‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 114 sur 428 · ISA · texte numérisé non relu

ISA

CMtdniTaBmt à set dépens dix ou douze épies, ci^ ilbieni et venoient sur le quartier des en* ipoor savoir ee qu'ils faisoieut. Et bien en i) eir, ledit jeudi matin que leadits Suisses pour veoir combattre, Tun desdita .jioffliDéMicheiderEstrade, Lombard, parlartlmre de Milan, traversa les canals des i^wX grandset profonds, et s'en vint demoïïdit sieur de Bourbon, environ neuf 4a matin, étant à table prêt à dîner en i\^ Il <ît à Toreille à roondit sieur qu'as- -MUiùuioi&Wits Suisses étoient partis de Milan ^;^yourleveûroonbittre, luy montrant comme SV!fioitm(miIlèe& traversant les canals, ne poupMserpiriegmnd chemin, parce que les- Soinei j ((oient et venoient par là. Et ifoeiModit sieur de Bourbon en faisoit qœlquedoate, ledit de l'Estrade offrit sa tête à ooofern cas qu'il fût trouvé menteur. PargijiajmBdfIsJearde Bourbon le baiUaen gardeà oD €ip«$^tilf-hommes, et bouta la table pour se j0Ter, disaoti la compagnie que homme ne tencA. fi de ee pas s'en alla monter à cheval e& ^ipea diligence devers le roy au lieu de la hcAiilkiiaétoit, auquel il dit comme lesdits SMtaoi éWcnt partis de Milan pour le venir ooaikitt», et qu'il tenoit en sa puissance qmteluy est venu dire, lequel étoit tOQt mouillé d'avoir traversé les canab TtiYeDir avertir. Laquelle chose le roi ne y^miik pime bce croire, disant que ce même J<**B*ilnlgQe8 et cantons desdits Suisses avoient GV^ijéèvers luy l'appointement d'entre luy «t ^,ii^ et scellé ; et le fit montrer à monte Éw 4e Bourbon, Néanmoins, mondit sieur di^3|«|)iB demeura en son opinion, que lesdits S^pwtoeat partis pour venir combattte.

ft w (S propos arriva un gentil-homme "■■■•i» «rdoimances, lequel le capitaine ^^^■^■4 Myoit devers mondit sieur de B|Wu*4^ i fiiant " garde, pour Tavertir que *** <^ptabe Combaud avoit vu une grande !■•■■'« «fair venant du côté de Milan* et ?W f^dootoit fie ce fussent troupes de gens ^A'^Wttiait Et pour ce que ledit homme d'ar- JJ^**W* trouvé mondit siemr de Bourbon à "••(•Jttde, il le vint chercher la où il étoit * roy, et luy dit lesdites nouvelles qui •«wspondantes à ce que mondit sieur **irtoQ avoit dit. Et, en parlant de ce même P'^f^ittiva sur Fheure autre message dodit

eapitaine Combaud, qtn dit que c^étoit les Suisses qui venoient en bon ordre et bonne diligence, et qu'il étoit vraisemblable que c'étolt pour combattre. Par quoy le roy et mcmdit sieur se tindrent pour suffisamment avertis. Et dit le roy à M. de Bouri)on qu'il s'en retoum&t àl'avant-garde, et fit mettre chacun en armes, afin qu'il ne pât être surpris. Et soudain mondit sieur se départit du roy, et vint à l'avantgarde, où il fit assembler tous les principauii capitaines, fit crier et sonner à l'étendard, et que chacun se mit en ordre sous son enseigne. Et par l'avis pris avec lesdits capitaines, tan| de gens de dbeval que de pied, mondit sieur de Bourbon envoya souvent au-devant desditi Suisses, pour entendre leur façon de venir, e( le chemin qu'ils tenoient^ car entre-deux y avoit un grand canal d*eaux venant de Milan* qui est profond et large. Et d'heure à autre il avoit nouvelles de leur venue, voire de moment en moment ; car l'un n'étoit arrivé que l'autre ne fut parti pour aller voir lesdits Suisses et en faire son rapport. Et cependant mondit sieur fit mettre en ordre les gens de guerre de ladite avant-garde, tant de cheval que de pied pour attendre lesdits Suisses. Lesquels vindrent en très bon ordre et meilleure contenance, aban* donnant leurs chapeaux et bonnets et déchaussans leurs souliers pour mieux et plus fer* mement combattre. Mais en premier lieu, ib envoyèrent la bande de leurs enfans perdus» qui étoient environ deux mille, frapper droit sur l'artillerie ; mais ils furent fort bien recueil* lis, rompus et défaits. Après eux vint la grosse flotte desdits Suisses, sur laquelle mondit sieuir de Bourbon, et le surplus des gens de biep de ràvant-garde donnèrent à travers, où il en de* meura de tués des deux côtés et blessés, eux et leurs chevaux. Mais les nôtres ne purent enfoncer ladite grosse flotte, mais furent contraints d'eux retirer ; aussi, à la vérité, peu y en eut qui donnassent à travers ladite flotte. La-* quelle, voyant qu'ils étoient entiers, alla con-^ tre la bande desdits lansquenets de ladite avantgarde et la fit reculer tellement que l'on se douta une fois avoir perdu la bataille. Mai« mondit sieur de Bourbon, qui rallia tout ce qu'il put de la gendarmerie de ladite avant-garde» retourna pour venir doimer sur ladite flotte des Suisses; et fit aussi retourner tout ce qu'il peut desdits lansquenets et des aveaturiers f rito^ii

qui firent très bien leur devoir. Par qooy la bataille fut prolongée tant que il fut nuit, car elle n'avoit été commencée qu'environ les quatre ou cinq heures du soir dudit jeudy treizième septembre.Tant pour la nuit que pour la grande poussière qni j étoit, on ne connoissoit point de différence entre François et Suisses, mais étoient les uns avec les autres, sans discrétion.

Ladite nuit venue, les trompettes de France sonnèrent la retraite ; et se retira qui peut à son enseignes. £t lesdits Suisses sonnèrent du cor de vaches, dont on a accoutumé user. Et par ce moyen lesdits Suisses qui étoient parmy le^ dits François se retirèrent en leur quartier. Mais n'étoient si loin les uns des autres comme d'un get de pierre, et si n'y avoit fossé, haye, ne buisson entre deux. £t ainsi demeurèrent toute la nuit, sans eux bouger delJi où ils étoient d'une part et d'autre. Et demeurèrent à cheval ceux qui étoient à cheval, sans faire repaître leurs chevaux, mais les hommes beurent et mangèrent s'ils avoient de quoy, par flacons et bissats, comme ils pou voient avoii^. En cet état passèrent la nuit, les trompettes sonnans toute ladite nuit sonnades, clairons et autres réjouyssemens. Et est à croire fermement qu'il n'y eut homme qui dormit de toute la nuit.

Et quand ce vint le lendemain, vendredy quatorzième jour dudit mois de septembre mil cinq cens quinze, lesdites armées s'apprêtèrent pour combattre derechef. Et de fait, sitôt qu'il fat clair jour, et que l'on eût peu connoîlre argent, ils s'assaillirent derechef les uns les autres. Et pour ce que les gens de cheval de ladite avant-garde ne suffirent à rompre lesdits Suisses, ils firent appeler la bataille, et après l'arrière-garde ; ce qu'ils n'avoient fait le soir précédent. Et de fait il y eut grosse batterie d*une part et d'autre, tant de gens de cheval que de gens de pied, lansquenets et aventuriers ; car lesdits Suisses étoient merveilleusement délibérés, preux et hardis. Néanmoins ils farent frotés par les François. Et en combattant y eut une partie desdits Suisses qui se retirèrent au logis de mondit sieur de Bourbon, où ils beurent une charretée de vins de Beaune, qu'il faisoit conduire après luy; mais les aventuriers les poursuivirent de si près, qu'il brûlèrent les portes dudit logis et entrèrent dans iceluy . Lesquels Suisses eux voyans ainsi paursuivis, montèrent les uus es greniers de ladite maison, les^

autres descendirent aux caves, là où lesdits aventuriers les brûlèrent ; et ceux qui étoient au haut des maisons en tombèrent à demy brûlés, et ceux des caves y furent suffoqués i force de feu. Il y eut une autre bande d'environ deux mil hommes qui s*écarta et vint outre du lieu où éioit la bataille, eux cuidans sauver ; mais tantôt ils farent poursuivis et défaits les uns après les autres.

