‹ Le long des ruesChapitre 44 sur 62 · LOGIS DE L'ABBÉ EDGEWORTH · texte numérisé non relu

LOGIS DE L'ABBÉ EDGEWORTH

L'École Sainte-Geneviève.

Ie 21 janvier 1793, à dix heures vingt-cinq du matin, au moment où l'un des aides du bourreau Sanson promenait aux quatre coins du plateau de la guillotine le chef décapité du roi Louis XVI, un vieil homme, affolé, presque aussi livide que la tête pâle dont le sang avait jailli jusque sur lui, descendait l'échelle donnant accès à l'échafaud. Ayant enfin réussi à forcer la ligne des soldats et les premiers rangs des spectateurs, il se perdit le plus rapidement possible dans la foule, fort occupée à se disputer les lambeaux de la redingote de molleton blanc — dernier vêtement porté par « Capet » — qu'un valet de bourreau venait de jeter aux « aboyeurs de guillotine ». Au loin, un escadron de dragons, « en casques à chenilles », rangé en bataille sous la terrasse des Tuileries, et un bataillon de fédérés marseillais, hurlant et vociférant, surveillaient le désordre.

Le vieillard qui s'enfuyait ainsi s'appelait l'abbé

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Edgeworth de Firmont. D'origine irlandaise, il avait élé nommé vicaire général par Mgr de Juigné, archevêque de Paris; Mme Elisabeth, dont il fut le directeur de conscience, l'avait recommandé au roi Louis XVI, son frère (*). Après les massacres de Septembre, l'abbé s'était, sous un faux nom,cachéàChoisyle-Roi, chez un sieur Boulachin, homme de confiance du baron de Lézardière.

C'est là que vint le surprendre un appel de M. de Malesherbes, défenseur de Louis XVI, le mandant, pour as-

(1) Avant la journée du 10 août, l'abbé allait aux Tuileries habillé en ecclésiastique. Aussitôt après l'incarcération de Louis XVI au Temple, sa maison rue du Bac fut cernée, sa chambre envahie et on fouilla tous ses papiers.

Extrait des Mémoires de l'abbé Edgeworth, recueillis par Sneyd Edgeworth, 1816.

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