‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 11 sur 428 · MARTIN DU BELLAY · texte numérisé non relu

MARTIN DU BELLAY

RÉ EN —MORT Élf 1559.

Les trois frères du Bellay : Jean, ë?éque de Pans et cardinal, Guillaume, seigneur de Langey, et Martin, lieutenant g(^néral eu Norraaudie, et prince d'Yvetot, par son mariage avec Elisabeth propriétaire de celte principauté, ont rendu de grands services à la France sous le règne de François l<'^ Leurs connaissances historiques et littéraires, si rares alors parmi les jeunes gens nobles, leur acquirent une réputation rapide, et leurs talents dans les négociations facilitèrent leur carrière .comme hommes de guerre ou dVglise. Jean, dont les conseils déterminèrent François i*'r à la création du Collège de France, fut promu au cardinalat, et ses frères occupèrent dans l'armée des postes importants où ils se distinguèrent toujours. Martin du Bellay eut part à la gloire de la bataille de Marignan, se trouva avec son frère à la désastreuse bataille de Pavie, et, dans la célèbre campagne de Provence, il fut un des capitaines qui harcelèrent le plus vivement Charles-Quint dans sa retraite. En 1544, il passa en Italie, devint major général de l'armée du comte d'Enghien, et prit part à la victoire de Cerisoles, pendant que son frère le cardinal, chargé de la défense de Paris, sut par son activité déjouer les projets de Charles-Quint qui s'était avancé jusqu'à Château-Thierry.

Guillaume rendit de son côté de fort grands services, pour lesquels il fallait habileté et courage. Au moment où la captivité de François l'** après la bataille de Pavie avait jeté le plus grand désordre dans les affaires, le bruit se répandit qu'il était dangereusement malade à Madrid, et l'Espagne mettait le plus grand intérêt à ce qu'on n'en eût aucune nouvelle , aûn d'obtenir de meilleures conditions. Langey brava tous les dangers, traversa l'Espagne dans le plus grand secret , vit le roi qui entrait en convalescence , et il revint rendre par cette nouvelle un peu de vigueur aux esprits découragés. La mission qui lui fut donnée en Angleterre en 1529 pour calmer le fougueux Henri Vlll, irrité de n'avoir pas été consulté avant la signature du traité de Cambray, n était pas moins délicate, et il y réussit complètement. Après la trêve de r^ice, Langey avait été nommé gouver-

neur de Turin. François !•', qui prévoyait le^renouvellement prochain des hostilités, chercha k se fortifier par de nouvelles alliances. Les ambassadeurs français envoyés à Venise et à Constantinopie chargés de cette mission furent assassinés dans , une embûche que leur ht dresser le marquis du Guast, général des troupes de Charles-Quint en Italie , comme le furent plus tard dans les mêmes occasions et par les agents du même gouvernement nos plénipotentiaires à Rastadt. Langey avait découvert la trame, mais ne put empêcher les ambassadeurs français de braver la mort qui les attendait Cet attentat au droit des gens souleva alors , comme l'attentat de Rastadt, Tindignation de tous les cœurs généreux. La guerre se ralluma avec plus de fureur , Langey prit les dispositions militaires les plus savantes. Au milieu des soins de tous les instants que lui prescrivaient ses nouveaux devoirs , la cause de l'humanité trouva en lui un défenseur zélé. Le parlement d'Aix ayant, eu 1540, rendu contre les malheureux habitants calvinistes de Cabrières et de Mérindol des arrêts de sang , Langey, réuni au vertueux Sadolet, évêque de Carpentras, parvint à suspendre, do moins pour quelque temps, l'exécution de ces sanglantes persécutions. Si les calvinistes furent plus tard frappés par cette intolérance effrénée, d'autres ont à en rendre compte au tribunal de l'histoire. Langey avait alors quitté le Piémont en arrachant à Charles- Quint cet éloge : > Cet homme-là m'a fait plus de mal que tous les Français ensemble. •

A la mort de François l^^r, Martin du Bellay se retira dans son château de Glatigny, dans le Perche, et s'y livra entièrement à l'étude. Son frère Guillaume, seigneur de Langey, avait jeté les fondements d'une grande histoire de France sur le plan de l'histoire romaine de Tite-Live, et divisée en ogdoades ou parties composées de huit livres, couune Tite-Live avait divisé la-sienne en décades. De même que Tite-Live avait commencé par les temps fabuleux, Guillaume du Bellay n'avait pas manqué de remonter jusqu'au déluge. 11 y faisait descendre les Gaulois de Samothès, liis aine de Japhet , et les Francs du mélange^des Trojfens échappé^

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