RUE PIERRE-AL-LARI
P. Vouillemont, phol.
entrevues au travers des soupiraux grillagés, hoquètent des machines à vapeur...
Lorsque les portes cochères massives s'ouvrent en grinçant, l'œil plonge sur des cours mal pavées, puantes, servant de remise à ces éventaires loués chaque jour aux marchands des quatre-saisons et les voiturettes, renversées sur leurs quilles, tendent en l'air leurs longs bras de bois polis par l'usage comme pour attester le ciel de la misère de ce pauvre quartier.
Au numéro 6, une entrée saillante conduit aux écuries énormes de l'antique auberge de Y « Aigle d'or ». C'était jadis une hôtellerie joyeuse et probablement bien achalandée... Ce n'est plus qu'une vaste messagerie, une remise où les maraîchers des Halles viennent, chaque nuit, dételer leurs chevaux, entreposer leurs véhicules à bâches. Une sortie sur le numéro 41 de la rue du Temple facilite les allées et venues de tous ces travailleurs nocturnes vivant des Halles... Ce matin, une dizaine de poules picorent le sol de terre battue, des pigeons s'ébrouent près de deux chevaux que panse un paysan en blouse bleue; le coq chante, cambré sur un tas de fumier... Un coin de campagne en un clapier parisien.
Rue Simon- le- Franc. — La rue Simon-le-Franc offre le type de l'antique rue parisienne. On en trouve trace en l'an 1200! Elle était alors des mieux achalandées... Aujourd'hui, les plus humbles métiers ont envahi ses vieux hôtels ruinés.
Par-ci par-là, une adorable rampe de fer forgé
(n° 20), des appuis de fenêtres, un départ d'escalier, une porte Louis XIII à clous apparents mettent un rappel d'art dans un tableau de misère; mais c'est l'excep-