‹ Le lobe céphalique et l’encéphale des Annélides PolychètesChapitre 24 sur 42 · F AP · texte numérisé non relu

F AP

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bord antérieur où elle commence, pour devenir de plus en‘plus large vers l'extrémité postérieure du segment. La hauteur de la crête augmente de l'extrémité antérieure vers le milieu du segment, où elle atteint son maximum, pour décroître vers l'extrémité postérieure. Des sillons transversaux parcourent en travers cette crête et s'étendent sur les faces latérales du segment; ce sont dé simples produits des contractions de ce segment. Mais dans le tiers antérieur de la tête, de chaque côté de la crête et un peu en arrière du bord antérieur, sont deux sillons profonds (S. OrgN), longitudinaux, qui ont une tout autre importance ; ce sont, en effet, les sillons de l'organe nucal. Ils ont la forme d’un S très étiré. Assez éloignés l’un de l’autre, en avant, ils se rapprochent beaucoup du côté postérieur. Un véritable Palpode manque chez ce type, mais le bord antérieur du segment compris dans l'angle formé par la direction des sillons de l'organe nucal, doit être considéré comme étant son représentant. Sur la face ventrale, dans la moitié antérieure .du segment, se trouve la bouche sous forme d’orifice arrondi, entourée par une lèvre plissée. La bouche n'arrive pas jusqu'à l'extrémité antérieure et laisse ainsi un petit espace qui est l'homologue de la face ventrale du Palpode des types qui en sont pourvus.

Ce segment doitêtre considéré aussi comme formé par la soudure du lobe céphalique avec le premier segment du corps. Il est embrassé, du côté postérieur, par le bord antérieur du second segment, et sur la ligne médiane ventrale présente un sillon qui indique le parcours de la chaîne ganglionnaire ventrale. La couleur du segment est jaune citron avec des taches violettes très foncées. Le pigment violet forme au bordantérieur du second segment une bande de forme irrégulière.

Anatomie. — Au point de vue de la structure interne, le lobe céphalique des trois types que nous avons distingués montre encore moins de différence que dans son aspect extérieur. Aussi allons-nous décrire en détails le type le plus complexe et marquer à la fin les petites particularités qui le distinguent des autres.

Clymene lombricoïdes (fig. 42-45). — Lorsqu'on ouvre le segment

antérieur de Clymene (fig. 8, texte) on se trouve immédiatement en présence d'une sorte de diaphragme transversal (Ds) occupant l'extrémité antérieure de la cavité du segment. Ce diaphragme sert de rétracteur de la trompe. En effet, ses muscles s’insèrent d’un côté tout autour de la base de cet organe et de l’autre côté sur la paroi du corps. Tout ce qui est en arrière du diaphragme appartient exclusivement au segment buccal ; nous ne nous en occuperons pas pour le moment. La région qui est en avant contient, par contre, à côté d’une portion appartenant à ce dernier, tout ce qui revient au lobe céphalique. On y trouve un prolongement de la cavité générale tapissé par le péritoine, des muscles et ensuite l’encéphale et ses annexes.

L'encéphale (C) apparaît comme une bandelette transversale, plus épaisse aux extrémités qu’au milieu, mais ne laissant reconnaître ni sillons, ni ganglions individualisés à sa surface. Il est situé exactement en arrière du Palpode, et l'animal étant supposé dans la position naturelle, presque sur le prolongement dela chaîne ventrale et des connectifs. Cette situation est due à la présence de la plaque qui a forcé l'orifice buccal qui d'ordinaire regarde en avant, à regarder en bas. Du cerveau partent trois sortes de nerfs : en avant deux nerfs très courts (Np.) qui se rendent dans le palpode ; en arrière et en bas les conneclifs (Cntf.) œsophagiens dont l’origine apparente se trouve aux deux extrémités de la bandelette cérébrale, tandis que les nerfs du palpode prennent naissance beaucoup plus en dedans. Entre l'origine apparente des connectifs et celle des nerfs du palpode, mais cette fois en arrière et en haut, naissent une paire de nerfs volumineux (Nn), quise rendent à l'organe nucal et longent le bord interne du sillon de cet organe. Les connectifs, après avoir fait le tour de l’orifice buccal, se réunissent en arrière pour former la chaîne ganglionnaire ventrale (Ch: g).

