‹ Le loyal serviteur [pseud.] Chronique de Bayart.--Guillaume de Marillac. Vie du connétable de Bourbon.--Antoine de Laval. Continuation de Marillac.--Jacques Buonaparte. Sac de Rome in 1527.--R. de La Marck, sgr de Fleurange. Mémoires du jeune adventureux.--Louise de Savoye. Journal.--Martin et Guillaume du Bellay. MémoiresChapitre 117 sur 428 · GENTILHOMME^ DE SAN MINIATO · texte numérisé non relu

GENTILHOMME^ DE SAN MINIATO

Pour bien fidre comprendre ce que nous avons à raconter^ il est nécessaire de se reporter d'abord à qaelqnes événements antérieurs qui ont amené et la ruine de lltaiieet la destruction de Romer afin que le lecteur puisse ensuite suivre jdos Cacilement notre récit.

Les prétentions de François !«' sur la Lombardie et principalement sur le Milanais £aisoient appréhender qu'il ne vint fondre, pour la seconde fois, sur lltalie, àla tête d'une armée fi)rmidable; les différents princes de cette contrée éjMTOu voient les plus vives inquiétudes; le pape Clément VII surtout redoutoit la guerre, et, pour y mettre obstacle, faisoit jouer tous les ressortsde sa politique. U savoit que de la tranquillité ou du bouleversement de l'Italie dépendoient ie repos ou l'agitation du reste de l'Europe. Un traité d'alliance fut conclu à Rome entre le pape, l'empereur Charles Y, représenté I)ar le vice-roi de Naples, le roi d'Angleterre, Tarehiduc d'Autriche, le duc de Milan et tous les autres princes d'Italie.

Mais cette puissante coalition ne fut point capable de ralentir l'ardeur du roi François, qui, doraùt son séjour à Lyon, poussoit avec vigueur les préparatifs nécessaires à son expédition ; il éloît persuadé qu'il fialloit attribuer la funeste issue de la guerre précédente au manque de prudence ou de bonheur de ses généraux. Une partie de ses troupes avoit déjà passé les monts, et lui-même étoit au moment de les suivre lorsque la révolte inattendue de Charles de Bourbon détnùnt son plan, et le força de rester en France. Disons deû mots sur ce prince qui fut si fatal k la France et à Tltalie.

n étoit fils de Gilbert de Montpensier, ancien capitaine général des François en Aragon, qui

(1) Ce Borceaa, écrit origioahneiDeDt en italien par Jacques BiionapaTte, a élé u^diiit (laruii de ses descendants, le prince Sapokfm ; Toyez la. notice en tète du volume.

XYI* siicLE, Chron.et Mérn*.

mourut à Pouzzoles, l'an 1495, à l'époque ou Charles VIII fit la conquête du royaume de Naples. Bourbon n'avoit point d'apanage; mais U étoit prince du sang, et la duchesse Anne, femme du duc Pierre , sœur du roi Charles, lui donna en mariage sa fille unique, qui lui apporta une riche dot, et particulièrement le duché de Bourbon. Cette princesse, loin d'être belle, étoit petite, noire et bossue, non-seulement sur les épaules, mais encore par-devant. Son mari pourtant n'avoit pas l'air de s'en apercevoir, et donnoit à entendre qu'il ne lui faisoit jamais d'infidélités. Naturellement dissimulé et ambitieux, ses re venus ne4)ouvoient suffire à sa fastueuse prodigalité, tant qu'à la fin, force lui fut d'engager ses biens pour satisfaire ses créanciers.

* Les coutumes de France appeloient à la succession du trône Charles ide Bourbon, immédiatement après le duc d'Alençon, Pendant un certain temps celui-ci avoit été exclu de cette prérogative, à cause d'une conspiration contre la couronne, dans laquelle son aïeul ou bisaïeul avoit trempé ; mais le roi Louis XII, voulant faire épouser au duc Charles d'Alençon Marguerite, sœur de François, alors duc d'Angoulême, le fit rétablir dans ses droits, et déclarer héritier de la couronne après le duc d'Angoulême.

Charles voyoit cet arrangement avec colère et il ne vouloit consentir, en aucune foçon, à ce que le duc d'Alençon prît rang avant lui. Le roi pour l'apaiser, l'avoit fait grand-connétable ; cette dignité militaire, la première de l'état, n'avoit été conférée à personne, depuis la fin tragique du comte Saint-Pôl, qui eut la tête tranchée sous Louis XI.

