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L'HOPITAL BROCA

LE 12 juin 1892, le Conseil municipal de Paris décidait que l'hôpital de Lourcine porterait dorénavant le nom d'hôpital Broca... Bien des raisons militaient en faveur de cette nouvelle appellation, dont la meilleure était que l'ancien « Lourcine » avait abrité de telles maladies que sa désignation seule prêtait aux pires médisances...

C'est une curieuse histoire que celle de Broca. L'hôpital Broca occupe une partie des bâtiments de l'ancien couvent des Cordelières (*), dont les restes de

(1) L'ordre des Cordelières fut fondé au mois d'avril 1270 par Thibault VII, comte de Champagne, près de Troyes. Elles vinrent se fixer à Paris au faubourg Saint-Marcel en 1289. La reine Marguerite de Provence fonda alors leur couvent de la rue de Lourcine; elle fit bâtir une maison qui y tenait, où elle se retira quelques années avant sa mort (1295). Cette maison s'appelait le Chatel. Sa fille Blanche, veuve du fils aîné du roi de Castille, Alphonse X, fut aussi une des bienfaitrices du couvent ; elle leur donna la maison de sa mère et fit achever l'église qu'elle avait

la chapelle sont encore visibles. Le monastère — fondé en 1289 par la reine Marguerite de Provence — fut supprimé par la Révolution et vendu le 15 octobre 1796 comme bien national. Depuis longtemps d'ailleurs, les Cordelières n'étaient plus simplement un hôpital; car un terrain considérable, acquis en 1578 par Nicolas Houel — marchand apothicaire et épicier — y avait été annexé et mis à la disposition d'un certain nombre d'enfants orphelins pour y préparer, fournir et administrer gratuitement toutes sortes de médicaments convenables aux pauvres honteux de la ville et faubourgs de Paris ». Le 15 janvier de la même année, un arrêt royal installait ces petits orphelins dans l'hôpital déserté, abandonné, ruiné!

Les vastes terrains d'Houel, convertis en potager, servaient à cultiver des plantes médicinales » tant nationales qu'étrangères »... ce jardin existait encore dernièrement et s'appelait comme jadis le Jardin des Apothicaires.

Après la mort de l'excellent Houel, le roi Henri IV

commencée. On dit qu'elle y fut religieuse. Elle fut enterrée dans l'église du couvent.

Les troubles occasionnés par la prison du roi Jean obligèrent les Cordelières à se réfugier dans la ville ; les malheurs de la Ligue les mirent deux fois dans la nécessité de prendre le même parti. Le 27 juillet 1590, les troupes d'Henri IV, postées dans ce monastère, le pillèrent et le détruisirent en grande partie. La guerre civile les força encore, en 1652, de l'abandonner, mais elles y rentrèrent en octobre de la môme année. — Jaillot. Recherches sur Paris, t. 4, p. 84.

l'hôpital broca

affecta « la Charité chrétienne », c'est le nom que porte alors « Lourssine » — « au placement des officiers et soldats blessés à son service » (édits de 1597, 1600, 1604). Louis XIII modifie cette affectation; Lourcine est

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