‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 203 sur 286 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

demment que les livres où on les trouve sont postérieurs aux grandes persécutions que le Buddhisme a essuyées dans l'Inde. C'est donc un point qu'on ne devra pas perdre de vue en lisant les collections du Népal et du Tibet , et en les comparant à la collection du Sud. Déjà dans notre Lotus de la bonne loi, on remarque au chapitre xii, f. 1,47 etsuiv. une description frappante des persécutions auxquelles les Religieux devront être exposés après la mort de Çâkyamuni , « pendant cette redoutable époque de la fin des temps , ■> comme s'exprime le texte ; cela veut dire que cette prédiction a été écrite postérieurement à l'époque des persécutions. Le Laliia vistara a également un passage long et curieux sur l'incrédulité des Religieux futurs ' .

St. 24- Les dix forces.] On trouvera à Y Appendice, sous le n° XI, une note sur les dix f. l\o a. forces d'un Buddha, que son étendue ne m'a pas permis de placer ici.

Ravis, l'âme transportée.] Les termes que je traduis ainsi sont udagrâ âttamanaskâh ; le f. ào b. premier n'a pas tout à fait ce sens dans le sanscrit classique ; le second, ne s'y trouve pas du tout, du moins à ma connaissance. On voit cependant que l'adjectif udagra, par son double sens de « se projetant en avant » et de « vif, intense, » nous conduit assez facilement au sens du latin exsultatio, sens que je représente par ravi. Le second terme, qui est composé de âtta, «pris, emporté, enlevé, » et de manasfca, adjectif dérivé de manas, aurait peut-être dans le sanscrit classique le sens de a celui à qui le cœur est enlevé, » comme âttagarva, «celui dont l'orgueil est humilié;» mais rien n'empêche que, selon la vue de l'esprit, âtta désigne soit ce qui nous est enlevé par un autre qui nous en prive, soit ce qu'on enlève soi-même , ce qu'on transporte avec soi : le mot français transporté que j'ai choisi à dessein, donne une idée approximative de cette figure. Le terme que je viens d'expliquer se trouve également en pâli, avec cette légère différence, que l'a initial est abrégé devant la double consonne tta, de cette manière attamana. Cette remarque sert àcorriger un passage de l'histoire du roi Dhanmia sôdhaka , extraite par Spiegel du Basavâhinî pâli, et publiée par lui dans ses Anecdota pâlica. L'éditeur a écrit atattamanô ràdjâ, et a traduit, « le roi persévérant'-; » c'est anattamano, « non satisfait , mécontent , » qu'il faut lire; l'erreur vient sans doute de la facilité avec laquelle le i et le n se confondent dans l'écriture singhalaise.

Des Maîtres.] Lisez, « des disciples, » et voyez la note sur le chapitre i, f. 2 a, p. 296 : f. /, ] /,. de même un peu plus bas, lisez encore, « tant les- disciples que ceux qui ne le sont pas. »

Cassé.] J'ai un peu forcé le sens de l'original en traduisant de cette manière mahallaka, f. /,2 a. qui dans le sanscrit des livres buddhiques du Nord signifie « grand et vieux. » Schiefner a trouvé ce mot dans le Dictionnaire sanscrit-tibétain buddhique qu'il cite souvent, avec le sens spécial de « Religieux âgé ^ » Je dis spécial, parce que le mot signifie d'abord « grand

' Lalita vistara, f. 5i b du man. A; Bgya tch'er - Anecdota pâlica , p. 17 et 4i.

roi pa, t. II, p. 92. ' Eine tibet. Lebensbeschr. Çâhyamnni's, p. 97.