En devenant connétable, Bourbon l'avoit abjuré son air d'humilité. François I«', ayant nommé gouverneur de Milan, il devint hautain et affecta des manières de prince absolu, si bien que le roi fut forcé de lui adjoindre dans le com-

SÀC DE ROME,

[152ÎÎ

mandement monsieur de Loofoif, nvic IiqimI il se brouilla de dépit. En 1516, quand Tempereur Maximilien s'^pproçhit d^ MÛm » Vourbon se seroit volontiers retiré, 8*11 n*y e&t eu personne pour l'en empêcher ; mais ensuite voyant rempereurabandonntr eette vile, sans rien an* treprendre de sérieux, il se vanta de Ta voir repoussé, et s'attribua toute la gloire da la défense de Milan.

Le roi, désapprouvant sa conduite, ne voulut pas le laisser plus long-temps en Lombardie, et le rappela en France, (Al il Joua le r61e de mécontent, occupé seulement à dépenser de Targent pour grc^r son parti. Sur ces entrefaites, S perdit, et sa belle-mère, qui ne ^étolt Jamais fittiguée de fournir à ses prodigalités , et sa femme, qui ne lui laissolt point d^enfants II étoit accablé de dettes et de chagrins : pour comble de m(iux, madame Louise, mère du roi, lui intenta un procès; elle prétendoit avoir des droits sur les biens dont il étoit entré en possession en qualité d^héritief de sa belle -mère el de sa femme. Charles, at) désespoir, etmnxi se jeter aux pieds du roi, et le supplia d*empécher madame Louise de ^approprier ses terres , et de ne pas souffrir quMl lui fftt fiiit une aussi violente ii\ji}stice ; il hii fit remarquer combien il étoit désagréable et désavantageux de plaider contre une si haute et si puissante dame, bien qu'il fftt presque certain de gagner sa cause.

Le roi le rassura, PencQuragea |i se tranquilliser, à ne pas se mettre en peine sur la réussite de son procès; mais il tint pourtant à ce que le litige At décidé par sentence de la cour, ailn de ne point déplaire à sa mère ; en outre, il au«roit regardé comme tm crime de suspendre le cours de la justice ; son intention étoit que les juges fussent indépendants et incorruptlMes. Il promit au duc, dans le cas oft sesproj^étés seroient adjugées à sa mère, de se montrer généreux à son égard; il lui dit qu'il lui prouveroit combien il honorolt ses qualités çt la dignité de son rang, en lui rendant les mêmes terres, ou d'autres encore plus considérables.

Aux chagrins de Bourbon, dont Pesprft aigri prenoit tout en mauvais part, s'en ioi^t bientôt un autre. Le jour où le roi de France eut à combattre, en Picardie, la fbible armée de Pempereur, avec l'espoir certain de ta victoire , le commandement de Tavant-garde, qui appartenoit de droit au connétable , fiât donné au duc

