‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 209 sur 283 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« délivrer; dompté, le dompter; calmé, le calmer; consolé, le consoler ; arrivé au Nibbâna « complet, Ty faire arriver : c'est quand les Buddhas bienheureux voient ainsi les choses, « que s'élève en eux une grande compassion pour les créatures ^ »

C'est le terme auquel aloutit.] Il serait plus exact de dire : « en un mot, elle aboutit à la f. 69 b. « science de celui qui sait tout. »

St. 1. Qui dompte l'existence.] Je traduis ainsi d'après le manuscrit de la Société asia- f. yo b. tique et d'après les deux manuscrits de M. Hodgson ; mais le manuscrit de Londres lit hhavadarçana, ce qui donnerait la traduction suivante : « qui connais l'existence. »

St. i3. Les petits, et les moyens.] Le texte emploie pour exprimer l'idée de petit, un f. 71 a. terme que je cherche vainement dans le sanscrit classique, et qui ne peut s'expliquer que par l'influence d'un dialecte populaire : voici le vers même où il se trouve :

Dramâçtcha yê kêtchin mahâdramâçtcha khnttâkamadhyâçtcha jathâ jâdrîçâh.

Le mot khnttâka est écrit dans les deux manuscrits de M. Hodgson khuddâka. Je ne puis voir dans ce terme autre chose que le sanscrit kchudraka, altéré à la manière du pâli khuddâka. Ce mot reparaît plus bas, st. 28, écrit tantôt khuddâka, tantôt khuddika.

St. 39. J'ai oublié ici le nom des Pratyêkabuddhas que donnent tous les manuscrits; f. 72 b. la fin de la stance, à partir des mots « et qui, parcourant les forêts, » doit donc être traduite de la manière suivante : « Ce sont les Pratyêkabuddhas qui, parcourant les forêts « immenses, font prospérer la loi bien enseignée. »

St. lii. Les quatre contemplations.] Le mot contemplation est la traduction du sanscrit dhyâna; on trouvera à V Appendice, sous le n° XIII, une note spéciale sur les divers degrés de contemplation chez les Buddhistes.

Les cinq voies de l'existence.] Ce sont habituellement six voies de l'existence que l'on f. a. compte et que l'on désigne sous le nom de gati^; mais nous avons déjà vu quelques énumérations ou catégories buddhiques se présenter avec des augmentations ou des diminutions relatives, qui ne sont d'ordinaire indiquées dans les textes que par un nombre. Il n'est pas aisé de déterminer laquelle des six voies de l'existence l'auteur exclut ici, quand il rappelle cette énumération dont il parlera tout à l'heure encore, f. 76 «, p. 879 ; cependant , comme il est surtout question dans le texte des créatures misérables qui ont besoin d'être sauvées, il est assez vraisemblable que la voie des Dêvas, la plus élevée de toutes, a pu être sans inconvénient omise par le compilateur. Les Buddhistes du Sud ont également une énumération des cinq voies de l'existence que je vois citée dans le Saggiti sutta du Dîgha nikâya; en voici les termes : Pantcha gatiyô, nirayô, tiratchtehânayôni , pêttivisayô ,

' Djina alamkâra, f. 20 a. — ' Ci-dessus, chap. i, f. 4 fc,p. 809, etchap. 11, f. 29 h, p. 356i

378 NOTES

manussâ, dêvâ. « Il y a cinq voies, savoir, l'enfer, une matrice d'animal, le royaume des « Péttas (les Prêtas], les hommes et les Dêvas'. » On reconnaîtra que dans cette énumération , ce sont les Asuras de la liste des six voies qui sont omis ; cela vient peut-être de ce que les Asuras habitant les régions inférieures , on les a réunis dans la catégorie du Niraya.

f. 73 h. Et il n'y a ni diminution, etc.] Il faut traduire plus exactement cette phrase de la ma-

nière suivante : « Et il n'y a ni diminution ni augmentation de la sagesse absolue du Ta- « thâgata; bien au contraire les hommes existent également, sont nés également pour « éprouver la force de sa science et de sa vertu. »

Dans le présent monde.] Lisez, « aujourd'hui, >• pratyutpannê 'dhvani,'« dans le présent, » et voyez ce que j'ai dit de cette expression, ci-dessus, chap. i, f. 10 h, p. 32-4.

f. a. Ont des inclinations diverses.] Lisez, « ont des degrés divers d'intelligence. »

f. 7^ h. Quatre plantes médicinales.] Il est peu probable que les noms que le texte donne ici à

ces quatre plantes soient des dénominations réelles ; ils expriment , selon toute vraisemblance, les idées que les médecins indiens attachaient à de certaines plantes, ayant d'autres noms vulgaires, d'après leurs propriétés réelles ou supposées. Rien n'est plus fréquent , dans les textes buddhiques , que la mention des plantes médicinales : on peut conclure de là que l'application des végétaux au traitement des maladies , était depuis longtemps dans l'Inde l'objet d'une étude spéciale. Cela ne doit pas étonner quand on pense à l'énergie que possèdent plusieurs des plantes qui croissent natuiellement dans ce pays. On se servait de toutes les parties des végétaux , racines , tige , écorce , feuilles , fleurs et le reste; c'est ce que nous apprend un texte pâli que Spiegel a changé par des conjectures qui donnent un sens singulier, au lieu de le conserver pour y reconnaître un sens simple et incontestable. Il s'agit d'un médecin qui veut guérir un empoisonnement pi'oduit par la morsure d'un serpent, sur quoi le texte s'exprime ainsi : Tarn visatam sappavisarh mûlakkhandhatatchapattaputthâdùiam annataréhi nânâhhésadjdjéhi samyôdjétvâ, ce que Spiegel traduit : « Il ramasse par divers moyens curatifs le poison qui s'est répandu «sur les éléments principaux, la tête, les membres et le dos^. » Mais il me paraît évident que le sens véritable est celui-ci : « Ayant ramassé ce venin du serpent déjà répan- « du , en employant divers médicaments pris parmi des lacines , des tiges , des écorces , " des feuilles, des fleurs et autres. » Spiegel, pour justifier sa traduction, dit qu'il ne connaît pas pour les mots patta et puttha de sens qui convienne ici, et alors il change le texte et lit gatta, « membre, » et piliha, » dos. » Cependant le sens de feuille qu'a le premier mot patta (sanscr. patra) , va bien dans un composé où il est déjà question de racines, de tiges et d'écorces; et quant à puttha, ce n'est pas trop hasarder que de lire puppha, « fleur. » Qui sait si Spiegel n'aura pas confondu les deux groupes singhalais ttha et ppha ?

' Saggîti suUa, dans Dîglia nikâja, f. 182 a. — ^ Spiegel, Anecdota pâlica, p. 87 et 88.

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