Finalement ce qui demeura desdits Suisses tournèrent le dos ; et s'en retournèrent ensemble à leur petit pas ; dont y en avoit plusieurs qui portoient les traits qu'on avoir tirés sur eux, les uns à la tête, les autres es bras, cuisses et autres parties du corps, qui ne les vouloient tirer jusques ils fussent sur l'appareil. Et s'en retournèrent dans Milan la plupart, et les autres allèrent tirans en Suisse jusques sur le pied de la montagne. Et au regard de l'armée des François, ils nç suivirent point autrement lesdits Suisses ; car ils avoient été puis le soir précédent dès les quatre heures à cheval, jusques à ladite heure, qui étoit midy dudit jouir de vendredy ; et fat chacun bien aise de foy aller rafraîchir. Et le roy s'en retourna en son logis de bataille. Mondit sieur de Bourbon fut contraint de chercher un autre logis, car le sien avoit été brûlé, comme dit est. En laquef/e bataille mourut : François, M. de Bourbon, due de Ghâtelleraud, frère germain de mondit sienr de Bourbon, messire François de la Trimouille, prince de Tallemont, messire de Bueilh, comte de Sancerre, d'Amboise, seigneur de Bussy, le sieur de Ymbercour ; chacun des dessûsdits capitaines de cinquante lances de l'ordonnance de France et du roy, et plusieurs capitaines de gens de pied et peu d'autres gens d'armes' et gens de pied. Mais des Suisses en mourut, par commune estimation, de neuf à dix mille ; qui demeurèrent la plupart sur la terre. Toutefois mondit sieur le connétable donna ordre de les faire enterrer. Et grand partie desdits Suisses furent noyés dans les canals qu'il leur conrenoit passer pour venir combattre et en combattant* .

Or faut-il entendre que les Vénitiens qui étoient alliés du roy avoient mis sus certain

(1) ADKrine clc Laval ra}iportc la lettre suhrante écrite par

Fraiiçtiis 1er à b rcgciuc, s:» inèro.

« Maclniuc, afin que soyez bien informée du fait de notre balaJUe, je jous aviso que hier à tiéure d'uue hcons aprê .

PAR MARILI^ÂG

let

t^KKxàite de gens, tant de cheval qae de pied, et

«^ vwdnrent aider au roy. Et de fait vindrent

Qfc^iq à six cens hommes armés à cheval, et

ifeiMsejit mille hommes de pied; maisiisarri-

» ■o*'* g«l, qui étoii sur les portes de Milan, nous avortes Saines se Jetoient hors de la ville pour nous coRtbsure. Laquelle rtiose entendue, jclAmes nos lan*- *n ordre, c'est à savoir en trois troupes : les deux de "te hQfiUDe»,et b tierce d'environ quatre mille hommes, w 5-?* •W^ ^ ïtùxa Perdus de Petre de Navarre, sur ^ «Mè4fi» ïieines avec les gens de pied de France et aven- ^îwr a que Pavenue par où vcnoient lesdits Sulsj^J^Pttwrte, Cl ne ftit si ïAen possible mettre nos ■****• de Tnaoï-prde comme ce étcil en plain pays, qui '^^*h ■euna grand désordre. Et de ma bataille j'é- '*J'*<r»ïcei» deux troupes de ma gendarmerie, et '■^■w» tire f ilençon avec le demeurant de son ar- ^f"** ^ «•« artillerie sur les avenues. El an regard ^^^^ôoiaKaj irols troupes; la première de dix

** Wï^^rtM*' ^^^^^fiurant qu'Us venoient pour diâtier

%fh Z^ *'^ été accompagné. Car d'enlrée de table

■•*« artaierie tirer, Us prindrcnt le pays cou-

^. ''"^ se conuDençoit à coucher; de sorte que

■ JCfc "'"^asBe!*'* ^^^^ "*** ^^^ rheure de notre arf^t^^l'^y ^N ^*^ "*"* P^ possible de venir en plus 'jîiJJ^'*«'4ij|^î?^ Ils trouvèrent les gens de

- *^k!?? chSI^P*»" ^ <^^î ^ combien que lesdiu

É||b*^^'ft% A^*8ent bien et gaillardement, le con-

^♦I?^^ *^""^* Yrabercourt, Telllgny, Pont-

gaiUardemenl, le con- ^ , -^iines, Yrobei

y^dÎMënt là, si furent-Us reboulés sur leurs

grande poussière, que Ton ne se

■suit venoit, il y eut quelque peu de

fi^ la grâce d'arriver sur le c6té de

peu chaudement; me sembla bon

tde sorte. Et vous promets, ma-

et quelques gentils galans qu1ls

<f armes que nous étk)oe,.en définies

kZ^b» imn " "^^ ^ repoussâmes assez rudement, tS t^fr "^ ■^'«Imoes et crier France ! Laquelle chose Î^^CmaS^S?*^ de la plupart de notre bande. Et N| iSThcmni^ï^'*** *"*"*^ trouver une autre bande ^^^^^JIJ^^^» laquelle, à l'approdier, culdions ^*^Ç«m!« "* car la nuit éloit déjà bien noire;

. liwldkrtoicnacj

à crier France ! je vous aasenre

^^ti six cens piques au nez, nous mon-

'^^t DOS amis. Nonot>stant cela, si fu-

^^ dedans leurs tentes, en teUe sorte

^H^MB'fAt ét.^ "^ ^ lansquenets. Et nous, voyant la

•iCifckWiw^ti ^ *"°® **"* ^'^* » "^*"* eussions bien |^J??I^^ ''**^ run l'autre ; et m'en aUay Jeier dans

^mZIaMCïi^?*^ ou six mUle lansquenets et quel- SSTkfl**^^^^ <i'armes, de teUe sorte que je tioe ^ShMiC^*^!*^^ des Suisses, Et ce pendant, mon ■*]* T^ntt^^'^ tous les piétons françois et quelque

S -il V» i^ ^ pièces, et jeta celle bande de-

- ^TtsS^ ^^«^ire côté leur fîmes Urer une volée

iMMto^**^ •^ *ï"aDl et quant les chargeâmes.

