‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 208 sur 283 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Dût-on exister.] J'ai traduit d'après le manuscrit de la Société asiatique qui lit bhâvyamânâih, forme incorrecte à laquelle je donnais le sens d'un futur de bhû; mais les deux manuscrits de M. Hodgson ont une bien meilleure leçon, celle de bhâchyamânâih. Il est évident que le m du premier manuscrit est une faute de copiste pour m, ces deux groupes pouvant aisément se confondre dans l'écriture du Népal. Il faut donc traduire , « dût-on parler. »

Il les dépose de manière que ces lois arrivent au rang.] Cette expression n'est pas claire, mais l'obscurité vient du système de littéralité que je me suis fait un devoir de suivre. Que veut dire le texte? C'est que l'enseignement d'un Buddha est homogène, comme l'eau qui tombe d'un nuage, quelles que soient les plantes sur lesquelles elle tombe, et que partout cet enseignement atteint à son but. Quel est le but? C'est de sauver les êtres et de les faire parvenir un jour à l'état de Buddha, ce que le texte exprime par les mots « le rang « qu'occupe celui qui a l'omniscience. » Et quand il dit que les lois sont déposées par lui de manière à parvenir à ce rang sublime , cela revient à ceci : l'enseignement que le Tathâgata donne des lois ne manque pas son but ; ceux qui les entendent et les comprennent , en tirent , selon leurs facultés , le plus grand bien qu'elles puissent obtenir, y compris même la plus haute des récompenses , celle de l'omniscience ou de l'état de Buddha.

Passé à l'autre rive, j'y fais passer les autres.] Nous avons ici une des formules les plus fréquemment répétées chez les auteurs buddhistes pour exprimer la mission libératrice d'un Buddha. Je dis formule, car ce passage de notre Lotus se trouve presque mot pour mot dans les livres pâlis des Buddhistes du Sud. J'en vais citer un seul trait qui est parfaitement concluant : Ahantchamhi tinnô lôkôtcha atitinô ahaiiichamhi muttô lôkôtcha amuttô ahantchamhi dantô lôkôtcha adantô ahaûtchamhi santô lôkôtcha asantô ahantchamhi assatthà lôkôtcha anassatthô ahantchamhi parinibhutô lôkôtcha aparinibbutô pahômitchâham tinnô târêtum muttô môichêtum dantô damêtum santô samêtum assatthô assâsétam parinibbatô parinibbâpétunii passantânaih Baddhânam Bhagavantânam satiésu mahâkarunâ ôkkamati. « Et moi je suis passé à l'autre rive, et le monde n'y est pas passé; et moi je suis «délivré, et le monde n'est pas délivré; et moi je suis dompté, et le monde n'est pas « dompté; et moi je suis calme, et le monde n'est pas calme; et moi je suis consolé, et le « monde n'est pas consolé; et moi je suis arrivé au Nibbâna (Nirvana) complet, et le monde « n'y est pas arrivé. Et je puis, arrivé à l'autre rive, y faire arriver [le monde] ; délivré, le

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