trompe. Elle est limitée en avant par la base du palpode.

Cette description suffit pour montrer clairement que ce premier segment est en réalité le premier segment soudé avec le lobe céphalique, mais ici cette soudure est faite d’une manière extrêmement intime, car toute séparation externe a disparu. On est donc forcé

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