Mm

'*. ^^^^■'ï^mes et leur Ornes passer un gué qu'ils ï^m^ Cela (ail, raUiâroes tous nos gens et çj/^"*^îrie; et mon frère le connétable sur

ii^oK!?* ^^ ^ Subses se logèrent bien près de

CÎTïïn t^ Wen tiré un éteuf, et n'y avoit qu'un *^ j^ ^^« la nuit demeurâmes le cul sur la selle, ïEUSau '^*™^ ^ ** '**® *' »o» lansquenets en 22"^ ton fe * **' P^*"" ** q"'<^lo^ 'e phis près de nos ^u^L/kJ/ ^ ^ 8^^ ^6 '^"•le qu'ils ne nous ont **^ XVu"*^* ^ '»"* «P» ^o«» enleodiez que te ^^^ siicLE, ChroD. et Mém.

yèrent environ midy a nenre qne lesdits Suis-* ses se retiroient. Par qnoy ils ne frappèrent oncq coup et ne firent qne montre ; toutesfois demeurèrent avec l'armée du roy, sous la

combat du soir dora depuis les trois heures après midy jusques entre onze Yït douze heures que la lune nous faillit. Et y eut fait une trentaine de beUes charges. La nuit nous déparlit ; et mimes la paille pour recommencer au matin. Et croyez, madame, que nous avons été vingt-huit heures à cheval, l'av-» met à la tête, sans boire ny sans manger. Au malin, une heure avant jour, prins place autre que la nôtre, laqueUe sembla bonne aux capitaines des lansquenets ; et l'ay mandé ft mon frère le connétable pour soy tenir par fautre avenue; et pareUlement l'ay mandé â mon frère d'Alcnçon , qui au soir n'éioit peu venir. El , dès le point du jour que pûmes voir , me jeiay hors du fort avec les deux cens gentfls4iomaies qui m'étoient demeurés du reste du combat, et al envoyé quérir te graud-maftre qui se vint joindre avec moy avec trois cens hommes d'armes. Et cela flail, messieurs les Suisses se sont|e* tés en leurs ordres et délibérés d'essayer encore la fortune du combat; et comme ib marchoicnt hors de leur logis, leur lis dresser une douzaine de coups de canon qui prindrent en pird, de sorte que te grand trot retournèrent en teur logis, se ndrenc en deux l>andes ; et, pour ce que leur logis éloit fort et que ne les pouvions chasser, ils me laissèrent à mon nez huit mUle hommes et toute leur anUterie. Et les autres deux bandes, le» envoyèrent aux deux coins du camp; l'une à mon frère le con» netabte et l'autre â mon frcre d'Aiençon. La première fut au connétable, qui fut vertueusement reculée par les aventuriers fhinçois de Petre de Navarre; Us lurent repoussés et taWéi, outre grand nombre des leurs; et se ralUèreul cinq ou six miUe. Lesquels cinq ou six mille aventuriers dénrent avec l'aide du connétable qui se mêla parmi*, avec quelque nombre de sa gendarmerie. L'autre bande qui fut à mon frère Ait très btev recueiltte; et à ceUe heure-là arriva Barttiéleiny d'Alvian avec la bande de Vénitiens, gens de cheval, qui tous ensemble les taillèrent en pièces. Et moy étois vIs-à-vis les lansqneoclïde la grosse troupe qui bombardions Tuo l'autre, et étoit à qui se délogeroil ; et avons tenu bute huit heures à toute FartUterie des Suisses, que je vous asseure qu'elte a fiait baisser beaucoup de tètes. A la fin de cette grosse bande qui étoît vis-à-vis de moy, envoyèrent cinq milte hommes, lesqueb renversèrent quelque peu de nos gendarmes qui chassoicnt ceux que mon frère d'Atençon avoit rompus, lesquels vindrent jusques aux lansquenets, qui furent si bien recueiUis de coups de liaquebutes, de lances et de canons, qu'U n'en réchappa la queue d'un ; car tout te camp vint à la huée sur ceux-là , et se rallièrent sur eux. Et cela fait, flmes semblant de marcher aux autres^ lesquels se mirent en désordre et laissèrent leur artillerie et s'enfuirent à Milan. Et de vlnin-hult miUe hommes qui là étolent venus , n'en réchappa que trois mlRe qu'Us ne fussent tous morts ou pris. Et des nôtres f al Call foire ronie, et n'en trouve à dire qu'environ quatre mUte. Et lo tout, je prends, tant d*un côté que d'autre, à trente roîUe honunes. La bataille a été longue et dura depuis bter les trois heures après midy jusques aujourd'huy deux heures, sans savoir qui l'avoit perdue ou gagnée, sans cesser de combattre on de tirer rartilterte jour et nuit. Et vous asseure, madame, que fal veu les lansquenets mesurer la pique aux Suisses , la lance aux gens d'armes ; et ne dira-on plus que les gens d'armes sont lièvres armés, car, sans point de faute, ce sont eux qui ont fait rexécutlon; et ne penserois point mentir que par cinq cens et par cinq cens, U n'ait été fait trente belles charges avant que la bataille fût gagnée. El tout bien débattu, depuis deux miUe ans çà, n'a point été veu une si fière, uy si crueUe batalUe, ainsi que dtent ceux de Ra\ennes, que ce ne fbt au prix qu'un Itercelet. Biadame, le sénéchal d'Armagnat avec son artillerie ose bien dire qu'il a été cause en partie du gain de la bataUle; car jamais homme n'en servit mieux.

dutrge du tèigneor Barthéléiny d^Alviui» Vi^ Héltoii, et qui ne bougea gnères d'avec le roy et iÉioDf4H stenr de ioiirbiiQ.

LliAte h^iiie faite, kadits Suisses ronfMis et ehen^é^ cpoU? tew'^atreprinse, lc«diu Frmeoie eQfeot grosse ooœiion et cause de kaer biçu de ladite victoire; et ainsi est-il h présumer qp'ik le firent ; ear lesdil» Suisses vijadreat en totale délibération de fort et rudement oom* iK^ttn^, Et a'y voulurent épargner leur§ vies, |^isfl[u*i4s y alloient nu^pieds et nu «têtes: atjsji its avoient en leurs fantaisies que c'éiolt kvp pmpm isit pour euider acquérir tel trésor et telle$ richesses que celles du roy et de tous kf princes du royaume, pp^r mx laire glorieux par 8«s toutes natioiis, et par oontéquent cn^nts de tout te rnonde. Mais pieu Ip créateur se -^idut souffrir telle insolence, 4M>aune i{ est à çfolre que ftit avenue à ladite nation s'ils eussent ké vietorieun^ à ladite bataijle ; ^e de tant humilier le royauene que de souffrir lesdits roy et prinoes être défeits, comme le royaume desiKmsleoiel où mieuai •est Dieu servi et honoré. Et combien qu'on ne doive juger des Mis de Dieu, lottl^sfoia, oo peut pr^iatimcr du Jbien le M<tti tfi '^ mal le mal « notrc oorrectioa, «eus k cmxiUi de Dieuu duquel les Jpgemens sont «ne*abyese, «t nésAnmos sont Uhm m vérilé Justifiés çn cux-mftnes.

Faut reveoir à hb que, covuoe dit 4 été cy** dessus, le roy avoH «n%*oyé son payenae«C de

£t Mpii mercy tout Jaît honfic çbère. Jc poromeuceray par moy et wo» frcrc le c^nuclablo, par IH. de VeiidOme, par KU de SaiiU-^l , Bt (le Cuyso, le innr(Vrlial de Chabanncs, le 9raa(MD^M^ ^» an liO^^^uevUle, Il n'est mort de gens de renom (IMe YiDiKTCourt, et Buâ«y qui est h rexlrciuiié ; et est «rapd <lpBpiiuagc de ces dt'ux personnages, il eai mort guelfiKîi peutils-itomioe^ de lua maisoii que \ous saure:; bien san» i|ue U) \ou» ^écrive. |^ purluce de TaUemont pt fort blesse. £t VOW8 vttij cv»rore a&»curer que mop frère le couuctable «t H. de Sq|lQl-Poi om ausv^i bten rompu bols que geiitlk-hom^ mes dfi la compagnie , qp0s qu'ils soiout. £i de ce j'eti parle cQfOioe fduy qui l'a V43u; car ils ue s'epargiiuieut point nop puisque safiglicrs échauflciM 40 deu^euraul, madame, fniic^ biea remercier fHw par tout le royaume", ^e )a ^icto^^e qu*fl luy a pieu oous doiuier; car Je luy suis plqs teou que gcntUliomme du royaume. Madame vous vous moquerez de M. deLaulrec, de l*Bcu ^tdeMidiau, ^i pe se sont poiin iroMvés à la batalDe. fit se sont amusés ^ l'af^itement des Suisses qui sfi sont moqués d'eux, nous Caisops Icy grand doute du connue fie Sancerre, pour ce que ne Iç trouvons point.