d'Alençon, Qo!)rt)0|| ressentit vivement cette injustice, et ne sut point déguiser son mécontentement. Déjà le roi ^Ypit traversé FEsçaut avec la plus grande partie de ses troupes, d^ l'armée étoit en bataille, en fece de l'enn^ni , etBourbpnrestoitimmobilesurrautrerive. N<m seulement le connétable ne vouloit point prendra ptrt à Paetion, mais encore essaya-t-il de retenirprèsde lui Louis, sénéchal de Normandie, qui ^avançoit en toute hâte pour traverser le fleuve avec un corps de réserve. Fier du nombre di treupei qu'il eompiandiilt, il Ptgardolt avee orgueil ses 1000 llintasrins et son fsrtdé* taeheoient de eavalien du duché da Bourbon^ et ne eonpreiiolt pas qu^on eAt osé traiter il lé» gèrement «a homme de son tipportaMt ; ine** paMe de maîtriser sa Jalousie, il disait btot^ ment qpe^ par égard pour une fmast « lui avait prétM un homme sans eoMirat sans tèia. Gomme il étoit Messe daai son amoof^propM, fbrtement irrité et enoore puissant, il ne manqua pas d'amis et de eréaturas, qui, par kms insinuatf<msmalieieuses, renflammèrentjdavaiv tage. âevéau premier rang, brave at géîiéwyA à Pexcès, entouré de Péelat d'une grande muasance, d'une physionomie grave, mats agréaUa, Bourbon savolt se concilier Paflsetion géaérala, Jaloux d'acquérir de la gloire, mémo aux dépens de Phonneur, il s'engageoit sans eeaN dans des entreprises téméraires. Il fbut ajouter qu'il étoit plein d'orgueil , et que ses actions , flHesdu caprice, manquoient de cette éiieetiOB calme et solide que la raison et le Jugemoat seuls savent leur domter. Dans son intériaur , sa conduite étoit encore plus inconsidérée; poop soutenir le faste royal de sa cour, il faisoît des dettes immenses ; 11 traitoit avee «i mépris insultant ceux dont H fttiseit peuda cas, sans égami pour leur rang, et bien qu'ils fussent revêtaa des premièraidignitésdePétat. Mais quedis-JeY Ne se révolta-t-il pas contre le roi hii-nêneT La trame qu*ll ourdit alors avee tant d'Ingratitude a couvert son nom d*«a étemel qppvnbre. D'accord avec quelques hommes légan et irréfléchis , il contracta envers Pempoour el Henri, roi d'Angleterre, rengagement abaadnaMe de fbndra , à la tête de ses pfopres vassaux et de quelques barons conjurés, sur la vel Fraoçpi3, aussitôt qu'il aurait passé les Alpes. François 1*^^ s'étoit déjà mis eo route, lors^ que la conjuration Itot décourerte par ta 4m

waxflku t imrat4'ttii«niiiilMe)KHiiti¥ei tpfmï

lii«fiag« dOttHâ HmMà, lÊÊBàt (te r«fli|^iMf , ircuire d'ImiilAinid) M é« Mrttig&l; Vh Mite iwÉtigflr » hftbillééil ^yëAtiëtveM â*Ai)gteterre^ étolt M»lre allé tetfodter pan» fiS^r àtee lui dIflilniiM points é« là Mti^)iliiU<m« Le fti mafetoiittiispittA tarâef , fétitiilà«totll'de M mé nMillMiie Éoii«» «t se tfahs^ortâ à lfMiiift«tfiimM0èpUUaiieëâedli&Heft. Cehiiêi 1» ïVflii ilMÉft M éiàt â« kiigut!^ âfltetéë , M fltfiÉitt iMMir poQf itiédëde. Lfe fbi lui rapy^« «i là MofliùIlM <}if U tvoit )ilw^ «Il kii, et k ag&hé l|tt'il loi àvolt eoiilé^^ iftil Téletoit â<t dftiito dtortètfe dé geésojeto ; il M fiifedùu^ fter ifoe fa» liens dli sang qui len titiis^iêtH he M hli ^emëtMeât paé de le suppoietr «âpâMe iebatitt ttildiDD, qtiolqu'U eât «A mâlftdeÉ pttt^ l«i Mii¥èhMiAnteB. • Si Je toctt eit)yôiâ (;Hmi>tel* i^MU^Hl, j« de teAfl^étroiê (Ito de voUë ft^ Iftiàiër bHm là Hgueiir des blà^ i«

Boorbon, troublé pêt léë HiprtM^heftâi ià ebiifHMMCtPHt là màlli dvl foi, I» ÏMOl à plu^eurs fieyiitt» H d'une ¥Oii (bible a tfèmblante, le iiqipBàbttiBMeiiiettt de iie pas àjdtitér fbi à deà •Mii idftttiedi k aà fidélité; parce qti*il étôit ¥MiAe des ehtien et des eâlomtiiàtetii*s. Etimm Û mMttik Dlêtl dé lut âToif dotuié un itotiiknl^ ifA , inêttie M tbilieu des plite ttves iûfHfémdeè toiiéteAt M sfti^é pefsotln^, h'àb* JtMfl ni là bmé, ni la gébéiDêité de soft «a- IWlftfiâ. il CônJ^nfbtt 1(5 fbi de hri t>àtdonù6f , àt ^Hel^WfiriÉ 11 à¥oitMésséla majissté ût Mtt nom fiêt éèè pi^fpoà M^m ou ttùp hàHlIii. luDéaofdit4i , Je teu tbe toalnt^f eoh»tammebt là Hgnedetiies devoirs, et gi^ef étémelgfàfé dàM mon ebmf le aouVentf déS MHfAà Mes là tclémaiee de tâon fbt. s

FMDâMà le t^ttà, Te^^fit agité , et hi Of ûOÈMét h mtfeéiiltalié \ tâati fionriMi, apr èft auMf pfétexté pendant i|ùél()uéii Jows nne ttia- IMR9 wéAÈ^pÊL (tlàndeaiineitteftt pebdaùt là iÉR% utpàÊk en ¥àièl> u pàttà éh Bônfgôgne»

fàt As MMléfa pÈ^ ttbtfoM^xlà ^ àMIttipàgnè

rm mA ïMMt^, à qdi jadte )1 àvtrft tonve là

Tie, ensuite dans les étàtà de Tèttipefeûf , et de leÉllilf».

