‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 175 sur 283 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« parti pour, qui est en route; » il faut donc traduire , « ceux-là sont partis à l'aide de l'éner- « gie pour l'état suprême de Bôdhi. » La même correction doit être introduite à la fin de la stance 3 2 , où il faut lire , « ceux-là sont partis à l'aide de la morale pour l'état suprême « de Bôdhi; » à la fin de la stance 35, où il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de la « contemplation pour l'état suprême de Bôdhi; » à la fin de la stance 4o, où il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de l'aumône pour l'état suprême de Bôdhi ; 0 à la fin de la stance , où il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de la science pour l'état suprême « de Bôdhi; » à la fin de la stance kl , où il faut lire, " ceux-là sont partis à l'aide de la « sagesse pour l'état suprême de Bôdhi. »

St. 37. Des centaines de kôtis de vêtements.] J'avais lu par erreur çatafïi au lieu de satatafîi, que donnent les manuscrits. Il faut donc traduire, « quelques-uns donnent sans « cesse des vêtements par kôtis. »

- St. 38. Vihâra.] C'est le nom que l'on donne aux monastères buddhiques, c'est-àdire aux lieux où se trouvent, où passent leur vie les Religieux. Georgi a publié le plan d'un de ces édifices, dont Pallas et Hodgson ont reproduit plusieurs représentations^. Les Buddhistes qui ont relevé et compté les mérites et les défauts de chaque chose, prétendent qu'il y a cinq perfections sans lesquelles un monastère n'est pas accompli. Je trouve rénumération de ces cinq perfections clans un des livres les plus estimés des Buddhistes du Sud, VAgguttara nikâya, dont la Bibliothèque nationale possède un manuscrit en pâli et en barman : i> Comment, ô Religieux, un monastère a-t-il les cinq perfections.^ « C'est lorsqu'il n'est ni trop loin, ni trop près, qu'il est fréquenté, que le jour il ne s'y «voit pas de confusion, qu'il est, la nuit, tranquille et sans bruit, qu'on n'y éprouve n l'atteinte ni des mouches, ni des cousins, ni des serpents, ni du vent, ni de la chaleur, " ni de la réverbération de la lumière. Celui qui habite un tel monastère, a sans peine « ce dont il a besoin, le vêtement, le riz préparé, le lit et le siège, les médicaments pour « guérir les maladies. D'anciens Religieux d'un grand renom , versés dans la lecture des « livres sacrés, qui observent les préceptes du Vinaya et de la Mâtikâ, qui possèdent la ■j loi, habitent ce monastère. Ces Religieux passent leur temps à interroger et à faire sans «cesse de nouvelles questions: Comment.^ qu'est-ce que cela veut dire? Voilà com- « ment ils interrogent et comme ils font de nouvelles questions. Puis ils expliquent à « celui qu'ils ont interrogé, ce qu'il y a d'obscur dans le texte. Ce qui n'y est pas dit, ils «le disent; ils dissipent les doutes qui s'élèvent sur divers passages difficiles de la loi. « C'est ainsi, ô Religieux, qu'un monastère a les cinq perfections^. »

St. /ia. Des hommes connaissant la loi de l'inaction.] Les manuscrits de M. Hodgson et

' Georgi , Alphab. tibet. p. 407 ; Pallas , Sammlung. hislor. Nachricht. ûber die Mongol. Voiliers chajt. t. II, p. 1)43, pl. X, XI; B. Hodgson, Shetch of Baddhism , dans Transact. of the Eoy. asiat. Soc. t. II, p. 245,

267, pl. III, V, VI, VII; voyez encore Introd. à l'Iiist. du Buddh. indien, t. I, p. 262, note 1, et p. 817, note 1.

^ A(jguttara nihàya, fol. khi verso, fin.

NOTES

celui de Londres s'accordent à lire nirîhakâin pour nirîhakân, à la place de nirihakâ du manuscrit de la Société asiatique. Il faut donc détacher cet attribut du suivant, et traduire, «je vois des hommes indiflerents , connaissant les lois. » Quant à l'expression sui- A^ante, parvenus à l'unité, j'avoue que c'était uniquement par conjecture que je traduisais ainsi le texte qui donne dvayapravritlàm pour pravrîttàn, avec le seul sens possible de 'c livrés à la dualité, occupés de la dualité. » Tous les manuscrits sont unanimes quant à cette leçon. Mais la version tibétaine, en traduisant ainsi ce terme dilTicile, gnis-med rab ]ugs , « parfaitement entrés dans l'indivisible , ou dans l'indubitable , » me semblait partir d'un texte où pravrittân serait précédé d'une négation , comme dvayâpravrïttân, « ne s'occu- « pant pas de la dualité. » C'est d'après cette supposition que j'avais traduit; mais aujourd'hui je doute plus que jamais de l'exactitude de cette version. Ne se pourrait-il pas en effet que le mot dvaya, « réunion de deux êtres, couple, » fût une allusion à l'exposition binaire que les Bucldhistes font des lois, lorsque voulant prouver qu'elles n'existent pas substantiellement, ils nient à la fois de chacune d'elles le positif et le négatif, de cette manière : « les lois ne sont ni créées ni incréées. » Dans ces expositions singulières dont nous avons quelques exemples dans notre Lofas même^ les caractères qu'on veut refuser aux lois, ou conditions, ou êtres, sont rapprochés deux à deux, et forment des dvaya ou des couples, dont la connaissance passe pour être du domaine de la plus haute sagesse. Or ce sont les fils du Buddha, partis à l'aide de la pradjnâ pour l'état suprême de Bôdhi, c{ue la stance /i2 nous représente dvayapravrïtiâ , c'est-à-dire occupés à considérer les attributs binaires des lois, ainsi qu'on pourrait traduire cette expression en la commentant. Notre stance offre encore une autre difficulté que font naître et en même temps qu'aident à résoudre les deux manuscrits de M. Hodgson. D'abord j'avouerai que tous nos manuscrits sont unanimes pour lire khagatulya, que j'ai traduit, «semblables à l'étendue du « ciel, )' ou si l'on veut, de l'espace, m'appuyant ici sur la version tibétaine, et par analogie sur la signification de vent, air que Wilson donne à khaga. Mais ne serait-il pas permis de conjecturer que le texte a pu primitivement porter khadga? On traduirait alors, « sem- « blables au rhinocéros , » c'est-à-dire amis comme lui de la solitude. Ce nom de khadga n'est d'ailleurs pas inconnu aux Buddhistes , puisqu'un lexicographe indien qui passe pour avoir partagé leurs opinions, donne les mots khadga, « rhinocéros, » et êkatchârin, « soli- « taire, » parmi les synonymes du titre de Pratyékahuddha^, et que les Chinois désignent une classe de ces Pratyêkabuddhas par l'épithète de khadgavichânakalpa, « semblables à « la corne du rhinocéros^. » La première version serait une similitude destinée à exprimer l'immensité de leur science, la seconde marquerait leurs habitudes solitaires. Enfin le point où les manuscrits de M. Hodgson diffèrent de celui de la Société asiatique, porte sur le dernier mot de la stance qu'ils lisent mâdriçân, «semblables à moi, » au lieu de sadrïçân, «semblables,» qui faisait double emploi avec tulya, déjà joint à khaga. En résumé voici la nouvelle version qu'il faudrait donner de la stance d2 : « Je vois des « hommes indifférents , connaissant les lois , occupés à en considérer le double caractère ,

^ Ci-dessous, chap. v, fol. 77 a. — ^ Trikânda çêcha, chap. i, sect. i, st. i3. — ^ A. Rémusat, Foe houe hi, p. 1 (35.

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