LOUIS XIV ET I.A COLONNADE
de faire commencer l'exécution du plan de Perrault. Des critiques sérieuses
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Le Vau restait le premier architecte des bâtiments, touchant 6,000 livres par an à ce titre , et l'on conçoit qu'on ait essayé de lui faire honneur du dessin de la colonnade. Si Perrault en avait le mérite ot en remporta la gloire, il n'aspira pas à en recueillir de grands profits; il refusa, dit Leibnitz, le titre de premier architecte, parce qu'il croyait qu'il en avait d'autres non moins sérieux; il continua de toucher sa pension annuelle de 2,000 livres « comme médecin et savant, i> et ce fut seulement en 1669 qu'une gratification de 4,000 francs lui fut allouée, « pour le travail et l'application qu'il adonnés aux bâtiments ».
La colonnade fut élevée sur de nouvelles fondations de 1667 à 1674. On y consacra près de 500,000 francs par an jusqu'en 1671; à cette date la façade était construite, mais non sculptée. Les dépenses annuelles tombent au-dessous do 50,000 francs en 1672, de 12,000 francs en 1673. Ce ne fut qu'en 1674 que les deux pierres monolithes du fronton furent montées au moyen d'échafaudages gigantesques dont le dessin nous a été conservé par Sébastien Leclerc. De 1674 à 1676, Caffieri et Lespagnaudel sculptèrent la façade, notamment les beaux chapiteaux corinthiens des colonnes dessinés par Le Brun, mais sans aucune hâte; les allocations de 14,000 francs par an, qu'ils recevaient pour leurs travaux, tombèrent en 1078 au-dessous de 1,000 francs.
La grande activité des constructions a du reste cessé dès 1671. Elle avait, comme nous l'avons vu, commencé en 1660. En 1664, le dôme de Le Vau était terminé; les colonnes qui le décoraient étaient posées, les cheminées qui l'accompagnaient surmontées de vases. Le gros pavillon d'encoignure du côté du Petit-Bourbon , faisant pendant à celui du roi, était à peu près achevé. En même temps, l'on travaillait au corps de logis du nord commencé par Le Mercier, el dont les fondations du dôme projeté et de la partie est qui lui fait suite du côté de la cour étaient seulement jetées en 1665. Tandis qu'on élevait la colonnade, les murs de la cour montaient simultanément, mais avec quelques modifications regrettables aux plans de Lescot, rendus nécessaires par l'adoption de ceux de Perrault. La colonnade se tenni-