U m PfàhçdÉ efàtgnànt f)ue, pédant «m «liMfee fl M flè MraKààt dé nbuvélleê èotjnHl^ ffaûÉ, et tMIAi4 ttiémt^ ^KfcbnTtif cdlés qui ù'è-.

PAR JÀâQtBfl BdONAPARTE.

tOMhl |Mi eftédfè éAtllMMIt dé¥Oilées, ëe décida à propos à reHef ih f fàftee. Pendant oe tëttps i M déebdvrtt étt MMi pàfttii la noMesse/ dis 66ttltillbéi de la tfàhiadtt de Bonrboû , et, mm autfei, l'éféqilê d'Adttîn eft Bourgogne et le ielg&edf Al là teffe de Bt.-Vàlery , qui étoit éàiMtàlhe d^iiié bôtâ|;»agitiè de gàfdes nobles à (ihetal Oà m. Ceitt-el furent pri«, tnals les autreè iretiAdrent et allèrent re)otftdfe Botirbon par

diveiPs ëôtéë;

Lei iMbéHàiii, àti fait de ees étéuemebts, réaoltireftt de podfdtthrre ledfs tietoire^ contre les

Ffàbçdti et passèrent les Alpes. DèsbAcétéfioufb(m d^ dédàfé rebelle, tfàVOit d'autre pensée en Italie que d'animer contre la France lei$ Im-

périanxi a dam soft Iftipattence, ne votdant sonffHf àbetm retard , 11 ne eesftôit de presser par dèë tfieiiàgeê (Mipientà rempèreur et le roi d'AAgleterre de eominèfleer la guerre, nonàenlenient bàr lei Pyrénées, n^ii encore par

la mer de nandre et par là Bdurgôgne. De cette

tnanllre, il àufbtt àtuqné là Provence par terre et par mer. U eroyôtt qii*à là ftiveur de cette entreprtielà France se ftbtdéyeroitau notndeSour^ bbn, et U lenr énnêeillnit de ne pai làtà^er éébapper eette dMuinn qui se mt^itrolt ai favorable. L'emperenr thàrleé-QtiInt et le rot Henri , jugeant (|iie le ntMtent étblt tenn Rabaisser beUement la pnis^nee de Pran^id I«^, se préparérentàla guerre, te mardis de Peeeàrà Ait fait géné^àl de l'arma et Ilngnes de M6ncàda fut â^ef d'éut-màjôr, avec cette condition cependant, qne ces denx générani n'aglrolent que d^àprèft lei con^ik, m talente et les ordres de Chi^ei éè fionrbon. Ce^t par eette coalition qn'ent lien le atége de Marseille. Le pape aément, tea Véntitens et François Sfbrza, malgré lenr haine ponr les François, ennemis trop redouubles, et malgré letir étroite alliance avec Femperenr» eràignoient néanoôina qu^uné gnerre ânâcltée hors de bro{M)a ne nntstt à Tltalie. Mais, <f nn antre tmé, ils se réjoutsioient dnpaaeage de Bonrbon, bien qu^il^ snssent qu'ils n^avdient pàa blnà ï craindre dee François ,

Snôtdne éteinte, quedea Espagnols, gens avieà dé Â>m)nàUon et d^à ^uits par Tabondanee et tes délices de la Lombardie.

A là Ihi dû mot» de eeptembre de Tannée i5iSi à midi, Fannèe impériale déeespérant de ae rendre tnaîtresdè delà ville de Marseille, leva

le siège et se prépara à la retraite. Me avolt

. employé quarante jours inutilement et avoit peridu beaucoup de monde.

