‹ Le Lobe Flottant Droit Du Foie Dit Le Lobe De RiedelChapitre 53 sur 57 · ARS · texte numérisé non relu

ARS

En 1890, Lancengucx, chez une femme de 50 ans, fixe un lobe flottant mal toléré. À sa sortie de l’hôpital, la malade ne ressentait plus aucun trouble et avait repris 9 livres. L’année suivante, le même auteur suture avec succès un lobe de constriction douloureux.

Bærricner rapporte, en 1900, quelques cas de lobes de constriction pour lesquels PoppERT a pratiqué une hépatopexie partielle. Il considère l’opération comme tout à fait rationnelle.

Gexouvirze, en 1898, fixe une languette hépatique par deux échelons de catgut, mais n'indique pas les suites opératoires.

Il faut bien remarquer que les résultats de ces pexies n’ont été ni suivis, ni contrôlés à longue échéance. Ils furent médiocres dans le cas de TscHsrninc. Peut-on compter sur leur durée si l’on songe « aux mouvements respiratoires et aux déplacements de toute espèce qui tendent continuellement à écarter le lobe de la paroi »? (E. SCHWARTZ).

Pourtant, Terrier et Auvray la regardaient comme l'intervention de choix. Nous n’en avons pas d'observation récente. Mais, à propos de l’hépatopexie en général, le PT LecÈëne disait dans sa Thérapeutique Chirurgicale : « Je considère que le traitement chirurgical n’est pas plus admissible en principe dans l’hépatoptose que dans la gastroptose… ce n’est pas là de la chirurgie utile et je la déconseille à tous ceux que ne taquine pas le seul

prurit d'opérer. »

b) La résection : Elle fut pratiquée pour la première fois par LawcenBucx en 1886, pour un lobe flottant gauche extrêmement douloureux ; l’auteur divisa le pédicule et plaça sur lui plusieurs ligatures. Une hémorragie secondaire l’obligea à réintervenir pour assurer l’hémostase. Malgré cet incident, il obtint la guérison complète.

L'entreprise était hardie. Basrranezzr la renouvela, en 1895, en pratiquant une ligature élastique du pédicule tout entier et en évitant l’'hémorragie secondaire par la cautérisation du moignon hépatique.

Roux (1897), Marrin (1898), Gourcroun (1899), le Pr Lecueu (1901), puis en 1903, Locxwoon et en France, le PT Wacrner résèquent un pseudolobe présentant de graves lésions ou occasionnant des accidents pénibles et tenaces. Leurs opérations réussirent sans incident.

Depuis le mémoire de Terrier et AUVRAY (1898) l’hépatectomie pour tumeur du foie a été maintes fois réalisée avec suceès, notamment par le PT DuvaL (1920), par le Pr HarTmanN (1923), par PETIT- Duraius et J. Loncuer (1930), enfin, tout récemment par BaumGarTNer (1935) (1).

Ce dernier auteur recommande pour la section hépatique l’emploi du bistouri électrique coupant et coagulant. Au cours de son intervention et grâce à cet instrument, les surfaces de section du foie

(1) Baumcanrner et N. Fiessincer. — Bull. et Mém. de la Soe. de Chirurgie, 1935, tome LXI,

restèrent exsangues ; aucune ligature ne fut nécessaire, l’auteur put accoler complètement l’une à l’autre les deux tranches de section du « coin hépatique »et les suturer pour obtenir une cicatrisation per primam dela plaie du foie, sans hématome ni fistulisation biliaire.

En ce qui regarde le lobe flottant, on pourrait être tenté de pratiquer l’hépatectomie en présence d'une masse pédiculée s’offrant à une section et à une hémostase faciles.

Malgré tout, l’hépatectomie semble une opération bien périlleuse pour une anomalie aussi exempte de danger, sinon d’inconvénients.

En conclusion, ce n’est que dans des cas tout à . fait exceptionnels qu’on pourra avoir recours au traitement chirurgical pour un lobe flottant non compliqué de cholécystite. On n’y sera guère autorisé qu’en présence d’un lobe particulièrement mal toléré et dont les accidents résistent à un traitement médical bien conduit et prolongé.

