‹ Le long du chemin [microforme]Chapitre 33 sur 50 · LES CLOCHES SONNAIENT MATINES —___ · texte numérisé non relu

LES CLOCHES SONNAIENT MATINES —___

A l'heure où Sonnaient les matines de Pâques, j'ai vu Passer, sous le ciel gris et lourd, un Convoi blanc que sui- Vaient un homme et "ne femme en noir.

Le petit corbillard blanc, embelli d’ors, emportait une tombe Presque minuscule, drapée de velours fin, dans

A l'heure où les cloches Sonnaient matines, j'ai vu Passer, dans l'ombre grise et lourde, une femme à cheveux

ce grand banc où elle priait, priait à voix presque haute, répétant de sa voix dolente : “Bonne Sainte Vierge,

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venez me chercher s’il vous plaît!” Et dans un suppliant, elle Jevait vers la Mado des mains tannées, ridées, aux Bonne Sainte Vierge... Priait-elle toujours de sa même voix'sans Expression, — bonne Sai i Tandis qu’elle appelait la mort au chant joyeux de la résurrection, sous le ciel gris une femme Pleuraient en Suivant

dies frolèrent la mienrie au passage bouche chevrotait : “Madame...

Dieu. . .” Je les vis tous deux si rante d’un jour sans soleil, si pâ

de fleurs mendiées aux halles blaient sous la brise, avec le s0 Et tandis qu’elle me parlait,

peine cinq ans, avait Ôôté sa Casquette et me regardait Profondément de ses beaux yeux craintifs : La mère était malade dans la maison sans feu, où il Y avait aussi deux bébés, le père était mort à l'automne, et lo1 avait froid et faim. Pauvres, pauvres petits, que leur tristesse était

mière mourante de ce jour sans soleil,

grise, de plus en plus

Les Passantes, frileuses dans leurs toilettes trop belles et trop légères pour

ce temps dur, marchaient hâtivement, ou quetterie, pressées d'arriver, tandis que lentissaient leur marche, contents d Quand tout se hâtait de fuir,

une pauvre jeune Je la vis dormir,

vie avait tout Pris, tout rava bles et calculées.

En regardant la pauvre jeune morte, je revivais toute une époque de ma vie: ue d’insouciances et de folles gaîtés, où elle avait été l’amie, la confidente, Presque une Soeur.

Maintenant

S mon âme se faisait de plus en plus grise. Est-ce que rien ne vivait

Plus dans cette aube Pascale, ou si tout n'était que tristesses et larmes ?

Yeux troubles, Je coeur déçu udain éclaircie.

S le sombre que son

Quand mon obscurité fut so Un couple radieux s’en allait dan

bliant toute coles hommes ra- € pouvoir s’attarder

FT RE cou chum: Vol je prb Vive l'amour!

Ils allajent Vers l'avenir, Confiants et Sereins, dans l'ombre grise et lourde de cette fin de jour sans soleil,

tandis que la jeune ins joi i jamais,

de l'égl

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