Quoique Bourbon coimût la nécessité extrême d'une telle résolution, il n'en éprouva pas moins de vifs regrets, et, dissimulant ses intentions, il sut cacher le mauvais état de ses affaires en se plaignant uniquement à ses confidents d'avoir été trompé et trahi . £t cependant, quoiqu'il ne perdit pas courage et qu'ouvertement il commandât encore en chef, il obéissoit cepaidant volontairement au marquis de Pescara. Car, de même que le bonheur rend les hommes insolents , de même la mauvaise fortune en les humiliant les rend doux et dociles.

Cqpendant, François I«r ayant déjà fait ses prq;)aratifis pour passer en Italie, mit ses projets à exécution dès que les impériaux levèrent le siège de Marseille, et s'étant rendu sous les murs de Milan, il prit cette ville d'assaut l'année 1522 * ; ensuite il passa au siège de Pavie.

Bourbon qui voyoit avec peine les projets du roi, laissa l'armée impériale en Lombardie, passa en Allemagne pour demander du secours à Ferdinand, firèrede l'empereur, et pendant ce temps, le pape Clément et les Vénitiens frappés de terreur en pensant que le roi François doué d'un si grand courage et commandant une si grande année se vengeroit en ennemi de ses anciennes injuress'il prenoit Pavie, firent une alliance avec lui. Le roi ne demandoit d'autres conditions du pape et des Vénitiens que de ne favoriser aucun parti et de rester neutres, sauf cependant à ne pas eqipêcher l'arrivée des vivres , sûr qu'il étoit que, sans lesecoursde personne, il triompheroit de ses ennemis. Cetteconditionqui étoit alors très bonne, et qui, en apparence, paraissoit très sûre et très utile, plaisoit infiniment au pape et aux Vénitiens; mais en^te la fortune de la guerre ayant changé et ayantamené les tristes résultats qui suivirent, elle leur fut de grand préjudice et entraîna leur perte.

Pendant ce temps, le pape Clément tâchoit de faire conclure la paix entre les François et les Impériaux ; et dans ce but, il avoit envoyé au roi de France et aux capitaines impériaux. Giovanni- Matteo-Ghiberto, évéque de Vérone etfiireNiceolô délia Magna, archevêquede Capoue, afin de les disposer par une trêve à traiter de la paix ; mais ni l'un ni l'autre parti ne se contentèrent

(1) KouTeap 8t7le, ISfl,

du traité qu'on leur proposoit , le roi ne croyant pas devoir s'éloigner de Pavie qu'il vouloit prendre, et les impériaux ne voulant pas l'abandonner, et attendant du secours d'heure en heure. Tout espoïi^ de pacification étant perdu, l'évèque Ghiberto retourna à Rome et, quant à frère Niccolô, il resta auprès de l'empereur.

Sur ces entrefaites Bourbon revint de l'Allemagne, au milieu de l'hiver, avec une forte armée, et il arriva avec eUe à Lodi le 21 janvior 1525. Alors le pape, doutant beaucoup du succès de la guerre , commença encore des négociations de paix. Ne voulant paroitre nuire k aucun parti, il leur conseilloit de poser les armes qui ne servoient qu'à envenimer leurs ressentiments, et de les tourner ensemble contre les'ennemis du nom du Christ. £n. même temps que le pape Clément VII, que sa vieille expérience rendoit circonspect, se ilattoit, entraîné par sa fatalité , de paroitre favorable à chaque parti, û oftensoit en secret gravement l'un et l'autre, et il attira ainsi sur lui et sur toute l'Italie une guerre grave et dangereuse.

Quelques-uns de ses affîdés et de ses amis loi conseilloieQt, au îieu de dicter des conditions de paix , en restant désarmé, de mettre sur pied une bonne armée, afin qu'on le craignit pendant qu'on traitoit et qu'il inspirât de l'estime à tons et surtout à ceux qui étoient armés et qui auroientpu les mépriser. Illuifalloit, disoient-ib, des forces pour contraindre ceux qui auroient refusé avec obstination et insolence les conditions qu'il proposoit ; et même, si où les refusoit il devoit avoir recours en dernier lieu aux armes divines contre tous ceux qui résisteroicnt. Le mauvais destin de l'Italie voulut que le souverain pontife dédaignât un parti si sage et si louable; et cette faute entraîna sa ruine. Une des raisons qui l'empêchèrent de solder des troapes forent les dépenses de la guerre que devoit soutenir la chambreapostoliquedqpourvue d'argent. Par un esprit de justice, alors dangereux» il persévéroit dans cette résolution soit à caose desdépenses,soitpar le désir de montrer l'équité de la majesté pontificale. Il resta donc en dehors de toute collision et fit l'office de juge et d'homme incliné à la paix.

