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C'est parmi les lauréats que furent choisis, de 1747 à 1775, les élèves protégés, dont M. Courajoda écrit l'histoire ; logés et nourrisaux fraisdu
roi dans une maison voisine, placés sous la direction de Coypel, de Lépieié et des deux Vanloo, ils étaient presque tous envoyés à Rome après trois ans d'études dans les salles du Louvre. Si les élèves de l'Académie acclamaient les lauréats et les professeurs, lorsque les prix leuiparaissaient décernés avec justice, si par exemple, ils portèrent Vicn en triomphe autour de la cour, ils savaient aussi manifester leur mécontentement; en 1768, ils avaient sifflé Pigalle dans sa chaire, et ■ s'étaient rangés sur le passage des académiciens en affectant de leur tourner tous le dos. On leur interdit de s'attrouper dans l'enceinte du palais et d'y porter l'épée. « La subordination n'est plus guère qu'un songe, » disait à ce sujet le dessinateur Cochin. Elle ne se rétablit pas sous Louis XVI, si l'on en juge par le tumulte avec lequel fut accueilli le second prix donné à Fontaine, lo futur architecte du Louvre, qui, de l'avis de ses camarades, méritait le premier. Observait-on encore alors les prescriptions du règlement de 1603, qui faisait du blasphème un sujet d'exclusion, en disant : a Le lieu où l'assemblée se fera, étant dédié à la Vertu, doit être en singulière vénération à ceux qui la composent et à la jeunesse qui est reçue pour étudier et dessiner? » Les membres de l'Académie de peinture et de sculpture ne se contentaient pas d'enseigner; ils donnaient l'exemple en même temps que le précepte, en exposant aux yeux du public au moins deux de leurs œuvres, à des époques, d'abord indéterminées, mais quidevinrent plus fréquentes et régulières au dix-huitième siècle. Ces expositions eurent lieu d'abord au Palais-Royai ; la huitième s'ouvrit au Louvre, en 1699, dans la grande galerie, dont la moitié avait été mise à leur disposition par Mansard, directeur des bâtiments. Quel plus beau local, et comme on sut l'approprier à sa destination! A l'entrée, sous un dais, étaient placés les portraits du roi et du dauphin; puis, entre des tapisseries représentant les Actes des Apôtres de Raphaël, se dressaient les œuvres les plus récentes et les plus distinguées de Girardon, V Enlèvement de Proserpine et la statue équestre de Louis XIV, dont l'inauguration avait suscité les fêtes auxquelles l'Académie de peinture
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prenait en ce moment sa part. Dans les travées suivantes, étaient suspendus de nombreux tableaux de Coypel père, de Boulogne l'aîné, de Largillière, de Lafosse, de De Troy, les peintres français les plus célèbres del'époque; enfin dans la dernière partie, les tapisseries de l'histoire de Scipion, d'après Jules Romain, achetées 22,000 écus par François 1°' à des ouvriers flamands, et sur lesquelles on n'avait placé aucun tableau, à cause de leur extrême beauté. L'exposition réunissait ainsi la richesse et le talent à la variété, et tel en fut le succès que l'almanach historié de 1700 en reproduisit l'aspect par une gravure, dont il est inutile de faire valoir l'intérêt.
Après la mort de Mansard, les arts ne trouvèrent pas chez le duc d'Antin, son successeur, la même sollicitude et le même esprit d'initiative. 11 y eut encore deux expositions dans la grande galerie en 1704 et en 1706; encore cette dernière ne dura-t-eile qu'un jour. Elles furent suspendues jusqu'en 1725, où le ■ grand salon carré leur fut consacré. C'était, suivant un manuscrit de 1746, la plus belle pièce du Louvre, avec sa décoration en bois dont le grand ordre corinthien était dans les plus régulières proportions. Après une nouvelle interruption, les expositions furent reprises en 1737 avec une régularité qui ne devait point se démentir, annuelles jusqu'en 1743, bisannuelles depuis cette époque. Non seulement les parois du grand salon furent couvertes de tableaux, maison en garnit les murs du palier de l'escalier de soixante et une marches qu'on construisit en 1781, pour remplacer celui qu'on avait aménagé dans la salle même. Le nombre des exposants était restreint, car on n'en admettait point en dehors de l'Académie, il alla cependant en augmentant, car si l'on en comptait 47 en 1751, avec 158 œuvres cataloguées, il varia plus tard de 60 à 89, et le chiffre des œuvres oscilla de 300 à 534.
La vogue des expositions alla toujours en croissant; la critique s'en occupa de plus en plus; on connaît les lettres empreintes d'un si vif sentiment de l'art qu'elles inspirèrent à Diderot; surtout, sous Louis XVI, elles suscitèrent des pamphlets, des dialogues, des controverses, parmi lesquels on peut citer en 1783 Malborongh au salon du Louvre, par Beffroy de Reigny. En parcou-
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