L AUBERGE DE L AIGLE D OR
P. Vouillemonl, phot.
tion,.. et dans la cour du numéro 18, où nous recherchons en vain quelques traces d'une splendeur abolie, nous réussissons seulement à mettre en défiance trois bonnes femmes occupées à « l'épluchage des champi-
gnons». Elles résument d'un mot leur opinion dénuée d'afféterie... « C'est pas beau, tout ça, monsieur... C'est des vieilleries ! »
A l'angle de la rue Simon-le-Franc et de la rue Saint-Martin, un bas-relief, une fontaine du xvme siècle, surmontée d'une « nef » de la Ville de Paris, vient à point nommé nous rappeler le goût infini de nos pères, dont les moindres productions portaient une étampe de grâce et de goût.
Rue de Venise. — Gagnons maintenant la rue de Venise qui s'ouvre entre deux lignes sinueuses de maisons noires. Ici, les bâtisses bombées se poursuivent uniformément sales et minables; les fenêtres, soigneusement grillées, sont obturées par des morceaux de sac ou des taies en papier ; des croix de fer rouillées semblent retenir les murs croulants; des portes boiteuses qui datent du xve siècle s'ouvrent sur des taudis sordides, puant la misère et le vice; par terre, des épluchures, des trognons de choux, des écailles de moules, des détritus de toutes sortes que viennent fouiller des chiens maigres.
Cette sombre rue eut son heure de célébrité. En mars 1720 — le vendredi de la Passion — ce fut dans un cabaret de la rue de Venise que le jeune comte de Horn, « capitaine réformé dans la Cornette-Blanche *>, attira pour le dévaliser un facteur-courtier nommé Lacroix. De Horn savait Lacroix porteur de fortes
Ht I
: m Bik'' 1
fli . F» /lin
HTr-.^H&
BiPUS
♦* W&L.f- 'gB^'ir-'-
lÊ**-^