• et vieux, » et qu'il n'est employé pour désigner un Religieux que quand ce dernier réunit à la condition de son état celle de l'âge. Cela se pirouve avec évidence par la manière dont les édits de Piyadasi à Dhaulî et à Kapur-di-giri reproduisent un passage , d'ailleurs obscur, du texte de Girnar. Ainsi là où l'édit de Girnarlit thairêsa, « parmi les vieillards, » ou , comme on dirait à Ceylan , « parmi les Thêras , » les deux autres versions lisent makâlakênti ou mahalaka, mot qui doit être altéré dans sa désinence grammaticale, mais qui montre que mahalaka, en pâli, mahallaka, est synonyme de thêra pour sthavira, c'est-à-dire signifie « vieillard ^. » Wilson,dans son" Mémoire sur le texte de Kapur-di-giri, a^traduit cet adjectif avec doute par « puissant^; » et Lassen, s'occupant du XIV* édit de Girnar, où ce mot se reproduit sous la forme de mahâlaké, a bien vu qu'il devait signifier grand, sans cependant pouvoir déterminer de quelle grandeur il s'agit positivement^. Les Buddhîstes du Sud viennent ici heureusement à notre secours ; ils emploient en effet mahallaka et mahalla avec les significations de grand pour les choses animées et inanimées , et de vieux, âgé. Ainsi on voit mahallaka appliqué à un vihâra ou monastère*, comme il l'est, et plus souvent encore à un homme vieux, ou d'un grand âge ^.11 est probable que ce mot est un développement populaire d'un primitif mahat. Voici en quel sens l'explique la glose pâlibarmane qui accompagne l'exemplaire du Pâtimôkkha appartenant à la. Bibliothèque nationale. L'auteur commentant l'épithète de mahallakam, employée pour caractériser un Vihâra, s'exprime ainsi : Mahantam mahantàbhâvarh lâti ganhâttti mahâlassa hhâvô mahallam mahantahhâvô étassa atthîti mahallaka , c'est-à-dire : « [Mahallam signifie] mahantam, grand, «il obtient, il acquiert l'état de celui qui est grand, se dit l'état de ce qui est grand ou « mahalla, la grandeur; celui auquel appartient l'état de ce qui est grand, se dit niahalla- « ka^. » Il ne faut pas non plus oublier YAbhidhâna ppadipikâ, dont l'autorité, indépendamment des exemples cités tout à l'heure , suffirait pour établir la double signification de mahalla et mahallaka, «large, grand, » et «vieux, âgé'. » En ce qui touche l'étymologie même du mot, on y arriverait peut-être plus vite par la voie indienne, en prenant mahalla pour le prâkritisme de mahalya, substantif de mahala -i-ya, lequel maftaîa viendrait de mxih avec le suffixe unâdi, ala. J'ai dit tout à l'heure que le texte de l'édit de Girnar prouvait que le mot mahalaka pour mahallaka avait certainement la signification de Religieux âgé. J'en citerai un autre exemple emprunté au même ordre de monuments , à Y Appendice, n° X.

I'. à'i h. Cette maison tout entière.] Le Jexte nous offre ici une trace très-reeonnaissable de l'in-

fluence des dialectes populaires sur le sanscrit du Saddharma pundarîka , c'est le mot saruouaatampour dire « tout entier. » En effet, une fois admise l'existence de l'adjectif saruavaf,

* On the rock, inscript, etc. dans Journ. roy. asiat. ^.Mahâvaihsa tikâ, f. 5i oet65 a; R. Rost, dans Soc. t. XII, p. i84, 1. 3. Webcr, Ind. Studien, 1. 1, p. 3 1 g.

* Wilson, ibid. p. 187. ' Pâtimôkkha, man. pâli-barman de la Bibl. nat. ? Indische ÂUerthamskunde , t. II, p. 220, n. 3. f. 10 a, et p. 71 de ma copie.

' Khiidda sikkhâ, man. pâli-barman, f. 16 a de ' Abhidh. ppadîp. i. II, ch. m, sect. 1, st. 27; et

mon man. et p. 1 24 de ma copie. 1. III, ch. m, st. agS.

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