« Hadame, Jç supplie le Créateur voti$ donner très twnne -vie et loiiifue. Ecrit au camp Sainte-Brigide, ié veodrecly qwh torzième jour Ue }>cpici?îbrf^ l'an 1515. »

i::i-auslc:it>ous,

%'alre trôiliyDilftetet >9b&mm fils.

[tm]

œnt Bâille éeus auadi^ Suisses iMdU Uep 4^ Gâteras par ledit sieur 4e Lautrec et quatre oen3 hommes d'armes; auquel Usu y avoit urm bande de quatre ou cinq mille hommes Suiitwy pour les recevoir, et jà avoient commencé à oompter lesdits cent mille écus quand les oou* velles leur vindrent que le surplus deedits Soîsses étûieiDt ^llés combattre le roy. Par i^of ledit sieur de Lautrec ne compta plus ; mais néanmoins cequj étoHjà compté leur demeura, quv étoit environ vingt mille écus î et à t#iU ae départirent, et ledit sieur de Lautree et ses gens 4vec le surplus de l'argent ^ rf^tirèrept. Et f^ bien penser iey, que lesdits Suisses étoient eu merveilleux propos de ne tenir paroles d'appointemait avec le roy» et recevoir ^an argent d'une part et le venir combattre de Pautre part. II n^est bomm^ au monde qui pe p^t iu)ter Ie«T dits Suisses de méchaneelé, et s'ils se vouloicnt couvrir comme Ton ^\i qu'ils font, gup ceax qui avoient fiait ledit appoiotemeot n'ailéne»! combattre, c'est la couverture d*«n sac mouillé et ujfie excusatiou, en cuid^t penser ; par quoy n'en parleray plus, paMe q«e e'est chose spie phacun e^ pensera assez plus ^e je n'en saurois écnfe*

Les choses dessusdite», ainsi ^sie dit est, fixités, lis rpy ^t son ajrpiée s'approchènent d(i M ifoii , et oepimdanA fiveot aonsnier la vilied'ewL rendre ai? roy, en ^pelte étoit ledit sieur Maximiliea Sloroe, qui teaoit ladite viUe et se disoîl duc de Milan, sous la tukion et défense desdits Suisses. A laquplk sommation ladite ville œ voulut désobéir 4 6ar il se dit comoMaoéakeul «i Ili^lîe, vive gui vive î Par quov ledit Maxhn^ieti et leadits Suisses qui iétoient 4e4aus la v^te m retirèrent dans le ehiteau dudit MHan, et ak^Adonnèrent U viOe en laquelle mondit sieur 4e Bourbon et TariMie entrèrost paisiMeneBi^ et. donnèrent tel ordre qu'A n'y eut point de pSkde. £t eia lAgés audU Milaa, laoadit isîeiir ût mettre le siège an ctiitel dodft iîeu et le eanonner souvent ^ ej cependiwit parle comte Pedro Kavarae fit piner la oasenateduditehâÉMnu, c'«t-à^*reteboTjfevcrt, et icctey fit tomber, an moion verser. Eta^ni ^eg&fà duroy , il s'étoîtretiré à Pavie «t 4egé «« «iiètecu OT 4 y faifioit bonoie chère. Voyant ledit sieqr MaximÂien qu il étoîl «Q daofer d'être piûra, osnbien 4)B'il e&t avec luy les principaux de ses serviteurs et deux ou

riij«j

PAR MÀftlLLilC

tel

tpHùK cens bonnm;» ûctUttê SaligieÉ et HisUitÀ

nOÊàte de IjOrnbott, toutesft)}», il pârtenrtenui

ivit iPMidll tlCNif poor randr^ le château ; et

m tB flrtttt ar^te, Iceqtteb motidlt sieur

prfMfla au roy audtt li«ii de P«vle ; et après

f»k fùj les e4t trouvés boni, mondit liectr

^ miiât «C âecorda leaùnu artieles àudit stour

Maxlmllkni ; et par ^ tBoyen fut renda à moi>*

ttirisiif de Bourbon ledit oh^rteao-. Eta'en sortit^

« intti to«s ses mrriteiirs Suistds et Loinbari.r

LfKla Artiolea eontenoicnt m aubstanof :

qwtottttalenf MaxiuiHeii, moyennant soiaanta

d dmai mMe livres tonmoii dcf pension «lia^

eiA an^ ^ le roy promît et accorda andit

Vaxiiaficii de Itiy payer en aon royamm^

i M qffïl Petit fait pimrroir jaaqqea à

Mite iome de béfiéfiees en aondit royanme,

tt dei fMftiera vacani, ieeluy lient Maximl-

Bea it dfpartk de kdite diiché et de Milan et

do dMt qu'il y prétendait «Mime fils atné du-

dfi aieitr Lodorîe snn père an profit du roy,

les Mrs et ayana cause.

Il Icfti appointement &ît et paisé^ et mondit écarte l^urbon saisi dodit ehfttei de Milan, le ityy ae dUbèra de venir feire son entrée à laé^^OkÔÊ Milan, laquelle il fit environ le ^«ÉMtfèie d^octobre mil cinq cens quinze, la fhm trkNB{ihant6 qu'il est possible de vcrir. Et éiM Meompagné de mondit sieur le due de , dea autres princes et seigneurs de son , lesquels firent la plus grand'chère dtt «Mda audit MUan. Et cependant que le luy y Iqt^ qui fut depuis ledit mois d^octobre, kuit de Janvier ensuivant, le roy et de Bourbon , eonnétabk de France, fumenrt tous châteaut et places fortesy v^hiatlpufgB dudh dticbé de Milan en la main . Bl la Toy mit par to<it gouverneurs et par kiy ; et avec ce établit officiers, fom kàÊtie la justice^ tant à Milan que par les vWes et se^neuries dudit duché ; et éuMit le sénat au Heu du parlement IIHan ; et le anrpltls du temps occupa en ou Ibstins avec les dames dudit Milatr, cliD tooDsa chères àusast ou ph» que l'on a» iftwfttire audit Milaa.

Il tsMes dioses bien ordonnées en ladite àahCt et les sujets étant en bonne paix , c'esk l Stiaii' la partie Guelfe et (es autres qui dissien sorte qu'il n'étolt nouvelles d'au- 4e gumt, le roy se partit dudit

Milan, le huit de janvier mil cinq cent quinae tt laissa audit Mllan^ mondit sidtr de BouTh bon, cennétaliledc Fitoca^son lieufeiiant géM^ rai, et luy donna pouvoir sur toutes eboses^ Comme s'iiyétoit en personne. lequel BMAdit sietrr de Bourbon apris q^'il eut convoyé iè roy au partir dudit Milans s'en retourna ed Sou logis et se dëibéra de bien entretenir et gar^ der ladite ddché^ tant les piaiteÉ feirtes que lef villes, et faire txmne justice aux si^ets. Et de fait tint la main forte auxdits sujets^ tant audii sénat que par toutes les juridictions ordonnées^ à ce que justice tàt fidte à tous les sigets todif*' féremmettt En outre, ordonna quatre ehann bellans les plus apparens de sa maison, et deua mesBieurs des requêtes pour tenir conseil jour^ neHement, afin de pourvoir à tout ce qui stfr^ vlendroit^ la^pielle chose lia tnujeoirs éntre^^ tenue en sa maisotl. El d'autre cèté luy en sa personne donndit audience à tous ceux du payi qui vouloîent à luy petrier ; teHeneart qu'H étolt grandement aimé et révéré audit pays. Tou* tesfeis ne demeura guères après la partaient ùtâ roy que mondit sieur de Bourbon mai noua velles que Pempereur MaxiSiiitien, à tout dn^ quante ou soixante mille bemmea qu'il avoil pris en Allemagne, luy venoit courir sus eft ladite duché de Milan. E^ ledit bruit pépsévtrA jusques qu'il tài averti qirt ledit empereur et Siftdite armée étoient à Trente, qui est une VIfie à l'issue des Allettiagnes,et à Tenti^^e PltaHe du côté des Ténétt»» ; par quoy inondM sîtur de Bourbon le fit savoir au roy ; ensemble hiy ramentewt : que de son armée qui étoit enlréé audit pays d'Italie la plupart s'en éloit retomr^ née en France après kkditc bataMe ; (fa'Û avait cassé et envoyé tous les hnaquenets et aven^ turiers ; et avec ça que le rorf , quand il s'étoil départi de Milan on avoft emiloené la pbtpArt des gens de bien, et de la force de sadite armées luy suppliant quMl luy pleftt luy ahler de ganS' pour défendre ladite duché contre ledit ompe»4reur, à qui il ne vouloit épargner su vie ne aes biens) mais que c'étoit oBuvre qu'il ne powrall faire sAns gens, luy remontrant qu^il ne Isiy étoit demeuré plus de «x ou supt cena lanots ma) complètes, et qu'il nfavuit point de geiis de pied ; réservé qu'il avoit envoyé quérir ^Êhvlron six mille lansquenets qui éfoient encore parmy les montagnes de Savoya pour eux en retourner .< A laquelle chose le roy qui étott*

