‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 38 sur 283 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

beaux et doux pour en revêtir de sales, prenant de la main droite un panier, couvrant ses membres de poussière, criant de loin, se rende dans l'endroit où est Je pauvre, et qu'y étant arrivé, il parle ainsi : Portez ces f. 61 a. paniers, ne vous arrêtez pas, enlevez la poussière; et que par ce moyen il adresse la parole à son fds, qu'il s'entretienne avec lui et qu'il lui dise : Fais ici ce service, ô homme; tu n'iras plus nulle part ailleurs, je te donnerai un salaire suffisant pour ta subsistance. Les choses dont tu auras besoin, demande-les-moi avec confiance, qu'elles vaillent un Kunda \ un Kundikâ^, un Sthâlika ^, un Kâchtha; que ce soit du sel, des aliments, un vêtement pour le haut du corps. J'ai un vieux vêtement, ô homme; si tu en as besoin, demande-le-moi, je te le donnerai. Tout ce dont tu auras besoin ici en fait de meubles, je te le donnerai. Sois heureux, ô homme; regarde-moi comme ton propre père. Pourquoi cela.? C'est que je suis vieux et que tu es jeune, et que tu as fait pour moi beaucoup d'ombrage, en nettoyant fendroit où l'on jette les ordures, et qu'en faisant ton ouvrage tu n'as donné aucune preuve de mensonge, de fausseté, de méchanceté, d'orgueil, d'égoïsme, d'ingratitude; je ne reconnais absolument en toi, ô homme, aucune des fautes que je remarque dans les autres domestiques f. 61 h. qui sont à mon service. Tu es maintenant à mes yeux comme si tu étais mon propre fils chéri.

Qu'ensuite, ô Bhagavat, le maître de maison appelle ainsi ce pauvre homme : 0 mon fils ! et que le pauvre homme reconnaisse son père dans le maître de maison qui est en face de lui. Que de cette manière, ô Bhagavat, le maître de maison, altéré du désir de voir son fils, lui fasse nettoyer pendant vingt ans fendroit où l'on jette les ordures, Qu'au bout de ces vingt ans, le pauvre homme ait acquis assez de confiance pour aller et venir dans la maison du riche, mais qu'il demeure dans sa hutte de chaume. Qu'ensuite, ô Bhagavat, le maître de maison sente qu'il s'affaiblit; qu'il reconnaisse que le moment de sa fin approche, qu'il parle ainsi au pauvre homme : Approche, ô homme; cette grande fortune en or, en Suvarnas, en richesses, en grains, en trésors, en greniers, en maisons m'appartient. Je me sens extrêmement faible; je désire quelqu'un à qui la donner, qui puisse faccepter, dans les mains de qui je puisse la déposer. Accepte donc tout. Pourquoi cela.*^ C'est que, de même que je suis maître ' Un pot, ou une bouteille. — " Un petit pot. — ^ Un chaudron , ou un vase de terre.

de cette fortune, ainsi tu l'es toi-même aussi. Puisses-tu ne laisser rien f. 62 a. perdre de mon bien ! Que de cette manière, ô Bhagavat, le pauvre homme se trouve propriétaire de la grande fortune du maître de maison, composée d'or, etc., et qu'il ne ressente pas le moindre désir pour ce bien; qu'il n'en demande absolument rien, pas même la valeur d'un Prastba^ de farine; que même alors il continue à rester dans sa hutte de chaume , en conservant toujours ses pensées de pauvreté.

Qu'ensuite, ô Bhagavat, le maître de maison voyant que son fils est devenu capable de conserver [son bien], qu'il est parfaitement mûr, et que son esprit est suffisamment fait, voyant qu'à la pensée de sa grandeur il était effrayé, qu'il rougissait, qu'il se blâmait de sa pauvreté première; que le père, dis-je, au moment de sa mort, ayant fait venir ce pauvre homme après avoir convoqué un grand nombre de ses parents, s'exprime ainsi en présence du roi ou du ministre du roi, et devant les habitants de la province et du village : Ecoutez tous : cet homme est mon fds chéri ; c'est moi qui l'ai engendré. Voilà cinquante ans passés qu'il a disparu de telle ville; il se nomme un tel, et moi j'ai tel nom. Après avoir quitté cette ville pour me mettre à sa recherche, je suis venu ici. Cet homme est mon fds, et je suis son père. Toutes les richesses que je posf. 62 6. sède, je les abandonne en entier à cet homme; et tout ce que j'ai de fortune qui m'appartient en propre, tout cela est à lui seul. Qu'alors, ô Bhagavat, ce pauvre homme entendant en ce moment ces paroles, soit frappé d'étonnement et de surprise, et qu'il fasse cette réflexion : Me voilà tout d'un coup possesseur de tout cet or, de ces Suvarnas, de ces richesses, de ces grains, de ces trésors, de ces greniers, de ces maisons!

De la même manière, ô Bhagavat, nous sommes l'image des enfants du Tathâgata, et le Tathâgata nous parle ainsi : Vous êtes mes enfants, comme disait le maître de maison. Et nous, ô Bhagavat, nous avons été tourmentés par les trois espèces de douleurs; et quelles sont ces trois espèces de douleurs? Ce sont la douleur de la souffrance, la douleur du changement, la douleur des conceptions; et nous nous sommes livrés aux misérables inclinations du monde. C'est pourquoi Bhagavat nous a fait réfléchir à un grand nombre de lois inférieures semblables à l'endroit où l'on jette les ordures. Nous nous sommes appliqués à ces lois; nous y avons travaillé, ' Quarante-huit poignées doubles.

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