‹ Le Louvre et son histoireChapitre 52 sur 67 · CHIFFRES ET INSCRIPTIONS DU LOUVRE · texte numérisé non relu

CHIFFRES ET INSCRIPTIONS DU LOUVRE

Toutes les initiales de noms de souverains, sculptées en relief ou gravées à l'extérieur ou à l'intérieur du Louvre, doivent être regardées, sauf de très rares exceptions, comme datant de notre siècle. La Révolution avait effacé presque toutes les anciennes ; la Restauration les a rétablies pour la plupart, en supprimant à son tour ou en remplaçant celles de Napoléon. On ne doit donc les accepter qu'avec certaines réserves comme les témoignages de la date des constructions sur lesquelles elles apparaissent.

Pour l'intérieur, elles ont été souvent mises au hasard. Le chiffre de François I" a été peint vers 1850 sur la corniche du plafond de la salle des bijoux, qui n'existait pas de son temps ; si les monogrammes de Henri II sont à leur place sur l'escalier de Jean Goujon et au plafond de la salle qui fait suite à la salle Lacaze, celui de Marie de Médicis décore une salle du pavillon de Beauvais qui ne fut bâti qu'après la mort de Louis XIII; celui d'Anne d'Autriche a été sculpté, dans une-des pièces du corps de ■ logis de la colonnade, pour accompagner des boiseries de son temps, provenant du château de Vincennes, et par une bizarrerie inexcusable, il a été formé des lettres A. D. [Anne D'Autriche !) On a rétabli avec justesse le chiffre de Louis XIV dans la galerie d'Apollon. Sur le plafond de deux des salles de l'ancien musée des souverains on peut lire le nom de Napoléon et les chiffres de L"^" et C. Au-dessus de l'alcôve de la chambre dite de Henri IV, est sculptéerinitiale de Henri III, qui date de son temps.

A l'extérieur, dans la cour, les chiffres ont été placés ou refaits, d'après des modèles anciens et généralement d'après des données exactes. Ceux de Henri II (H couronné ou HC entrelacés de manière à paraître former HD) figurent en relief sur la façade ouest de Pierre Lescot (voir plus haut, p. 66). Le K de Charles IX (page 76), vient ensuite, sur les trois fenêtres à droite de l'avant-corps du milieu et sur cet avant-corps, dans la partie de la façade qui s'étend entre l'angle sud-ouest et le guichet du pont des Arts; mais plus loin, vers l'est, les sculpteurs de la Restauration se sont livrés à de véritables fantaisies en ciselant sur la face du premier étage des chiffres de Henri IV dans le genre de celui-ci ; H D B , Henri de Bourbon , et en reproduisant le monogramme de Henri II sur l'avant-corps adjacent au guichet sud, avant-corps qui n'a été construit qu'en 1660, sous Louis XIV.

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Les chiffres de Henri IV foisonnent dans les frises de la façade delà galerie du bord dû l'eau; ils ont été restaurés avec soin par Duban (page 88) ; on y remarquera celui de HG entrelacés, qui a dû être ciselé à l'époque où il était question du mariage da ce roi avec Gabrielle d'Estrées.

Sur la clef de la voûte de la porte du pavillon de Le Mercier, on distingue des traits qui ont la forme de lambdas. Toute la partie sculpturale du corps de logis, qui s'élève de ce pavillon au guichet du nord,' datant de l'Empire et de la Restauration, il fautattribuer à cette dernière époque les L, les LA entrelacés de Louis XIII et d'Anne d'Autriche [page 136), ainsi que les L M T entrelacés de Louis XIV et de Marie Thérèse (page 179), qui décorent la frise du premier étage, du côté du nord. On a sans doute voulu aussi rappeler le souvenir de Louis XIV en sculptant les lettres L B entrelacés [Louis Bourbon?) dans la partie du même corps de logis qui se rapproche delà colonnade et à gauche du guichet du pont des Arts,

A l'extérieur du quadrilatère les chiffres L adossés sont gravés dans les médaillons de la colonnade, sur le pavillon du nord-est, les pavillons centraux du nord et du sud, à l'extérieur de la cour. Ces chiffres ont remplacé avec justice les N qui avaient été sculptés sous le premier empiré et que là Restauration à partout enlevés (page 274). Ces N étaient placés sous des couronnes surmontées d'un globe orné d'une croix, tandis que les chiffres de Henri II et de Louis XIII sont timbrés de couronnes fleurdelisées. On peut voir encore dans la salle des grands monuments égyptiens des couronnes impériales, sous lesquelles apparaît la trace des N effacés. Le nom de « Napoléon le Grand » inscrit sur le fronton le plus rapproché, vers le nord, du pavillon de l'Horloge, a été oblitéré sous les chiffres de la date de 1806.