VIE DU CONNÉTiLBLE DE BOURBON,

encore en chemin pour s'en retourner, combien qu'il eût passé les montagnes, donna tel ordre qu'il fit retourner aucuns ^capitaines qui étoient avec luy.

Pour ce qu'après ladite bataille s'étoient dressés aucuns propos d'amitié entre le roy et lesdits Suisses, il envoya devers lesdits Suisses pour avoir douze mille hommes, et les envoyer à mondit sieur de Bourbon. £t combien que lesdites ligues et cantons desdits Suisses eussent fourni audit empereur environ vingt mille hommes de toutes les ligues, néanmoins lesdits Suisses permirent que les capitaiiies qui voudroient aller devers le roy audit Milan, pour son service, y allassent, et prinsent des gens là où ils en pourroient trouver. £t de fait il y eut plusieurs capitaines, et entre autres Albert de la Pierre, qui amassèrent ledit nombre de douze mille Suisses, et les firent départir dudit pays de Suisse, et prendre le chemin pour venir devers monditsieur de Bourbon. De quoy le roy avertit mondit sieur qui en fut très aise. Et d^ qu'il le seut, il ne fut jour qu'il n'envoyât devers lesdits Suisses pour les &ire hâter. Et journellement avoit nouvelles combien ils faisoient de lieues par jour, et là où ils logeoient; et cependant il fit mettre sus certain nombre de gens de pied Lombards et parla à messire André Griti, providadour de la seigneurie de Venise, afin d'avoir leurs hommes d'armes et gens de pied ; ce que ledit Griti lui accorda volontiers; et les fit venir dedans Milan au se« cours et aide de mondit sieur. Toutesfois, quand il fut averti que ledit empereur approchoit et prenoit le chemin de la ville de Crémone, auquel lieu il avoit jà envoyé messire Emard de Prie, capitaine de cinquante lances pour se donner garde de la ville, il douta de la prise de ladite ville, et par délibération prise en conseil, il laissa M. le maréchal de la Palisse, son lieutenant dans Milan, et mit en chacune porte de la ville un capitaine françois. Et luy avec la plupart des gens qu'il avoit s'en alla à Crémone, où, après qu'il fût arrivé et eût vu quelque fortification que ledit sieur de Prie faisoit faire, il fit tout laisser ; mais il fit renouveter certains vieux remparts qui étoient hors ladite par ddà le couvent de Saint-François, appelé Saint- Ange; et les fit si bien accoutrer que Tempereor eût été bien empêché par ce 4^té d'approcher la ville. Et avoit fait loger

à l'entour desdits remparts toute son armée , tant de cheval que de pied. Tellement que ledit empereur, averti de ce bon ordre que mondit sieur de Bourbon y avoit mis, laissa le chemin dudit Crémone et s^en retourna prendre le ebanin droit à Milan. Ce qu'entendu par mondit sieur, par l'avis des capitaines et gens de bien, illaisBa ledit lieu de Crémone gardé de certain nondire de gens, et avec le surplus s'en vint repasser la rivière d'Adde à Pisseguiton, et s'en vint à l' Adde ; et de là s'en alla loger sur ladite rivière d'Adde, droit sur le passage dudit empereur. Lequel y arriva la veille de Pâques dudit an cinq cens et quinze, entrant sur les seize, et se logea assez près de la.rivière, faisant chercher gué pour la passer, qui luy étoit assez malaisé ; car ladite rivière étoit pour lors assez forte eC difficile à gueyer, comme mondit sieur savoit assurément, l'ayant fait essayer à plusieurs.

Combien que mondit sieur trouvât par conseil qu'il eût pu empêcher le passage audit empereur, néanmoins, pour le doute qu'il avoit de la révolte de la ville de Milan, où il savoit qu^il y avoit grande quantité de Gibelins, qui avoient intelligence secrète avec ledit empereur, avec lequels ils avoient leurs frères, enfans ^ parens, mondit sieur abandonna la garde dudit passage, et s'en retourna audit Milan, où il arriva le propre jour de Pâques avec toute Farmée le soir bien tard ; car le jour du samedy précédent il avoit fait ses pâques à un petit village sur ladite rivière d'Adde. Et aijssitôt qu'il fut arrivé audit Milan, il mit gens par tous les endroits de ladite ville pour la remparer et fortifier ; car il n'y avoit autre force que les seules murailles avec les fossés à fonds de cuve, èsquels descendent les canals, etquekfues portant assez apparens is portes de ladite ville seument. Lesquels ramparts enconmiencés par le commandement de mondit sieur furent beaux et triomphans, et encore plutôt faits ; car en vingt-quatre heures ils fiârent parachevés du côté de la venue dudit empereur, et dedans autres vingt-quatre heures tout à l'entour du surplus de ladite ville, qui est de grande enceinte, comme chacun sait ; auxquels ramparts y avoit sur le bord des fossés force gros Wsr et derrière iceux deux rangs de piquiers, et au derrière d'eux un peu plus haut les arqudvosiers, et un peu plus haut la grosse artillerie. Et tout cet ordre ne bougeoit de là jour ne nuit

PAR jyiARILLAC.

étant souvent visités par les gens que mondit sieur avoit ccMnmis sur eux et leurs capitaines, et par hiy-inéme qui ne failloit jour ne nuit de Jes visiter le plus souvent qu'il pouvoit. EU pour le doute qu'il avoit desdits Gibelins de la ville, et s'asseurer d'eux et de leurs partisans, if défendit qu'il n'y eut cloche, clochette, ny liorloge qcd s<Hmât en ladite ville et fit faire défenee k tous les habitans de ladite ville de n'eux tiouver deux ensemble parlans, ne par les rues, depuis le soleil couché, n'avant qu'il fiit levé, sur pdne de la vie. Item qu'ils n'eussent à sortir de mût hors de leurs maisons pour affaires quelconques. liem mit guet de pied et de cheval jour et nuit dedans ladite ville, dont les uns ne bougeoient de la place du Dôme, qui est la pios grande, et les autres suivoient toutes les rues de ladite viUe. Mit aussi mondit sieur ordre et police es vivres de ladite ville ; car il n'en venoft point d'ailleurs, tellement qu'il n'y eut oocq souffireté, ne cessant point mondit sieur d'avoir soin continuel de faire avancer lesdits qui étoientdéjà àNovarre, là où il leur envoya les âeurs de Listenois et d'Espiri pour les hât^. Mais lesdits Suisses les voulurent tuer, disant que Voa les vouloit mener à la boucherie, sadians la grande puissance que l'empereur àvoitf tant de leur nation qu'autres Allemands ; joint qu'ils tenoient pour certain que les François s'ennuyoient à cause de ce qu'ils avoient recalé de Crémone jusques à Milan ; et, de fstit, lesdits Suisses s'en vouloient retourner.

