ACHEVEMENT DU LOUVRE
Le projet qui va s'exécuter consiste à continuer en ligne droite, parallèlement à la rue de Rivoli, l'aile septentrionale déjà bâtie depuis les Tuileries jusqu'à la rue de Rohan, et à la conduire sur une longueur d'environ deux cent trente mètres jusqu'à la rencontre d'une autre construction perpendiculaire à la Seine comme la galerie d'Apollon, et longue, comme cette galerie, d'à peu près soixante mètres. Si le projet s'arrêtait là, ce serait le plan du Bernin, le plan que rêvait l'empereur ; les deux palais seraient réunis, et l'espace qui les sépare resterait libre et découvert ; il n'y aurait plus qu'à jeter sur cette vaste place quelques motifs de sculpture, quelques groupes de candélabres
d'un beau dessin bien accentué, puis à l'animer par des eaux jaillissantes entremêlées de verdure, pour en composer le plus admirable ensemble qui se puisse imaginer.
Mais le projet ne s'en tient pas là. Il s'empare, du côté du vieux Louvre, au nord et au midi, de deux portions de terrain dont la superficie représente à peu près le quart de la place entière, et il les couvre symétriquement de deux massifs de constructions subdivisés par des cours intérieures !. Chacun de ces deux massifs a la même importance, et à peu près la même surface bâtie que l'aile qui doit servir à la jonction des deux palais ; d'où il suit qu'après avoir opéré cette jonction au prix d'environ dix millions, le projet emploie vingt autres millions, seulement pour rétrécir la place.
A quoi bon ces constructions additionnelles ?
Notre question, bien entendu, est purement architecturale. Nous savons qu'on peut nous dire qu'il existe un programme, que ce programme affecte ces deux groupes de constructions à deux ou trois ministères, au télégraphe, à l'Imprimerie impériale, ainsi qu'aux remises, aux écuries et autres dépendances du palais ;