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UN PROJF.T DE DECORATIONS DES « RUSTIQUES FIGURINES

d'après B. Palissy. Musée Carnavalet.

vaient d'humbles bicoques de potiers vulgaires qui y avaient leurs ateliers, leurs fours à cuire, leurs hangars, leurs petits potagers, où ils recueillaient les fleurs qui leur servaient de modèles et les légumes dont ils se nourrissaient. Commencé en 1563, le jardin des Tuile-

ries fut terminé en 1578. C'était, — de l'aveu unanime, — une merveille. On venait de loin admirer le Labyrinthe, l'Écho, la Fontaine, le Cadran et la grotte des Rocailles, — œuvre de maître Bernard Palissy, l'illustre « potier de terre », — qui s'élevait le long du quai, près « la marbrerie » (à la hauteur du pont Solférino)... Les pittoresques gravures d'Israël Silvestre nous ont transmis l'image du jardin au temps de sa splendeur première ; elles expliquent le souvenir charmé qu'en avait gardé Henri de Navarre, lors de son mariage avec Marguerite de Valois.

Vingt-deux ans plus tard, en 1594, le Béarnais retrouvant dévasté et mi-ruiné le jardin qu'il avait tant admiré jadis, prit soin d'affecter le dixième du produit annuel de la vente des bois de toutes les forêts du royaume « à la réfection, à l'entretien et à la continuation » des bâtiments et jardins royaux, et parmi ceux-ci, le Louvre et les Tuileries venaient au premier rang... Il soigne tout particulièrement ses jardins des Tuileries, y fait planter des arbres et dessiner des parterres en mosaïques de fleurs ; des jets d'eau jaillissent dans les bassins; plus tard, on cultive des mûriers et l'on établit une « magnanerie » dans les Tuileries ; une volière, une ménagerie sont installées; c'est un séjour divin..., où la Cour se plaît à venir danser, collationner, pêcher. On y chasse même; les mémoires de lord Herbert de Cherbury, ambassadeur d'Angleterre, rapportent que la reine Anne d'Autriche reçut dans les cheveux quelques

grains de plomb « destinés aux oiseaux que le Roi tirait dans les grands arbres ». On y faisait aussi la fête : le 20 avril 1630, Louis XIII avait concédé à un nommé Regnard, — « ancien valet de chambre du commandeur de Souvré », — un terrain vague, compris « entre la clôture du jardin et le bastion méridional de la nouvelle enceinte » (à l'angle actuel du jardin, près du pont de

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