D'autre part, la plupart des capitaines fran-

eots voyant la grosse force de l'empereur et

que moodit sieur de Bourbon n'avoit en toute

ton armée plus de quinze mille hommes enclos

dedans la ville de Milan, suspecte pour l'intel-

fig^Qce que l'empereur avoit avec les Gibelins,

étoîent^avis que mondit sieur de Bourbon se

devoit avec son armée retirer à Pavie ; ce qu'il

ne rouhit faire en aucune manière , donnant

Iiièni eonnoître au visage que ceux qui tenoient

ee propos ne luy fiiisoient aucun plaisir. Et tant

fit avec eux, ayant gagné quelques capitaines,

qo^ib accordèrent de demeurer avec luy audit

, se confiant de sa prud'hommie , pru-

et diligence, et aussi voyant que luy qui

cloil td personnage , prenoit hardimçnt l'ha-

ard, et ne craignoit d'attendre la fortune ; dont

il tm. tort aise. £t leur donna bien à connoitre

q^û avoit envie de ne les faire repentir de

cette demeure; car, sachant que lesdits Suisses s'en vouloient retourner et avoient voulu courir sus à ses gens , il envoya quérir Albert de la Pierre , t'un des capitaines desdits Suisses , lequel vint au poste de Navarre jusques à Milan, le mardy de Pâques au matin , auquel mondit sieur fit très bon et grand accueil, luy donnant à entendre l'occasion qui l'a voit meu de reculer de Crémone à Milan, où il étoit en bon équipage avec son armée et celle des YénéUens, qui étoient tous en bonne volonté d'attendre l'empereur, luy montrant à l'œil l'ordre qu'il avoit mis à ladite ville pour résister à l'ennemy et à l'intelligence qu'il avoit en ladite ville. £t tant fit par belles remontrances et prières , et pour l'amour que ledit de la Pierre portoit au roy et à mondit sieur de Bourbon , aussi pour les bons et gros présens que mondit sieur de Bourbon lui fit en robes , chevaux et argent comptant, que ledit de la Pierre luy promit que dedans le lendemain, mercredy de Pâques, il lui auroit amené toute la bande desdits Suissesdedans Milan, leur faisant faire, àce compte, trente-six milles. Et ce fait , s'en retourna en poste , et fit tant avec les autres capitaines , qu'ils vinrent le lendemain coucher es faubourgs dudit Milan, où ils furent bien traités pour ce soir. Et le lendemain, jeudy d'après Pâques, sur les huit heures, les fit entrer en bel ordre six à six les enseignes déployées et tambours sonnans jusques à leur quartier , là où ils furent bien logés et traités. Et en faisoit mondit seigneur grand compte , qui servoit beaucoup à l'armée françoise ; et rompit tout outre l'opinion des partisans dudii empereur, qui nepouvoient croire que les François peussent recouvrer aucun Suisse, tant pour la bataille que le roy avoit eue contre eux, que pour ce que l'empereur en avoit avec luy plus de vingt mille, envoyés par les ligues en son service. Et dès lors les François se tindrent plus asseurés et furent en meilleure estimation envers les Milanois qu'ils n'avoient été, qui les tenoient pour perdus , sachant que l'empereur avoit plus de soixante mille combattans , et journellement croissoit son armée des bannis de la duché de Milan qui se venoient rendre à luy. Et ledit jour de jeudy, mondit sieur étant à table pour dîner, luy fut amené un Espagnol qui avoit été pris prisonnier, qui dit à mondit sieur que l'empereur se délibéroit d'assiéger Milan, et qu'il

IM

aroitâoixinte mille combattafi»; etjà son armée et artillerie étolent aux bourgs et porte-touze. Auqoel priiODnier mondit seigneur fit donner Yingt écus et sa rançon, moyennant ce qu'il promit dédire à l'empereur que mondit seigneur luy avoitapprétéfort bien à dîner au lendemain matin dedans Milan où il i'atteudoit. Lequel empereur cependant faisoit tirer contre la ville à coup perdu, en approchant son armée pour y mettre lesi^f dontrundes boulets de fér cheut dans le Jardin du logis de mondit seigneur. Par quoi monditsieuret tous les François se tenoient pour tous asseurés d'avoir le si^ et se délibé» roient d'eux bien défendre ; encore s'émerveilloient^lsque le dit empereur ne s'étoit plus avancé de mettre ledit siège ; mais les murailles desdits feubourgs, dont mondit sieur le jour précédent avolt fait brûler tes maisons, étoient enoorechaudes, qui les retardoient de mettre sitôt le siège. Toutesfois quand ledit empereureût ouy parler ledit Espagnol qui luy dénonçoit que mon* dit sieur luy apprétoU à diner le lendemain k Milan« et eût été averti parles intelligences secrètes qu'il avoitdans Milan, que véritablement mondit sietir avoit eu ledit nombre de Suisses et étoient avec luy dans ladite ville de Milan, il pensa la nuit que ledit sieur Ludovic Sforce ; quand il revint reprendre Milan sur le feu roy Loys, dernier décédé, avoit grand nombre de Suisses, et pareillement le roy Loys en avoit de son côté et qu'il en print mal au sieur Ludovic, car il fut livré par ses gens es mains dudit roy Loys qui le tint si longuement en prison qu'il y est trépassé ; si se douta qu'on luy fit de même, pour ce que mondit sieur de Bourbon avoit des Suisses comme luy, et étoit question s'il vouioit recouvrer Milan de combattre, et que les Suisses d'une part et d'autre combattissent les uns con« tre les autres, à qiH)y il ne prenoit point de bon espoir pour luy, considéré que mondit sieur de Bourbon luy avoit mandé qu'il luy apprêtoit à dîner. Toutes ces considérations et autres qu'il peut avoir , furent telles qu'elles le peurent garder de dormir partie de la nuit d'entre le jeudy et le vendredy ensuivant. Et quand ce vint audit vendredy matin, il fit accoutrer demy douzaine de ses gens; et feignant de vouloir aHer à la chasse s'en partit dudit faubourg de Milan et s'en alla passer la rivière d' Adde ; et de là print le chemin d'Allemagne, laissant toute son armée tant Saisies que lansquenets sous la conduite du

seigneur Galéas Visconie, qui avoit amené ledit empereur k Milan et qui étoit chef de tooa les Gibelins et de tous Ica bannis de Milan.Laqotlto armée se voyant destituée de chef se fetira à Lode et y fit séjour quelque peu de temps. A«^ quel lieu les gens d'armes ftmmhê l'aUèMit souvent visiter, donner des alarmes, futvdei courses et prises, tant de gens que de bêlSi,ft tellement leur rompre et détourner les vivtes qu'ils forent contrainte de déloger dttAt htm de Lode et s'en aller à Yérone. Et au devant d'eux s'en alla monsieur de Lautrec : car pour lors le roy manda à mondit sieur de Bourtxm qm'tf s'en retournât en France, à quoy mondH lîeur se prépara. Et partit de Milan à la fin du mois de may cinq cens seize, et en s'en venant eiitr^ Alexandrie et Ast au lieu de saint Nazary il prtot une épine qui le piqua k la jambe dont il fut tellement malade et disgracié qu'il fut eenfraint séjourner en Ast, à Montcalier, k Suieet à Onn; etquand il se sentit guéri, si s'en vhit en Frangé, et trouva le roy à Vienne en Davphiné. Et de là s'en vindrent ensemble à Moutins, Ui oè le roy, la royne, madame sa mère, monsieur de Bourbon et madame sa beHe-mère, ensemble madame sa femme firent par quatre ou dnq jours très bomie chère, et après se dépatthienf, prenant le roy et les dames de sa cour feeèemin de Blols, et mondit sieur avec mesditesda* mes ses belle-mère et femme demeurèrent k Moulins où ils firent séjour de dix ou douae jovdTs, et pui» s'en vindrent au châtel de ChanteBe.