Les fleurs de lis sont rares dans la décoration du palais. Les armes de France, en forme de globe, sculptées sur le fronton opposé à la colonnade, ont été remplacées, comme nous l'avons vu, par le coq. gaulois (page 296). L'écusson, placé sous la' Restauration sur le fronton qui fait face au pont des Arts, porte la trace de fleurs de lis qui ont été brisées sans doute après la révolution de 1830,

La première république avait ciselé son chiffre surmonté du bonnet phrygien au haut de l'avant-corps du milieu de la façade ouest de Lescot [page 258). II a été remplacé par celui de Henri II. Celui de la seconde république figure sur le fronton de la façade de la galerie d'Apollon, qui a été restaurée par Duban.

Les aigles impériales sont sculptées sous le péristyle du pavillon de l'Horloge ; les N apparaissent sous celui qui mène à la rue de Rivoli, Mais où les chiffres napoléoniens abondent, et avec droit, ce sont sur les constructions qui datent du second empire. L'écusson impérial avec l'aigle figure sur le pavillon Richelieu et sur la porte centrale du guichet du quai. S'il y a peu de chiffres sur les pavillons de la place intérieure, ils sont multipliés sur la façade de la rue de Rivoli et sur la galerie des Tuileries reconstruite par Lefuel ; ce qui faisait dire aux plaisants de l'époque : l'Empereur peut voir des N mis partout. La plupart du temps, ce sont des N; mais on trouve aussi L N au pavillon de Rohan, Nap. 111, aux guicliols du quai , N entre deux E, Napoléon et Eugénie, sur la galerie des Tuileries. La troisième république a sculpté la lettre R sur la façade nord du pavillon de Flore.

Les plaques de marbre de la façade de Lescot étaient sans doute destinées à recevoir des inscriptions. La devise de Henri H ; Donec totum impleat orbem, est gravée sur l'une d'elles. Aux deux côtés de l'œil -de -bœuf qui surmonte la porte cen-

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traie sont inscrits ces mots AN. A. SALV. RESTI. M. D. XXXXVIII, qui donnent la date de la construction de ce corps de logis. Ce qui n'a pas empêché d'inscrire sur une plaque de marbrej à l'extérieuc à gauclie du pavitloD de l'Horloge ; 1541. François l"' commence le Louvre. Il ne l'a commencé, comme nous l'avons vu, qu'en 1546, et il l'a pluWt réédiiîé que commencé. Une autre inscription, dont les caractères dédorés sont presque illisibles, est placée au-dessus du groupe de Mercié. Elle relate que Napoléon II! a réédifié de 1861 à 1868 l'aile du palais des Tuileries élevée de 1597 à 1663 par Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. La partie de la grande galerie que contenait cette aile était pourtant terminée sous Henri IV.

Des devises latines apparaissent çà et là, dans la décoration sculpturale du Louvre. Sur le quai la légende : Duos protegit uniis, «. accompagne le chiffre de Henri IV, derrière lequel se croisent deux sceptres, ceux de France et de Navarre. Des emblèmes qui décorent la façade de la rue de Rivoli sont accompagnés de ces mots : Lumen fert per tenebras. — Optima probet. — Divitat. Au-dessus du grand guichet qui mène de la place du Carrousel au quai, on peut lire ces mots : Pno Patbu. —

PaX, — COXCORDIA.

Ce guichet formait la limite du Louvre vers le sud, comme le pavillon de Hohaii la marquait au nord. Sur la porte, placée du côté de l'ouest, sous le guichet de La Trémoille, est sculptée la lettre T, indiquant que la suite de la grande galerie de ce cùté formait une des ailes du palais des Tuileries. La lettre L, reproduite au titre du présent livre, se trouve sur la porte opposée, sous le guichet de Lesdiguières.

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