LA RUE DU PUITS-QT'1-PARLE
Un illustre savant, Gay-Lussac (*), habita notre curieux logis. Le 3 juin 1808 ce fut soutenu, presque porté, par
l'ancienne bue des postes vers 1835.
(1) 9 mai 4850.
La première fois que Gay-Lussac fut blessé au cours de ses expériences, le 3 juin 1808, par le potassium préparé en grande quantité MM. Humboldt et Thénard conduisirent leur ami les yeux
ses deux amis Ilumboldt et Thénard que le pauvre Gay- Lussac rentra dans cette demeure. Il avait les yeux brûlés, le visage ensanglanté, et l'on craignait pour sa vue! Au cours d'une manipulation à l'Ecole polytechnique où il professait, une explosion de potassium avait foudroyé l'audacieux chimiste... Quelques années plus tard un ballon rempli de gaz éclata dans les mains de Gay-Lussac, le blessant grièvement et déterminant une longue et douloureuse maladie. Les dernières paroles du grand savant sont admirables. Il émit simplement le regret de « quitter la science » au moment où un domaine magnifique semblait s'ouvrir aux applications de l'électricité : « C'est dommage, murmurait-il, de s'en aller, quand ça commence à devenir drôle! »
Je me représente fort bien cet admirable Gay- Lussac revenant à petits pas flâneurs du Jardin des Plantes, où il professa, et sonnant à sa maisonnette du « Puits qui parle » ; il me semble voir sa bonne figure, un peu moutonnière, engoncée dans un faux col, son grand nez fureteur, chaussé de lunettes, ses cheveux frisottants, ses pattes de lapin; tel enfin que l'ont dessiné Tardieu et Delpech. Drapé dans l'ample redingote à large col de velours ouverte sur un gilet de
bandés, du laboratoire de l'école Polytechnique où l'accident était arrivé, à sa demeure de la rue des Poules.
Extrait de la Notice biographique, lue par François Arago en la séance publique de l'Académie des Sciences, le 20 décembre