Auquel lieu fiit avisé entre eux de mander les Etats d'Auvergne etde les aUer tenir à RIoin se mois de septembre audit an mil cinq censsete. Lesquels Etats forent taïus par mondit aefgnew comme duc dudit pays : et y- comparurent là plupart des grands sefgneurs dudit pays airee les députés des principales villes dudit pays. Et après avoir avisé sur l'ordre nécessaire au Mm et soulagement dudit pays, mémement pMf &ire cesser certaine usance que tenoient hs prévôts dudit pays de faire laire ajoufiMmCAlS sur toutes juridictions, ofi il se commettoit de bien grands abus qui ont cessé au moyen de l'ordonnance faite par mondit sieur, les gens éH Etats dudrt pays lui firent octfoy fibératement de la somme de cinquante mille livres payables en cinq années, à commencer ledit an cinq cène saze, laquelle sommeils ont depuis payée. Et n'est mervdlle dudit octroy feit à memfif »ie«r

\sm

PAR MARILLAC

pMT les gens dodit pays, combien qu'il soit plus gppddfila moitié, qa'autre qui ait été fait oncq ^ mam <les ducs d'Auvergne de la mai&on de Bporboo- Et jà-soit ce que les principales églises 0 villes dpdit pays se di^nt exemptes dudit du^ cbé, ccNDin^ révêque de Clermont, Tévêque de &ûatrFloar» les abbayes et prieurés étant de ftyid^Ltioa royale, et les villes de Clermont, Montftrraod, JUllon,Saint-Pourçain, Cusset, Yssoire, trionde, Samt-Flour, et Ûrlbat, qui sont les jaciBpiires et plus grandes villes dudit pays; O^ toi^ ledit pays portoit si grand amour à lapodit seigjjueur et Tavoit en si grande estima* tiom qii'il Wor seipbloil qu'ils ne luy pouvaient tçop donner, fi au semblable d'eux, toutes les boDHÊs vilfosdu royaume ont toujours eu mondit sieur de Bourbon en ppinion d'être Vm des plus yertm^ M gr^tnd^ princes du royaume, et qui éioit jmr y faire autant de service.

Jlaodit «iepr étant à Cbantelle de retour (jbfiiil» États, le roy luy écrivit s'cq venir dey«f9 luy à Paris, où il 1 aUa trouver, et de là rayecoiqiagiui jusques en Normandie, en sa maium du gran4 Sénécbal, et de là à Araboise, où se troaTèTsnt mesdites dames, fiommes et mèresr Uni du roy yie de monseigneur de Bourbon. El e^ ce voyace, mondit sieur remontra les ffm» fha qu'il avoit faits delà les monts pour }fi nflp-yjee du roy, où il avoit fait bon service* mmqsk^f p9ur son0u>yen» l'empereur s'en étoit, ^ Mi 4«n»és« reto^rpé sans faire exploit, mal ni dommage en la duché de Milan qui étoit ^mmrim m la paisible possession et jouissance dp r^, B$H <fi''û plût au roy y avoir regard pour bry 4ider à payer.les grandes dettes qii'il amt fiiîles à cette cause* A quoy il eut petite lépMiie; iwûs qpi|^ est, en liea de luy bailler Mde|i9^ payer «es detteil» on luy éta tpus gage*^ ti kÎPQ&Us da f année, commençant le jfteum 4^ janvier iml einq oens seize, et fiiif'fUlH Ja dernier décembre mil einq ^ns d9-;iqK. Utsffu^ cages étaient tais, qua 4o gonv^noemcnt de l^aoaguedoe, il avoit inille livres que le pays de I^anpayt^ ^avoH awsi, l^eanae de la (sonnWU^ <k JFjRaace, pareille somm<^ de vingtfnte mille livres et à cause de la pei>»on Jà fp^ accordée par ie^ roys aux prédécesseurs 4r 11 pwpa dp fiourbon, «comme pour hérjtêgttfom i^voi^ consenty à mettre sus le$ tailles €B JHwihsnaw (fon on leur ville dç MUndins

qu'ils ont toujours vou^^ confirmer franche ) la somme de treize mille quatre cens livres. E^ snr lesdits bienfaits mondit sieur avoit dressé l'état de luy et de sa maison ; et si avoit frayé au voyage de Milan, plus de cent mille livres du sien propre, dont il avoit plusieurs pièces de terre engagées. Et comme est vraisemblable, mondit seigneur fut grandement fâché et ennuyé de vivre et entretenir luy et sa maison toute cette année sans ayoir i^n seul denier d'état du roy. Laquelle chose, si elle luy fut dure, n'est de merveilles, mêmement là où il venoit de sauver et garder de perdre ladite duché de Milan, qui vaut par chacun an un million de francs. Et encore luy fut plus fâcheux qu'en ladite année même il vit tous les autres princes et seigneurs du royaume, non-seulement entretenus de leurs états, pensions et bienfaits, mais les uns augmentés et gratifiés grandement ; et les mignons de la chambre faire dépense à des-roy, les uns à choses de plaisir, les autres en acquisitions et bâthnens, à si grandes sommes de deniers et si grande somptuosité que chacun s'en pouvoit fort émerveiller. Et nonobstant tout ce, mondit seigneur ne voulut oncq faillir à faire son devoir et vint devers luy à Paris. Au mois de may mille cinq cena dix-sept, le roy étant k^é aux Tonmelles, auquel lien y eut quelques paroles entre eux de racoûtrement sur quelque gourgous qui avoit été à Amboise entre mesdites dames la ipfière du roy et belle-mère de mondit sieur de Bonbon , à cause du mal traitem^t de mondit sieivr . Par lesquelles paroles, mondit sieur se contenta de ce que l'on luy dit, qu'en l'année ensuivant on luy retourneroit ses états, pensions et bienfaits ; et lors, par le commaâdement du roy mondit sieur s'en vint en Bourgongne voir faii^ les montres générales des gens d'armes étant en garnison audit pays de Boulogne. Et après avoir vu faire iesdites montrea, s'en retourna en son château de Moulin^, auqu^ lieu il passa le temps avec ses gentils-hommes en tous déduits de prince, laisant boime chère oomaie il avoit accoutumé, et eaoore Meilleure pour oe que madame sa femme étoit grosse d'enCuit bougeant; et luy et tous ses sujets étoient fort réjouis, et le tcnoient pour une grand' gr&oe de Dieu, car vu la difformité et indisposition de la personne de madite dame l'on n'avoit opinion qu'elle portât jamais enCan^.

