‹ Le Lobe Flottant Droit Du Foie Dit Le Lobe De RiedelChapitre 49 sur 57 · AIO · texte numérisé non relu

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On pratique une réaction de Bordet-Wassermann qui est négative ; tenté cependant, un traitement spécifique ne donne aucun résultat.

C'est alors que, reprenant toute l’enquête, on découvre une éosinophilie manifeste ; la réaction de Casoni est positive. On fait le diagnostic de kyste hydatique du foie sur un foie de cirrhose que légitime la constatation dé la splénomégalie.

Ultérieurement apparaît lé frémissement hydatique dans l’épigastre qui apporte, après plus de 10 mois d’évolution profonde, la preuve définitive du kyste hydatique. Ce kyste fut opéré par le DT Panrisr ; l était très volumineux et siégeait dans le lobe gauche ».

« Une telle histoire, suivie avec attention et méthode prouve qu'il peut être des plus difficile d’affirmer la nature d’une irrégularité de la masse hépatique. » (N. Fiessinger).

En effet :

1° Le kyste hydatique de la face inférieure du foie surtout quand il est pédiculé ou séparé de la glande par un sillon et qu’il forme une masse mobile et bällottante, peut, en ‘l’absence de signes d’hydatisme, prêter à confusion avec un lobe de Riedel. C'est généralement l’erreur inverse qui est commise, comme dans un cas de GLÉNARD, dans un autre de GÉrarD-MarcHant. Il est à peine nécessaire de rappeler que le lobe de Riedel n’a jamais le contour orbe et régulier, la rénitence, le frémissement du kyste hydatique, qu’il est pourvu d'un bord interne tranchant, d’un côté externe peu distinct et

que, dans les cas litigieux, les examens de laboratoire (éosimophilie, réactions de Weinberg, de Casom) peuvent venir trancher le débat.

20 La syphiis hépatique scléro-gommeuse (foie ficelé) peut être assez délicate à éliminer dans les cas, rares en vérité, où le lobe de Riedel présente une surface bossuée. Maïs ce dernier, « offre à la main qui le palpe, une apparence beaucoup moins « mutilée » que ces foies couturés de vieilles cicatrices syphihtiques. En outre, 1l n’est pas, d'habitude, enserré par des adhérences et fixé contre la paroi abdominale comme le gros foie syphilitique » (Lx- TULLE).

Ressemblent bien davantage à un lobe flottant compliqué ; une grosse gomme, certaines tumeurs syphilitiques du foie, telles que celle opérée par le Pr Lecueu, en octobre 1900.

De plus, un lobe flottant peut recéler une gomme (Basrranezzr, Munro). Il peut aussi être atteint d’'hépatite syphilitique localisée (Cane et Cne- VALLIER). Les signes généraux et fonctionnels manquent souvent d’éloquence. Le traitement antisyphilitique les efface mais laisse persister la tumeur ou ne la fait diminuer que partiellement. En pareille occurence le diagnostic exact est donc susceptible de rencontrer de grandes difficultés.

30 Le cancer du foie c’est-à-dire plus exactement un gros noyau néoplasique du bord inférieur de l'organe, se signale par sa consistance ligneuse, sa

surface irrégulière ex marronnée, l'atteinte rapide et cachectique de l’état général.

Cependant, il peut arriver, comme le PT N. Fressin- GER l’a noté à plusieurs reprises : «qu’un lobe flottant ignoré ne se manifeste par des signes fonctionnels qu'après son infiltration nodulaire. Le cancer est difficile à dépister si l’on ne sent pas les tuméfactons marronnées, irrégulières ».

4° Les cirrhoses du lobe droit ont pour elles leur dureté, les signes d’hypertension portale, le subictère qui les accompagnent. Mais elles peuvent se constituer au sein d’un lobe flottant (N. Fressin- GER).

59 L’abcès chronique du joie même pourrait être évoqué en présence d’un lobe de Riedel «compliqué » et douloureux.

Restent à éliminer :

69 Les tumeurs « bénignes » (adénome solitaire, angiome, kyste non parasitaire). Quand elles siègent à la face inférieure du foie, elles constituent une masse arrondie, souvent extériorisée (kyste solitaire) et mobile. Elles se distinguent du lobe de Riedel par leur aspect globuleux et par l’absence de bord tranchant.

Enfin, c'est parfois un épisode infectieux accidentel qui pendant quelques jours vient rendre tout diagnostic impossible.

F * JA one

M. B..., 37 ans, relate Fournier (1), présente depuis 4 jours de la fièvre, une toux modérée et des douleurs au niveau des deux bases pulmonaires.

À son entrée à l'hôpital le 22 septembre 1923, la température s'inscrit à 3901, la langue est saburrale, le faciès un peu vultueux. Le ventre légèrement ballonné présente une défense musculaire dans le flanc et l’hypochondre droits. De ce côté, juste au-dessous du rebord costal, on perçoit une masse dure paraissant descendre jusqu’au voisinage de l’ombilic et dont la matité se confond avec celle du foie. La délimitation exacte est difficile à cause de la contracture. Il n'existe dans cette région aucune douleur spontanée n1 provoquée. En outre : signes de bronchite bilatérale, congestion de la base droite. Fournier pense à une affection hépatique aiguë et comme le malade est un ancien paludéen il fait pratiquer un examen de sang qui montre une formule leucocytaire normale aux points de vue quantitatif et qualitatif. Pas d’hématozoaires, la réaction de Weinberg est négative.

Le 24 septembre : défervescence ; le 30, guérison. Le ventre souple et indolore permet un examen plus approfondi. La tumeur apparaît dure, uniforme et se continue avec le foie de chaque côté par un angle arrondi. Elle est régulière, indolore, mobile avec la respiration ; son bord inférieur est tranchant et accrochable ; pas de ballottement rénal ni de contact lombaire.

La radioscopie, après insufflation colique, confirmant ces données et en l’absence de tout passé hépatique ou vésiculaire l’on conclut avec certitude à un lobe de Riedel. Comme le remarque l’auteur, il était extrêmement difficile de faire le diagnostic exact pendant l’épisode infectieux surajouté ; on pouvait penser à une cholécystite, à un abcès du foie, à un kyste hydatique suppuré, etc.

(4) Fournier. — Bull. et Mém. de la Soc. Anat. de Paris, décembre 1923, XCIII, p. 770-772.

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