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de la cour s'y faisait entendre. Des prédicateurs renommés, tels que Bossuet, y prononcèrent des sermons éloquents.
L'enceinte du Louvre abritait du l'esle, chaque année, des cérémonies religieuses imposantes et traditionnelles. A la Chandeleur, le recteur de l'Universilé venait en grande pompe présenter un cierge au roi. Ce cierge était porté en procession autouf de la cour intérieure, précédé des archers du grand prévôt, des Cent-Suisses, des chapelains, des chevaliers de l'ordre, et suivi du roi, entouré de ses aumôniers et de ses gardes de la manche, des prélats, de la reine et de ses filles d'honneur, de beaucoup de < dames de marque ► , enfin des gardes du corps qui fermaient la marche. Le cortège ne lardait pas à rentrer dans la chapelle où la messe était célébrée. Le Jeudi saint, le roi lavait les pieds à treize pauvres, dans la grande salle des gardes où les Cent-Suisses formaient une double haie. Les pauvres se mettaient ensuite à table, où les plats étaient déposés et servis par Monsieur, par le grand maître de la maison du roi, les maîtres d'hôtels et les principaux seigneurs de la cour. Le grand aumônier remettait à chacun des convives une bourse contenant treize écus. Pendant ce temps la reine lavait les pieds à treize pauvres filles dans la salle de ses gardes. A Pâques, le roi assistait à la messe de sa paroisse, Saint-Germain-l'Auxerrois; il y communiait, donnait le pain bénit, que des -Suisses apportaient au son des trompettes, des fifres et des tambours, tandis que les filles de la reine quêtaient pour les pauvres. En sortant, il allait toucher douze ou quinze cents malades rangés dans la galerie ou dans la cour du Louvre, usant ainsi consciencieusement à chaque grande fête de la prérogative surnaturelle que son sacre lui aurait conférée de guérir les écrouelles.
Toute dévote qu'elle était, Anne d'Autriche aimait les raffinements et les délicatesses du luxe. Elle avait fait embellir et décorer par d'habiles artistes, tels que Vouet, les appartements déjà superbes du Palais-Cardinal; elle voulut orner en môme temps qu'agrandir ceux qui étaient destinés aux reines mères au Louvre. Comme les régentes précédentes, elle semble préférer le séjour de Paris à celui des châteaux; si elle ne se fait pas construire de palais, elle rendra
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ses logements plus commodes, plus vastes et plus somptueux. Dès 1653, les sculpteurs et les peintres y travaillent; on 1655, on a doré les plafonds de sa chambre. Bientôt les sept pièces qui composent son appartement sont tellement rehaussées de dorures et de peintures
qu'elles éblouissent la vue. L'autel de son oratoire est décoré d'un tableau de Le Brun. Elle a fait disposer par Le Mercier un cabinet des bains, qui fait l'émerveillement des visiteurs par le goût, la richesse, la profusion des décorations. Des colonnes de marbre divers se dressent tout à l'entour, tandis que sur les panneaux sont sculptés en relief des attributs, des fruits élincelants d'or et d'émail ; des peintures de Lesueur garnissent les murs et les plafonds, et la grande baignoire de marbre est supportée sur six colonnes à chapiteaux de bronze doré. Le parquet de marqueterie, en bois odoriférant, complète l'ensemble de cotte salle, d'une beauté mystérieuse et raffinée, digne
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KiO LK LOUVRE.
de la pi-incesse, « naturellement extrêmement propre, » dit mademoiselle de Montpensier, à tel point qu'elle se reprochait à son lit de mort le soin extrême qu'elle avait pris de ses belles mains et son goût pour les draps de la plus flne batiste.
C'est dans cette pièce intime et somptueuse qu'elle serrait une partie de ses joyaux et de son argent; il y eut une grande émotion, dans le château, en IGGO, parce qu'on vola dans une cassette placée dans le cabinet des bains six mille louis d'or, sans qu'on vît de traces d'effraction.
Les anciens appartements de Marie de Médicïs, tout transformés qu'ils avaient été par Anne d'Autriche, et bien qu'ils fussent mieux décorés que ceux du roi lui-môme, ne pouvaient suffire à la reine mère, qui désirait maintenir la magnificence de sa cour, lorsqu'une jeune reine serait installée au Louvre. A partir de 1655, le rez-de-chaussée de la petite galerie fut convertie en salles superbes, qui se reliaient de plain pied avec ses appartements. Des plafonds, exécutés avec autant de richesse que de goût, en formèrent le principal ornement, qui subsiste encore aujourd'hui. C'est, avec la galerie d'Apollon, le seul spécimen, conservé intégralement sur place, de la décoration intérieure du Louvre du dix-seplième siècle. Le ciseau élégant et distingué de Michel Anguier, avec le concours du slucateur Pietro Sasso, y prodigua les sculptures et les attributs de stuc, entourant comme de cadres en haut relief les peintures de François Romanelli, l'un des plus gracieux peintres du temps, selon Sauvai. Déjà en 104G, il était venu à Paris embellir de ses fresques une des galeries du palais de Mazarin. Anne d'Autriche le rappela en 1059, pour lui confier la tâche de couvrir de sujets variés les plafonds des cinq salles du rez-de-chaussée de la petite galerie. Il y retraça, d'un pinceau habile et brillant, plein de souplesse, de clarté et d'harmonie, des scènes empruntées à la mythologie, à l'histoire romaine et à la bible. Le salon central, qui porte encore le nom de salle de la Paix, présente au milieu des statues des fleuves de France, des compositions destinées à célébrer les douceurs de la paix, et sans nul doute inspirées par la conclusion des traités de Westphalie et des Pyrénées. Ces pièces étaient achevées, lors de l'en-
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Irée de la jeune reine Marie-Thérèse, lofante d'Espagne à Taris, le 26 aoilt 1660. On n'y voyait que meubles rares, tables et sièges d'émail bleu décoré de fleurs de toutes couleurs, garnitures de brocart, mar-
queteries de bois odoriférant , cabinets de cornaline et d'agatho. Comme les améliorations s'obtiennent rarement sans sacrifice, afin do donner plus de clarté à l'une des pièces, il avait fallu détruire, pour ouvrir une fenêtre, deux captifs admirablement sculptés à l'extérieur par Pierre Biart, que Sauvai qualifie de Praxitèle de son temps. Dans ces appartements meublés avec une recherche luxueuse bien supérieure à celle du commencement du siècle , Anne d'Autriche menait une vie douce et régulière. Éveillée entre dix et onze heures du matin, elle restait au lit, selon la coutume du temps, pour donner des audiences, auxquelles elle admettait les hommes. A son lever, le roi lui présentait cérémonieusement sa chemise. Sa robe de chambre passée, elle faisait sa prière, déjeunait et se rendait à la messe. Eu ren-
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