‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 177 sur 283 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et blanche, peut-être une ammonite. Deshauterayes , dans ses Recherches sar la religion de Fo, a exposé, toujours d'après les Chinois, une énumération des sept choses précieuses, dont les principaux termes répondent à celle du Saddharma pandarika; ces sept choses sont l'or, l'argent, le verre de Chine, le verre d'Europe, les perles, la nacre et l'agate Si l'on rapproche cette liste de la nôtre, dans la supposition que les Chinois ou même Deshauterayes n'auraient déplacé aucun des termes de Ténumération primitive que je suppose indienne, on trouvera que le verre de Chine répond au vdidarya, c'est-à-dire au lapis-lazuli; que le verre d'Europe est le sphafika, c|u'on nous représente unanimement comme le cristal de roche; que les perles sont le lôhitamaktâ , avec la correction indiquée tout à l'heure. L'accord des deux listes qui se suivent régulièrement jusqu'ici , semblerait donner quelque valeur à l'interprétation que propose Deshauterayes pour les deux dernières substances, dont la signification peut être en partie contestée: ainsi açmagarhha deviendrait la nacre, et musâragalva Yagaie. Quelque autorité que je sois porté à reconnaître au travail fort remarquable pour son temps de Deshauterayes, je ne crois pas devoir substituer ces deux interprétations à celles c{ue m'a fournies la discussion de la liste de VAbhidhâna pâli. J'ajouterai pour terminer que les peuples Tamouls de la presqu'île indienne connaissent aussi une énumération de pierres précieuses, qui sont au nombre de neuf, et dont M. Taylor donne ainsi la synonymie : l'œil de chat, le saphir, le corail, la topaze, l'émeraude, le rubis, la perle, le cristal et le diamant 2; je n'ai pu y trouver de quoi éciaircir celle qui vient de nous occuper. On sait, du reste, que le terme de ratna s'applique à d'autres objets que des pierres ou produits du règne minéral , et qu'il signifie en général tout objet précieux, par suite d'un emploi analogue à celui que nous faisons des mots Jojau et perle. Il existe même chez les Buddhistes de fréquentes mentions d'une autre énumération de sept Rainas ou objets précieux, qui n'a rien à faire avec celle que je viens d'examiner. Je veux parler des sept objets précieux qui sont comme les attributs de la grandeur d'un roi souverain. On les connaissait déjà par des auteurs buddhiques non indiens: mais je les ti'ouve positivement indiqués dans un livre du Nord, et énumérés de la manière suivante: la roue (ou le tchakra) , l'éléphant, le cheval, le joyau, la femme, le maître de maison, le général^. On les voit encore dans le Lalita vistara, énumérés avec quelques développements qui font connaître de quelle utilité ils sont pour le monarque souverain qui les possède*; j'aurai occasion d'y revenir en examinant les signes caractéristiques d'un grand homme, Appendice, n° VIII.

St. 46, Les Maruts.] Voyez ci-dessus, stance 29.

St. 48. Je vois.] Au lieu de paçyati que donne le manuscrit de la Société asiatique, et d'où je tirais d'une manière un peu forcée le sens qu'exprime ma traduction, les deux manuscrits de M. Hodgson lisent, avec une forme populaire, paçyichu, de sorte qu'il faut traduire ainsi la stance tout entière : « Moi, ainsi que les nombreux Rôtis d'êtres vivants

' Journ. asiat. t. VII, p. 3i3. - Divja avaddna, foi. 29 a.

^ Orient, hist. manuscr. f. I, p. 97, note. " Rcjju ich'er roi pu, t. II, p. 1 4.

Al

NOTES

« réunis ici, nous avons vu tout cela; ce monde avec les Dêvas est couvert de fleurs; ce " rayon unique a été lancé par le Djina. »

St. 5i. Explique-leur l'avenir.] Le terme dont se sert le texte est vyâkarôhi, qui dans le style buddhique a le sens spécial de « annoncer à un autre ses destinées futures. » Ce sens me paraissait d'autant plus convenable que ce verbe est employé ici sans complément direct, tvani vyâkarôlii; mais en présence des deux manuscrits de M. Hodgson qui ont tam vyâkarôlii, on est conduit à supposer que tani est une forme conçue dans le svstème des pronoms pâlis, pour ^flf et alors cette expression signifiera : « explique cela, « ô fils du Sugata. "

St. 56. Les Maruts.] Voyez ci-dessus, stance ag.

Fils de famille.'] J'ai traduit ainsi littéralement le terme de kulaputra, pour ne pas en forcer la signification outre mesure. Ce titre , le plus simple de ceux qu'adresse soit Çâkya, soit tout autre sage, à la personne religieuse ou laïque à laquelle il parle, n'a certainement pas d'autre signification que celle de un tel, ou encore honnête homme. Le mot de famille n'emporte ici aucune idée de supériorité , et la dénomination est plutôt de l'ordre moral que de l'ordre civil. Mais comme le mot kala, quand il n'est pas déterminé , s'applique plus ordinairement dans la pratique aux familles de marchands et d'artisans , qu'à celles des Brâhmanes et des Kchattriyas , on s'explique comment les interprètes barmans qui recherchent le mérite d'une parfaite exactitude, traduisent régulièrement le pâli kalaputta par « fils de marchand. » Ils se servent à cet effet de l'expression satthè sd san, « le fils du saiihè ou du çréchthin, •> nom par lequel on désigne un marchand d'une manière honorifique-. Cette version , quoiqu'un peu trop précise, vaut encore mieux que celle dont font usage les Tibétains, d'après L J. Schmidt, qui dans ses traductions emploie d'ordinaire l'expression de " fils ou fille de noble origine^; » cette dernière version irait mieux pour le titre pâli arijaputia, <■ fils du respectable. » Mais dans les ouvrages mêmes où il traduit ainsi, Schmidt attribue quelquefois assez peu de valeur aux mots kulaputra et kuladuhitrî , pour les omettre complètement et les remplacer par les pronoms il, celui qui. C'est ce que j'ai vérifié en comparant le texte du Vadjra tchtchhêdika sanscrit, dont je possède une copie d'après le manuscrit de M. Schilling de Canstadt, avec la traduction allemande qu'a exécutée Schmidt sur le Vadjra tchichhédika tibétain*.

Dressefle grand étendard de la loi.] Le texte du manuscrit de la Société asiatique porte dhvadjamulchtchhrayanam, ce qui rappelle une règle propre au dialecte pâli, laquelle consiste à insérer un m entre deux mots dont l'un est terminé et dont l'autre commence par

' Clougli , Pali granimar, p. 56.

^ Suvannasânia djâtalta, man. pâli-barman , f. 3 b: p. 1 G de nia copie.

^ Vadjra tchtchhéd. fol. i6 a; I. J. Sclimidl, Ueber

dos Bfahâjâna , dans Mèm. de l'Acad. de Sauit-Pètcrsboury , t. IV, p. i 90.

Vadjra tclilchhéd. foi. 4 fc; I. J. Schmidt, Mém. de l'Acad. de Saint-Pétersbourg , t. IV, p. 186.

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