Ce fot alors qu'arriva la cruelle déroute du camp françois sous les murs de Pavie, et de la captivité du roi de France, qui jeta la terreur ^s l'esprit de tou^ les princes. Le pape en fut

[152fiJ

PAR JACQUES BUONAPARTE

épouvanté. Un grand nombre de ses amis les plus cfaers loi conseiUoient de se détacher complètement do parti françois, et d'embrasser le parti dn vainqueur, en secondant les capitaines impériaux de tousses moyens. Ils ajoutoient qu'avec peu d'argent il feroit oublier les vieilles injures, qu'ensuite il pourroit renouveler la BgQe ancienne qui lui donneroit une paix utile , au lieu d'une guerre f&cheuse, et qu'en dernier résultat, si ces tentatives ne réussissoieDt pas, il pourroit avoir recours à son autorité spirituelle.

D'autres, au contraire, prétendoient que ces conseils étoîent ceux de la lâcheté ; qu'en les suivant on assuroit l'esclavage de la France et de l'Italie ; qu'il étoit honteux d'abandonner le roi dans sa détresse, surtout quand son malheur étoU en partie la faute du pape et celle des Vénitiens ; que si Qén^ent vouloit'délivrerun prince généreux et reconnoissant, il n'en coûtéroit peutêtre pas plus d'argent que pour acheter la paix deFempereur.

Deces deux opinions aucune ne plut au Saint- Père : la première ne lui oflroit point assez de garanties pour l'avenir et lui sembloit humi- Kante; a seconde lui paroissoit un parti désespéré ; ne voulant qu'une seule chose , la paix , il rejetolt les moyens violents. D'ailleurs, il n'a- ▼oit point la force de se dégager des anciens liens ^amitié qui l'unissoient à l'empereur, et ne vooloît point s'aliéner Henri, roi d'Angleterre.

Le premier mai 1525, le pape renoua ses négociattons avec Charles de Lannoy , lieutenant de Pemperenr en Italie, et s'accorda avec lui sur diverses conditions. Charles Y ne voulut pas les ratifier, et mit par là Clément VU dans le plus grand embarras. Cet embarras s'accrut encore après le malheur arrivé aux troupes du duc d'Âlbaiûe, qui étoient à Naples à la solde du pape : cernées par les Espagnols et par des soldats de Cokmna, que la captivité du roi de France avott rendus plus hardis, elles furent toutes passées au ffl de l'épée ; ceux qui croyoient s'é- Aapper furent poursuivis et massacrés au pied du mont Jourdain et jusqu'aux maisons des Orsim. Le pape s'étoit montré partisan de la cause qui avoit succombé, et par là il avoit perdu sa considération aux yeux de cette soldatesque.

Le 14 février 1526, le roi François recouvra sa liberté. Des ambassadeurs du pape et des ^énjtjeos v^ir^ent aussitôt les féliciter, et lui of-

frir, ainsi que le duc de Milan, de se liguer avec lui contre l'empereur ; mais le roi leur témoigna son mécontentement dç ce qu'ils l'avoient abandonné dans le malheur ; il leur dit qu'il nepouvoit écouter leurs propositions , étant engagé dans une négociation ave<v l'empereur. Cette négociation qui se faisoitpar l'entremise de Lannoy avoit rapport au dudié de Bourgogne que François avoit promis pour sa délivrance, et à la place duquel il vouloit donner de l'argent.

L'empereur , irrité de voir le roi de France éluder les artides de leur convention , donna une attention sérieuse aux préparatifs qu'on faisoit contre lui en Italie. Sur-le-champ il chargea Bourbon de passer à Gênes , et fit signifier au roi par Hugues de Moncada qu'il n'étoit nullement d'avis de rien changer aux conditions de son affranchissement. Dès lors le roi, ne conservant aucune espérance, résolut de conclure une^alliance avec les agents du pape et les Vénitiens; on s'engageoitde part et d'autre à restituer le duché de Milan à François Sforza, et à délivrer les fils du roi, retenus comme otages à Madrid. Les alliés mirent beaucoup de monde sur pied pour, assurer l'exécution du nouveau traité.