Et quand vint au mois de juillet ensuivant dudit an cinq cens dix-sept, mondit sieur qui avoit toujours un gentil-homme en cour pour ses affaires, fut averti que le roy et la royne s'en alloient faire leur entrée à Rouen. Par quoy partit de Moulins et s'en alla expressément devers le roy et la royne, et iceux accompagna à ladite entrée ; laquelle fut à divers jours et fut fort belle et triomphante ; car la ville de Rouen est une des meilleures villes de ce royaume, et capitale du pays et duché de Normandie. Auquel voyage, mondit sieur fit grosse dépense, tant pour la grand' compagnie qu'il avoit avec luy, que pour les jeux et festins qui se firent alors. Ladite entrée faite, mondit sieur fut averti par madame sa bellemère que madame sa femme approchoit le terme de son enfantement. Par quoy il print congé du roy et se mit en chemin pour retourner en son pays en Bourbonnois ; et sur le chemin, étant à Cône sur Loire, fut averti par madite dame, sa belle-mère, que sa femme étoit jà malade du mal d'enfant, par quoy mondit sieur s'en alla dudit lieu de Cône en diligence sur chevaux de poste jusques à Moulins. Et tôt après son arrivée, madite dame sa femme accoucha d'un fils qui fut le très bien venu , comme celuy qui étoit désiré. De quoy toute sa maison et sujets de ses pays furent merveilleusement réjouis, et en firent partout les feux de joye ; car en ladite maison de Bourbon n'y avoit point eu de fils depuis les enfans du duc Charlesler, quatre-vingts ansavoit. De laquelle chose mondit seigneur fit avertir le roy par un des plus apparens de ses gentils-hommes, suppliant le roy de le vouloir tenir aux fonds de batéme et le faire chrétien, ce que le roy accorda liberalemenV. Et manda à mondit sieur, que pour cette cause, il seroit à Moulins le plus tôt que possible luy seroit, ce qu'il ne faillit de faire, arrivant à Moulins, au mois d'octobre ensuivant. A la venue duquel, mondit seigneur fit aller au devant de luy plusieurs bandes de gentils-hommes, Les uns habillés à TAlbanoise, les autres à l'Espagnole, autres armés et bardés, lesquels sur le chemin du roy, et pour luy domier plaisir, vindrent rompre lances, et faire bouhourdis en foule comme à la guerre, que le roy trouva fort beau, et le print bien en gré. Et après qu'il fut arrivé à Moulins, fut le batiscment fait du petit sieur, qui, comme l'aîné de

la maison, porta le titre de comte de Clermont. Et le nomma le roy par son nom, François, et fut batisé par M. l'Évéque de Lizieux qui étoit venu avec le roy en présence de plusieurs au très évéques et abb^ dedans la chapelle da château de Moulins moult richement parée et aomée ; et fut marrine madite dame Anne de France, sa grand' mère. Et ce fait, le roy fût mené et accompagné' par mondit sieur en son échafaut sur les lices en la rue d'Allier, audit Moulins, là où il vid courir à la joâte de fer émolu en haut appareil ; lesquelles joutes, mondit sieur avoit fait dresser, comme dignes de la présence du roy, où il y eut plusieurs bdies courses, et force lancesbien courues et rompues, et beaux coups donnés et reçus. Et durèrent lesdites joutes, ensemble les combats à cheval et à pied, l'espace de douze ou quinze jours, le tout es dépens de mondit sieur de Bourbon, quant aux tenans et aides qui étoient fort richement accoutrés. Et lesdites joutes, tournois et combats finis, le roy s'en retourna; et mondit sieur, après l'avoir convoyé, s'en revint en sondit châtei de Moulins, où il séjourna jusques au mois de janvier ensuivant, qu'il s^en alla devers le roy à Amboise, où il séjourna pour lors, et la royne aussi qui étoit fort grosse et quasi prête d'accoucher. Et là mondit sfeur se mit à poursuivre le rétablissement de ses états et pensions, dont l'on luy tenoit toujours bonne parole, mais il n'en peut OQcq avoir expédition de fait.

Et cependant que mondit sieur fut audit lieu d' Amboise, tenant compagnie au roy à la chasse et par tous les lieux où il alloit prendre passetemps, la royne accoucha de son premier fils, qui porta le nom de dauphin, ainsi qu'ont accoutumé tousJes fils aînés de France ; qui fut une merveilleuse et grande joye à toute la cour, et universellement à tout le royaume de France. Et fat la nativité dudit seigneur dauphin, le dernier jour de février mil cinq cens dix-sept. Pour laquelle naissance furent faites joutes et tournois, èsquelles mondit sieur se trouva en personne accompagné de douze gentils-hommes qui joutèrent tous vêtus d'une parure, et richement et aux dépens de luy. Et après ledit tournois, mondit sieur s'en revint à Moulins, et y fut jusques à la Toussaints qu'il entendit quHl venoit à la cour une grosse ambassade^ d'Angleterre; par quoy aBa trouver le roy à Paris-,

qd recaeiUit hautement ladite ambassade, et fit OQ beau banquet. Et après lay mondit sieur leur en fît un autre et qui fut beau et grand, avec danses, farces, morisques, momeries et autres réjouissances magnifiques ; et tôt après la iete de Nêel s'en retourna en Bourbonnois.

£d Fan mil cinq cens dix-neuf, au mois de juin retourna de rechef devers le roy à Paris, poursuivant toujours doucement et honnêtement le recouvrement de ses états. Auquel voyage il fut près de trois mois. £t, voyant que sa poursuite ne luy servoit de rien, et qu'il n'en tîroit aucun profit, s'en revint en Bourbonnois et en soncyLtel de Montiuçon. Auquel lieu, madile dame sa femme , faisant aussi bonne chère qu'on luy vit oncq faire, voulut faire son testament; H de fait le fit; et institua mondit sieur sfm mary son héritier universel, en quoi elle montra ia grande et cordiale amour qu'elle luy portoit: et aussi elle se voyoit en état de ne porter enfans» car l'aîné comte de Clermont étoit trépassé, et elle étoit avortée d'autres deux fils qu'elle avoit depuis conçus. Ledit testament &it, mondit sieur tôt après partit dudit Montiuçon, et s'en alla à Châtelleraud, pour recoeîlUr le roy, la royne, et madame mère du roy qui dévoient venir faire les fêtes <le Noël en aflant à Coignac. Et arriva mondit sieur audit Châtelleraud huit ou dix jours avant la venue du roy, où il fit venir force bons vins pour (etoyer le roy et sa compagnie, lequel y sqouma trois jours avant la fête; et si y passa toutes les fêtes faisant grande chère, etchasser tous les jours à la garenne dudit Châtelleraud, bien peupléede bêtes rousses et noires, car ladite garenne est une des plus belles de ce royaume.

Leadites fêtes passées, le roy et les dames fl^ acheminèrent vers Poitiers, et de là prindrent k cheaûn de la Rochelle, et de Saint-Jean d' An-

PAR MARILLAC

gely , et de là à Coignac, ou mondit sieur print congé du roy, l'ayant accompagné jusque-là. Et s'en revint à Châtelleraud retrouver mesdames ses belle-mere et femme, et avec elles fit pâques. Et tôt après s'en partit, et vint à Blois voir M. le dauphin et les autres enfans du roy; et après s'en alla devers le roy à Paris pour l'accompagner à la vue de luy et du roy d'Angleterre, qui se de voit faire le 1 «rjour de j uin , l'an mil cinq cens vingt, à mi-chemin entre Ardres et Guynes. Auquel lieu mondit sieur se trouva en équipage de prince. Et, pour jouter contre les Anglois, il avoitdouzegentils-hommes vêtus et accoutrés d'une parure où ils firent honnête devoir: et furent volontiers vus. Et après lesjoûtes combattirent vêtus de nouveaux accoûtremens d'une parure, où ils furent bien faisans leur devoir. Lesquels gentils-hommes mondit sieur amena luy-même jusques aux Uces, étant monté sur un gentil coursier ayant le saut aussi hautqu^il étoit, dont mondit sieur le fit très bien acquitter. Et pour ce que le roy d'Angleterre montra au visage de prendre plaisir audit cheval, mondit sieur descendit, le luy présenta et donna; et ledit roy le receut à grand gré. Auquel lieu choisi pour ladite vue fut faite et jurée paix, et le propre jour SaintJean Baptiste, entre lesdits deux rois, par devant le cardinal d' Yorck, qui dit la messe sur un échafaud devant lesdits deux rois. Ladite paix faite et jurée, lesdits rois et princes se départirent. îLt passa mondit seigneur par Thérouenne et Abbeville, accompagnant le roy, et après à Amiens, à Clermont en Beauvoisin, etàParis*, et de là s'en alla à Châtelleraud, où étoient mesdites ses belle-mère et femme, avec lesquelles il fut le surplus de l'année mil cinq cens vingt et jusques au mois de mars.

JUSQU'A Là MORT DU CONNÉTABLE DEVANT ROME, EN 1527,

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