‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 12 sur 428 · NOTICE SUR DU BELLA.Y · texte numérisé non relu

NOTICE SUR DU BELLA.Y

àe la raine de Troie avec les Gaulois qui étaient accouras au secours de cette ville ; mais à sa mort cet ouyrage était encore tout-4-fait informe et incomplet Martin du Bellay, dans sa studieuse retraite, chercha à réunir et à coordonner les divers manuscrits de son frère en les complétant; mais il ne put retrouver que ce qui se rapportait à quelques faits du règne de François I^r. 11 se décida alors à recueillir ses propres souvenirs et à écrire sous forme de mémoire les annales de cette époque , en insérant comme partie intégrante ce qui restait des ogdoades, dont il forma les cinquième, sixième et septième livres. Les faits y sont traités avec maturité et gravité, mais Tancien négociateur y conserve un peu trop la réserve du langage ofBciel.

■ C'est toujours plaisir, dit à ce sujet le judicieux Montaigne, de voir les choses escriptes par ceuïx qui ont essayé comme il les fault conduire ; mais il ne se peult nier qu'il ne se découvre évidemment en ces deux seigneurs icy ( les deux frères du Bellay) un grand deschet de la franchise et liberté d'escrire qui reluit es anciens de leur sorte, comme au sire de Joinville, domestique de Sainct- Louis, Egînard, chancelier de Charlemagne, et de plus fraische mémoire en Philippe de Commines. C'est icy plus tost un plaidoyer pour le roy Françoys contre l'empereur Charles-Quint, qu'une histoire. Je ne veulx pas croire qu'ils ayent rien changé quant au gros des Êiicts; mais de contourner le

jugement des événements, souvent contre raison à nostre advantage, et d'obmettre tout ce qu'il y a de chatouilleux en la vie de leur maistre, ils en font mestier; tesmoin les reculements de messieurs de Montmorency et de Brion, qui y sont oubliés ; voire le seul nom de madame d'Estampes ne s'y trouve point. On peult couvrir les actions secrettes, mais de taire ce que tout le monde sçait et les choses qui ont tiré des effets publics, et de telle conséquence, c'est un défault inexcusable. Somme, pour avoir l'entière cognoissance du roy François et des choses advenues de son temps, qu'on s'adresse ailleurs, si on m'en croit. Ce qu'on peult faire icy de proufit, c'est par la déduction particulière des batailles et exploicls de guerre où ces gentilshommes se sont trouvés, quelques paroles et actions privées d'aulcuns princes de leur temps, et les praticques et négociations conduictes par le seigneur de Langey, ou il y a tout plein de choses dignes d'estre sceues et des discours non vulgaires. •

Martin du Bellay mourut dans son château de Glatigny, le 9 mars 1559.

Ses mémoires ont été publiés pour la première fois en 1569 en un volume in-8®, par René du Bellay, baron de la Lande, gendre de Langey, qui le^ dédia au roi Charles IX. Ils ont été fréquemnient réimprimés depuis. L'abbé Lambert les réimprima, en les modernisant, en 1753. L'original est de beaucoup préférable; c'est celui que nous reproduisons*

Paris, 29 juillet 1836.

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