À titre documentaire, nous donnerons encore le résumé de quelques observations qui n’ont pu prendre place dans le texte.

Observations de Riedel A. in Berliner Klinische Wochenscrift, 1888, N9 29 et 39.

OBSERVATION No 1.

Mne K... {1), 49 ans, souffre depuis 4 à 5 ans de vomissements fréquents parfois accompagnés pendant 2 ou 3 jours de constipation. Elle a souvent eu des douleurs abdominales ; teint toujours un peu jaunet, mais jamais d’ictère véritable.

Huit jours avant son entrée dans le service de Rreper : douleurs abdominales intenses, constipation, vomissements, ventre douloureux et augmenté de volume ; tout cède rapidement à l'administration d’un laxatif.

L’examen (27 septembre 1887) montre un prolongement du lobe droit du foie, ferme, lisse, descendant un peu audessous de l’ombilic. Sur son versant interne se trouve une tumeur marronnée, très sensible au palper, mobile avee la respiration.

(1) Voir page 131, planche III, fig. 2.

ds

L'opération (28 septembre) fait découvrir un prolongement hépatique, lisse et brillant. Sur son côté interne, on aperçoit la vésicule augmentée de volume et livide.

Fixation de la vésicule à la peau. Le 6 novembre celle-ci s’est rétractée, On en évacue 110 calculs. Lie 28 novembre le lobe hépatique s’est considérablement rétréei. Le 23 janvier ;1888, le lobe ne pouvait plus être perçu à l'examen clinique. Guérison complète.

OBSERVATION No 2

Mme R... (1), 39 ans. Excellente santé antérieure à part une violente crise de crampes épigastriques durant quelques Jours, survenue il y a 12 ans.

Il y a 5 mois, douleurs abdominales d’une extrême violence à l’occasion desquelles un médecin découvre une tumeur abdominale dont la malade ignorait l’existence.

Le 11 janvier 1888, l’examen montre qu’il s’agit d’un procès linguiforme du lobe droit du foie qui descend à 2 centimètres au-dessous du niveau de l’ombilic. Son extrémité inférieure est assez large ; il a un bord tranchant nettement palpable. Sur son eôté médian et à 1 centimètre au-dessous, on sent une tumeur fluctuante qui disparaît sous le lobe hépatique à quelques centimètres au-dessus de Pombilic.

Le 13 janvier, l'opération montre sous le lobe hépatique une vésicule modérément tendue.

Le 20 janvier, dans un 2€ temps opératoire, incision de la vésicule : 130 calculs sont extraits ; la vésicule adhère en totalité au lobe linguiforme. Guérison.

(1) Voir p. 131, planche III, fig. 3.

Mme C... 30 ans, vue le 3 janvier 1888. Parfaite santé antérieure. Quatre jours auparavant, après un effort, violentes douleurs abdominales et, pour la première fois, apparition d’une tumeur au-dessous de l’ombilic.

À son entrée à l’hôpital, température à 380, douleurs abdominales d’une extrême violence, pas de selles. Les douleurs sont calmées après purgation.

À l'examen, tumeur faisant corps avec le foie et de forme grossièrement triangulaire. Le sommet de ce triangle se trouvait au milieu de la ligne ombilico-symphysaire, à À centimètre au-dessous de la ligne bis-iliaque. Il dépassait la ligne médiane, 2 centimètres vers la gauche. Son côté interne s’inclinait en courbe douce vers la droite, près de l’ombilic. Vers le haut, il se relevait en direction sagittale. Le 2 côté du triangle fuyait obliquement vers la partie moyenne de l'abdomen. Les deux limites se perdaïent en haüt sur le bord inférieur du foie. Le sommet des trois angles, le côté externe, la portion inférieure du côté interne étaient arrondis. Plus haut, on sentait à droite et à gauche le bord tranchant du foie. La tumeur était tympanique ; son extrémité inférieure n’était pas tranchante mais ronde, si bien qu’on put croire à un rein ptosé.