Voilà tout ce qu’on peut voir par la simple dissection, et l'étude des coupes, au point de vue simplement topographique, ne fournit pas de détails plus circonstanciés. On peut cependant se rendre mieux compte des rapports du système nerveux avec les organes qui l’innervent. Un fait important frappe à première vue : c’est que l’encéphale,

Fig. 6. — Clymene lombricoïdes. M. Edw. — Contour de la face ventrale de l'extrémité antérieure, avec la situation du système nerveux central. Gr. 8,8 d. Pd, palpode ; b. Plq, bord de la plaque céphalique ; 77, trompe ; 1, lèvre inférieure ; I et II, les deux premiers segments ; ©, encéphale ; Np, nerf du palpode ; Cntf, connectif ; Ch. g, chaîne ganglionnaire ; @!, premier ganglion de la chaîne (gan-

glion sous-æsophagien).

NP. Pd Nn.

Fi1G. 7. — Clymene lombricoïdes. M. Edw. — Contour de la face dorsale de la

plaque céphalique avec la situation de l'encéphale, Gr. 8,8 d.

Pa, palpode ; S. Org N, sillon de l'organe nucal ; b. Pig, bord de la plaque céphalique ; C, encéphale ; Vp, nerf du palpode ; Cntf, connectif ; Mn, nerf nucal.

comme les nerfs qui en partent, est en continuité directe sur une très grande partie de sa surface avec l’épiderme.

Unesection transversale de l'encéphale (fig. 43), donc une coupe longi-

tudinale de l'animal, montre que l'organe présente une coupe arrondie et que, comme toujours, la substance ponctuée, à contours circulaires, se trouve du côté ventral, c’est-à-dire du côté de la cavité générale, tandis que du côté extérieur se trouvent les cellules ganglionnaires formant la couche corticale du cerveau. La substance ponctuée forme donc un cordon cylindrique qui s'étend dans le plan transversal et qui est en pleine communication par ses deux bouts avec la substance ponctuée des connectifs. Il n’y a pas à proprement parler de ganglion, et pas plus la masse ponctuéeque les cellules ganglionnaires ne laissent observer des différenciations dans leurs masses. Cependant à l'endroit d'où partent les nerfs nucaux, l’amas formé par les cellules ganglionnaires plus nombreuses ici qu'ailleurs, pourrait représenter le rudiment du cerveau postérieur. De même à la base des nerfs du palpode, l'agglomération de cellules pourrait être considérée comme un vestige de cerveau antérieur. Le cerveau moyen serait situé au milieu et c'est lui qui donnerait surtout naissance aux connectifs. À L'organe qui a été appelé palpode (P) est une évagination de la paroi dermo-musculaire du corps (fig. 44). Sa paroi épidermique contient des cellules sensitives en relation avec le nerf diffus, peu individualisé, qui effectue tout son parcours en dedans de la membrane basale. C'est sur cette dernière que s’insèrent les muscles qui font mouvoir l'organe. Un prolongement de la cavité générale céphalique, tapissé par du péritoine, occupe l’intérieur du palpode.

L'organe nucal est formé, comme on l’a vu, par deux fentes longitudi- nales et divergentes. Sur une coupe transversale passant un peu en arrière du palpode (fig. 42) les deux fentes apparaissent comme des plis très profonds de l’épiderme, dirigés de la ligne médiane vers les côtés. Entre les deux fentessetrouveune crête épidermique(cr. Org N), séparée dans son milieu par une troisième fente qui n’est qu’un simple Pl épidermique destiné à disparaître un peu plus en arrière, En effet, Sur une autre coupe passant vers la moitié de la longueur du sillon

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