‹ Le long des ruesChapitre 2 sur 62 · LE COMTE UH DE FERSEN · texte numérisé non relu

LE COMTE UH DE FERSEN

D'après une miniature peinte à Paris et appartenant aujourd'hui à Ma"î la comtesse Louise de Gyedenstolpe née de Fersen.

Imp. A. Salmon, Paris.

ment avec leur famille dans l'intérieur de la France... Au lieu de s'occuper uniquement de la solidité et de la

simplicité qu'il fallait recommander au carrossier dans la circonstance où l'on était, ces messieurs firent construire un immense carrosse garni de petites armoires, plus nuisibles que nécessaires. En ouvrant ces armoires, on voyait des corbeilles, des assiettes, des tasses, des cafetières, des réchauds à esprit-de-vin, du linge de table et de corps, le tout en profusion. On voyait même une bibliothèque à Tavant ; et il y avait à l'arrière des sièges à lunettes excrétoires...^) »

Le malencontreux carrosse avait été commandé le 22 décembre 1790 par Mme la baronne de Korff — une amie de M. de Fersen — à Jean Louis (2), sellier-carros-

(1) Votre description de la berline monumentale vient à point pour corroborer le récit que me fit vingt fois « le père Roland », le marchand de tabac de la maison près du pont à Varennes, il y a de cela cinquante ans bientôt.

... Ce fut la berline qui arriva la première, c'est-à-dire avant Drouet et Guillaume, à Varennes ; elle s'engage dans la descente rapide qui conduit au pont jeté sur l'Aire et qui sépare la ville basse de la ville haute ; tout d'un coup la voiture s'arrête ; les voyageurs endormis se réveillent, il fait nuit noire ; il était une heure du matin ; personne dans la rue. A voix basse, le conducteur apprend au roi qu'un obstacle infranchissable était devant eux ; cet obstacle, c'était une voûte étroite et basse laquelle passait sous le chœur d'une église aujourd'hui démolie, l'église des Capucins, et dont il ne reste plus que le beffroi. Impossible de tourner l'obstacle, car autour de l'église ce ne sont que ruelles étroites et impraticables; bref, la voûte pouvait bien laisser passer les légers et modestes véhicules du pays, mais elle n'était pas de taille à engouffrer le chef-d'œuvre du chevalier de Fersen et de Jean Louis.

Extrait d'une lettre de M. Aimond, sénateur de Seine-et-Oise à M. Georges Cain, du 2 janvier 1911.

(2) Jean Louis, âgé de 63 ans, sellier-carrossier, demeurant rue

L'HÔTEL DE M. DE FERSE1N

sier, rue de la Planche, faubourg Saint- Germain , moyennant la somme de 5.944 livres. Le samedi 18 juin 1791,

de la Planche, faubourg Saint-Germain, paroisse Saint- Sulpice, dépose que le 22 décembre 1790, Mme la baronne de Korff, demeurant à l'hôtel de Mme de Parabère, quai des Quatre-Nations, entre la rue de Seine et la rue des Petits-Augustins, a envoyé chercher le déposant et lui a dit quelle avait une commission de faire faire une berline de voyage montée à ressorts et commode, à tenir six personnes en cas de besoin, trois derrière et trois devant... pour la Russie... qu'elle invita le déposant à lui envoyer sans délai plusieurs échantillons de la doublure pour ladite voiture afin qu'elle pût choisir; que le surlendemain vint chez le dé-

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