À l'opération, tumeur vésiculaire recouverte par le lobe anormal et contenant du pus et un très gros calcul. Deux mois plus tard, lobe et vésicule inaccessibles.

Mme S... (2), 42 ans. À fait neuf ans auparavant une crise douloureuse vésiculaire, soudaine, suivie d’ictère. À

(4) Voir p. 131, planche IIT, fig. 4.

(2) Voir p. 131, planche III, fig. 5.

ce moment elle a perçu « comme un nœud » au-dessous du foie. Les années suivantes, à intervalle de plusieurs mois, nombreuses crises analogues avec, le plus souvent, des vomissements violents et à trois reprises de l’ictère. Depuis, amaigrissement, troubles digestifs, douleurs sourdes et presque permanentes dans la région vésiculaire.

A l'examen, le 10 mars 1890, lobe linguiforme dont la base est relativement large. Au-dessous de lui on palpe nettement la vésicule qui est grosse comme un poing.

À l'intervention, pas de calcul. Un peu de bile épaisse, grande quantité de sérosité.

OBSERVATION. No 5

MU BE 4 fans .se plaint depuis 4 ans de douleurs abdominales. Amaigrissement important depuis l'automne précédent (20 kilogrammes). Appétit diminué, constipation, mélancolie, anxiété, Insomnies. Jamais d’ictère ni de. coliques hépatiques.

Examen: ventre partout sensible, principalement à gauche et sous le foie. Lobe accessoire dur, dépassant de 2 centimètres, la ligne spino-ombilicale. Pas de tumeur sur son côté médian. Au toucher vaginal, utérus attiré vers la gauche.

Opération (5 mai 1888) : grosse masse violacée dont le sommet adhère à la paroi abdominale antérieure. Vésicule profonde, déplacée sur le côté, mais tout à fait normale. Fixation de la vésicule à la paroi, disparition des douleurs, mais persistance de la mélancolie et de l’anxiété.

B. in Erfahrungen über die Gallenstein-Krankheit. Berlin, 1892

OBSERVATION. No 6

Me Joahanna S..., 66 ans, est vue le 25 juin 1889, avec un diagnostic de rein mobile. C’est une femme maigre, Schmid, : 9

mais bien portante. Elle a présenté il y a 3 ans un unique accident douloureux qui a duré 12 heures. On sent nettement sur le foie un grand prolongement linguiforme avec un bord peu tranchant. Le sommet inférieur dépasse de 2 centimètres la ligne spino-ombilicale. [l se laisse très facilement refouler en arrière ; il ressemble à un rein mais, contrairement à ce dernier qui aurait repris sa place, lombaire, 1l revient sous la main antérieure dès qu’on cesse la pression. Sur son bord interne on sent une tumeur grosse Comme une noix débordant le prolongement, tumeur qui suit nettement les mouvements imprimés au procès hépatique. On sent à ce niveau une légère crépitation.

Le 29 juin, incision ; languette hépatique ; vêsicule bourrée de petits calculs.

Le 45 août : guérison.

Mme Sanno, 36 ans, vue le 14 avril 1891. Depuis 15 ans souffre toutes les 4 semaines de crises gastriques douloureuses. Amaigrissement de 12 kilogrammes en ? ans. Depuis le début de Mars, vomissements violents et céphalées. Il y a 4 semaines, après une crise nocturne particulièrement violente, on découvre l'existence d’une tumeur abdominale qui la veille n’existait pas. D'abord très proche de la limite inférieure du foie, la tumeur descend de plus en plus vers l'abdomen; c’est aujourd’hui une longue et large langue qui dépasse de 2 centimètres la ligne spino-ombilicale. Son bord gauche est tranchant ; à droite on sent une tumeur molle grosse comme une petite pomme ; à ce niveau on perçoit nettement la collision de caleuls frottant les uns contre les autres...

l'opération montre l'existence d’un mince prolongement hépatique, s’eflilant en bas en tranchant de hache.

Ns

N°1MÈR. 302ns (dévrès Àiedel)

N°24 MSC 80ans "A Riedel)

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