Le 5 juillet, le duc d'Urbin, capitaine général de l'Eglise, arrivaàcinqmillesdeMilan,le même jour où Bourbon, q^i étoit passé par Gènes, entirôitdans la villea^ec 800 fantassins espagnols ; il yeut plusieurs escarmouches entre les deux armées, mais rien de sérieux; les impériaux s'occupèrent tranquillement à fortifier Milan.

L'armée de 6ourik)n se conduisoit indignement avec les habitants : non-seulement les * hommes, les femmes et les enfants étoient insultés dans les rues , mais encore , sous le prétexte de s'assurer s'il n'y avoit point d'armes cachéesdans les maisons, les soldatsy pénétroient, et pilloient tout ce qui s'y trouvoit ; Bourbon ne pouvoit réussir à les soumettre à la discipline. La citadelle capitula et fut remise à leur garde; Sforza eut la permission de sortir de Milan et de se retirer à Lodi.

Cependant la fionille des Colonna harceloit sans cesse le pape , qui avoit lancé un interdit contre die ; toutefois, il étoit disposé à prêter l'oreille aux propositions d'Hugues de Moncada, qui , non pour ménager le repos du pontife , mais afin d'endormir sa vigilance, Ipi propo*mi 4e le réconcilier avec le? Çolow^? C'^t

hkC DE

pourquoi yespàsieiiCol0itaAAit ènToyé àRoné* da&f te but d'entamer la négodation ; k pepè eut fel en ta stnâérité, el arrêla krm hii les sti»- INtlattoûB suitàntes :

Lee Gokmna rendroient Anagni et qnelques anti^ places qa*Ua aroient pHses an pape : ils ne Inèneroient à la gnenre anenn de leura raa^ eaux attaehés àuA terres dépendantes des états eœlésiastiqiifes : ils ponveient combattre i^ service de Temperenr 4 et potti" la défense da myanmi de Nat)les.

Glémentde son oôté s'engageoit àotibU^èe qui s*éloit passé ( à lerer Tinterdit publié eoutre le ilardinalPomt>ée ( àné pas envahir lenrs poa^ eessions, et à ne pM sonffirir qnè les Orsitii les Myageassenti

Qes conditions ainai réglées d'nn eommon a»* ootd, te pape lieencia là pins grande paftie des trobpes à Sa solde. Biacrtôt on apprit que tes armées éonfiédérées fkisoient de grands pfogrès ; q«ie Cènes ëOnroit mi iHuiiinent danger^ menacée par les Alites ennenkies, mMiitéesdans son vot ainagei que Crémone étoit prise^ éi MOan étM<tement Uoqvée par one armée d^ eotisidéhdite et diaqne Jour rcnfereée de noiateaiix seooars en hommes et en chevaux.

Les Ooloitna maithéreni avec HOO fuitasah» soir Atlagni, et firent semblant de vouloir rasslégë^. Tri n'éloit pas leur dessein ; ib oc^ ^^tfittt toos les palsAges afin d'intettiepierlcs otmmttnteàlKttis, ei s'étant réonis à SOOO ai^rés IhlitasiMns et tOO ebevaux^ ite arrivèrent avec la plus grande hftie et te pldi profend secret s daiie là nMl dd 19 septeabre^ devant tes murs dé Rome) ei s'emparèHnt de trois portes de k ville ) Ib tmtftrent pa^ cdlede iaint^euHie'La^ tran , ayant fc leur tête Ascagne et Vëspastea €oIotiiia aldsl qtiè Hugues de Moneada, te né<- §Mêmi 4*tpiè éoAvemion K/bWMMSfil 9bHP' «léi Ata peint du Jout.ikétoi^t àSaintOéme et Diittiiet). Leuf arrivée inattendue Jeta dans rame du ^^ te tfoiMe et répouvaiite : il ne iàvèit j^tts dà ee tourner poût {larer à de li grands dangers ; tous ses genSf 4 f^ne révellléei Éftitë fêëohittoft» É'éMent MUeMieiii dii|iosés à ipfendf e les ÉftAM fiotfr ii déftuse. Le nom du ^p« n*éèoit plus qu*un jéuet, dofotse «ervoiem kSÉ émjk pAftle pou^ ee tromper mutueltement. TUtidis que Tlhimie^ieet la CftVftteHe défiteient eu boh éMi« dfttiè les fueë Je poopte leè regardoi(tiunUeiitemeut4 et même teeialuoit: tes

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