‹ Le lobe flottant droit du foie dit lobe de RiedelChapitre 7 sur 55 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire du lobe de Riedél commence par celle .des méfaits du corset.

Le corset fut pendant longtemps un véritable instrument de torture. Il était naturel qu’à cétte époque, on l’accusât d’engendrer les plus graves désordres.

Dès le xvri® siècle, semble-t-1l, les médecins en dénoncèrent les dangers. Pourtant, dans l’opuscule « Ueber die Wirkungen der Schnürbrüste » que Sommerimg fit paraître à Berlin en 1793, et qui résume les connaissances médicales du temps sur là question, on chercherait vainement trace de lobation anormale du foie. La séule déformation mentionnée consiste dans l’aplatissement transversal de la glande, dans son bombement vers le haut, aspect déjà figuré par Mascaanr cent ans auparavant.

C’est Corgin (1), un auteur français qui, en 1830,

(1) Corsix (E.). — Effets produits par les corsets sur les organes de l'abdomen et en particulier sur le foie Gazette médicale de Paris 1830, p. 151-153.

QU RTS

signale pour la première fois la déformation typique. Sur le foie d’un très grand nombre de femmes, écrit-1l, on remarque la présence « d’un sillon transversal plus ou moins prononcé, quelquefois tellement profond que le foie dont la partie inférieure se relève au-dessous de ce point, paraît en quelque sorte coupé ». L'auteur en note « la très grande fréquence sur le lobe droit ».

Quatre ans plus tard, dans la première édition de son Anatomie Descriptive, CRUVEILHIER indique ces anomalies. « Le foie, dit-il, déborde plus ou moins la base du thorax, descend jusque dans la fosse illaque droite et atteint même le détroit supérieur sans lésion aucune de sa substance » (1).

CRUVEILHIER ajoute que cela peut se voir € dans certaines malformations (presque toujours acquises) du foie » (1). Il pense évidemment avant tout au corset.

En 1833, CHassarenac, présente à la Société Anatomique de Paris, le foie d’une femme de 40 ans, « dont la face supérieure est divisée en deux parties séparées par ua sillon transversal ; le bord antérieur, au lieu d’être tranchant, est épais et lobuleux ».

Crüuveicnier figure dans son Atlas d’Anatomie Pathologique un cas de lobe de Riedel, analogue à ceux que l’auteur allemand devait rapporter en 1888. Voici les commentaires qui accompagnent cette belle illustration (voir figure 1) (2).

(1) Cruversmier. Anatomie Descripiive, Paris 1834, p. 552-554. (2) Cruvercuier. Atlas d'Anatomie Pathologique, livraison 29 planche IV.

Figure I. — D'’Après CRUVEILHIER (Atlas d'Anatomie Pathologique, livraison 29. Planche IV).

« La figure 1 représente la partie inférieure de la face convexe du foie. La 12€ côte et le rebord cartilagineux de la base du thorax ont imprimé sur cet organe un sillon très prononcé..Toute la partie du foie qui est au-dessous de ce sillon débordait donc les fausses côtes. La vésicule du fiel V. F., très volumineuse descendait jusque dans la fosse iliaque droite ; la portion du foie correspondant à la fosseite de la vésicule T. F. avait subi la transformation fibreuse. Le col de la vésicule est rempli par un calcul biliaire anguleux sur lequel elle se moule exactement ; la vésicule contient une sérosité limpide. Trois calculs à facettes flottaient au milieu de cette sérosité. Un quatrième calcul était enchâssé ou enkysté de manière à

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pouvoir être difficilement retiré de l’espèce de chaton dans lequel il était comme emprisonné. Le canal cystique y était très resserré, sans être toutefois oblitéré, »

Il convient de souligner que le lobe aberrant s’est développé au-dessus d’une vésicule atteinte d’hydropisie. Cependant, Cruvercarer l’attribue à la striction du corset, et un peu plus loin il ajoute : « Ces déformations sont très importantes à connaître en pathologie, et depuis que j'ai étudié ce sujet, je ne commets l'erreur... qui consiste à regarder comme malade tout foie qui déborde les côtes ».

La fréquence de ces malformations et leur intérêt clinique attirent désormais l’attention. Au point que, d’après Quixcre et Hopre-SeyLer, FRERICHS, dans son ouvrage : « Klinik der Leberkrankheiten » paru en 1861, consacre à la question un assez long développement accompagné de figures. Nous en retrouvons la description dans son Traité pratique de Maladies du foie (1877) (traduit par Duménir) sous le titre : « Difficultés de diagnostic dues aux différences congénitales ou acquises de configuration du foie.» Mais l’auteur y décrit surtout ce qu’il appelle le « foie cordé » qui représente une déformaglobale de la glande. RenDvu y fait allusion dans le dictionnaire de DecHamBre (1).

La première observation d’un cas typique de lobe

(1) Dictionnaire Encyclopédique des Sciences Médicales de Dechambre, article Foie (Pathologie générale), p. 710.

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